NERFS CALORIFIQUES
et ayant alor^; constaté un abaissement notable do la température, en arrivèrent à attribuer exclusivement la calorification à une influence plus ou moins mystérieuse du système nerveux. Aujourd'hui il est bien reconnu que c'est en agissant sur les tissus et en amenant les processus chimiques doxydation ou de dédoublement, qui accompagnent leurs manifestations vitales, que le système nerveux céphalo-rachidien modifie en même temps la production de chaleur a^iimale.
Mais Tintlucnce du grand sympathique sur la calorification est encore aujourd'hui difficile à préciser. On sait que la section du grand sympathique ou sa paralysie amène une hypérémie dans les parties correspondantes du corps ; cette hypérémie est accompagnée d'une élévation de température. Par contre, la galvanisation du bout périphérique du grand sympathique amène une anémie des parties correspondantes, anémie qui est accompagnée d'un abaissement de température (V. p. 240). Les variations locales de température sontelles dues uniquement à un afflux plus ou moins considéiablc de sang, qui serait alors le véhicule de la chaleur produite dans les principaux foyers internes de combustion (foie, rate, viscères en général), ou bien le grand sympathique, en dehors de ses filets vaso-moteurs, exerce-t-il une influence directe sur la calorification? Nous avons va précédemment (p, 241) qu'il faut reconnaître, d'après les recherches de Cl. Bernard, deux ordres de nerfs vaso-moteurs : les vaso-constricteurs et les vaso-dilatateurs . Or, l'expérience montre q l'il y a deux ordres de phénomènes de température en rapport avec les deux actions vaso-motrices, c'est-à-dire que les nerfs dilatateurs sont en même temps calorifiques^ tandis que les constricteurs sont frigorifiques. Le système nerveux semljlerait donc, au premier abord, n'atteindre la calorification, comme la nutrition, que par l'intermédiaire de la circulation. ]\Iais les expériences les plus récentes de Cl. Bernard l'ont amené à admettre une action du grand sympathique difiérente de l'action vaso-motrice et qui aurait pour conséquence une suractivité dans les échanges chimiques avec production directe de calorique^ (V., du reste, les considérations analogues que nous avons présentées à propos de l'influence du système nerveux sur les sécrétions, p. 290). Inversement, ce n'est pas seulement parce qu'ils rétrécissent les vaisseaux que les nerfs vaso-constricteurs produisent le froid; c'est parce qu'ils réfrènent et ralentissent en même temps le mouvement chimique de nutrition.
Il faut donc dire désormais qu'indépendamment de l'action vaso-
1 Cl. Bernard, Leçons sur la chaleur animale, sur les effets de la chaleur et sur la fièvre^ Paris, 1876.