PLACENTA
tives, et plongées dans une substance denii-liquide ; c'est le magmd rrticulé des auteurs. 4^ Enfin on rencontre Vaoïnios formant la poche amniotique, qui contient le liquide du même nom (fig-. 189 — 18). La membrane amnios lappelle par sa structure celle de la peau, avec laquelle elle se continue et dont elle partage l'origine (feuillet externe du blastoderme) ; elle se compose, en effet, d'une couche épithéliale à cellules pavimenteuses, et d'une sorte de derme, formé de tissu cellulaire et renfermant quelques éléments musculaires lisses.
Placenta, nutrition du fœtus. — Le rôle essentiel de l'allaitoïde est de former, au point où ses villosités persistent et où elles prennent même un développement exagéré (au niveau de la caduque sérotiné), l'organe principal de la nutrition du fœtus, le placenta. A ce niveau, en effet, les villosités chorio-allantoïdiennes se développent , se ramifient (placenta frondosumj et plongent dans la caduque sérotine (fig. 189 — 22), qui, à ce même niveau, subit une hypertrophie caractérisée par la présence de villosités tout aussi vasculaires et tout aussi ramifiées. Ces villosités, d'origine opposée, vont à la rencontre les unes des autres, s'enchevêtrent et constituent finalement ce gâteau plus ou moins circulaire, d'apparence compacte, qui forme le lieu d'échange entre l'organisme fœtal et l'organisme maternel (fig. 189 — 20)^.
Fig. 190. — Schéma des vaisseaux du placenta *.
1 Chez les animaux à placenta dilïus (jument), les villosités choriales qui revêtent la surface de l'œuf sur toute son étendue sont reçues dans des cavités ou cupules de la muqueuse utérine : ces cupules ne sont pas des glandes hypertrophiées; c'est ce que H. Planteau s'est attaché récemment à démontrer; ces cavités de réception résultent de ce que la muqueuse s'est très épaissie, poussant vers l'intérieur de la cavité utérine des prolongements en forme de cloisons qui circonscrivent des cupules; l'étude de ces cupules est particulièrement intéressante, vu les nombreuses interprétations auxquelles elles ont donné lieu ; aussi H. Planteau s'attnche-t-il à établir que ces cupules ne sont pas des cavités creusées dans le tissu préexistant de la muqueuse, mais résultent de ce que la muqueuse utérine a fait saillie dan^ les intervalles des villosités choriales ; qu'au niveau de ces cupules et de leurs cloisons, l'epithélium est devenu pavimenteux et irrégulièrement stratifié ; que jamais les glandes ne viennent s'ouvrir au fond de ces cupules,
• 1, utérus; — 2, tissus intermédiai.e ; — 3, placenta (caduque sérotine' où se ramincnl les vaisseaux maternels et foetaux (Chailly-Honoré).
La tig ui-e 190 fait mieux comprendre que toute description quelle idée il faut se faire du mode selon lequel s'eîiectuent les échanges entre la mère et le fœtus. C'est par échange endosmotique au travers des capillaires de chaque villosité que le fœtus, à cette période de son existence, emprunte et rejette les matériaux nutritifs; par là se font la nutrition et la respiration. ^lais il n'y a pas communication directe des vaisseaux de la mère avec ceux du fœtus. (A une certaine époque, les globules rouges de l'embryon sont autrement conformés que ceux de la mère. La proportion des globules au liquor n'est pas la même dans le sang de l'embryon et dans celui de la mère, etc. D'autre part, une femme grosse succombant à une hémorragie traumatique, tancUs que son cadavre est exsangue et ses vaisseaux vides, le système circulatoire de l'embryon sera trouvé, au contraire, normalement rempli de sang).
La respiration fœtale s'effectue par le placenta: nous avons déjà insisté sur ce fait (V. p. 396), et l'analyse exacte du rôle du sang dans la respiration nous a permis de comprendre que la dififéreuce entre la respiration de l'adulte et celle du fœtus se réduisait à la présence d'un intermédiaire de plus, d'une station de transit déplus chez le second que chez le premier, entre les tissus et le miheu extérieur. La nécessité de la respiration placentaiie est, du reste, mise en évidence par les accidents graves qui résultent de la suppression des fonctions du placenta. Quand la circulation du cordon, qui relie le placenta au fœtus (V. Circulation fœtale), est interrompue, le fœtus périt, non par le défaut de noiu'ritui^e, mais pai'
mais bien sur les plis illanls qui en dessinent les interstices. Ces faits étaient importants à constater, car, si depuis longtemps il est démontré que les glandes utérines ne jouent aucun rôle chez la femme soit dans la placentation, soit dans la nutrition du fœtus, on a souvent (Sharpey, Turner) avancé que chez les animaux, a placenta diôus, les glandes utérines sécréteraient un liquide spécial, un prétendu lait utérin. Pour ce qui est des glandes, les faits anatomiques sus-indiqués les mettent sufrisamment hors de cause, et on peut encore signaler ce fait remarquable que, chez les ruminants, dès la naissance, les points où iront s'insérer plus tard les cotylédons placentaires sont déjà marqués par des caroncules fongiforraes qui deviendront les cotylédons maternels, et que précisément la muqueuse qui les recouvre cesse, au niveau de leur base, de renfermer aucune espèce de glande. Restent les cupules que l'auteur a décrites avec soin, et qui, d'après Ercoiani, représenteraient des g.andes de nouvelle formation. Mais le développement de ces cupules, dit l'auteur, est tel qu'aucune assimilation de ce genre n'est possible, et, du reste, ces cupules, pas plus que les glandes proprement dites, ne sécrètent un liquide particulier pendant la gestation. (V. H. Planteau. Recherches ^ur li muqueuse utérine de quelques animaux à placenta diffus; mémoire accompagné de deux, planches, Journ. de rAnat. et de la Physiol. , ^mllet, 1881).