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SÉCRÉTION EN GÉNÉRAL

abandonntMî el bientôt même refleurit avec une nouvelle force lorsque les rechercheï! de Ruysch parurent lui donner une confirmation anatomique. Cet habile analomiste, célèbre par ses belles injections pénétrantes, fit voir que les vaisseaux sanguins se subdivisent à l'infini à la surface et dans les intervalles, et même dans l'épaisseur des acini glandulaires, de sorte qu'il admit que la substance glandulaire est unique ment composée de vaisseaux sanguins, dont les dernières ramifications viennent s'aboucher avec les canaux exhalants, proprement dits canaux excréteurs.

Tant que l'anatomie des glandes était inconnue, il était impossible à la question physiologique de faire aucun progrès. Le plus grand pas accompli dans ce double ordre d'éludés, le fut en 1830 par J. Muller. par sa célèbre monographie sur la structure des glandes. Par une série d'étude anatomiques et embryologiques sur les diverses glandes de l'homme et des animaux, J. Muller jeta les bases de nos connaissances actuelles sur la morphologie des appareils sécréteurs : fort de ces nouvelles notions anatomiques il aborda l'explication des phénomènes physiologiques en s'attachant à renverser les derniers restes de la tliéorie mécanique. « La sécrétion, dit-il, ne peut être mise sérieusement sous la dépendance de la force du cœur et de l'impulsion du sang. Une explication aussi mécanique ne suffirait pa^^. Outre qu'on ne pourrait l'appliquer aux sécrétions des végétaux, elle ne ferait pas non plus concevoir comment la sécrétion augmente par l'effet d'irritations spéciliques locales, sans que le cœur y prenne aucune part. On se demande en outre, pourquoi le liquide qui a subi un changement particulier ne s'épanche que d'un côté, et pourquoi le mucus ne coule pas tout aussi aisément entre les tuniques du canal intestinal qu'à la surface de la tunique interne ; pourquoi la bile contenue dans les conduits biliaires n'a pas la même facilité à se porter vers la surface du foie qu'à suivre le trajet de ces canaux. wQaant à l'influence que les mécaniciens avaient attribuée aux modes divers de subdivision el de capillaiisafion en réseau des artérioles, « toutes ces particularités, sur lesquelles Haller s'est tant étendu, ne peuvent rien expliquer, dit Muller; fussent-ellt^s réelles, ce sont des arguments insuffisants; d'ailleurs il serait facile de renverser toutes ces théories mécaniques par une seule question. Pou: quoi se produit-il ici un ceiTeau, là des muscles, ailleurs des os? Le cerveau doit-il aussi prendre naissance au degré d'ouverture de l'angle sous lequel s'opère la division de ses vaisseaux. » Ce ne sont donc pas conclut Muller, les vaisseaux qui sécrètent, mais bien les parois des culsde-sac glandulaires, parois sur lesquelles se ramitient les vaisseaux. Les Ldandes. d'après leur morphologie, représentent de vastes surfaces pi issées et par ceFa même réduites à un petit volume, et la séciètion est due à l'activité de la substance vivante qui recouvre cette vaste surface : qu'à l'expression vague de substance vivante on substitue la notion actuelle de cellules e'pithéiiales, et on aura la théorie des actes de sécrétion telle que nous la concevons aujourd'hui.

Les progrès des études bistologiques devaient puissamment contribuer à établir cette théorie cellulaire. C'est qu'en effet, il est des glandes

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qui sécféteiit un produit plus ou moins épais dans lequel il est tdcilf ds reconnaître les divers états des cellules glandulaires rompues el tombées en deliqnium. Dès 1842, Goodsir s'était beaucoup occupé de<; études de ce genre. Avec le microscope, il constatait la présence de l.i bile du foie des mollusques et des crustacés dans l'intérieur des cellules à noyau de cet organe; à la face interne de la poche à encre des céphalopodes, il trouvait des cellules pleines de matière noire; enfin il voyait dans les culs-de-sac terminaux des glan-ies mammaires un: masse de cellules à noyau renfermant un liquide dans lequel nagent an plus ou moins grand nombre de globules graisseux parfaitement semblables à ceux du lait. Goodsir en conclut que les i)roduits sécrétés on! pour origine la reproduction (prolifération; des cellules glandulaires, leur action métabolique, et leur résolution en sécrétion. Cette théorie, qui, nous le verrons, est vraie pour un grand nombre de sécrétions, a Joui ultérieurement d'un grand succès ; ses partisans n'eurent qu'un tort, ce fut de la généraliser au delà de ce que permettait de constater l'observiition directe.

