‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 35 sur 219 · CO · texte numérisé non relu

CO

Fio. 33. — Co ipo d'un cartilage diaphysaire *,

organes qu'elle doit attirer, sur les leviers qu'elle doit mouvoir (os), par l'intermédiaire de cordes résistantes (tendons). A l'étude des os (et de leurs articulations) se rattache celle des ligamenti!;

* c' C. Cartilage caleiiié ; — c', o', les sels calcaires com.nencent seulement à s»; déposer ; — p. péricondre. — Grossiss. x>0 tUnm. • Virchow Pathologie celhdaire).

TISSU CONJONGTIF 153

à rétude (les tendons et des muscles^ celle des a^ionêvrose: , Les os, les cartilages articulaires, les ligaments, les tendons, les aponévroses forment donc l'ensemble des orf/anea passifs de la locomotion. Les tissus de ces organes ont des rapports histologiques et chimiques si intimes qu'on les a réunis dans une vaste famille dite groupe du tissu conjonctif ou coll'(f/ène ; les tendons, les aponévroses, les ligaments et la gangue counective des organes forment le tissu conjonctif ou. cellulaire proprement dit.

Tissu conjonctif (ou lumineux) proprement dit. — Il a les connexions les i)lus intimes avec l'élément nmsculaire : c'est lui qui, sous les noms de pcrimysium et à' aponévrose d'en\:eloppje^ réunit les fibres musculaires en faisceaux et en corps charnus, de fa(;on à permettre une action d'ensemble de la part des éléments contractiles ; mais ce tissu se trouve répandu non seulement dans les

FiG. H7. — Cellules plasmatiques de la cornée *.

muscles, mais dispersé dans tous les autres organes : c'est ce que les anciens appelaient tissu celhdaire, nom devenu impropre, car il n'exprimait qu'une disposition grossière de ce tissu, apte à se laisser pénétrer par des gaz ou des liquides qu'il circonscrit dans des vacuoles ou cellules (dans le sens macrographique du mot). Le corps entier peut, jusqu'à un certain point, être considéré connue une masse de tissu conjonctif ou de ses diverses formes, masse au milieu de laqielle sont plongés les éléments plus essentiellement actifs.

Les tissus do substance conjonctive sont en général assez riches eu [/lobules embryonnaires (V. plus haut, p. 19), ou plasmatiques,

* La cornée ost coupée paraUèlement à sa surface : on voit les corpuscules étoiles (globules embryonnaires ou cellule? plasrflalicjues), aplatis ^vec leurs prolongemenU {in§stomoticjUfs. ^D'après H<s.)

cm coi'fjs fîbro'jjhi.stiquc.s (ou leurs dérivés: cellule cartilagineuse, cellule osseuse, fig. 36 à 3*^). Il est des points où ces éléments globulaires paraissent jouer un certain rôle, comme peut-être dans les villosités intestinales, où ils pourraient ne pas rester étrangers au travail de l'absorption; ailleurs ils peuvent, en se remplissant de graisse, jouer le rôle de réservoir pour cette substance, comme dans \e paniiicule adipeux de l'enfant. Cependant on peut dire que l'élément globulaire du tissu conjonctif ne prend de part importante qu'aux phénomènes pathologiques, lorsque, sous l'influence d'une excitation plus ou moins directe, il })rolifère et donne lieu à la production du pus et des diverses néoformations (tissu cicatriciel entre autres). Même dans les tissus conjonctifs les plus pauvres en globules plasmatiques, ceux-ci prennent en pathologie un développement prédominant. Mais, en règle générale, moins un tissu de substance conjonctive renferme de cellules plasmatiques, moins il a de tendance à se modifier sous l'influence des causes pathologiques; aussi les tendons, relativement pauvres en éléments globulaires et essentiellement constitués par des faisceaux de fibres lamineuses, résistent-ils longtemps au milieu des foyers de su})puration.

L'élément globulaire du tissu conjonctif proprement dit, comme ses dérivés (ensemble des tissus collagènes, os, cartilages, etc.). n'ayant de rôle important qu'en pathologie, nous pouvons presque en faire abstraction en physiologie, de sorte qu'à ce point de vue

nous n'avons à considérer dans les organes formés essentiellement de ces tissus, en dehors de leurs phénomènes de nutrition, que des propriétés physiques et des rôles mécaniques, qui sont dus à la nature de la substance fondamentale au milieu de laquelle sont noyées les cellules plasmatiques.

. Ces propriétés physiques sont très

' j cUverses et parfois opposées, quoique

réalisées dans des formes de tissu

"■-•-. ,.--'' connectif très proches parentes: telles

Fig. ;)6. — Léinents histolo- sont la rigidité d^s os et V élasticité giques de l'os*. ^les ligaments.

