‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 130 sur 219 · GLANDES SE 15 AGEES · texte numérisé non relu

GLANDES SE 15 AGEES

cette amygdale produit égaleiiieut uue matièi-e sébacée, dont les usages ue sout pas bien connus.

Souvent les gloliules sécréteurs des glandes sébacées n'atteignent pas régulièrement leur maturité : leur fonte se fait mal, le sébum, au lieu d'arriver à l'état d'huile ou de graisse à demi liquide, s'arrête à l'état d'épithélium desquamé : il ne s'écoule plus que difficilement au dehoi's. et son accumulation dans le cœcum glandulaire qu'il dilate produit les kystes sébacés, les tannea, qui peuvent parfois acquérir des dimensions prodigieuses. On trouve dans ces cavités de grandes quantités de matières grasses, et ime proportion étonnante do cholestérine cristallisée. (Dans un kyste semblable, contenant 2 kilogrammes de matière sébacée, il y avait 15 grammes de cholestérine.)

3'^ Mamelle et lait.

La glande mammaire (tig. 127; est une réunion de 15 à 20 glandes sébacées très développées, et l'on trouve toutes les transitions entre elle et les glandes sébacées proprement dites : ainsi les glandes du scrotum, du pli de l'aine, peuvent parfois fournir un produit très voisin du lait ; dans Ya.uréole du mamelon se trouvent d'énormes glandes sébacées, que l'on a nommées glandes lactées erratiques, et qui suivent exactement les variations du développement de la glande mammaire, s'atrophiant et s'hypertrophiant avec eile.

Les nombreux culs-de-sac des glandes sébacées, devenues glandes lactées , viennent se réunir en 15 ou 20 canaux qui montent

vers le mamelon, où ils s'ouvrent par autant d'orificesindépendants. La structure de cet appareil est analogue à celle des glandes en général : les culs-de-sac glandulaires sout remplis de cellules identiques à celles des glandes sébacées ; mais le revêtement épithélial des canaux galactophores tend à devenir cylindrique. Au moment où ces canaux traversent le mamelon, ils sont plongés dans un tissu connectif sous-cutané très riche en éléments musculaires lisses, transversaux ou circulaires : ces fibres musculaires, qui ue sont

FiG. 127. — Lobule ùe la glande mammaire *.

' u,v, 17, véiiculei glandulaires formant un lobule (lar leur réunion.

'jg'j TEGUMENT EXTERNE

qu'une exagération des muscles lisses normalement annexés au derme, amènent pai' leur contraction l'élongation et la raideur, eu un mot Vérection du mamelon. (V. p. 466.)

La sécrétion du lait se fait d'après le même type que celle des des glandes sébacées, c'est-à-dire par une fonte globulaire. (V. cidessus p. 482.) Dansiez premiers temps de la sécrétion, ce mode de production est très facile à constater, car on trouve encore des globules qui, après avoir subi la dégénérescence graisseuse, ne se sont pas complètement fondus et se présentent sous la forme de cellules contenant de nombreuses gouttes de graisse. Ce sont les globules du colostrum (ûg. 128, C). Le eolostrum est donc le résultat d'une sécrétion non encore établie ou bien dérangée par une cause intercurrente , comme le retour des règles ou la grossesse chez une nourrice ^ .

Quand la sécrétion est parfaitement établie, la fonte globulaire est complète, et on aurait peine alors à reconnaître dans le lait son

Fï<>. 1;S. — Glande mammaire pendant la lactatidn. Lait *.

origine cellulaire. Le lait est alors sécrété en quantités variables, mais on peut en moyenne l'évaluer à 1 1. 300 par vingt-quatre heures. Le lait, dont les caractères physiques (couleur) et organoleptiques (odeur, goût) sont connus de tout le monde, présente, à l'examen microscopique, de petites sphères réfringentes, les globules du lait (B, fig. 118) ; les dimensions de ces globules varient

1 Le mode de formation du lait, tel que nous venons de l'exposer, par une fonte cellulaire, n'est pas admis par tous les physiologistes; c'est ainsi que la conçoit Cl. Bernard. « Il y a là une sorte de bourgeonnement de cellules superposées, dans lesqelles se préparent successivement les matériaux du lait, la caséine, le beurre, etc; ensuite la paroi de la cellule lactée se dissoudrait

A, lobule glandulaire de la glande mammaire avec le lait qui s'en échappe. — B, globules laiteux. — C, Colostrum : a, cellule à granules graisseux bien nets: l^. la mêrne dont ).e cçyau disparait. — Grossis. 280 (Vircbow),

MAMEl.LbJS ET l.AlT 485

(el à 20 a. Ils représentent des iiouttelettes de graisse, lesquelles donnent au liquide sa couleur blanche, car, à ce point de vue, le lait n'est autre chose qu'une émulsion, comme celle qu'on prépare eu pharmacie sous le nom de lait d'amandes. Ces petites sphères graisseuses contiennent de l'oléine, de la margarine et de la stéarine.

