CP
ques s ajoutent aux précédentes, agrandissent l'échancrure et enfin la complètent de telle sorte que les deux cornes antérieures se trouvent, en fin de comp!e, complètement décapitées. Après leur entre -croisement, les deux cordons montent parallèlement sur les côtés du sillon médian antérieur, celui de droite occupant le côté gauche du sillon et réciproquement. C'est ainsi que se trouvent constituées les pyramides antérieures du bulbe, ou, pour mieux dire, la portzon mo-
* n. Sillon médian, antérieur ; — p. sillon médian {-ostérieur ; 1, cordon antéro-interne ;
— 2, cordon antéro-îatéral ; 3, cordon postérieur : — j:. commissure blanche (6bres décussées); —CA. corne ant-rieure; — RA, racines antérieures; — CP, cornes pùslérieures;
— RP, racines postérieures.
** 1, 2, 3, Cordons antéro-inteine. antéro-latéral et postérieur; — CA. R.\, cornes et racines antérieures; — CP ; RP, cornes et racines postérieures ; — R'.\', s.gment central de la corne anté:i?ure. dont la tête (C, A) a été détachée ; — x, entre-croisement des cordo:is latéraux (2,2) allant former les pyramides (P.P') ; — NP, noyau des pyramides postérieures ; — a et p, sillons médians antérieur et postérieur.
HP
FiG. 17. — Coupe de la partie inférieure du bulbe rachidien au niveau de l'entre-croisement des pyramides (partie motrice) **.
BULBK RAGHIDIEN
trice des pyramides (p et p', Cv^. 17), portion remarquable par l'aspect fascicule qu'elle présente sur les coupes. Cette partie motrice des pyramides passe du bulbe dans la protubérance, traverse celle-ci, s'étale ensuite largement sur la face inférieure des pédoncules cérébraux (étage inférieur des pédoncules) et se porte vers les corps striés, dont elle constitue les couches blanches.
Nous avons dit que les cordons latéraux formaient, après leur entrecroisement, la portion motrice des pyramides ; la portion sensitive est formée par les cordons postérieurs, dont nous avons décrit, avec Sappey, l'entre-croisement ^ ; en effet, les cordons postérieurs de la moelle (3, fig. 18), parvenus au-dessus de l'entre-croisement des cordons antéro-latéraux se comportent comme ceux-ci, mais ils ne commencent à s'entre-croiser que lorsque l'entre-croisement des j)récédenls est tout a fait terminé. On les voit alors s'infléchir en avant (j;, x, fig. 18) et se
-.Cl,
Fig. 18. — Coupe du Lulbe au niveau de la partie supérieure de rentre-croisement des pyramides (partie sensitive)*.
décomposer en un certain nombre de faisceaux, qui décapitent la corne postérieure en traversant son extrémité profonds et qui contournent ensuite la susfance grise située au-devant du canal central, pour se porter, ceux de droite vers le côté gauche, et ceux de gauche vers le côté droit (.?;', fig. 18). Ainsi entre-croisés, les deux cordons postérieurs forment d"abord un large raphé ti'iaugulaire, à base pos'érieure (x') ;
1 Vi Sappey et DiiV;il, Trajet, de!^ cordo.is nerveux qui relie,it le cerveau à la moelle épinière (Comptes renlus de iWcad. des sciences, 19 janv. 1876).
* a et p, Sillons médians antérieur et postérieur; — CA, tète de la corne antérieure; ■" C'A.', base de la corne antérieure (noyau de l'hypoglosse); — H, fibres radiculaires de l'hypoglosse; — 1, 2, 3. cordons blancs antéro-interne, antéro-latéral (ceux-ci presque disparus par le fait de la décussalio:; précédente (ùg. 17), et postérieur; — a-, x, fibres venant des cordons postérieurs et s'enlre-croisant en x' ; — P,P', pyramides (partie motrice constituée par la décussation précédente ; fig. 17) ; — NR, noyau des corps restiformes.
