‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 111 sur 219 · RESPIRATION ET CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

RESPIRATION ET CHALEUR ANIMALE

motrice, le grand sympathique exerce une action thermique : calorifique par les vaso-dilatateurs, frigorifique par les vasoconstricteurs.

La fièvre, caractérisée, essentiellement par une élévation delà température normale, est le résultat, au point de vue de la physiologie pathologique, d'une suractivité des nerfs calorifiques.

RÉSUMÉ. — La muqueuse respiratoire, lieu des échanges gazeux, est développée, en 1.700 ou 1 .80J alvéoles, sm-une surface de 200 mélres carrés. Les 3/4 de cette surface sont représentés par les capillaires pulmonaires (soit 150 mètres carrés), tandis que 1/4 seulement correspond aux mailles de ces réseaux capillaires.

Ces capillaires sont supportés par une charpente où domine le tisiU élastique, et recouverts d'un épithclium très mince.

Ces capillaires sanguins (dont le diamètre est en moyenne de 8 (jl) forment donc une nappe sanguine de 150 mètres carrés d'étendue et d'ime épaissem' de 0,008, c'est-à-dire d'un volume de 1.200 centimètres cubes (soit un peu plus de i litre). Mais cette nappe est sans cesse renouvelée par le fait de la circulation. Or, en comptant de 70 à 75 pulsations cardiaques par minute , chacune d'elles lançant environ 180 grammes de sang dans l'artère pulmonaire, on trouve que le poumon est traversé en vingt-quatre heures par environ 20.000 litres de sang (180 X 70 X 60 X 24 = 19.584.000 centimètres cubes, soit 19.584 litres). Ce chiffre de 20.000 litres de sang est à rapprocher du chiffre, qui sera rappelé plus loin et qui indique la quantité d'air qui passe par le poumon en vingt-quatre heures.

^'inspiration a pour mécanisme une dilatation active du thorax jar contraction des muscles inspirateurs qui élèvent les côtes. Or, comme lorsqu'une côte s'élève, son extrémité antérieure se porte en avant, et sa convexité se porte en dehors, il en résulte une augmentation du diamètre transverse et du diamètre antéro-postérieur du thorax ; le diaphragme élève les côtes inférieures, et par suite, contribue également à la dilatation de ces deux diamètres; de plus, en abaissant son centre phrénique, et en modifiant la courbure de sa voûte, il augmente le diamètre vertical du thorax. Le poumon, vu le vide pleural, est obligé de suivre ce mouvement d'expansion de la cage thoracique, et, par conséquent, d'appeler l'air extérieur.

L'expiration, au contraire, est due à l'élasticité du pov.?non, qui, revenant sur lui-même, entraîne avec lui et resserre la cage thoracique. C'est ce qui a lieu dans l'expiration ordinaire ; mais lorsqu'il y a expnration forcée, on voit entrer en jeu des muscles dits expjirateurs, qui compriment fortement le thorax (abaissent les côtes, soulèvent le diaphragme en pressant sur les viscères abdominaux, etc.).

Pour apprécier les valem-s numériques relatives à la capacité des poumons et aux courant d'air dont ils sont le siège, il faut distinguer: 1° ïair complémentaire (très variable selon les sujets); 2° l'air de la respiration normale (1/2 litre environ); 3" Yair de réserve;

40 ïair residual. La somme de ces dille:entes quantités représente la cipacité pulmonaire, qu'on peut évaluer à 4 ou 5 litres, et qu'il ne laut pas confondre avec ce qu'on a appelé la capacité vitale (ou mieux rapacité respiratoire), laquelle ne dépasse pas normalement 3 l/21itres. Parmi ces données numériques, la plus simple et la plus importante est que chaque inspiration amené dans le poumon ij2 litre (5u0 centimètres cubes) d'air.

