DU SENS DE L'AUDITION
d'une tige solide, la chaîne des osselets, dont l'autre extrémité est en rapport avec un appareil collecteur, la membrane ti/nipanique et la cavité de la conque. Gomme la deuxième membrane (la plus profonde, fenêtre ovale) est beaucoup plus petite que la première (M. du tympan), il en résulte que la moindre vibration communiquée à celle-ci ébranle fortement celle-là. Nous pouvons maintenant étudier le rôle de ces parties en les prenant en sens inverse, c'est-à-dire de debors en dedans, dans le sens que parcourt la progression des ondes sonores elles-mêmes.
A. Oreilli: externe.
Le pavillon de Voreille ou conque est un organe assez peu sensible par lui-même^ et ne jouissant que d'une sensibilité générale et tactile assez obtuse; les ornements dont on le charge souvent,
FiG. 140. — Schéma de l'ensemble de l'appareil auditif de l'homme *.
même chez les peuples civilisés, mettent à peine enjeu sa sensibilité. 11 est essentiellement composé d'un cartilage à renversements et contournements particuliers, qui semblent devoir en faire un organe de collection; et en effet, chez les animaux, sa direction et sa forme peuvent être changées par l'action des muscles intrinsèques et extrinsèques, qui les mettent en rapport avec l'attention que les animaux prêtent à tel ou tel bruit. Chez l'homme, ces muscles sont
* On voit de droite à gauche roreille externe, le conduit auditif, la caisse du tympan avec la chaîne des osselets et la trompe d'Eustache, le labyrinthe (Dalton, Physiologie et hygiène) .
rudimentaires, et tout au plus les extrinsèques se contractent-ils en même temps que l'appareil frontû-occipital dans les plus hauts degrés de rattention.
Ce pavillon ne peut donc servir que peu à renforcer les sons, et ceux qui en sont privés n'éprouvent pas de modification sensible dans la finesse de l'ouïe. Mais le pavillon paraît être utile pour juger de la direction des sons : une personne qui en est privée, ou un expérimentateur qui le supprime momentanément, soit en l'aplatisgant fortement contre la tête, soit en remplissant ses circonvolutions de cire, se trouvent relativement désorientés, quant à la direction dans laquelle viennent les sons ; c'est sans doute par de légères modifications de l'intensité du sou, produites par la manière dont les ondes sonores viennent frapper et se réfléchir sur le pavillon, que nous jugeons de leur direction, de leur origine. Nous jugeons aussi de cette direction, grâce à la perception inégale par les deux oreilles; aussi ne pouvons-nous que rarement distinguer si un son arrive droit devant nous ou droit derrière nous; dans ce cas, nous tournons légèrement la tête, et inclinons l'une des oreilles dans la direction de l'origine présumée du soni.
Le conduit auditif externe est déjà plus important, car s'il est obstrué, l'audition est diminuée, et son trop grand rétrécissement a parfois entraîné la surdité^. 11 offre deux moyens de transmission du son; la colonne d'air qui est dans son intérieur, et les parois cartilagineuses et osseuses qui le forment : ces parois, entrant en vibration, peuvent transmettre directement leurs ondes aux os de la tête, et de là au liquide labyrinthique, et on conçoit qu'alors la transmission est beaucoup plus facile, puisque les vibrations se pro-
1 c'est ce que Gellé a bien montré dans ses expériences avec son tube interauriculaire ; cet appareil se compose d'un tube en caoutchouc, d'un calibre moyen, dont les deux extrémités sont armées d'embouts de buffle garnis de cire pour faciliter leur fixation dans les méats. Quand le tube est fixé dans les deux méats, les deux oreilles ne reçoivent plus de sons que ceux que le^ transmet le tube avec une intensité que ne modifient pas les mouvements de la tête et sans vibrations possibles du pavillon. Or, dans ces circonstances, {''orientation auditive est entièrement supprimée, comme le prouve l'expérience suivante. L'anse du tube passant en face du sujet, une montre est mise en contact avec la partie moyenne de cette anse ; le sujet voit la montre devant lui, et annonce qu'il entend un son unique (fusion des impressions binauriculaires) qui vient d'en avant. On lui ordonne alors de fermer les yeux, on passe légèrement et rapidement par-dessus sa tête l'anse de caoutchouc jusque derrière lui, et la montre, étant de nouveau mise en contact avec la partie moyenne du tube, le sujet, interrogé sur le lieu d'origine du tic tac, croit encore que la montre est en avant de lui. (Gellé, Exploration de la senxibif lilé acoustique au moyen du tube interauriculaire, Paris 1S77.)
3 V. P. Bonnafont, Traité des maladies de l'oreille. J873, p. 120,