KussetDuvALjPhysiol. P
i)U SYSTEME NERVEUX
mais bientôt ce raplié épais s'allonge d'arrière en avant, eu passant entre les cordons antéro-internes, qu'il sépare, et ne tarde pas à prendre la figure d'un cordon à coupe rectangulaire appliqué derrière la portion motrice des pyramides et divisé en une moitié droite et une moitié gauche, d'autant plus distinctes que l'entre-croisement s'achève ; lorsque celui-ci est complété, les deux cordons postérieurs de la moelle se trouvent, eu définitive, appliqués à la portion motrice des pyramides, dont ils constituent la couche profonde ou sensitive. Cette partie sensitive des pyramides s'engage aussi dans la protubérance, la traverse, et vient prendre part à la constitution des pédoncules cérébraux ; mais
FiG. 19. — Schéma d'une coupe de la partie moyenne du bulbe rachidien*.
elle fait partie de l'élage supérieur des pédoncules et va se perdre, d'après nos propres recherches, dans les couches optiques, au lieu d'aller, comme la portion motrice, jusqu'au niveau des corps striés.
Que deviennent donc les cordons antérieurs ou antéro-internes de la moelle épinière? Vu la disposition des entre-croisements que nous A-euons de décrire, ces cordons, tout en restant parallèles, se trouvent déplacés, de telle sorte que, antérieurs dans la moelle, ils occupent dans le bulbe sa partie centrale, puis répondent bientôt à sa face postérieure. On les voit ainsi, i)ar suite de leur déplacement progi'essit, arriver jusqu'à la paroi inférieure du quatrième ventricule, c'est-àdire qu'ils deviennent postérO'Supérieurs. C'est dans cette situation,
♦ P, P, pyramides;— C, C. plancher du quatrième ventricule; — H, fibres radiculaires du nerf grand hypoglosse; — !sH, noyau classique du grand hypoglosse; — N'H', noJ%u accessoire de l"hypoglosse ; — S. noyau nccessoire (moteur) des nerfs mixtes; — PX, noyau sensitif des nerfs mixtes (glosso-pharyngien. pneumogastrique, spinal) ; -^ NR, noyau des corps restiformes; — CP, substance gélatineuse de Rolande (tête de la corne postérieure); — T. racine ascendante du trijumr-au; — M. fibres radiculaires du nerf pneumogastrique; — 01, lame grise olivaire; — R, noyau juxla-olivaire interne- — l", noyau juxta-olivaire externe; — jr, ce, rophc.
ËULBK KT PROTUBERANCE 75
toujours sous-jacents au plancher gris du quatrième ventricule, qu'il traversent la protubérance et viennent prendre part à la constitution de l'étage supérieur des pédoncules cérébraux pour aller pénétrer dans les couches optiques.
Fonctions des faisceaux blancs faisant suite à ceux de la moelle. — L'anatomio suffit, jusqu'à un certain point, pour établir les fonctions des faisceaux blancs du bul])o, puisqu'elle nous montre ces faisceaux, après entre-croisement, se continuant avec ceux de la moelle dont les fonctions sont à peu près établies. Du reste, l'expérience directe confirme les inductions anatomiques. Quoique tous les résultats expérimentaux ne soient pas bien concordants, il est suffisamment établi, par les vivisections de Longet, que l'excitation des pyramides antérieures produit des mouvements. Mais nous savons qu'en arrière et un peu en dehors de la partie motrice des pyramides se trouve un cordon que l'anatomie amène à considérer comme un conducteur sensitif (V. ci-dessus, p. 73), et, en effet, d'après Vulpian, lorsqu'on excite les pyramides, il se produit à la fois des mouvements et de la douleur. Quant à la route directe ou croisée que suivent les divers conducteurs, nous savons qu'audessus du tiers inférieur du bulbe tous les cordons blancs se sont entre-croisés, les uns successivement dans la moelle (p. 59), les autres au niveau et un peu au-dessus du collet du bulbe. Aussi toutes les lésions encéphaliques unilatérales frappent-elles le mouvement et la sensibilité dans le côté opposé du corps.
