‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 148 sur 219 · DU SENS DE LA V C E 53Q · texte numérisé non relu

DU SENS DE LA V C E 53Q

compliquée, car ses couches concentriques vont en augmentant de densité de la périphérie au centre. Enfin, en troisième lieu, le corps vitré constitue une lentille concavo-convexe^ puisqu'il est creusé en avant pour loger le cristallin. C'est immédiatement derrière cette dernière lentille que se trouve la membrane sensible à la lumière, la rétine.

Pour plus de simplicité, on peut assimiler tout cet ensemble de lentilles à une seule lentille ayant le même pouvoir convergent total, et il est alors facile de se rendre compte du résultat fined de la marche des rayons lumineux. En un mot, tout l'appareil peut être représenté par une lentille formée d'une substance ayant un indice de réfraction de 1,39 à 1,49, et d'une distance focale égale àl7nim,48. Les rayons lumineux qui, partis d'un point extérieur, viennent tomber en divergeant sur la cornée, convergent donc après avoiitraversé cet appareil de dioptrique. et viennent se réunir en un point qui, à l'état normal, et dans des circonstances que nous préciserons, se trouve précisément sur la rétine : c'est là que viennent se peindre dans de moindres dimensions les objets extérieurs. Or, si la convergence ne se fait pas précisément sur la rétine, mais plus en avant ou plus en arrière, il est facile de comprendre que chaque point de l'objet mis en présence de l'œil viendra se peindre sur cette membrane, noti par un point, mais par un petit cercle correspondant au plan de section par la rétine du cône convergent que forment ces rayons avant leur réunion, ou du cône divergent qu'ils constituent après leur réunion (fig. 146).

Poiu' fixer les idées d'une manière simple, appelons cône objectif le cône des rayons lumineux pai^tant du point lumineux et venant tomher en divergeant sur la cornée, cône oculaire celui que représentent ces rayons après avoir subi l'action convergente de la lentille oculaire (fig. 14(3) : il est évident, d'après les plus simples notions d'optique, que si le point lumineux est situé très loin, si les rayons lumineux viennent, par exemple, de l'infini, d'une étoile, le cône objectif a sa longueur maximum, tandis que le cône oculaire est le plus court possible. Si, au contraii-e, les rayons lumineux viennent d'un objet très rapproché de l'œil, le cône objectif est très court, mais produit dans l'œil un cône oculaire beaucoup plus long que précédemment. On voit que dans ces circonstances ce no serait que pour une seule distance de l'objet lumineux que le c6i:e oculaire présenterait exactement la longueur nécessaii^e pour que son sommet vint tomber précisément sur la re'tine ; dans tous les autres cas, que le point lumineux fût plus loin ou plus près de l'œil, il donnerait un cône oculaire ou trop court ou trop long, et dont le sommet se trouverait par conséquent en avant ou en arrière de la

rétine : le point lumineux, en un mot, se peindrait sur la rétine, non par un point, mais par un petit cercle, dit cercle de diffusion. et les images obtenues dans ces conditions seraient confuses.

Mais ce qui se passerait ainsi dans un appareil de physique tel que nous l'avons conçu, n'a pas lieu dans un œil normal. Quelle que

FiG. 146. — Côies oculaires et cônes objectifs*,

soit (dans de certaines limites) la distance du point lumineux, nous pouvons toujours faire en sorte que le sommet du cône oculaire, produit par ses rayons, vienne tomber précisément sur la rétine : nous pouvons regarder alternativement, et voir presque avec une égale netteté une étoile et le bout de notre nez. En un moi, nois pouvons adapter^ accommoder notre œil aux distances.

G. Adaptation. — Le mode selon lequel se produit V adaptation^ c'est-à-dire la coïncidence toujours exacte du sommet du cône occulaire avec la rétine^ n'a pu être précisé que dans ces derniers temps. On a même longtemps nié l'existence de l'adaptation. La preuve de l'existence de cette fonction peut être donnée par plusieurs expériences. Si l'on place, par exemple, en face de soi deux doigts l'un derrière l'autre à une certaine distance, et qu'on fixe son attention sur l'un d'eux, on s'aperçoit alors que l'on ne voit distinctement que celui-ci, c'est-à-dire que l'œil n'est adapté que pour voir l'un des doigts, et ne l'est point pour l'autre, quipaïaît

* A, B, PoinU lumineux considérés ; — c, f, cornée ; — DD, iris; — EE, cristallin.

D'abord les rayo s lumineux partis des points A ou B sont brisés par la cornée CC i ! par l'humeur aqueuse comprise entre cette membrane et le cristallin, c'est-à-dire rapprochés du rayon médian qui marche parallèlement à l'axe. Une seconde réfraction s'opère à travers la lentille du cristallin, et il en résulte finalement les cônes oculaires, qui ont leurs so.nmets en a et en 5, c'est-a-dire précisément sur la rétine : mois on voit aussi que si la rétine au lieu de correspondre précisément au sommet des cOues oculaires, venait les couper soit plus en avant (en H), soit plus en arrière (en G), l'image qui se peindrait sur «ette membrane ne serait plus un point, mais un petit cercle (cercle de difft'.siot^ ) .

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