‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 168 sur 219 · MENSTRUATION ET OVULATION · texte numérisé non relu

MENSTRUATION ET OVULATION

ducte, grâce au mouvement des cils de l'épithélium vibratile et grâce aussi aux mouvements péiistaltiques de la trompe, et arrive dans la matrice, où il donne lieu à des phénomènes tout particuliers s'il a été fécondé, et d'où il est rejeté dans le cas contraii-o avec les produits de la menstruation.

On a reconnu, en eftet, que la chute de l'ovule coïncide à peu près exactement avec l'époque de la menstruatioti (tous les vingt-huit jours en moyenne). La chute de l'œuf est donc périodique ; ce phénomène s'accompagne d'autres phénomènes accessoires a])pelés molimina wenstrunlia, qui sont une congestion delà moelle épinière, un endolorissement de la région lombaire, des phénomènes de sensibilité excentrique, des douleurs périphériques qu'il faut rapporter à la moelle ; puis enfin le phénomène utérin caractéristique, Vhémorragie menstruelle.

h'hémorragîe menstruelle mérite d'être analysée avec soin, car nous y découvrirons un phénomène essentiellement épithélial.L'utéru?, organe musculeux, mais dont l'élément musculaire ne joue de rôle important que pendant et surtout à la flii de la gestation, l'utérus présente une cavité tapissée par une muqueuse ; cette muqueuse utérine ne se compose réellement que de Vépithéiium, cylindrique vibratile, appliqué presque directement sur l'élément musculaire, à peu prés sans substratum conjonctif, sans chorion. Cet épithélium est très abondant, doué d'une grande vitalité, et forme par ses végétations profondes des glandes en tubes, analogues comme forme aux glandes de Lieberkuhn, et qui s'enfoncent dans l'épaisseur des parois utérines; nous verrons que lors de la fécondation cet épithélium forme d'énormes végétations papillaires qui donnent naissance à la caduque. Eu pathologie, il est aussi la source d'un grand nombre de néoplasmes utérins. Mais ce que cet épithélium présente de plus remarquable, c'est qu'il est soumis à une chute, à une mi'.e mensuelle, coïncidant exactement avec l'ovulation ; une mue semblable se lait de même chez les femelles des mammifères à l'époque du rut. Or, comme cet épithélium recouvre presque directement le muscle utérin, riche en vaisseaux et même érectile, il en résulte que la chute épithéliale laisse à nu un grand nombre de petits «canaux vasculaires qui, sous l'influence de la turgescence générale des

■développement de ces cils (on sait que la menstruation est accompagnée d'une séiie de phénomènes de mues épithéliales, notamment dans l'utérus). Cette hypothèse paraîtra encore plus vraisemblahle, si nous ajoutons que. dans la séance où nous en avons fait part à la Société de biologie (13 mars 4880), M. Sinety a déclaré avoir constaté, sur des tumeurs des ligaments larges, et sur des kystes de l'ovaire qu'il a opérés, la présence d'un épithéliumcylindrique à cils vibratiles, abondant surtout au voisinage des trompes. Pes cils, paraît-il, n'apparaissent chez la femme qu'au moment de la puberté, 1 V, F..^ Pouçhet, Qoulalion spontaiiçe'effècQn^al'ign, Paris, 1847.

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oro'anes à ce moment, se rompent et donnent lieu, surtout chez la femme, à une hémorragie plus ou moins abondante i. Ainsi, quoique l'hémorragie soit le phénomène le plus frappant, il n'est pas moins vrai que l'essence même de la menstruation est une mue épithéliale, sympathique du développement épithélial ovarique d'où résulte la chute des ovules, de l'ovulation en un mot 2.