Mais, outre les faisceaux blancs qui, dans les parties supérieures de Taxe spinal, font suite aux faisceaux de la moelle, on trouve dans ces régions de nouvelles colonnes blanches. Dans le bulbe, ce sont d'abord les colonnes blanches qui occupent la place laissée libre par les cordons postérieurs, et qui forment les limites latérales du quatrième ventricule; ce sont, en un mot, les corps restiformes. Ces corps restiformes, si bien nommés par les anciens processifs cerehelU ad medullam oblongatam (Gr, iig. 21), paraissent être, en effet, des faisceaux blancs qui, venus du cervelet, descendent vers le bulbe où ils se résolvent, par leur face profonde ou adhérente, en une infinité de tractus blancs, lesquels, sous le nom de fibres arciformes, sillonnent la substance du bulbe sous la forme de fibres à trajet curviligne, les unes superficielles) mais la plupart profondes. Dans la protubérance, à part quelques faisceaux nerveux radiculaires (trijumeau), on ne trouve comme fibres blanches longitudinales que les faisceaux blancs précédemment indiennes, c est-à-dire (p, p, fig. 17, 18, 19, 21, 22, 23 et 24) la portion motrice des pyramides (continuant les cordons antéro-latéraux), leur portion sensitive (cordons postérieurs de la moelle) et les cordons antéro-internes prolongés. Afais on trouve de plus, surtout dans les couches inférieures ou superficielles de la protubérance, un
t6 DU SYSTÈME XEÎlVErX:
graud nombre de faisceaux blancs ti-ansversaux (pr, t]g. 21, 22, 23). Ceux-ci (pédoncules cérébelleux moyens) forment une première couche inférieure ou superficielle qui recouvre les pyramides (portion motrice), et une seconde couche profonde qui passe entre la porlioa motrice et la portion sensitive des pyramides et établit déjà ainsi une démarcation nette entre les faisoeaux blancs longitudinaux qui forment l'étage supérieur ou calotte, et ceux qui formeront Tétage inférieur ou pi'^d des pédoncules cérébraux. Enfin, indiquons encore ce fait qu'au niveau des pédoncules cérébraux de nouveaux faisceaux blancs viennent s'adjoindre aux faisceaux prolongés depuis la moelle: comme au niveau du bulbe (corps restiformes), ces nouveaux faisceaux blancs sont des fibres cérébelleuses : ce sont les pédoncules cérébelleux supérieurs. Les pédoncules cérébelleux supérieurs, émergeant du cervelet, occupent d'abord, sur les parties latérales de la moitié supérieure du quatrième ventricule, une position analogue à celle que les corps restiformes occupaient à la moitié inférieure de ce même ventricule ; mais, à mesure qu'ils se dirigent en haut et en avant ils se rapprochent (!, i,fig. 20; de la ligne méliane, pénètrent dans l'élage supérieur du pédoncule, et. sans se mêler intimement aux fibres blanches de cet étage, atteignent la ligne médiane, s'y entre-croisent, et, après une décussation complète, vont se perdre dans les couches optiques.
En somme, les cordons blancs, dont uous venons de rappeler la disposition comme parties s'ajoutant aux cordons blancs médullaires prolongés, sont essentiellement représentés par les trois ordres de pédoncules cérébelleux ; or, nous verrons bientôt que les fonctions du cervelet, quoique mal définies encore, sont certainement en rapport avec la motricité ; c'est pourquoi les pédoncules cérébelleux pai'aissent présider à certaines coordinations des mouvements, c'est-à-dire que leur lésion ou leur excitation unilatérale produit une perte d'équilibre et des mouvements dans un s^ns plus ou moins nettement déterminé. Ces mouvements (de roulement, de rotation en rayon, de manège, etc.) ont été beaucoup étudiés par les physiologistes, sans que les travaux entrepris à ce sujet aient encore jeté une lumière parfaite sus les fonctions des organes en question.
