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APPAREIL LACRYMAL

sébacées et leurs fonctions), s'accumule dans l'angle interne de l'œil, au niveau de cette excavation que l'on nomme la lac lacrymal. De là les larmes pénètrent par \ei=> points lacrymaux (fig. 156), et suivent successivement les canaux lacrymaux^ le sac lacrymal et le canal nasal ^ pour arriver jusque dans les fosses nasales, au niveau de la partie antérieure du méat intérieur. Pour se rendre compte de la marche du liquide lacrymal dans cette série de canaux, on a invoqué

Fig. 156. — Appareil lacrymal *.

bien des raisons qui n'ont pas toutes une ég-ale valeur ; on a parlé de capillarité^ mais cette force physique, capable défaire pénétrer un liquide dans un petit tube vide, devient une cause d'arrêt bien plutôt que de mouvement dès que ce tube est plein ^. Il en est de même de l'assimilation des conduits lacrymaux avec un siphon. Il est évident, au contraire, que dans les mouvements d'inspiration, la raréfaction de l'air des fosses nasales produit une aspiration sur le canal et, par suite, sur toute la série des canaux et sacs qui le précèdent, et que cette légère aspiration suffit pour établir le cours des

i V. Foltz, De-i voies la' rym'iles {Journal de Physiologie de Brown-Séquard, t. V. Paris, l862j.

* Appareil la:ryraal vu par la surface oonjonclivale des paupières. Les glandes de Moibomius sont vues courant vers le bord des paupières; — ?. glande lacrymale; — d. orifices de ses 7 ou 8 conduits excréteurs, dans l'angle externe du cul-de-sac conjonctival supérieur; à l'extrémité interne des bords des paupières, on voit les orifices des points lacrymaux (sur les tubercules lacrymaux) : — o, o, muscle orbiculaire (portion oibitaire).

larmes àl'état normal ; aussi, lorsque les larmes sont plus abondantes, faisons-nous pour faciliter leur passage de brusques inspirations, comme dans \e sanglot. Les voies lacrymales sont garnies de valvules dont le nombre est variable, mais qui sont toutes disposées de manière à ne permettre le cours des larmes que dans un seul sens, et à s'opposer à tout reflux.

Non seulement c'est le passage de l'air dans les narines qui permet de comprendre la progression des larmes dans le conduit nasal, mais il semble, d'autre part, que les larmes servent à lubrifier les voies respiratoires, et à s'opposer à l'action desséchante du courant d'air de la respiration ; nous avons déjà vu que les fosses nasales sont un appareil destiné à échauffer et à rendre humide l'air inspiré; la présence des larmes, en humectant l'entrée des voies aériennes, contribue puissamment, par la vapeur d'eau qu'elles cèdent à l'air inspiré, à en entretenir jusque dans les poumons l'humidité si favorable à l'échange des gaz (L. Bergeon).Les organes laci-ymaux, dont le produit est toujours déversé dans les narines, se rencontrent môme chez les ophidiens, quoique leur globe oculaire, caché derrière le système tégumentaire, soit entièi'ement à l'abri de l'évaporation. Au contraire, les animaux qui respirent un air saturé d'humidité, comme les cétacés, sont les seuls dépourvus de glandes lacrymales ^.

RÉSUMÉ. — Les ditférentes surfaces muqueuses ne nous donnent que des sensations générales., c'est-à-dire vagues, douloureuses ou agréables, mais nullement localisées. Les tissus musculaires, osseux, tendineux, etc., ne sont que très vaguement sensibles, et seulement sous Tinfluence de quelques formes spéciales d'irritation (le tiraillement, la torsion), mais ils deviennent très sensibles (sources de douleurs vives) lorsqu'ils sont atteints d'inflammation. Il faut cependant noter le sens onuscalaire (sens de la contraction) comme une sensibilit spéciale du muscle.

Sensations spéciales:

fo TactouToucheu. — Développé surtout le tégument externe, mais spécialement à la pulpe des doigts, sur les lèvres et sur la langue, ce sens a pour organes : i** les terminaisons nerveuses inti'a-épidermiques (pour les sensations de chaleur) ; 2^ pour les impressions de contact, les papilles dermiques nerveuses contenant les corpuscules tactiles de Meissner; 3" les corpuscules de Pacini (placés sur les nerfs collatéraux des doigts) et destinés à donner les impressions de compression.

La peau, par sa sensibilité, nous donne, en efl'et, des notions spé

1 V. A. Estor, Physiologie pathologigue des fistules lacri/males/m Journ de l'Anat. et de la Physiol. de Gh. Robin, janvier 1866.

ciales de pression {toucher proprement dit : forme des corps), de pression, et de température. Le dos delamaiii est plus apte à apprécier les différences de température ; la paume de la main (pulpe des doigts) est plus apte à apprécier la forme des corps. L'habitude est pour beaucoup dans les notions de forme et de relief (expérience cVAristote).

2° Gustation, — Sens localisé à la surface de la langue : en distinijuant les sensations qui nous sont données par le tact lingual, par le goût et par l'odorat, on voit qu'il n'y a de véritablement sapides que les corps dits amers ou sucrés. Ces sensations, réellement gustatives, .se localisent dans les papilles linguales (surtout les papilles caliciformes) et ont pour agents nerveux le nerf lingual et le glossopharyngien (celui-ci surtout apte apercevoir les saveurs amères). La corde du tynipan joue, dans la gustation, un rôle encore très discuté: probablement le lingual doit-il sa sensibilité gustative à cette corde du tympan, laquelle peut être considérée comme une sorte de filet erratique du glosso-pharyngien ; le glosso-pharyngieu serait donc, dans ce cas, le seul véritable nerf de la sensibilité spéciale réveillée par les corps sapides.