Par le repos, les globules viennent à la surface, où ils forment la crètne, crème dont on fait le beurre par battage qui agglutine les globules. La partie transparente qui reste au fond du vase est un liquide louche qui représente \e plasma du lait, c'est-à-dire le lait sans les globules. (Nous employons ici le mot de plasina pour étal)lir un parallèle entre l'analyse du lait et celle du sang.)

Le lait écrétné correspond au Uqiior du sang : il renferme une matière albuminoïde, coagulable, la caséine. Les acides la coagulent. La présure, le suc gastrique et la muqueuse de l'estomac possèdent aussi la propriété de coaguler la caséine. La chaleur ne coagule pas la caséine, c'est pourquoi le lait, en bouillant, ne se coagule pas. Lorsqu'on a mis dans le lait une substance qui coagule la caséine, on a le fromage du lait, dans lequel la caséine, en se coagulant, emprisonne les globules, comme nous l'avons vu pour la coagulation du caillot sanguin. Le liquide qui reste après la formation du fromage est le sérum du lait. Le sérum contient du. s acre de lait ou lactine et des phosphates (2 p. 100 de matériaux solides).

Le lait est alcalin, comme tous les liquides du corps (excepté le suc gastrique, la sueur et l'urine, qui sont acides).

La glande mammaire paraît prendre la graisse toute formée dans le sang. Il est possible que la caséine soit la matière albuminoïde du sang transformée, et ce qui le prouverait, c'est que le premier lait, ou colostrum, ne présente pas encore la caséine toute formée. Le sucre de lait n'est pas dans le sang, il est formé par la glande

dans un liquide alcalin et le lait en résulterait. » Mais pour Ch. Robin, au contraire, les culs-de-sao de la mamelle, tapissés d'épithélium pendant la grossesse et tant que la sécrétion est nulle ou peu énergique, perdraient cet épithélium dès que la sécrétion est active. Ce serait donc dans la paroi propre des culs-de-sac qu'auraient lieu les phénomènes spéciaux de la sécrétion. Aussi Ch. Rohin se rend-il compte de l'origine des globales de colostrum en les considérant comme des globules blancs, des leucocvtes dégénérés et transformés. Toutes les fois que les leucocytes (globules blancs) ont séjourné longtemps immobiles, ils passent à l'état granuleux ea devenant jusqu'à trois à quatre fois plus gros qu'à Tétat normal; de plus, ils englobent des globules graisseux plus ou moins volumineux, absolument comme les cellules épithéliales et les leucocytes du lar\nx et de la trachée se remplissent, par simple pénétration, de granules de noir de fumée ou autres poussières. Ce serait par un travail semblable, mais très rapidement accompli, que se formeraient les orlobuies de colostrum.

^gg TEGUMENT EXTERNE

mamiuaire. LorsLivi'on nourrit une chiouiie avec des amylacés, il est vrai qu'on trouve une grande quantité de sucre de lait ; mais si on supprime les amylacés et qu'on ne donne à l'animal que de la viande (aliments albuminoïdes), le sucre de lait dimimie, puis sa quantité reste stationnaire, ce qui sendjle prouver que les cellules de la o-lande mammaire ont le pouvoir de fabriquer le sucre de lait, c'està dire de transformer les matériaux albuminoïdes du sang en sucre de lait (analogie avec l'action glycogénique du foie).

L'analyse du lait de femme fournit les proportions suivantes, pour 1 litre ou 1.000 grammes :

]^au yOO grammes.

Beurre Reliez la l'emine) 30 —

Caséine 28 —

Sucre de lait 45 —

I^hosphates 2, 50

Dans le lait de vache il y a 40 à 50 grammes de beurre, 48 de caséine et 52 de sucre de lait. En somme, le lait de vache est plus riche en matériaux nutritifs. Conclusion pratique : étendre d'eau le lait de vache et le sucrer un peu pour nourrir les enfants dans l'allaitement artificiel, allaitement déplorable, mais quelquefois nécessaire.