Quoi qu'il en soit, il importe de bien fixer le sens de ces expressions • Il est très facile de comprendre ce qu'on entend par un mouvement de manège de gauche à droite, car alors robs3rvateur est sensé placé au centre du cercle décrit par l'animal ; mais il est souvent difficile de comprendre ce que dit l'observateur en parlant de roulement de gauche à droite, ou de droite à gauche. Nous dirons donc que « dans le rnoxivcriient de rotation (ou inoifce'ment giratoire, ou roulement), l'animal tourne autour d'un axe longituthnal qui traverserait le corps dans sa longueur ; cett« rotation commence par une chute sur un côté, et le sens de la rotation est déterminé parle côté par lequel a débuté la chute » (Beaunis). Enfin, outre le
BULBE ET PROTUBERANCE 77
mouvement de manège, qui u*a pas besoin d'être défini, et le mouvement de rotation proprem«?ut dit (rotation sur l'axe j, on a encore décrit im mouvement de rotation en rayon de roue. « Dans ce cas, l'animal tourne autour du train postérieur qui sert d'axe, la tète se trouvant à la circonférence du cercle. Ce mode de rotation ne se produit, du reste, qu'assez rai^ement. »
Ces mouvements de rotation se produisent dans les cas de lésions expérimentales ou pathologiques des pédoncules cérébelleux ; ils sont variables selon que tel ou tel pédoncule a été atteint, et selon que la lésion a porté sur telle ou telle de ses parties. 1° La lésion d'un pédoncule cérébeDeux moyen détermine la rotation autour de l'axe ; si la lésion atteint la partie postérieure, la rotation se fait du côté lésé (Magendie) ; si c'est la partie antérieure qui est atteinte, la rotation se fait du côté opposé. 2<* La lésion des pédoncules cérébelleux infériems ne produit que rarement des mouvements circulaires, mais amène l'animal à prendre une attitude particulière et qui rentre dans l'ordi^e général des phénomènes précédents : le chien, pai' exemple, se roule en cercle du côté de la lésion, c'est-à-dire que le corps s'incurve en arc de ce côté. Cette lésion, comme l'a démontré Browu-Séquard, ne produit pas de trouble de la sensibilité ; on ne peut donc considérer les coi'ps restiformes (pédoncules cérébelleux inférieurs) comme des voies centripètes prolongeant jusque dans le cervelet les conducteurs sensitife de la moelle, ainsi que l'avait pensé Longet. 'i^ La lésion d'un pédoncule cérébelleux supérieur prolidt un mouvement de manège du côté opposé au pédoncule atteint; mais ce mouvement ne se prodiut que quand on a lésé non seulement le pédoncule cérébelleux su;jérieur ^processus cerebeJli ad testes), mais encore une paitie du pédoncule cérébral sous-jacent.
