‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 141 sur 219 · DU SENS DK L'AUDITION · texte numérisé non relu

DU SENS DK L'AUDITION

pagent daus des milieux solides. Ce conduit auditif est encore très remarquable par sa sensibilité toute spéciale ; à sou entrée sont des poils de fortes dimensions, et dès que ces poils sont touchés, ou dès qu'une excitation se porte un peu plus profond«îment, il survient soit des réflexes singuliei's et inattendus, comme l'envie de vomir, soit un sentiment de malaise et de trouble général, qui nous avertit du danger que court l'appareil de l'audition ; en un mot, ces phénomènes rentrent dans ceux de la sensibilité générale et nullement dans ceux du toucher. C'est dans ce canal (portion cartilagineuse et fibreuse) que se trouvent les glandes cérurniKeuses, dent nous avons étudié la sécrétion en faisant l'étude des fonctions de la peau (V. p. 475); ce cérumen a pour effet de fixer les corps qui pourraient s'introduire dans le fond du conduit auditif externe, et nuire aux fonctions de la membrane du tvmpau.

B. Oreille moyenne.

La 'ûiembrane du tympan est composé de fibres connectives et élastiques, et possède un grand nombre de vaisssaux ; cette richesse vasculaire paraît destinée, comme celle du pavillon de l'oreille, à maintenir la température de ces parties, qui doivent toujours rester découvertes et exposées à l'air dont elles reçoivent les vibrations. En eôet. la membrane du tympan est essentiellement un appareil collecteur; elle est placée au fond du conduit auditif externe, mais ne jouit plus comme lui d'une sensibilité remarquable ; un insecte qui pénètre jusqu'à elle et qui la touche, ne provoque plus de réflexe, mais une sensation trompeuse de son, vu les vibrations qu'il lui communique. C'est donc uniquement un appareil de physique destiné à recevoir de l'air, ou des parois du conduit, les vibrations sonores.

Cette membrane n'est pas placée normalement pour recueillir les ondes sonores, elle semble, au contraire, s'y dérober jusqu'à un certain point, car elle est oblique de haut en bas et d'aiTière en avant; en un mot, elle semble continuer la paroi supéro-postérieure du canal. Cette obliquité est d'autant plus prononcée que le sujet estplus jeune, et chez le fœtus, la membrane est presque horizontale. De plus, cette membrane n'est pas plane ; elle représente un cône très bas, à sommet interne un peu émoussé et à bords attachés à l'embouchure profonde du conduit auditif externe, dans une sorte de cadre qui est distinct, sous forme de cerceau incomplet, chez les jeunes sujets. Cette membrane est donc coni-exe vers l'intérieur. et cette convexité est maintenue par la présence de la chaîne des osselets, dont une partie (manche du marteau) est contenue dans l'épaisseur de la membrane et la tend vers l'intérieur (ôg. 141) :

cette convexité, cette tension sont opérées soit par les variations de pression de l'air de la caisse, soit par l'action d'un muscle fmuscle interne du m.o/rteo.u). Si par une cause quelconque l'air de la caisse se raréfie, l'air extérieur presse sur la membrane, l'enfonce davantage dans la cavité tympanique, et, par suite, la tend en augmentant sa convexité (dans le sens indiqué par les flèches de la figure lil). Le muscle interne du marteau agit de même; il tire en dedans le manche de cet os, et, par suite, la membrane, dont il augmente la convexité et la tension*. C'est là le seul muscle dont Vaction ou Yexistence soit bien démontrée : les autres prétendus muscles de l'oreille moyenne, ou bien n'existent pas (muscles antérieur ou externe du marteau), ou bien ont une action encore peu connue (M. de l'étrier), et qui, en tout cas, ne consiste pas à relâcher la membrane, car

FiG. 441.— Membrane ^elle-ci, vu son élasticité, revient d'elle-même du tympan et osse- ■.• ^ t i

lets de la caisse *. ^ ^^ position de repos des que son muscle

tenseur cesse de se contracter.

Le but de ces tensions temporaires de la membrane est facile à comprendre aujourd'hui. Bichat croyait que pour augmenter l'énergie du son, il faut augmenter la tension de la membrane ; mais cette hypothèse est contraire aux lois de la physique, et Savart a démontré que si nous tendons la membrane, c'est pour diminuer l'effet du son sur elle (plus une membrane est tendue, moins ses vibrations sont amples) et amoindrir certaines impressions auditives désagréables. D'autre part, cette tension rend la meml^rane plus apte à vibrer avec les sons qui demandent le plus d'attention pour être perçus (plus une membrane est tendue, plus ses vibrations sont nornbreuses).

1 Plusieurs personnes jouissent de la faoulté de contracter volontairement le muscle interne du marteau, et de tendre ainsi la membrane du tympan. Cette tension se manifeste par un léger claquement qui se produit dans l'oreille à chaque contraction du muscle : du reste, on p<îut très bien, à l'aide du spéculum, constater tous les mouvements qu'exécute la membrane sous l'influence de ces contractions \olontaires. Presque tous les physiolotristes qui ont porté leur attention sur ce fait, et qui se sont efforcés de produire cette contraction,}' sont facilement parvenus; on cite surtout Bérard, Miiller, Wollaston, Bonnafont (op. cit., i^. 270).

a-i. Membrane du tyiiip-m ; — '/, le marteau ; — c, l'enclume: — d. l'étrier.

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