III. Fonctions nerveuses de la peau
La peau possède encore des fonctions très diverses, grâce aux nerfs nombreux qui viennent s'y terminer. Nous connaissons déjà les nerfs centrifuges qui viennent innerver ses muscles lisses et produire leur contraction sous l'influenee réflexe (érection du mamelon, par exemple), ou qui se terminent dans les glandes et en amènent la sécrétion, influence qui se montre surtout avec évidence pour les glandes sudoripares.
Mais la peau est surtout riche en nerfs centripètes ou sensitifs. Ceux-ci peuvent avoir des fonctions générales et difficiles à spécifier dans leurs sièges auatomiques, comme, par exemple, leur influence comme voie centripète et point de départ du réflexe respiratoire. (V. Respiration, p. 410). Mais la peau est surtout le siège de la sensibilité. Dans toutes les régions très sensibles de la peau, répiderme présente des dispositions spéciales (pa/pilles) en rapport avec cette sensibilité. Aussi les maladies épithéliales ont-elles une grande influence sur la vie nerveuse. Nous avons déjà étudié les troubles qui suivent le refroidissement par trop grande évaporation de sueur (p. 481): peut-être ces troubles ne sont-ils souvent qu'un retentissement nerveux, un phénomène réflexe, se portant principalement sur les vaso-moteurs de divers organes, ainsi que la pathologie tend à l'admettre tous les jours de plus en plus pour expliquer ce qu'on avait décoré autrefois du nom de métastases.
Quant aux fonctions sensitives proprement dites de la peau, au toucher et au tact, leur étude sera mieux placée comme introduction à celle des organes des sens proprement dits.
RÉSUMÉ. — La peau, à l'état normal, ne présente que des phénomènes d'absorption à peu près nuls (excepté pour les corps à l'état gazeux). Elle est, au contraire, le siège de sécrétions très actives.
lo Par les glandes sudoripares (dont le nombre dépasse trois millions et la masse égale 1/2 rein), elle sécrète la sueur (l. 000 à 1 300 grammes en moyenne en vingt-quatre heures), liquide acide (par un acide volatil. Vacidr sudorique), contenant une forte proportion de chlorure de sodium. La sueur a un rôle physique, qui consiste à rafraîchir le corps par le fait de la chaleur qu'elle emprunte pour se vaporiser. Elle joue de plus le rôle de produit excrémentitiel (urée et acides divers).
L'étude de l'influence du >y;^téme nerveux sur la secrétit)n de la sueur démontre quil existe des nerfs excito-sdcrc'toires indépendants des nerfs ■caso-motev.r^.
2» 'Parles glandes sébacées^ eu général annexées aux follicules pileux et représentant le type le plus simple des glandes en grappe, elle sécrète le sébum, matière grasse destinée à huiler le système pileux.
Nous rapprochons de la sécrétion sébiicée celle de la glande 'inamnutive (vu les glandes sébacées de l'aréole, que l'on pourrait nommer glandes lactées erratiques). Au début de sa sécrétion, le lait, encore imparfaitement élaboré, renferme un grand nombre de globules de colostrurn (analogues aux globules blancs ou leucocytes). Quand sa sécrétion est bien établie, il se présente comme un liquide tenant en suspension une infinité de sphères graisseuses (globules du lait) visibles au microscope.
L'analyse de ce liquide y montre: 1'^ comme éléments figurés des sphères graisseuses (globules de lail) d,ont l'agglomération forme ce qu'on nomme le beurre; 2'^ un liquide, renfermant des substances analogues à celles du plasma du sang, dans des proportions assez simples : des sels (phosphates principalement) ; 3 p. 100 de caséine; 4 p. 100 de sucre de lait.
La peau présente encore des fonctions en rapport avec la sensibilité (papilles nerveuses), qui seront étudiées à propos des organes des sens (du tact ou du toucher).
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