B. Théorie actuelle de la sécrétion. — L'acte de sécrétion est aujourd'hui considéré comme résultant du fonctionnement propre des éléments anatomiques glandulaires, c'est-cà-dire des cellules qui tapissent les culs-de-sac sécréteurs, et les modifications vasculaires qui accompagnent la sécrétion sont seulement eu rapport avec la nécessité d'apporter une plus grande abondance de matériaux à ces cellules. L'hyperémie qui se produit en mémo temps que la sécrétion est de même ordre que celle qui accompagne la contraction musculaire et en général l'état d'activité de tous les tissus et organes de l'économie. La sécrétion résulte de phénomènes intimes de nutrition, dans lesquels les cellules sécrétantes empruntent au sang des matériaux qu'elles accumident et élaborent en elles, pour les laisser ensuite échapper dans la cavité centrale du cul-de-sac glandulaire. Il faut donc étudier séparément les phénomènes d'élaboration cellulaire, et l'acte par lequel les principes contenus dans la cellule passent dans la cavité des culs-de-sac glandulaires pour former le produit sécrété.

a) Quant à la nature intime des phénomènes d'élaboration cellulaire, elle n'échappe sans doute pas aux lois physico-chimiques, mais ces actes sont pour le moment aussi impénétrables à l'observation chrecte que le sont la plupart des phénomènes intimes de .utritiou et d'activité cellulaire. Comme notions indirectes à leur égard, nous savons que la glande en activité est une source de chaleur ; Ludwig, en effet, a constaté, à l'aide d'appareils thermoelectriques et même avec de simples thermomètres, que la salive, pi'oduite par excitation de la corde du tympan présente une température supérieure à celle du sang artériel qui entre dans la glande ? la difiérence peut aller jusqu'à l'\5 centigrade; il a de plus observé

que \o sang veineux, do la glande en aclivité est plus chaud que le san^ veineux de la g'ianch; à rélal de repus, et même pluà chaud qii<> la salive séorétée. 11 est vrai que la température de la salive était prise dans le canal excréteur, et que sans doute elle eut été trouvée ])lus élevée, si elle ont ])U être mesurée directement dans les culs-de-sac sécréteurs. 11 y a doue dans les cellules glandulaires des phénomènes de com])Usli()n, d'oxyg-énaiion. ou en tout cas de dédoublement.

b) Le })assag'e, dans la cavité des culs-de-sac glandulaires, des n)at(''riaux élaborés par Tépithélium de ces culs-de-sac est aujourd'hui expliqué par deux processus bien différents, c'est-à-dire soit par la déhiscence et la fonte des cellules, soit i)ar la simple exosmose ifune partie de leur coutemi.

Ou a pu, grâce aux recherches de Heidenhaiii, faire à chacmi de ces processus sa part exacte, c'est àdire à déterminer quels épithélium'^ j^landulaires sécrètent par déhiscence et quels épithéliums glanduhiires sécrètent par simple exosmose du contenu des cellules. Déjà Tobservalion microscopique, sur les glandes sébacées et sur la mamelle, en permettant d'observer toutes les formes de transition entre la cellule i;landulaire intacte, gorgée de gouttelettes graisseuses, et les celhiles arrivées à divers stades de destruction et de fonte, avait permis d'affirmer que la déhiscence avec desiruc'ion de la cellule, suivie d'une régénération incessante de Tépithélium, devait jouer un rôle important dans la sécrétion. Mais ce processus élaib-il aussi restreint que l'affirmaient quelques auteurs (Ch. Robin entre autres). S'il ne pouvait guère être conçu. i)our la sécrétion de la sueur, dont h\ production si rapide, si abondante, et la composition si aqueuse ne s'accordent pas facilement avec ridée d'une fonte cellulaire, que devait- il en èlre pour les différentes sécrétions des glandes muqueuses et salivaires de la cavité buccale et ilu tube digestif en général? Pour les glandes salivaires, l'observatiou directe était relativement facile, grâce à ce que la sécrétion est, sinon intermittente, du moins très nettement rémittente, grâce à ce qu'on peut la rendre très active par la galvanisation de la corde du tympan (pour la glande sous-maxillaire), de telle sorte qu'il était tout indique de faire l'examen comparatif des éléments glandulaires avant et après une sécrétion active. C'est à Heidenhain que revient le mérite d'avoir le premier étudié les modifications histologiques des glandes salivaires par le fait de la sécrétion. Dans une longue série de recherches plus récentes, cet auteur ^ s'est attaché à étudier comparativement le proi;essus cellulaire de la sécrétion dans les glandes qui sécrètent un pro- ('.vut albumineux et dans celles qui donnent un produit muqueux.

