‹ Cours de philosphie positiveChapitre 22 sur 28 · PRÉFACE PERSONNELLE XXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE PERSONNELLE XXVII

attachée, soit par la presse périodique, soit par la tribune parlementaire, à chaque considération journalière.

Quant au mode d'exécution des diverses portions de ce Traité, il me suffit d'indiquer que les embarras d'une situation personnelle, dont le lecteur connaît maintenant toute la gravité, ont dû m'obliger à y porter toujours la plus grande célérité partielle, sans laquelle mon entreprise philosophique fût ainsi restée essentiellement impraticable. Pour mesurer, autant que possible, cette vitesse effective, j'ai cru devoir, dans la table générale des matières, placée à la fin de ce volume, noter brièvement l'époque et la durée de chacune des treize élabôrations distinctes, qui ont constitué, a des intervalles très inégaux, le vaste ensemble de ma composition. A cette indication caractéristique, je dois d'avance ajouter ici que, pressé par le temps, je n'ai jamais pu récrire aucune partie quelconque de ce long travail, qui a toujours été imprimé sur mon brouillon original, dont la transcription eût au moins la durée de mon exécution. Heureusement que, peu disposé, de ma nature, à rien écrire avant une pleine maturité, ce premier jet s'est trouvé constamment assez net pour permettre aisément, sans la moindre réclamation, l'opération typographique, que je n'ai d'ailleurs ralentie par aucun remaniement ultérieur. Ces divers renseignements secondaires pourront, j'espère, susciter quelque indulgence, pour les imperfections littéraires d'une telle composition.

En terminant cette préface inusitée, que ma position exceptionnelle rendait, j'ose le dire, indispensable, je dois rassurer d'avance tous ceux qui s'intéressent à la plénitude et à la pureté de mon essor ultérieur, en leur déclarant enfin que je ne laisserai jamais prendre à personne le funeste pouvoir de troubler, par aucune vaine polémique, une haute élaboration philosophique, déjà assez entravée naturellement, soit d'après la brièveté de ma vie, soit en vertu des graves exigences de ma situation personnelle. Ayant ici suffisamment exposé des explications qu'il fallait une fois présenter, rien ne pourra me déterminer à répondre aux récriminations quelconques que ce volume extrême va sans doute soulever. Je connais toute la valeur de l'initiative philosophique, et je saurais la maintenir avec énergie, quand même ma vie profondément solitaire r.e me préserverait pas spontanément, à cet égard, des tentations ordinaires.

Paris, le 19 juillet 1842.

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