La sécrétion du lait est essentiellement interndttente, et ne se produit que sous l'influence de conditions spéciales, liées au fonctionnement des organes génitaux. Cette fonction s'établit chez la femme à l'époque de la parturition, et produit d'abord du culostrum, |)uis bientôt le véritable lait. Pendant ses longues époques de repos, la glande est comme atrophiée : c'est son état normal chez la jeune fille, chez la vieille femme et chez l'honmie. A l'époque de la puberté, elle se développe chez la femme, mais les culs-de-sac mammaires et leur épithélium globulaire ne sont bien distincts et bien caractérisés que sous l'influence de la grossesse et de la parturition : la fonte qui produit le lait n'est que le dernier terme de cette hypertrophie. Cette hypertrophie et cette fonte peuvent se prodiiire sous l'influence d'excitations directes et dans quelques circonstances particulières. Des jeunes filles vierges ont vu, après avoir donné leur sein à un nourrisson, sou> l'intluence excitatrice de la succion, cette glande se développer et produire du lait; des hommes même ont donné lieu cà un phénomène analogue. Enfin, à l'époque de la naissance, des enfants mâles ou femelles sécrètent par cette même glande rudimentaire un liquide très analogue au lait, et qui est sans doute en rapport avec la présence d'une

SECRKTION DU LAll 4^7

sécrétion graisseu se analogH<^ sur toute la surface de la peau ("vernix caseos'i).

Ces différents phénomènes, et surtout les premiers, prouvent que la sécrétion mammaire est un phénomène réHexe, mais la physiologie expérimentale n'a pu encore spécifier les voies nerveuses par lesquelles se fait cette action. Les expériences sur les nens intercostaux et sur les branches du symjiathique ont été également négatives^. L'alimentation paraît aussi avoir une grande intiuence sur la production et la nature du lait, comme il était facile de le prévoir. Enfin ou a remarqué qu'un grand nombi'c de médicaments administrés à la nourrice se retrouvent dans le lait, ce qui nous otl're un moyen excellent quoique indirect d'agir sur le nourrisson. Ainsi, par un moyen d'analyse très sensible, MM. Mayençon et Bergeret ont pu déterminer que le mercure ou les sels mercuriels. pris en une seule fois et même à dose très petite, sont éliminés en grande partie dans la sécrétion lactée. L'hydrargyration d'une nourrice qui allaite un enfant syphilitique est donc très rationnelle. (V. Journal de V Anatomie et c/- la physiologie de Ch. Robin, janvier 1873).

Le lait nous représente le type d'un aliment co'tnplet (V. p. 279), car, pendant une période de temps considérable, il forme la seule nour- }i'nre de l'enfant ;il en est de même de TcKCy/', qui pour l'oiseau constitue une provision alimentaire analogue au lait. Aussi l'analyse a-t-eile montré dans le lait (V. plus haut), comme dans l'œuf, tous les éléments nécessaires à la nutrition, sels, hydrocarbures, albuminoïdes. Cependant les proportions de ces diverses substances ne sont pas dans le lait exactement les mêmes que celles que l'on considère généralement comme constituant une nourriture bien mélangée. On admet en général (Moleschott,Voit) qu'un adulte doit consommer par jour 320 grammes de carbone et 21 grammes d'azote, ou, en d'autres termes, 130 grammes d'éléments albuminoïdes, et 48S grammes d'hydrocarbures et de graisses (graisse 84, hydi'ocarbures404) ;il eu résulte que dans ce cas le rapport normal, dans l'alimentation mélangée, des aliments azotés aux aliments non azotés est de i à 3,7. Or, dans le lait comme dans l'œuf, ce rapport est de i à 3 e'. même de 1 à 2, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup plus d'albuminates (azote) et moins d'hydrocarjjures (moins de carbone). L'explication de ce fait est facile, quand on se rapporte à ce que nous avons dit précédemment (p. 129) sur l'importance des hydrocarbures au point de vue de la production des forces, et particulièrement de la force musculaire. « En etfet, l'adulte puise ses forces dans la combustion des substances non azotées, les albuminates servant fort peu à cet usage. Dans les organismes en voie de développement, les

1 V. Cl. Bernard. Liiuidfs de rorganixine, t, II, p. 220.

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subslauces azotées sont, au contraire, indispensables à l'accroissement (les différents tissus. Il est donc facile de se rendre compte de l'erreur et du préjugé dans lesquels tombe le vulgaire qui condamne la majeure partie des entants à une nourriture riche en amidon et presque dépourvue d'azote. » (Wuudt, PJiysiologie ; tvadncA. de A. Bouchard.) Il est probable que les différences dans la composition du lait des divers mammifères (V. p. 486j sont en rapport avec la plus ou moins grande quantité de forces vives que les jeunes animaux peuvent déjà produire dès leur naissance; ainsi les jeunes veaux et poulains marchent et courent jjresque aussitôt : ils produisent donc une dépense déjà considérable de force et nous avons vu, en effet, que le lait de la vache et de la jument sont riches en hydrocarbures (beaucoup de graisse chez la vache, beaucoup de sucre chez la jument et l'ànesse). On trouverait sans doute des différences analogues dans la composition des œufs des divers oiseaux.

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