L'opiniûii la plus vraisemblable pour expliquer les mouvements de rotation dé'erminés par les lésions unilatérales d'une partie de l'encéphale est ce. le qui a fait dépendre ces mouvements d'une tendance au vertige, provoquée par la rupture de l'équihbre foac'ionnel des deux moitiés symétriques de la région de l'encéphale qui est lésée, soit qu'on admette, da:^s chacun des pédoncules de chaque côté, l'existence d'une force tendant à faire tourner l'animai dans un sens, soit qu'au lieu de forces excitatrices on admette l'existence de forces modératrices dans chaque ordre de pédoncules; en tout cas, comme une simple piqûre peut produire les mouvements de roulement et q le dans ce cas l'abolition des fonctions de la partie piquéi ne saurait être mise en question, il semble plus rationnel d'admettre, d'une manière générale, que ces phénomènes sont dus à une excitation plutôt qu'à une paralysie (suppression de fonction) des pédoncules. Les expériences instituées à ce sujet par Vulpian ont fait connaître un certain nombre de faits non
signalés avant lui, entre autres la coexistence assez fréquente de la tendance au mouvement de rotation sur Taxe longitudinal du corps, avec la tendance au mouvement de rotation en circuit plus ou moins restreint, observation que Vulpian a faite sur les mammifères, les têtards de grenouilles, les grenouilles elles-mêmes et les poissons, et qui a été l)lus tard faite aussi par Baudelot sur ces derniers animaux. C'est qu'en effet les mouvements de rotation produits par des lésions unilatérales de l'isthme encépalique sont aussi apparents chez les vertébrés inférieurs que chez les mammifères ; ce sont tantôt des mouvements de manège, tantôt un mouvement giratoire ou de rotation sur Taxe. D'après les recherches de Prévost, le sens du mouvement sur l'axe est le même que celui de manège, et ces deux mouvements s'exécutent dans le sens indiqué par la déviation des yeux. Si le sens de la rotation est variable dans ce cas, suivant le point de l'isthme qui a été atteint, c'est que les entre-croisements des libres nerveuses ne sont pas encore complets au niveau de l'isthme ; ils se complètent à
mesure que l'on monte vers les noyaux des hémisphères.
Enfin, Prévost a remarqué qu'il n'est pas rare d'observer, ])endantles premiers moments qui suivent l'opération, un mouvement de manège dans le' sens opposé à celui qui s'établit définitivement quelques instants plus tard.
b) Substance grise. — Pour s'orienter dans l'étude de la substance grise du bulbe, il faut d'abord jeter un coup d'œil sur les formes extérieures que présente la face postérieure (grise) de cet organe :
quand on met à jour cette face, c'est-à-dire le plancher du quatrième ventricule, en enlevant le cervelet et sectionnant ses pédoncules (fig. 20:
1, pédoncules cérébelleux supérieur; 2, idem moyen; 3, idem inférieur), on voit que ce plancher, en forme de losange, correspond à la fois à la face postérieure du bulbe et de la protubérance, et qu'il présente de légères saillies formées par les nerfs (8, nerf acoustique) ou par les noyaux des ners; — B, région d'où naît la partie sensible du trijumeau (locus cxruleus des auteurs allemands) ; — G, saillie correspondant au noyau commun du facial et
Fig. 20. — Position des noyaux des nerfs bulbo-protuLérantiels relativement au plancher du quatrième ventricule.
BULBE ET PROTUBERANCE
du moteur oculaire externe ; — A, région du noyau du moteur oculaire commun et du pathétique (au-dessous et autour de l'aqueduc de Sylvius) ; — D, noyau de l'acoustique ; — F, du grand hypoglosse ; — E, saillie qui correspond, successivement et de haut en bas. aux noyaux du glosso-pharynirien, du pneurao-gastrique et du spinal (jusque dans la moelle cervicale).
Si maintenant on cherche à compléter cette première étude par Tinspection de coupes faites à différents niveaux dans le bulbe et la protubérance, il semble que la substance grise de ces parties ne rappelle
ME
ME
FiG. "21. — Schéma d'une coupe au niveau de la ligne de jonction du bulbe et de la protubérance*.
en rien la disposition de la substance grise de la moelle. Mais une étude attentive de nombreuses coupes échelonnées graduellement de bas en haut permet de constater qu'il est possible de reconnaître, dans le bulbe, la protubérance et les péloncules cérébraux, des parties grises dout les unes représentent les cornes antérieures ou les cornes postérieures de la moelle prolongées jusque dans les étages supérieurs (comme les cordons blancs mé lui 1 aires), tandis que les autres sont des atoas gris surajoutés (de même que les cordons blancs surajoutés : corps restiformes, pédoncules cérébelleux).