Ce n'est pas à dire que, dans l'hémorragie menstruelle, les vaisseaux eux-même ne jouent aucun rôle. 11 y a, à cette époque, des modifications de l'innervation vaso-motrice telles que, si l'écoulement du sang ne s'effectue pas par la surface utérine, le flux hémorragique se fait jour par d'autres vaisseaux. C'est ainsi qu'on voit des femmes avoir, à l'époque des régies, des hémorragies nasales, pulmonaires, intestinales. Récemment encore on a apporté l'observation singulière d'une femme dont les seins étaient tous les mois le siège d'une tuméfaction douloureuse, puis d'un écoulement d'abord séreux, puis sanguinolent, qui durait huit jours. (Tueffar'l, Union m^'c?., 1872.)

i (^h. Rouget, eu découvrant les fibres musculaires lisses qui sont conte* nues dans l'épaisseur des ligaments larges et qui englobent tous les vaisseaux placés dans ces organes, a aussi indiqué cette disposition comme la source principale du mécanisme de l'hémorragie menstruelle; il est. en effet, ineontestable que ces faisceaux musculaires, en se contractant, compriment les vaisseaux veineux qu'ils enlacent, et s'opposent ainsi à la circulation de retour, sans nuire à l'afflux par les artères, qui, grâce à leur petitesse et à leur résistance, ne sont que peu ou pas modifiées par la compression. De là augmentation de pression et déchirure dans les capillaires utérins. La contraction de ces faisceaux musculaires prend aussi la plus grande part à l'érection de l'ovaire, et à l'adaptation de la trompe (V, p. 620), de sorte qu'une seule et même cause préside aux trois phénomènes essentiels de l'époque menstruelle, rupture de la vésicule de Graaf, adaptation du pnvillon tubaire, hémorragie cataméniale : dans ces circonstances, l'adaptation de la trompe doit se faire la première et précéder fort heureusement la rupture de l'ovisac; elle doit se produire à l'instant où cette rupture, devenue imminente par hypertrophie de vésicule de Graaf, provoque dans tout l'appareil génital interne cet état parlioulier (contraction des muscles péri-utérins), qui constitue le molimen menstruel. (V. Ch. Rouget, les Organes érectiles de la femme : Jour iiol de p'nysiologie, t. I, 1858.)

2 Parfois la desquamation de l'épithélium utérin se fait tout d'une pièce, et les règles sont accompagnées de l'expulsion d'une fausse membrane reproduisant exactement le moule de la cavité utérine {Dysrriénorrhée membraneuse exfoliante). La muqueuse utérine se sépare du tissu sous-jacent comme au moment de l'accouchement et est expulsée, tantôt entièrement sous forme de sac, à villositès externes ou internes, suivant (ju'elle sort directement ou retournée sur elle-même, tantôt par lambeaux plus ou moins considérables. Quelques auteurs ont nié le détochemenl menstruel de la muqueuse, et prétendu que ce n'est là qu'un avortement des premiers jours ou des premières semaines (Haussmann) ; mais Gourty a réuni plusieurs observations incontestables de menstruation membraneuse chez des vierges et chez des femmes mariées, chez lesquelles, malgré l'interruption avérée des rapports conjugaux, le phénomène se reproduisait avec une persistance qui ne saurait laisser de doute sur sa nature.

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Var/in. — L'ôpithôliuin paiiiieuteux du vajiiii et du cul de Ja matrice ne reste pas indilféi'cnt au phc-nomèue de la menstruation. Là aussi se produit, mais sur une Ijien plus petite échelle, une desquamation épithélialc, d'où résulte un produitliquide épaiset blanchâtre. Dans certains états pathologiques très fréquents, cette desquamation est permanente et constitue les écoulements connus sous Je nom de fiueurs blanches^ qui ont leur source dans le vagin et surtout le col de l'utérus.

hQS, partù's génitales externes otirent aussi des desquamations épithéliales analogues, mais qui se rapprochent du prorluit sébacé ou plutôt du smegma préputial.

Le vagin et les parties génitales externes servent surtout à la copulation, qui a pour but la fécondation; nous les étudierons donc avec ce phénomène, que nous pouvons aborder maintenant, connaissant les produits mâles et femelles, c'est-à-dire les deux éléments dont la mise eu présence constitue la fécondation.

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