CELLULES CONTRACTILES
Les diverses propriétés des cellules contractiles se rapprochent tout à fait de celles que nous avous étudiées dans les cellules eu général : il eu est ainsi en particulier de leur faculté de changer de forme. Cette propriété étant commune à toutes les masses de protoplasma, nous ne pouvons faire ici allusion, après avoir parlé du muscle proprement dit, qu'aux cellules contractiles spécialement utilisées par l'économie au point de vue de leur contractilitê ou irritabilité. Or, ces éléments sont presque uniquement développés dans les parois des artères et surtout des petites artères: c'est donc en faisant l'étude des petits vtusseaux (V. Circulation) que nous devrons étudier les fonctions de ces formes musculaires embryon naires.
Parmi les mouvements produits par les cellules, il y a encore les 'inou'cements des cils vibratiles ; nous en parlerons à propos des épithéliums cylindriques qui présentent ce revêtement ciliaire.
Nous nous arrêterons seulement ici sur les mouvements ou contractions de cartaines cellules pigmentées c'ironi >ll:istes) qu'on rencontre dans la peau de différents animaux, et dont les changements de forn e ou de situation, sous Tintluence de phénomènes nerveux réflexes, produisent d-s changements remarquables de couleur (caméléon). Celte queslion, ^i intéressante au point de vue de la physiologie générale, a été étudiée particulièrement par G. Pouchet et par P. Bert '. Il résulte des observations de ce dernier physiologiste que les couleurs et les tous divers que prennent les caméléons sont dus au changement de lieu des corpuscules colorés, qui, suivant qu'ils s'enfoncent sous le derme, qu'ils kunnent un fond opaque sous la couche cerulescente, ou qu'ils s'e:aleat en ramiJieation superiieielles, laissent à la peau sa couleur jaune, ou lui donnent les couleurs verte et noire.
Les chromoblastes, formant, comme éléments anatomiques, uue variété parmi les éléments du tissu lumineux, sont doués de mouve-
1 P. Bert, Sur le mécanisme et les c nixes <les rJiaiigeinenls de couleur chez le caméléon \Comples rendus de l'Acad. des s^ieri'^rs, 22 novembre 1875).
G. Pouchet, Des changements de coloration sous t'influence des n^rfs {Journal de l'anat, et de la physiol. Janvier et mars 1876).
meiits sarcodiques ; réiectricité, le système nerveux, l'approche de la mort influencent ces mouvements. Dans les conditions normales, les chanirements de couleur produits par l'état d'expansion ou de retrait des diverses sortes de chromoblastes ont en général pour résultat d'harmoniser le ton de l'animal avec celui du fond, mais parfois aussi de produire un véritable changement de livrée, certaines parties du corps devenant plus claires ou plus foncées sur un fond déterminé.
Les mouvements de ces corpuscules sont commandés par deux ordres de nerfs, dont les uns les font cheminer de la profondeur à la surface, les autres produisent l'etïet inverse. Les nerfs qui font refluer les corpuscules colorés sous le derme ont les plus grandes analogies avec les nerfs vaso-constricteurs ; comme eux ils suivent le trajet des nerfs mixtes des membres et du grand sympathique du cou: comme eux ils ne s'entre-croisent point dans la moelle épiniére ; comme eux ils ont, pour la tète, leur origine au commencement de la région dorsale ; comme eux ils possèdent un centre réflexe très important dans la moelle allongée. Les nerfs qui amènent les corpuscules vers la surface sont comparables aux nerfs vaso-dilatateurs; mais, si l'on est forcé d'admettre leur existence, il est difficile de dire quelque chose de bien net sur leur distribution anatomique et leurs rapports avec les centres nerveux ; très probablement ils traversent des cellules nerveuses avant de se rendre aux corps colorateurs.
Chaque hémisphère cérébral commande, par l'intermédiaire des centres réflexes, aux nerfs colorateurs des deux côtés du corps ; mais il agit principalement sur les nerfs analogues aux vaso-constricteurs de son côté, et sur les nerfs analogues aux vaso-dilatateurs du côté 0})posé.
