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PHENOMENES CHIMIQUES

amènent ces échanges à leui' [)lus haut degré; que le travail intel lectuel les augmente aussi, puisque les globules nerveux et les élé"* ments nerveux en général consomment de Toxygène comme tous les autres éléments et surtout au moment do leur fonctionnement.

On dirait même que, de tous les tissus, celui qui a le plus besoin de l'oxygène, c'est-à-dire du sang artériel, c'est le tissu nerveux; les premiers sym])tômes de VaspJtyxic sont des troubles nerveux, tintements des oreilles, obscurcissement de la vue, troubles intellectuels, perte de la connaissance, troubles qui siègent d'abord dans la partie céphalique du système céphalo-rachidien ; les réflexes de nature médullaire se produisent encore quelque temps (mouvements de défense, de fuite, de natation ; excrétion des matières fécales, de l'urine, du sperme, etc.), mais ne tardent pas à disparaître aussi. Il semble qu'au moment de l'asphyxie, l'acide carbonique accumulé dans le sang agit par sa présence sur les centres nerveux et les excite. C'est ainsi qu'alors on voit certaines facultés psychiques portées au plus haut degré, par exemple, la mémoire, et l'on sait, par des noyés revenus à la vie, qu'au moment de l'asphyxie cette faculté atteint son maximum, et qu'en pareil cas, on voit repasser devant ses yeux, en moins de quelques secondes, et avec une prodigieuse netteté, toute la série des événements qui se sont passés dans la vie et dont on croirait souvent toute trace éteinte dans les organes de la pensée et du souvenir^. Cette excitation, produite par l'excès d'acide carbonique, se localise surtout dans les centres ner • veux qui président à la respiration (et que nous étudierons bientôt:

1 Brown-Séquard a depuis longtemps attiré l'attention des physiologistes sur cette action excitante de l'acide carbonique {Y.Journnl de physiologie, année 1858 et suiv.); on la constate surtout sur les muscles (lisses ou striés), qu'on voit se contracter très vivement chez les animaux asphyxiés par strangulation ; c'est à une cause semblable qu'il faut attribuer les mouvements observés posî morlem, et les attitudes parfois bizarres prises spontanément par des cadavres (observées surtout chez les cholériques). Enfin Cl. Bernard a montré dernièrement que chez les animaux asphyxiés par l'acide carbonique (strangulation) il y a une élévation de température pendant tout le temps que dure Vasphyxie, et que cette production de clialeur a surtout 5on siège dans ie système musculaire (excité sans doute par G02) et s'y produit, comme toujours, par des phénomènes chimiques de combustion, exagérés par suite des conditions mêmes de l'asphyxie, qui détermine des convulsions. Dans ces cas, le muscle épuise complètement l'oxygène du sang, qui fournit ainsi un aliment aux phénomènes exagérés et, par suite, à la calorification (Cl. Bernard, Cours, 1872). C'est ainsi qu'il faut expliquer l'e'/eration de la température observée sur des cadavres^ peu de temps après la mort (surtout encore chez les cholériques), élévation de température dont » n avait contesté la réalité, mias qui est parfaitement démontrée, et qui ne présente plus rien d'étonnant aujourd'hui qu'on peut facilement se rendre compte de son mécanisme.

Bulbe), et alors la respiration surexcitée se précipite et prend une forme remarquable par son énergie. C'est ce qu'on observe dans les cas de dyspnée. Au contraire, quand le sang est très oxygéné, le besoin (central) de respirer se fait moins vivement sentir, et la respiration devient nulle ou insensible. Si par exemple, on pratique sur un animal la respiration artificielle, de façon à suroxygéner son sang, le besoin de respirer ne se produit plus dans les centres nerveux (bulbe) que l'acide carbonique n'excite plus, et la respiration spontanée ne se manifeste plus que peu, ou même pas du tout. Il en est de même pour l'homme qui fait successivement et rapidement plusieurs respirations très intenses : le sang est saturé d'oxygène, très pauvre en acide carbonique, et l'on peut alors rester un certain temps sans éprouver le besoin de respirer ; c'est ainsi que les plongeurs, après de rapides, nombreuses et profondes respirations, peuvent séjourner un certain temps au fond de l'eau, sans souffrir alors de l'arrêt complet de leur respiration.

Nous voyons que les échanges gazeux ont une grande influence sur le fonctionnement des centres nerveux, et particulièrement du centre nerveux respiratoire, et qu'il faudra tenir compte de ces faits lorsque nous étudierons les rapports du système nerveux avec la production des phénomènes mécaniques de la respiration.

Si nous revenons à l'étude des conditions qui augmentent ou diminuent la respiration des tissus, ou plutôt la grandeur des échanges gazeux au niveau du poumon, nous retrouverons encore des diliérences suivant les constitutions, les âges et les sexes. Un individu robuste produit plus d'acide carbonique, en un temps donné, qu'un homme de constitution grêle, l'enfant en produit également plus que l'adulte à poids égal ^, ce qui est en rapport avec les phénomènes de développement, de vie plus active qui se passent en lui.

1 Cela est vrai pour l'enfant, mais non pour l'enfant uouveau-né, pour le foetus. Les tissus de celui-ci sont le siège de combustions bien moins actives Par exemple, les muscles des animaux, nouveau-nés consomment, à poids égal, et dans le même temps, une quantité d'oxygène beaucoup moindre que ne le font ceux des animaux adultes (dans la proportion de 29 à -47. P. Bert). C'est par la découverte de ce fait que Paul Bert a pu expliquer la résistance des nouveaux-nés à l'asphyxie. On sait que des petits chiens naissants peuvent rester une demi-heures immergés dans l'eau tiède, et en être retirés vivants. On les voit de même résister beaucoup plus longtemps à la strangulation, à une saignée abondante, etc. On ne peut donc expliquer celte particularité par des restes de la disposition fœtale de la circulation, puisqu'elle persiste alors même que la circulation est réduite à néant par une saignée à blanc. Cette résistance du nouveau-né s'explique uniquement par une résistance plus grande de ses éléments anatomiques, qui, consommant moins d'oxygène, peuvent plus longtemps en être prives sans que L'ur mort s'ensuive.

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