a) Masses grises qui prolongent les cornes antérieures. — Ces masses représentent les noyaux d'origine des nerfs moteurs bulbaires
* p. p. Pyramides: — Pr, Pi\ fibres transversales de la protubérance: — entre les couches diverses de ce^ fibres sont irrégulièrement stratifiés des amas de substance grise ; — ME. ME, racines du nerf moteur oculaire externe ; — M, noyau commun du moteur oculaire externe et du facial: — F, T, fascicidus teres portion verticale de l'anse du facial) ; — 1', I. noyau inférieur du facial (dans lequel prennent naissance les fibres radiculaires qui vont former le fascicidus teres); — GP, substance gélatineuse de Rolande (tête de la corne postérieure) ; — T, racine ascendante du trijumeau; — A'C. substance grise du plancher du quatrième ventricule (noyau de racoustique) ; — AC. tronc du nerf acoustique , — e, sa racine externe : — GR, corps restiforme.
et protubéranliels. Lorsque les cordons anléro-latéraux ont, par leur décussation, décapité les cornes an'ërieures (fig. 17 et 18, p. 72 et 73), ainsi que nous l'avons décrit précédemment, chacune de ces co.nes se trouve divisée en deux parties distinctes : 1" l'une, la base de la corne, reste contiguë au canal central (r'a', 17, et c'a', lig. 18), se prolonge sur toute la longueur du plancher du quatrième ventricule, de chaque côté de la ligne médiane, et y forme les amas connus sous le nom de noijau de l'hypoglosse (nh, fig. 19), de noyau commun du facial et du moteur externe (facial supérieur; m, fig. 21); plus haut, au niveau des pédoncules cérébraux, au-dessous de l'aqueduc de Sylvius et de chaque côté de la ligne médiane, ce prolongement de
Fig. 2?. — Schéma d'une coupe de la protudérance au niveau de son bord inférieur*.
la base de la corne anlérieure s'éteint en formant le noyau d'origine du 'moteur oculaire et du 'pathétique (c'a', fig. 24 ci-après, p. 82). 2" L'autre partie, la tête de la corne décapitée, se trouve rejetée en avant et en dehors (ca, fig. 18), mais elle ne disparaît pas, comme on a paru généralement le croire; seulement les amas gris qu'elle forme sont coupés et fragmentés par le passage des fibres arcitormes venues du corps restiforme. Une étude attentive, à l'aide de nombreuses coupes, permet de constater que cette partie toute ])ériphérique et isolée de la corne antérieure donne naissance d'abord à la formation grise connue sous le nom de noyau antcra-latéral depuis les travaux de Stilling, Kœlliker, L. Clarke et J. Dean. Ce noyau antéro-latéral (s et n'h', fig. 19) est le noyau moteur des nerfs mixtes, c'est-à-dire du spinal, du pneurao-gastrique et du glosso-pharyngien (s, fig. 19); il
* P, P>', T, CP. ME, M, comme dans la figure précédente; FT, partie supérieure du faicicuhis teres se ivcoui-bant en dehors, puis en avant, pour former le facial (qui se dirige vers son lieu d'émergence F, F'), et recevant encore quelques fibres radiculairos du noyau inférieur (FI) ; — OS. olive supérieure ; — A'C', noyau de l'acoustique.
BULBE ET PROTUBERANCE
représente aussi, par ses parties les pins internes (le plus souvent fragmentées par le passaire des fibres arciformes), un noyau antérieur accessoire de rhypoiflosse (N'n', fig, 19). Plus haut, au niveau du plan de séj)aratioii entre le bulbe et la protubérance, les formations grises qui font suite au noyau aniéro-latéral, c'est-à-dire à la partie détachée de la corne antérieure, sont repr,ésentées par le noyau inférieur du, facial (fi, fi^'. Zl et 22), et par le noyau masticateur du trijumeau, ce dernier noyau étant situé en pleine protubérance, à peu p-és au niveau même de l'ëmerg-ence du nerf (ma, tig. 23).