fo Dans les glandes albumineuses (on peut prendre pour type la ii hmde parotide du lapin), on trouve, à l'état de repos, des cellules vohi-

1 \. Hemiann, Handbuch der Physiologie. B. V. 1" partie, Leipzig, ISSO.

mineuses, dont les contours de séparation sont peu marqués, et qui sont formées d'une masse transparente, non colorable par le carmin, dans laquelle apparaît un peu d^ protoplasma granuleux avec un noyau petit, à bords irrégulièrement dent dé?, et sans apparence de nucléole. Au contraire, après la sécrétion, ces cellules sont devenues moins volumineuses, leur noyau n'est plus dentelé, présente des nucléoles très nets; de plus, leur substance transparente a diminué, tandis que le protoplasma granuleux est devenu relativement plus abondant et plurégulièrement condensé autour du noyau. Rè,:,'le générale, après épuisement par une active sécrétion, les cellules sont représentées par une petite masse de protoplasma granuleux qui se colore par le carmin: s'il intervient un temps de repos suffisant, la quantité d^ protoplasma iliminue, et à sa place aj)paraît une substance transparente réfractaire k la coloration par la teinture de carmin. Il en faut donc conclure que. dans les glandes albumineuses, se forme, pendant le repos, aux dépens du protoplasma, cette substance transparente, que, d'après une termi iiologie proposée par Kuptîer, on peut nommer paraplasma, et qui paraît être un degré déjà avancé de transformation de l'albumine du sang en les divers dérivés alhuminoïdes caractéristiques du produi'. des glandes telles que les parotides, le pancréas, les glandes pe]jsiques, etc. ; pendant la période d'activité, ce paraplasma, en même temps qu'il achève son évolution, quitte la cellule et va prendre part à la composition du liquide sécrété. Le sérum abondamment emprunté au sang, à ce moment de la sécrétion, grâce à Thypérémie concomittante, fournit à la fois et l'eau pour le liquide sécrété, et les matières albumi-, uûïdes nécessaires à la reconstitution du protaplasma proprement dit. lequel pendant le repos, formera le paraplasma destiné à une nouvelle phase de sécrétion.

2o Dans les glandes à mucus (on peut })reudre pour type les glandes sous-maxillaire et sublinguale), on trouve à l'état de repos deux sortes d'éléments cellulaires. Ce sont, d'une part, des cellules volumineuses, transparentes, ayant l'aspect de cylindres ou mieux de pyramides dont la base est appuyée sur la paroi du cul-de-sac, et dont le sommet correspond au centre de l'acinus ; vers la base est un noyeau aplati, qui se colore par le carmin. Dautre part, on trouve, en dissociant les éléments de la glande, d'autres cellules beaucoup plus petites, anguleuses, formées essentiellement d'une petite masse de protoplasma granuleux, avec un noyau arrondi. Sur des coupes, on voit que ces cellules sont disposées par petits groupes, dont chacun est composé de trois ou quatre cellules disposées côte à côte sous la forme d'un croissant ('croissants ou lunules de Giannu:':zi). Ces croissants sont placés entre la membrane propre de la glande et les .iirosses cellules épithéliales décrites en premier lieu, et forment d'ordinaire un amas à l'extrémité la plus reculée du cul-desac; mais quelquefois aussi (gl. sous-maxillaire du chat) ces cellules ou les croissants qu'elles forment, occupent toute la périphérie du cul-de-sac glandulaire. Ces éléments ont été signalés pour la première fois par Giannuzzi (1867), qui décrivit les demi-lunes en question comme une masse protoplasmatique à noyaux multiples; Heidenhain