L'empoisonnement par le curare ne paraît pas modifier sensiblement la fonction chromatique, La morphine ne donne pas de résultats plus concluants. La strychnine paraît avoir pour action marquée d'activer les changements de coloration. Mais les résultats les plus remarquables sont dus à l'action de la santoniae. Cette substance, du moins chez les crustacés, provoque une dilatation considérable des chromoblastes. Ainsi le seul agent toxique qui agisse nettement sur la fonction chromatique est précisément une substance qui a sur les fonctions du nerf optique une action bien connue. Il y a donc un rapport entre les poisons de la rétine et le système anatomique des chromoblastes, de même qu'il y a un rapport entre l'état de perfection de ces éléments transformés en chromatophores chez les céphalopodes, et le volume de l'appareil de la vision chez les mêmes animaux.
RÉSUMÉ. — Il y a deux espèces de muscles: les muscles striés et les muscles lisses.
Les muscles striés sont bien nommés, car ils présentent des stries transversales, qnï, loin de résulter d'artifices de préparation, existent même 'sur le vivant, comme le prouve l'expérience du spectre musculaire.
MUSCLES— RKSUME 151
Le muscle est très élastique; cette élasticité diffère de celle des libres élastiques en ce qu'elle dépend de la nutrition d'i muscle.
Quant à la tonicité ou tonus musculaire, il est un effet de l'innervation ; c'est un acte réflexe dans lequel les nerfs moteurs, la substance grise de la moelle et les nerfs sensififs sont en jeu.
Le muscle en passant à Yétat actif change de forme^ mais non de volume ;'\\ gagne en largeur ce qu'il j)erd en longueur. Si le muscle contracté sur le vivant est dur et résistant, c'est qu'il ne peut réaliser (vu ses insertions) le i*accourcisse nient complet, la forme globuleuse qui le caractérise à l'état actif.
Dans le muscle à l'état actif, les combustions sont beaucoup plus considérables ; la réaction des muscles devient alors acide (acide sarcolastique) ; sa température s'élève, et le sang veineux qui en sort est pauvre en oxygène et riche en acide carbonique.
La chaleur produite par le muscle actif se dégage en partie en travail mécanique (équivalent mécanique de la chaleur).
Les combustions m,usculaires (sources de travail mécanique) se font essentiellement aux dépens des aliments hydrocai'burés (expérience de Fick et \\'islicenus).
La rigidité cadavérique est due à la coagulation de la fibre musculaire (mu?culine); elle se manifeste d'un quart d'heure à sept heures après la mort, en commençant par les muscles des mâchoires, et dure d'autant plus longtemps qu'elle commence plus tard.
Par une excitation brusque et courte (un choc) et par l'inscription à l'aide des appareils rayog raphiques {rayographe de Marey). on obtient ce qu'on appelle la secousse musculaire (excitation latente, raccourcissement et retour à la forme primitive); par des excitations très rapprochées, on obtient la fusion de ces secousses, c'est-à-dire le tétanos physiologique ou contraction proprement dite. 11 faut environ trente excitations par seconde pour produire ce tétanos physiologique. Le mécanisme intime de la contraction paraît être représenté par un gonflement de la libre, gonflement qui progresse sur toute sa longueur comme une vague (onde 'musculaire de Aeby et de Marey).
La physiologie des muscles lisses se résume en ce que leur contraction est involontaire et lente; l'excitation latente dure longtemps. Il n'y a pas pour eux: de tétanos physiologique, car leur contraction, quelle que soit sa durée, représente une seule secousse et non une série de secousses fusionnées. Les muscles lisses réagissent aux mêmes excitants que les muscles striés; ils sont thermosystaltiques ; ils présentent é-'alement le phénomène de la rigidité cadavérique (ex. : chair de poule post mortem,).