‹ Cours de philosphie positiveChapitre 5 sur 28 · X PREFACE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

X PREFACE PERSONNELLE

tanément, à cette effet, en 1816, l'enseignement mathématique, envers lequel mon aptitude spéciale avait été, j'ose le dire, déjà remarquée, pendant que j'étudiais à l'Ecole polytechnique, aussi bien par mes chefs que par mes camarades. Cet enseignement a sans cesse constitué, depuis cette époque, dans ses divers degrés, et sous tous ses modes, mon unique moyen d'existence, Mais quoique, pendant ces vingt-six années, mon élaboration philosophique n'ait jamais troublé, en aucune manière ces devoirs spéciaux, toujours aussi scrupuleusement accomplis que si je m'en fusse exclusivement occupé, elle a essentiellement empêché, d'après ma discordance involontaire avec le milieu où j'étais forcé de vivre, que ces longs et constants services m'aient procuré jusqu'ici la juste récompense personnelle qui en fût naturellement résultée, pour tout autre professeur uniquement livré, même avec moins de zèle et de succès, à de telles opérations. Les travaux transcendants, qui semblaient devoir rehausser le mérite de mes occupations professionnelles, ont constitué, au contraire, la principale cause des graves injustices que j'ai subies dans cette carrière, soit en vertu de la répugnance qu'ils inspiraient aux diverses influences dominantes, soit surtout par suite de la basse envie que je suscitai secrètement autour de moi, en remplissant, avec une supériorité généralement reconnue, des fonctions qui, de ma part, étaient ainsi évidemment accessoires. Quoique je sois jusqu'ici le seul philosophe qui n'ait fait, ni dans ses écrits, ni dans sa conduite, aucune concession contraire à ses convictions, l'état présent de la raison publique commence déjà réellement à permettre, du moins en France, une telle plénitude de la dignité spéculative ; mais elle n'est pas encore suffisamment exempte de dangers personnels. Toujours résolu à maintenir entièrement intacte, à tout prix, mon indépendance philosophique, j'ai été sans cesse rigoureusement écarté des diverses branches de notre instruction publique, par les velléités rétrogrades et l'esprit tracassier du déplorable gouvernement dont l'heureuse secousse de i83o nous a délivrés à jamais. Ainsi réduit exclusivement aux pénibles ressources de l'enseignement privé, il a longtemps été pour moi encore plus précaire et moins efficace qu'envers tout autre, soit à raison d'une vie essentiellement solitaire qui me tenait éloigné des relations utiles? soit d'après le peu de sympathie que je trouvais chez les divers personnages, qui pouvaient le plus appuyer une telle

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