La fréquence de la respiration (nombre des mouvements respiratoires par minute) est de 14 à 16 pour l'adulte. L'homme fait ainsi passer environ 7 litres d'air par minute dans son poumon (0,ôÛO X 14= 7), ce quifiut 450 litres par heure (7 X 60 = 42(J),soit environ 10.000 litres par vingt-quatre heures (420 x 24 := 10.080).

Le murmure respiratoire a sa principale cause dans le poumon lui-même (murmure vésiculaire).

Des 2.000 litres d'oxyg-éne qui sont introduits eu vingt-quatre heares (avec les 10.000 litres d'air, puisque l'air est composé de 2 d'oxygène pour 10 d'azote), dans le poumon de l'adulte, 530 litres environ, c'est-àdire à peu près le quart, sont retenus (employés aux combustions organiques). Par contre, il y a environ 400 litres d'acide carbonique expirés (par vingt-quatre heures).

Cet échange gazeux nous explique la transformation du sang noir (sang veineux) en sang rouge (sang artériel). En etiet, il se tait au niveau de la surface pulmonaire un échange dans lequel le globule sanguin (hématie) se charge d'oxygène, tandis que le plasma du sang laisse dégager l'acide carbonique qu'il contenait en dissolution, et surtout en combinaison.

Ce n'est donc pas au niveau de la surface pulmonaire que se font les combustions respiratoires : elles se fout dans l'intimité de tous les tissus (comme le prouve d'ailleurs l'étude de la choAeur animale). . Le sang est essentiellement Pintermédiaire entre les tissus et 1 air extérieur pour le transport du gaz nécessaire aux combustions (oxygène). et du gaz produit pai- ces combustions (acide carbonique).

Si la 'pression extérieure dirainue considérahlement, l'oxygène est à une trop faible tension et le sang n'en renferme que des proportions insuffisantes pour entretenir la vie (expériences de Paul Bert„ Catastrophe du Zénith. Jourdanet et le Mexique).

Si, dans un milieu confiné, l'acîde carbonique s'accumule, sa pression devient telle qu'elle s'oppose à l'exhalation carbonique pulmonaire et l'animal périt asphyxie par l'excès d" acide carbonique, quand même l'oxygène lui serait fourni en quantité suffisante (P. Bert).

Si le milieu ambiant renferme de Yoxyde de carbone, ce gaz, ayant une grande affinité pour l'hémoglobine, se porte sur le globule rouge du sang, en chasse l'oxygène, et l'animal périt asphyxié puisque le sang ne porte plus d'oxygène aux tissus.

Les effets singuliers qu'exerce l'augmentation considérable de pression extérieure sont dus T. Bert) à la fo'rte tension de l'oxygène, condition qui arrête toutes les combustions corrélatives au mouvement vital .

Le système nerveux régie les actes respiratoires pulmonaires (partie mécanique de la respiration). Le centre des réflexes respiratoires est dans le bulbe {nœud vital de Flourens); les voiis centripètes sont représentées par le -pneumogastrique et secondairement par un grand lîombre de nerfs sensitifs divers; les voies centrifuges sont représentées par les nerfs moteurs des muscles du thorax.

L"homme appartient à la classe des animaux dits à sang chaud, c'est-à-dire dont la température est indépendante du milieu ambiant. La température du corps (prise dans le creux de l'aisselle) est de ST». L'homme produit de la chaleur : prés de 3.000 calories par vingtquatre heures (environ 112 calories par heure): cette chaleur est le résultat des combustions qui ont lieu dans l'intimité de tous les tissus et aussi des dédoublements et autres actes chimiques très complexes dont les éléments anatofniques sont le siège, ou qui tout au moins se passent dans le sang des capillaires au niveau de ces éléments anatomiques. Aussi le sang veineiix général (ventricule droit) est-il plus chaud que le sang artériel. Le sa:ig se l'afraîchit au lieu de s'échaurtèr en passant par le poumon.

Par les nerfs vaso-moteurs, le système nerveux règle la distribution de la chaleur; il en règle aussi la "production, caries nerfs vaso-ddatateurs sont calorifiques et les vaso-contricteurs frigorifiques.

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