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(1868) reconnut qu'il s'ag-it là de petites cellules pressées les unes contre les autres, interprétation qui fut confirmée par Klein. j)ar Lavdovsky et par la plupart des histologistes; or, lorsqu'on examine le tissu de Ta glande après une active période de sécrétion, on trouve encore quelquesunes des grandes cellules précédemment décrites, et qu'on peut nommer cellules muqueuses, mais diminuées de volume, comme vidées de leur contenu transparent: presque toutes les autres cellules muqueuse, ont ilisparu, et à leur place on trouve un jeune épitliéliuni de remplacement (reconnaissable à la petitesse de ses éléments, à leur protoplasma gra^ nuleux) tapissant le cul-de-sac; ou, si l'on fait ces examens non plus seulement après une active période de sécrétion, mais à divers moments de cette période, on peut assister, à la reproduction de cet épithé!ium de remplacement, car on voit successivement les croissants de Giannuzzi augmenter de volume, présenter des noyaux plus nombreux, c'est-àdire que les cellules correspondantes se sont multipliées pour venir former un nouveau revêtement glandulaire. Enfin, si la glande est soumise à une excitation modérée des nerfs sécrétoires (corde du tympan), on peut, dit Heidenhain, par une série de préparations appropriées, assister simultanément à la fonte et destruction des cellules muqueuses et à la régénération du nouvel épithélium. Du reste, lorsque la sécrétion n'est pas très abondante, on trouve dans les divers culs-de-suc glandulaires, à un moment donné, toutes les phases du processus, c'està-dire des degrés plus ou moins avancés dans la fonte des cellules muqueuses et dans la production des cellules de remplacement.

Eu définitive, qu'il s'agisse de glandes albumineuses ou de glandes muqueuses, ou voit que pendant le repos le protoplasma des cellules est le siège d'une élaboration ou transformation qui accumule dans la cellule la substance propre à la sécrétion correspondante (umcine, ferments albuminoïdes divers), ou tout au moins un produit qui représente un degré avancé de transformation de l'albumine du sang en cette substance caractéristique ; puis c'est au moment où la glande manifeste extérieurement son activité par l'abomlant écoulement de son produit, que les cellules sécrétantes empruntent au sang une quantité plus ou moins considérable d'eau, avec laquelle elles transmettent, dans la cavité centrale des culs-de-sac glandulaires, cett,substance caractéristique, en la laissant échapper soit par exosmose (glandes albumineuses ; et, du reste, il ne faut pas attribuer une valeur bien précise à ce mot exosmose appliqué à des cellules qui n'ont peut-être pas de membrane cellulaire distincte), soit par déhiscence et fonte de tout le corps cellulaire (glandes muqueuses).

Il y a donc dans les cellules glandulaires deux actes cori-esponrlant à ce qu'on peut concevoir en général pour les phénomènes de nutrition de tous les éléments anatomiques. Dans le premier acte, qu'on pourrait dire ({^assimilation, le protoplasma de la cellule élabore de nouveaux composés; dans le second, qu'oy

pourrait dire de désassimilation. il cède ces liouveaux composés, et le liquide sécrété prend ainsi naissance. Cette double série de

phénomènes se conçoit très bien pour k s glandes à sécrétion intermittentes, comme le sont celles do Testomac et sans doute celles de l'intestin : pour les glandes à sécrétion plus ou moins continue, il est fort probable que les mêmes modes d'activité ne régnent pas simultanément dans toutes les partie de la glande, c'est-à-dire que. grâce à une certaine alternance dans les fonctions des culs-de-sac voisins, l'épithélium des uns est en travail d'assimilation, tandis que celui des autres est en travail de désassimilation, en donnai.t à ces deux expressions appliquées aux glandes le sens ci-dessus indiqué.

C. Influence du syslénie nerveux sur les sécrèlions. — L'acte sécrétoire, en désignant ici par ce terme la période active pendant laquelle une glande laisse abondamment couler son produit, l'acte sécrétoire est soimiis à l'influence du système nerveux, comme l'est la contraction musculaire, et l'étude expérimentale des sécrétions permet d'observer des phénomènes réflexes aussi cai^actérisés que les mouvements réflexes.

