LOIS DES REFLEXES
(moelle) et l'essence même des pheDomèues qui prirent dès loi*s le nom de réflexes (impressionurn sensoriarum in rnotorias refiexio; 1784) ; enfin les études histologiques du globule nerveux et de ses rapports avec les fibres nerveuses ont permis de se rendre un compte encore plus exact du nioile par lequel se fait cette rédexiou. quoique sur ce dernier point la plupart des données soient encore fort bypotbétiques. Dès lors, Marshall-Hall (V. fig. 10, p. 30), Mueller. Lallemaud. Flourens. Longet, Cl. Bernard, etc.. enrichii'ent la science des faits si nombreux qui permettent aujoui'd'hui àe classeriez, réflexes, de préciser les lois de leur production, ainsi que les influences qui les modifient (surtout pour les réflexes médullaires).
Classificfxlion des actes nerveux réflexes. — On divise généralement les réflexes d'après les voies que suivent et Xoction centripète et Y action centrifuge ; à chacune de ces actions se présentent deux voies : ou les nerfs du système cérébro-rachidien, que nous avons seuls étudiés jusqu'ici, ou les branches du grand sympathique, pai' lequel nous terminerons l'étude du système nerveux.
Les réflexes les plus nombreux suivent comme voie centripète et comme voie centrifuge les filets nerveux rachidiens ; tels sont la plupart de ceux que nous avons cités jusqu'ici : déglutition, éternuement, toux, clignement des paupières, marche, etc., et en pathologie, un grand nombre de réflexes morbides, le vomissement, le tétanos, l'épilepsie. etc.
Une seconde classe, presque aussi nombreuse, se compose de réflexes dont la voie centripète est un nerf sensitif du système céphalo-rachidien, et la voie centrifuge un nerf moteur du grand sympathique, le plus souvent un vaso-moteur: tels sont les réflexes qui donnent lieu à des sécrétions (saUve, etc.), aux phénomènes de rougeur ou de pâleur de la peau, à l'érection, à certains mouvements de l'iris, à certaines modifications dans les battements du cœur, et, en pathologie, à un grand nombre de phénomènes que l'on disait métastatiques, vu la difficulté de trouver le mécanisme de leur production, comme un grand nombre d'ophtalmies, d'orchites, de coryzas qui tiennent à une hv-perhémie réflexe ; et, d'autre part, comme tenant à xme anémie réflexe, certains cas d'amaurose, de paralysies, de pai^aplégies, etc.*.
Une troisième classe renferme le- réflexes dont l'action centripète a pour siège les nerfs du sympathique (sensibilité obtuse , di^e
i V. Ch. Rouget, Introduction à : Diagnostic et traitement des direrfes espèces de paralysie des membres inférieurs, par Bpo\na-Séqtiard. Taris, 1S64,
organique, des viscères) et pour voie centrifuge les nerfs moteurs céphalo-rachidiens (de la vie de relation); la plupart de ces phénomènes sont du ressort de la pathologie : telles sont les convulsions que peut amener l'irritation viscérale produite par la présence de vers intestinaux, les éclampsies réflexes, Th^^stérie, etc.; comme phénomène normal de ce genre on pourrait citer le réflexe respiratoire, car l'impression que la surface pulmonaire envoie au bulhe est transmise par le pneumo -gastrique, qui, sous bien des rapport?, se rapproche des nerfs du grand sympathique, ou tout au moins constitue une transition physiologique entre les rameaux du grand sympathique et ceux du système céphalo-rachidien.
Enfin, on peut comprendi^e dans une quatrième et dernière classe les réflexes dont les voies de conduction, centripète comme centrifuge, se trouvent dans les filets du grand sympathique : nous aurons à examiner plus tard si pour ceux-ci Faction centrale se passe dans les masses de substance grise du système céphalo-rachidien, ou dans celles des ganglions de la chaîne sympathique : tels sont les réflexes obscurs et encore difficiles à bien analyser qui président à la sécrétion des divers liquides intestinaux ; ceux qui peuvent nous expliquer en partie les sympathies qui unissent les divers phénomènes des fonctions génitales, surtout chez la femme ; la dilatation des pupilles par la présence de vers intestinaux dans le canal digestif: en général tous les actes d'innervation des organes de la nutrition, et, d'autre part, de nombreux réflexes pathologiques analogues à ceux que nous avons précédemment cités (la soufl'rance de Testomac amoLant la pâleur et le refroidissement de la peau, etc.).
Lois des actes nerveux réflexes. — Lorsqu'une irritation sen- "" sitive amène un phérnonène réflexe, la production de celui-ci (eu général r/?o?<re>/2<?>2 0 est soumise, dans son intensité et dans sa distribution anatomique, à certaines règles bien précises, que Pfliïgcr a d'abord établies par l'expérimentation sur des grenouilles (lois de Pfliîger), et que Ghauveau a confirmées par ses recherches sur de grands mammifères. Ainsi une irritation faible, portée sur la peau d'un membre inférieur ( par exemple , du côté droit ) , détermine un mouvement réflexe dans les muscles de ce même membre, c'est-à-dire dans les muscles dont les nerfs moteurs sortent de la moelle du même côté et au même niveau que les fibres sensitives excitées (loi de V unilatéralité) ; si l'excitation devient plus intense, la réaction motrice se manifeste aussi du côté opposé, dans le membre correspondant, c'est-à-dire parles nerfs moteurs symétriques (Irji de la symétrie); et ce membre correspondant (gauche, dans l'exemple choisi) présente toujours des mouvements moins intenses, oue celui (droit) (jui a reçu l'excitation (loi de Vintensité) , Kiifiij