‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 133 sur 219 · II. — Sensations spéciales · texte numérisé non relu

II. — Sensations spéciales

Les Sensations spéciales nous révèlent les corps extérieurs et nous font apprécier leurs propriétés. Elles nous sont fournies par les or f/anes des sens, dont chacun suppose: 1^ un organe récepteur de l'impression: 2*^ un nerf qui transmet cette impression: 3° une partie centrale du cerveau qui la reçoit et l'apprécie.

L'organe périphérique qui reçoit en premier lieu l'impression est toujours un appareil provenant d'une partie plus ou moins modifiée de l'écorce externe (épiderme), ou des parties les plus initiales de l'écorce interne (épitliélium) . Ainsi nous avons comme organes des sens provenant de la peau : les organes du tact, de la vision, de

analysé in Revue des sciences rné'iicales de G. Hayein, janvier 1873.) Cet auteur pense, comme J. Millier, Ludwig, Bernstein {les Sens, vol. de la Bibliothèque scientifique internationale), que le sens musculaire se réduit à la faculté d'apprécier exactement l'intensité de l'excitation qui part de l'encéphale pour aller provoquer le mouvement voulu. Déterminant la contraction des muscles par la faradisation, il remarqua qu'il devenait plus difficile au sujet en expérience de reconnaître la différence des poids qu'il soulevait, différence qu'il appréciait très bien lorsque la contraction se faisait sous l'influence de la volonté. Bernhardt en conclut que le sens de la force est une fonction psychique : mais il reconnaît que les impressions sensitives nées des parties molles qui avoisinent les muscles contribuent puissamment à compléter la notion fournie par les centres volitifs. Le sens musculaire proprement dit n'existerait donc pas pour lui. C'est à un point de vue semblable que Trousseau a également nié l'e.vistence du sens musculaire, rapportant tout à la sensibilité des parties molles déplacées par le mouvement (V. art. Ataxie, in Noue. Dict. de rnéd. et de chir. prot.. t. III. p. 776.) — D'autre part, dans ses Reclierclies exj^érimentales et cliniques sur la sensibilitc^ thèse, Paris 1877, Gh. Richet, ayant étudié avec soin plusieurs amputés, u observé, relativement aux phénomènes connus sous le non à'illusion dea amputés (Y. ci-dessus E:ctérioralion des sensations, p. 91), que pendant les premiers jours qui suivent l'opération, les malades accusaient une sensation bizarre d'activité musculaire ; il leur semblait, par exemple, avoir des crampes dans les orteils qui se fléchissaient brusquement, ou bien ils croyaient sentir leur pied absent se porter en bas, en haut, en dehors. Le fait est des plus importants à noter, car il vient à l'appui de la théorie qui admet l'existence de nerfs spécialement consacrés à la sensibilité musculaire.

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