De même qu'on s'est dès longtemps attaché, depuis les travaux de Haller sur l'irritabilité musculaire, à démontrer que la contraclilité est indépendante de l'innervation, il serait bon sans doute de constater expérimentalement que l'irritabilité sécrétoire des glandeest indépendante du système nerveux et peut être mise en jeu par des excitations dii'ectes. La chose est jusqu'à un certain point évidente par elle-même, puisque certaines substances modifient le pouvoir sécréteur des glandes sans agir sur le système nerveux : mais la démonstration expérimentale la plus smiple de cette indépendance, c'est-à-dire la production de sécrétion par l'excitation électriquede la glande, n'a pas encore été donnée.

Quant aux actes réflexes qui se traduisent par une sécrétion, ils sont aujourd'hui classiques, et celui qu'on obtient avec les glandes salivaires peut servir de type ; nous l'avons analysé précédemment (ci-dessus, p. 289). et nous verrons des actes semblables pour hi sécrétion de la sueur.

Nous avons de même déjà signalé (p. 87j l'existence et l'importance de divers centres nerveux présidant à des sécrétions. Enfin quant aux nerfs sécrétoires centrifuges (nerfs excito-sécrétoiresi. on sait, pour ce qui est des glandes salivaires, que l'excitation de la corde du tympan produit, eu même temps qu'une abondante sécrétion C.Q la glande sous-maxillaire, une hypérémie, c'est-à-dire une vasedilatation de cette glande: il eu est de même pour les nerfs des autres glaudes, et partout OÙ l'observation directe est facile, ou voit d'ordi-

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uaiie (mais uuii toujours) l'acte sécréteur s'accompagner d'uiie hypérémie très prononcée. En présence de ces faits on peut être amené à penser que les nerfs excito-sécrétoires ne sont autre chose que les nerfs vaso-dilatateurs, c'est-à-dire que ces derniers, par le iait même qu'ils produisent l'hypérémie de la glande, en amènent la si'crélion. Si nous nous sommes précédennnent efforcé de démontrer que la sécrétion n'est pas un acte de filtration, dépendant des effets mécaniques de la pression sanguine, mais bien un acte d'activité ccllulaire^cette conclusion n'est nullement en contradictionavec l'idée que l'hypérémie vasculaire est la cause de la sécrétion, car ici l'hypérémie serait considérée comme agissant sur l'activité pi-opre deri cellules glandulaires, activité qui serait réveillée par un apport plus abondant d'oxygène et d'autres matériaux, en un mot, par un changement dans les conditions du milieu où vivent ces cellules. Cette hypothèse n'a rien d'invraisemblable, lorsqu'on tient compte de ce que pendant l'état de vaso-(Hlatation la glande est tout entière abondamment baignée de sang artériel, car le sang des veines ellesmême est rouge, et qu'on a égard aux expériences dans lesquelles Cl. Bernard a mis en évidence l'influence excitante du sang rouge, par opposition au sang noir, sur les glandes. Cependant, outre les faits que nous avons déjà indiqués précédemment à propos de la sécrétion salivaire, nous donnerons plus loin, à propos de la sécrétion sudorale une série d'expériences qui ne laissent aucun doute sui' l'existence de nerfs excito-sécrétoires indépendants des nerfs vaso-moteurs.

D. De quelques agents modificateurs des sécrétions. — Nous devons compléter ces indications sur l'innervation des glandes par quelques considérations sur les agents médicamenteux ou toxiques qui modifient en plus ou en moins l'activité sécrétoire du plus grand nombre des glandes de l'économie. Plusieurs de ces agents portent leur action sur les nerfs excito-sudoraux ; nous allons voir que quelques-uns, au contraire, agissent par un mécanisme nerveux (hfférent.

Ainsi ou a dit que les sécrétions étaieiit excitées ou activées par les agents anesthésiques, et on s'est basé parliculierement sur les effets observés sur les glandes salivaires sous l'influence du chloroforme. Le fait est exact, dit Cl. Bernard, mais il faut savoir comment il se produit. Or, il n'y a point là un résultat de l'action anesthésiques par ellemême, c'est tout simplement une aciion locale du chloroforme, et l'on obtiendrait le même effet avec du vinaigre. En effet, en plaçant quelques gouttes d'eau chloroformée sur la laugued'un chien muni d'une flslule salivaire, on voit la salive couler abondamment et dans ce cas le chloroforme a agi simplement comme excitant des extrémités terminales du nerf lingual, c'est ainsi qu'il agit au début de l'administration

de vapeurs anestliésiques par la bouche, etc. ; du reste, il ne se produit rien de semblable quand on anesthésie l'animal par la trachée.

