I. — FÉCONDATION, PHÉNOMÈNES PRÉPARATOIRES
La fécondation résulte de la rencontre de V ovule et des spermatozoïdes. Nous connaissons l'appareil mâle destiné à éjaculer le sperme. L'appareil femelle destiné à le recevoir comprend :
a) Les organes génitaux externes^ qui possèdent des appareils érectiles (bulbe du vagin et corps caverneux du clitoris) analogues à ceux de l'homme, quoique rudimentaires : ces organes, et surtout la région clitoridienne, analogue au gland de la verge, sont le siège principal des sensations génitales voluptueuses.
b) Le vagin, à l'entrée duquel (entre les petites lèvres et les caroncules myrtiformes) s'ouvre de chaque côté le canal excréteur des deux glandes de Bartholin, glandes analogues, et par leur position et par leur produit, aux glandes de Gooper, que nous avons étudiées chez le mâle. Leur produit paraît destiné à lubrifier l'entrée du vagin. Ces glandes sont intéressantes au point de vue pathologique ; c'est en elles que siège, chez la femme, l'inflammation analogue à la blennorragie de l'homme. Dans ces cas. il n'y a pi-osque jamais vaginite ; la blennorragie chez la femme se traduit par ce qu'on peut appeler une hartholinite.
Le vagin est essentiellement l'organe de la copulation : ses rides et ses plis trç^nsversaux excitent au plus haut degré- la sçnsibilité du
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gland et amènent le réflexe de l'éjaculation ; c'est donc dans le vagin que sont versés les spermatozoïdes. Aussi l'état de cette muqueuse peut-il avoir une certaine influence sur la vitalité de ces éléments fécondateurs : si la desquamation vaginale est notablement acide, son contact avec les spermatozoidespeutêtrefatalà ces filaments vibi-atiles; car on sait qu'ils sont frappés de mort, comme toutes les cellules à cils vibratiles, au contact d'un liquide acide. Au contraire, la présence d'un mucus alcalin, comme celui que produit normalement l'épithélium pavimenteux du col de l'utérus, est éminemment favorable à la vie et aux mouvements des spermatozoïdes. (V. p. 603 et 613.)
Les sensations génitales voluptueuses qui acompagnent l'acte du coït chez l'homme et qui sont nécessaire pour amener le réflexe de Véjaculation, ne paraissent pas, ainsi qu'il a été dit précédemment (p. 614), devoir accompagner nécessairement cet acte chez la femme, afin d'amener la fécondation; les seules conditions que doivent remplir les organes génitaux externes de la femme, c'est de permettre que la semence soit introduite dans le vagin et puisse y être retenue. La membrane hymen, qui présente toujours une perforation de forme variable (hymen semilunaire, hymen en fer à cheval, hymen annulaire, hymen bilabié), n'oppose pas d'obstacle à cette introduction, et, du reste, elle est d'ordinaire brisée dans le premier coït ; mais parfois cette membrane présente une sensibilité toute particulière, qui, mise en jeu par les plus légers attouchements, amène par action réflexe une contraction énergique du sphincter du vagin, contraction accompagnée de violentes douleurs et mettant obstable à tout coït.
C'est ce phénomène, si curieux au point de vue physiologique, que Mar. Sims (de New-York) a étudié sous le nom de vaginisme. Sima compare avec raisoa le vaginisme au blépharisme ou contraction spasmodique douloureuse et involontaire de l'orbiculaire des paupières, accompagnée d'une extrême sensibilité ou pliutophobie *.Ge chirurgien a de plus montré que le vaginisme ne pouvait être détruit ni modifié par la dilatation forcée ou graduelle, tant qu'on- ne s'adressait pas au point de départ du réflexe, c'est-à-dire à l'hymen ou à ses débris (caroncules myrtiformes), mais que l'excision et la cautérisation de ces membranes sensibles (surtout à leur surface externe) font disparaître aussitôt les con tractions spasmodiques qui étaient la suite de leur hyperesihésie.
Il est possible que le sperme soit lancé directement jusque dans
1 V. Pour plus de détails sur la physiolojie pathologique du vaginisme : Stoltz, Contracture spasmodique Jf Vori/lne vaginal par hyperesthési^ /Vaninisme). — Gazette mMicale df Strnsthourg, iauvier 1872,
l'utéius, car rouvertiirc du méat uriiiaire du j.'-land étant verticale, et celle du col de l'utérus transver.^ale. il y a là une condition qui doit favoriser le passage daus la seconde ouverture du liquide qui sort avec violence de la première. Ce passage est peutêtre favorisé par un état d'érection de Tutéi-us et de son col, érection (jui ouvrirait largement l'ouverture de ce dernier ; on a dit aussi que cette érection, dilatant la cavité de la matrice, amenait de la part de celle-ci une véritable aspiration sur le sperme.