3° Olfaction. — Siège à la partie supérieure des fosses nasales (nerf olfactif) ; les branches du trijumeau, qui se distribuent à la muqueuse olfactive, lui donnent seulement la sensibilité générale (impression caustique de l'ammoniaque) et président à la nutrition de cette muqueuse. Ces nerfs sont donc indispensables à l'intégrité de l'olfaction, mais^n'y servent que d'une manière indirecte.

4° Audition, ouïe. Oreille externe. — Le pavillon de l'oreille sert à recueillir les ondes sonores, aies concentrer; son intégrité paraît nécessaire pour une juste appréciation de la direction des sons.

Oreille moyenne. — La membrane du tympan^ placée dans une position très oblique au fond du conduit auditif, recueille les vibrations de l'air et les transmet, par la chaîne des osselets, à la. fenêtre ovale. Sa convexité en dedans (sa tension) est variable et peut être modifiée (augmentée) par la contraction du muscle interne du 'marteau ; il en résulte une sorte d'adaptation de la membrane selon Yam,plitude ou la fréqv.ence (hauteur du son) des vibrations à recevoir. Les cellides m,astoïdiennes ont pour effel d'augmenter la capacité de la caisse et de rendre moins sensibles les changements de pression atmosphérique. La trom,pe d'Eustache, qui ne s'ouvre qu'à chaque mouvement de déglutition, établit la communication entre la caisse et l'air extérieur de façon à amener Véquilibre de tension de l'air extérieur avec celui de la cavité tympanique.

Oreille interne. — Le liinaçon est l'organe essentiel de I a ^j^rce'jjfzort m,usicale (par les fibres radiées de sa lame basilaire et les arcs de Gorti), et les calculs établis entre le nombre des éléments de l'organe de Gorti et l'échelle des sons musicaux confirment cette manière de voir. Les sacs xestibulaires jugent plus spécialement de l'intensité des sons, ou mieux des bruits. Peut-être les trois canaux semi-circu-

laires sont-ils disposés pour donner la notion de la situation de la tête dans l'espace : ils constitueraient alors un appareil sensitif spécial, distinct de celui de l'audition, présidant aux impressions qui régissent l'équilibration du corps, et mériteraient le nom d^organe périphérique du sens de l'espace (le cervelet étant l'organe central).

50 Visiox. —Les milieux de l'œil forment un aippareilde ré fraction ; mais, pour que cet ap} ax*eil amène sur la rétine le sommet des cônes ibi'més par les rayons partis des différents points d'un corps qui peut être situé à diverses distances, il faut une adaptation pour chacune de ces distances (expérience de Scheiner). Cette adaptation se produit essentiellement par un changement déforme du cristallin, dont la face antérieure augmente de convexité quand on adapte Tceil pour la vision d'un objet très rapproché (expériences des images de Purkinje). Ces modifications du cristallin sont produites par le m,uscle ciliaire qui forme la partie antérieure de la choroïde, et peut agir sur la périphérie du cristallin par Tintermédiaire des procès ciliaires.

Le pigment cho/'oïdien sert, comme surface noire, soit à absoi^ber des rayons irrégulièrement réfractés, soit, comme miroir, à réfléchir les rayons dans la rétine.

Uiris joue le rôle de diaphragme à ouveriu'. e variable qui se dilate, sons l'influence du nerf grand syrapathique, quand on regarde un objet éloigné o\x peu éclairé, et se rétrécit sous l'influence du nerf moteur oculaire' commun, dms les cas inverses (vire lumière.ohjet proche).

La rétine est la menbrane sensible sp'Jcialement ci la lumière: elle n'a sa sensibilité spéciale que par les organes terminaux des fibres du nerf optique (cônes et bâtonnets) ; aussi la papille (entrée du nerf et épanouissement) est-elle insensible à la lumière (pwnctu^n cœcum, expérience de Mariotle). La partie la plus sensible de la rétine est la tache jaune, placée exactement au pôle postérieur de l'œil, et remarquable par sa richesse en cônes. L'impression lumineuse se fait uniquement dans la couche des cônes, dont le segment interne parait seul sensible, le segment externe représentant un appareil destiné à Q^QcixievlaL transformât ion des vibrations lumineuses (études récentes sur le rouge ou pourpré rétiniens.

La persistance et Yirradiation nous rendent compte d'un grand nombre d'illusions optiques; il faut encore tenir compte de pe rééditions entoptiques (circulation de la rétine, leucocytes du corps vitré, etc.).

La question delà vue droite avec les im,ages renversées s'explique par l'étude des phosphènes et par le mécanisme physiologique des sensations reportées à distance du point excité (V. p. 562, en note). La vue des reliefs ne résulte pas d'un mécanisme préétabli; c'est un acte de conscience.

Le cours des larmes (sécrétion lacrymale), leur entrée dans le sac lacrymal et le canal nasal, a pour agent mécanique spécial l'inspiration, qui raréfie l'air dans les fosses nasales.

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