h) Masses grises qui i^roLoiigent les cornes 'postérieures. — Les cornes i)0stérieures sont décapitées, comme les cornes antérieures, mais seulement par le passage des cordons postérieurs marchant vers
FiG. 23. — béma d'une coupe de la protubérance au niveau de l'émergence de la cinquième paire (n. trijumeau)*.
leur décussation, ainsi que nous l'avons décrit précédemment (fig. 18, p. 73) ; comme pour les cornes antérieures, une partie des cornes postérieures, leur base, reste contre le canal central, et une autre partie, la tête, est rejetée vers la périphérie.
lo La hase(\e la corne postérieure présente des modifications importantes au-dessous du niveau où les cordons postérieurs se dirigent; vers leur décussation (fig. 1*) ; elle envoie, en effet, dans la partie la plus interne de ces cordons (dans les cordons grêles ou pyramides postérieures) un prolongement gris, dont la signification est inconnue et qu'on a nommé noyau des cordons grêles ou des pyramides postérieures (xp, fig. 17 et 18) ; plus haut, un prolongement semblable va
* P, P, Pyramides: — Py-, fib.-'»; tt'anjversales de la protubérance avec stratifications de substance grise; — TI, substaiice grise du plancher du quatiiérne ventricule [locus cseruleus, fig. 20) ; — CP, substance gélatineuse de Rolando; — T, racine ascendante du trijumeau, se recourbant pour émorger de la protubérance (grosse racine ou racine sensitivc du trijumeau); — MA, noyau moteur du trijumeau; — M'A', petite racine du trijumeau (nerf masticateur) ; — T', la cinquième paire à son émergence.
s'irradier dans les corps restiformes et porte le nom de noyau restifor'ûie (nr, fig. i8 et 19j. Mais à mesure que le canal central s'étale pour former le plancher du quatrième ventricule, la base de la corne postérieure, que ne recouvrent plus les cordons postérieurs, se trouve à découvert sur ce plancher (tîg. 19), dont elle forme les parties externes (pn), en dehors des masses grises situées de chaque côté de la ligne médiane et appartenant à la base de la corne antérieure (nh). Il est, en effet, facile de comprendre que le canal central s'étalant en plancher du quatrième ventricule, les bases des cornes antérieures et postérieures, qui confinaient au canal, doivent devenir les parties grises de ce plancher et se placer, les cornes antérieures (base) en dedans, c'es'.à-dire de chaque côté de la ligne médiane, les cornes postérieures (base) en dehors. Ces masses grises externes, faisant suite, nous ne craignons pas de le répéter encore, à la base des cornes postérieures, se trouvent ici, comme dans la moelle, en rapport avec des racines sensitives, et, en effet, les noyaux qu'elles forment sont connus sous le nom de noyaux sensitifs des nerfs mixtes, c'est-à-dire du spinal, du glosso-phai'yngien et du pneumogastrique (px, fig. 19); au-dessus
MO
FiG. 24 — Schéma d'une coupe des pédoncules cérébraux*.
de ces noyaux, elles constituent une vaste surface grise dans laquelle s'implantent les barbes du calamus, et qui représente l'un des centres bulbaires du nerf acoustique (fig. 21) : plus haut enfin, la base des cornes postérieures se termine en s'étalant sur la partie supérieure du plancher du quatrième ventricule, où elle forme l'une des masses d'origine du trijumeau (tt, fig. 23).
2o La tête de la corne postérieure se trouve fortement rejetée en dehors , déjà au-dessous du niveau où s fait l'entre-croisement des
* P, P, Étaiie inférieur {pyramides}; — X, N. locus niger ; — OS, noyaux rouges do Slilliiio situés au milieu de l"étage supérieur; — MO, MO. uerf moteur oculaire commun ; — C'A'.noyru commun dp moteur oculajrç çtdu pathétique; i— P, nerf patbétiqye; — ÇC, )taue(|uc de Sylvius.