Cependant l'observation directe chez le.^ animaux (lapine) fait voir que le sperme n'est versé que dans le vagin i ; Coste a montré même qu'il s'écoule de dix à vingt minutes avant que les spermatozoïdes commencent à se montrer dans l'ouverture du museau de tanche et dans la cavité du coL Aussi toute cause, naturelle ou artificielle, qui viendra atteindre la vitalité des spermatozoïdes (comme l'acidité du mucus vaginal) pendant-leur séjour dans le vagin, mettra obstacle à la fécondation. Les recherches de Coste lui ont montré, chez la lapine, l'existence d'une sécrétion particulière au niveau du col de la matrice, sécrétion qui vient diluer le sperme et augmenter la vivacité des mouvements des spermatozoïdes. Le sperme aurait donc à subir dans cette antichambre de la matrice une élaboration comparable à celle qui résulte déjà, dans les voies génitales du mâle, de son mélange avec les produits des vésicules séminales, des glandes bulbo-urétrales. etc. Il en serait de même dans l'es pèce humaine, d'après les recherches de Arm. Després (Académie de médecine, décembre 1869) : « Le col de l'utérus renferme des
1 Nous ne pouvons toutefois nous dispenser de rapporter une observation très curieuse faite chez la femme et qui confirmerait singulièrement la théorie d'une aspiration active de la matrice sur le sperme pendant l'orcrasme vénérien. Cette observation, due à un médecin anglais, a été reproduite dans tous les journaux de médecine (V. Mouvement médictl du 8 mars 1873). Il s'agit d'une femme atteinte de chute de la matrice et chez laquelle lo moindre contact sur le col ultérin amenait l'orgasme vénérien : « Je glissai la pulp^ de mon indicateur trois ou quatre fois le long du col de l'utérus; immédiatement l'orgasme survint... Le col utérin, au début, était dur, ferme et avait l'aspect normal; son ouverture était close et n'aurait pu admettre la sonde. Presque aussitôt après le contact, le museau de tanche s'ouvrit largement et bâilla cinq ou six fois, pendant que l'ouverture externe était attirée vigoureusement dans l'intérieur de la cavité du col; ces phénomènes durèrent environ vingt secondes, puis toat rentra dans l'état normal, l'ouverture se referma et le col reprit sa place... Q'iand j'aurai ajouté que la malade était très intelligente, qu'il n'y avait aucun état inflammatoire ni à l'ouverture, ni dans le col utérin, ni dans le vagin, et que toutes les parties étaient saines, qu'il n'existait qu'un déplacement, on pourra penser avec moi que j'ai été témoin de ce qui se passe pendant le coït, et que le passage du liquide spermatique dans l'utérus peut de cette façon s'expliquer clairement, r^
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glandes eu grappe ou tubuleuses ramifiées siégeant en partie dans le tissu musculaire de l'utérus, comme les glandes prostatiques au milieu des fibres musculaires de la prostate. Ces glandes sécrètent un liquide clair, \-isqueux. albumiueux, analogue au liquide prostatique, qui sort du col d'une façon intermittente et produit Véjaculation de la femme. Ce liquide sort lentement du col et reste sur le museau de tanche et dans la cavité du col : ^ette éjaculation de ^a femme est de.'itinée à fournir un véhicule aux zoospermes pour leur permettre d'' arriver sûrement d a. n s le col deVutérus i. » Dans ces circonstances, il est incontestable que ce qui joue le rôle essentiel pour faire parvenir des spermatozoïdes jusqu'à l'ovule, ce sont les mouvements propres de ces éléments vibratiles : il a suffi parfois que le sperme fût déposé à l'orifice vulvaire pour que les spermatozoïdes, par leurs propres mouvements, arrivassent à l'ovule, en suivant le vagin, le col et le corps de la matrice, et enfin les trompes de Fallope. Dans ce voyage plus ou moins long des spermatozoïdes, qu'on a appelés animalcules, il n'y a cependant ni spontanéité ni instincts: ils sont très nombreux, doués de mouvements très vifs, et du moment qu'ils se trouvent dans un liquide alcalin, ils se répandent de tous côtés et quelques-uns arrivent, par suite, jusqu'à la dernière extrémité des trompes de Fallope: c'est ainsi qu'un peu de sperme de batracien, déposé à l'extrémité d'un de ces longs chapelets d'œufs que pondent ces animaux, va féconder jusqu'aux derniers ovules de l'autre extrémité de cette chaîne.