‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 154 sur 219 · MUSCLES DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

MUSCLES DE L'ŒIL

A l'étude des muscles de l'œil se rattache celle des muscles des paupières; ces muscles sont au nombre de deux : le relevcur de la paupière supérieure ot le spJiinrier palpi'bral ou orbiculaire. Le relcveur, qui double le droit supérieur du globe^ paraît i)resque superllu, car ce dernier, en raison de ses connexions fibreuses avec la paupière supérieure, pourrait sutnrc pour la relever en même temps qu'il dirige la pupille en haut. Cependant ce releveur est utile pour tenir l'ouverture palpébrale largement ouverte, et il ne se repose à l'état de voillo que dans des instants très cour ts, et par saccades, au moment du clignement. Le sphincter palpébral est, comme tous les sphincters, formé de fibres en anse ou en anneau, mais il présente de chaque côté, et surtout en dedans, des adhérences osseuses, de vraies insertions, de telle sorte qu'en se contractant il réduit l'ouverture palpébrale à une fente transversale et non à un point; c'est que, de plus, les voiles palpébraux contiennent dans leur épaisseur de fortes couches de tissus fibreux résistants (dits cartilages tarses). Les fonctions de ce sphincter semblent supplémentaii'es de celles de Torbiculaire de l'iris ; il se contracte comme ce dernier d'une manière réflexe, sous l'influence de sensations rétiniennes, par exemple, lorsque la lumière est trop vive ; mais il se contracte aussi sous l'influence de réflexes dont le point de départ est sur la cornée. Aussi est-il difficile de tenir l'œil ouvert quand un corps étranger touche la surface antérieure de la cornée ; les maladies de cette surface donnent souvent lieu à de véritables spasmes des paupières.

Appareil lacrymal. — Cet appareil se compose : d'une gla^idc sécrétant le liquide lacrymal ou larmes ; des paupières, destinées à répandre ce fluide sur la surface antérieure du globe de l'œil; et enfin d'une série de canaux^ qui pompent ce liquide et le font passer dans les fosses nasales.

La glande lacrymale, formée de lobules analogues à ceux des glandes salivaires, est placée à la partie supérieure de l'angle externe de l'œil; la pesanteur est donc suffisante pour conduire sur la partie externe du globe le produit de sécrétion, liquide limpide, incolore, alcalin, contenant un peu d'albumine et de sels, surtout du chlorure de sodium. De l'angle externe de l'œil, les larmes sont étalées jusqu'à l'angle interne par les seuls mouvements de l'orbiculaire, qui,

celle des muscles pj'ramidaux du nez, très peu soumis à la volonté, que par la contraction des fibres internes du muscle frontal; c'est précisément la contraction du centre de ce muscle qui relève les extrémités intérieures des sourcils et donne à la physionnomie l'expression caractéristique de la tristesse. » (Léon Dumont, Ex'pression des senlimenls cVaprès Darwin, in Revue des Cours scienti/iqties, mai 1S73).

Iv u s s e t D u V A L . P h y s i 0 1 . 32

en produisant le clignement, les répand dans tout le sac conjonctivaï : en effet, toutes les surfaces que lubrifient les larmes sont recouvertes par une muqueuse, la conjonctive, qui, passant de la face postérieure des paupières sur la face antérieure du globe de l'œil (culsde-sac conjonctivaux supérieur et inférieur), tapisse la partie tout antérieure de la sclérotique, et même la cornée, comme nous l'avons vu à propos de cette membrane (épithélium antérieur). Ainsi le clignement des paupières assure la transparence de la cornée, car il y étale un liquide qui en prévient le dessèchement, tout en restant en couche assez mince et assez égale pour ne pas troubler la vision. On peut donc dire que le clignement est à l'œil ce que la déglutition est à l'oreille (V. p. 526), et les deux mouvements se produisent également d'une façon intermittente et très fréquente. L'un des premiers effets de la paralysie des paupières est l'inflammation de la cornée, qui, par défaut de circulation et d'étalement des larmes, se trouve soumise aux injures de l'air et des poussières ambiantes.

La sécrétion des larmes est continue ; elle est augmentée parfois par des causes morales, ou des réflexes dont le point de départ est le plus souvent sur la cornée, mais parfois aussi sur la muqueuse nasale ou sur la rétine. Si un coup étranger vient s'arrêter sur la cornée et l'irrite, il y a aussitôt une hypersécrétion de larmes qui viennent le dissoudre ou l'entraîner. Cette sécrétion se fait par un phénomène réflexe identique à celui qui préside à la sécrétion delà salive. Le nerf centrifuge de ce réflexe est le nerf lacrymal (de l'ophtalmique de Willis, première branche du trijumeau). En effet, l'hypersécrétion lacrymale qui survient par action réflexe à la suite de l'excitation d'un grand nom1)re de nerfs crâniens (frontal, sousorbitaire, nasal, lingual, glosso-pharyngien , pneumogastrique), cesse de se produire après la section du nerf lacrymal. L'excitation du grand sympathique, d'après Demtschenko, produit aussi une hypersécrétion lacrymale, de même que nous avons vu qu'elle amené la production de la salive (V. p.290j; mais dans ce cas, les larmes présentent des caractères particuliers, semblables à ceux de la salive dans les mêmes circonstances: elles sont troubles et épaisses, tandis que celles qui résultent de l'excitation du trijumeau sont limpides et transparentes^ (comparer avec ce qui a été tUtp. 290).

Les larmes s'évaporent en grande partie, mais il y en a toujours un excès qui reste, et qui ne pouvant s'écouler normalement sur les joues par le bord libre des paupières, vu la présence sur ces bords de la sécrétion grasse des glandes de Meibomius (V. Glandes

i Demtsohenko. Zur Innervation def Thr'dnendruse. {P/licger's Archiv, fur die gesammte Physiologie^ Bonn, sept. 187^ )

Page 1