Au contraire, la morphine arrête les sécrélions; sur un animal mor- IJthiné on n'obtient plus de sécrétion salivaire en irritant la langue, c'est-à-dire le nerf lingual, avec du vinaigre ou un courant électrique. Cependant l'action de l'agent hypnotique ne porte pas son action sur les glandes salivaires, mais seulement sur les nerfs centripètes et sur le centre réflexe d'où dépend leur sécrétion. En etîet, Cl. Bernard a montré que, dans l'expérience précédente, si l'on n'obtient plus rien en excitant la langue, ni même en coupant le nerf lingual et irritant son bout central, on voit la sécrétion se produire aussitôt qu'on irrite directement la corde du tympan (Les anesthésîques 1875, p. 290).

L'atropine est de toutes les substances celle qui agit le plus énergiquement pour diminuer l'activité des sécrétions: à ce point de vue les expérimentateurs se sont surtout attachés à mettre en évidence l'antagonisme entre l'atropine, d'une part, et la muscarine ou la pilocarpine. d'autre part. Quand sur un chien on vient d'obtenir un abondant écoulement de salive par rinjection intraveineuse d'une infusion de jaborandi, on peut, en quelques secondes, arrêter le flux salivaires en injectant par la même veine une dissolution de sulfate d'atropine (1 à 2 centigrammes dans 4 à 5 grammes d'eau). Inversement, si l'on a injecte d'abord une faible quantité de sulfate d'atropine, il est impossible, lorsque les effets de cette substance sont manifestes (état de la pupille), de provoquer le moindre écoulement de salive en injectant de l'infusion de jaborandi ou une solution de sel de pilocarpine, même à haute dose, soit dans le tissu cellulaire, soit dans une veine. Du reste, cet antagonisme entre le jaborandi et l'atropine existe pour la sécré'.ion sudorale comme pour la sécrétion salivaire.

Parmi les substances qui agissent sur les sécrétions en général pour les rendre plus actives, il faut surtout citer la muscarine et la pilocarpine.hà muscarine, alcaloïde de Vamanita ^inuscaria, a surtout été étudiée par Schmiedeberg et Koppe. puis par Prévost (de Genève). La pilocarpine, alcaloïde dujaborandi, a été dans ces dernières années l'objet d'un grand nombre d'expériences. Nous rappellerons seulement que l'ingestion d'une infusion de feuilles de jaborandi, ou l'injection sous- cutanée de i à 2 centigrammes de chlorhydrate de pilocarpine produit une augmentation rapide de toutes les sécrétions (salivaire, pancréatique, biliaire, lacrymale, sébacée, etc.); au bout de quelques minutes d'ingestion d'une infusion de 3 à 4 grammes de feuilles dans 100 à 150 grammes d'eau, il se produit une légère congestion de tout le tégument cutané, sur lequel la sueur commence à paraîti'e abondamment après dix à vingt minutes, en même temps la salive afflue dans la bouche et le patient est parfois obligé de se coucher sur le coté pour laisser couler les flots de salive qui tendent à remplir sa cavité buccale. Enfin les glandes lacrymales sécrètent avec activité, la surface des yeux est couverte de larmes qui tendent à couler sur les joues et y coulent quelquefois; en tout cas, elles humectent abond imment la meml?rane muqueuse des fosses nasales, qui est aussi le siège d'une sécrétion

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muqueuse plus abondante; il y a pareillement hypérémie des glandes muqueuses de l'ari'iéi'e- gorge, de la trachée et des bronches. La sueur qu'on peut recueillir en abondance (300 à 500 centimètres cubes pendant les deux heures environ que dure l'hypersécrétion) est légèrement opalescente, et cet aspect est dû à la présence des matériaux de la sécrétion sébacée; c'est-à-dire que le jaborandi agit sur les glandes sébacées en même temi)s que sur les glandes sudori pares.

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