Os. — Les os sont fermés de lamelles emboîtées les unes dans les autres, incrustées de sels calcaires, et circonscrivant ain^i des canaux dans lesquels se trouve

* Section transversale dune partie de l"o3 entourant un canal de Havers (a); — corpuscules osseux avîc leurs prolongera Mits anastomosés. (Grossis. 380). (Todd et Bowman. Pliynologico.' Aixo.tomy of yfan, London, 18^, vol. I, p. 109).

os ET LIGAMENTS

la moelle; les os rcnfenneiit dans leurs lamelles calcaires des éléments globulaires (corpuscules osseux, cellules osseuses) analogues aux globules plasmatiques (fig. 38) : mais ces globules ne présentent que des phénomènes obscurs do nutrition et n'acquièrent d'importance qu en pathologie ; il est vrai que les os s'accroissent: à leur pourtour on voit des globules embryonnaires en voie de prolifération : des parties osseuses disparaissent, d'autres font leur apparition.

Tendons et ligaments. — Les tendons et les ligaments se composent essentiellement de fibres ondulées, et parfois enchevêtrées et anastomosées (%. 30 et 40) ; .leur rôle est purement mécanique

Fig. 39. Éléments du tissj conneotif : fibres conjonctives et élastiques *.

et résulte de leur résistance et de leur élasticité. Cette dernière propriété se trouve développée au plus haut degré dans le tissu jaune él astique .^ variété non collagène du tissu connectif: la fibre

* a, ribres connectives avec quelques globules embryonnaires; — h, fibres élastiques avec leurs anastomoses et leurs divisions; — c, fibres élastiques plus bouclées (en crin de matelas); — d. noyaux de cellules avec nucléoles. Pri-; sous le muscle pecioral ; grossissement, 320 diamètres. (Todd et Bowman. The physiological Anatomy of Man, London, 1845. p. 74.)

l'.Q MUSCLES ET LEURS ANNEXES

élastique est encore plus ondulée que la fibre counective : elle est excessivement crépue (fig. 39, b et c), et exerce, quand on l'a allongée, de fortes tractions pour reprendre sa forme naturelle : aussi les ligaments jaunes ou élastiques servent-ils à ramener les pièces du squelette dans leurs positions primitives, quand elles en ont été écartées par l'action musculaire, d'où le nom de muscles passifs qu'on leur a donné parfois. Nous verrons dans les artères cet élément élastique toujours enjeu parallèlement et contrairement au muscle, et le résultat de cet antagonisme incessant sera la circulation régulière du sang.

Notons avec soin ce fait important, à savoir que l'élasticité des fibres élastiques est une propriété purement physique, qui ne dépend nullement, comme celle des muscles, des actes de nutrition; il faut donc bien distinguer Vélasticité du muscle de Vélasticité du tissu élastique: il faut distinguer surtout la. co a tractilité du muscle deVélasticiti' du tissu jaune; en effet, la. contractilité est une propriété qu'on peut appeler vitale, en ce sens qu'elle n'existe que sur le muscle qui se nourrit, qui vit, et qu'elle disparait sur le cadavre; au contraire, les tissus élastiques conservent leur propriété après la mort; bien plus, un fragment de ligament jaune, par exemple, étant enlevé sur le cadavre, puis entièrement desséché, reprendra, lorsqu'on le replongera dans l'eau, toute l'élasticité qu'il présentait sur le sujet vivant ou sur le cadavre frais; c'est que Vélasticité, propriété physique des tissus élastiques, est due uniquement à la disposition phvsique des éléments constituants, disposition qui subsiste indéfiniment, tant que la composition chimique n'est pas modifiée (par la dessiccation, par exemple).

Aussi comprenons-nous facilement que, partout où cela est possible, le muscle est remplacé par du tissu jaune, car cet élément, agissant comme un ressort, ne consomme pas comme le muscle, et il en résulte une grande économie pour l'organisme; tel est le cas pour le grand ligament C'-rvical des quadrupèdes à tète lourde, ligament qui va des apophyses épineuses du dos aux apophyses épineuses du cou et à l'occiput, et soutient ainsi la tète dont le poids fatiguerait trop les muscles (c'est avec ce ligament cervical qu'on fait ce qu'on appelle le na^ de hœuf) ; tel est le cas des ligaments jaunes des lames vertébrales ; des ligaments jaunes de l'aile des oiseaux, de l'aile de la chauve-souris, etc.).

Les tendons ne sont, au point de vue mécanique, que des apophj/ses molles et flexibles. Les apophyses osseuses ont pour but de nmltiplier la surface des os. afin de permettre à un grand nombre de fibres de s'y insérer. Là où une ai)ophyse serait devenue trop longue et aurait, par sa consistance et sa position, compromis \q

TISSU KI.ASTigUK

mécanisme (ruii meml^rc, elle est ilevenue un /^;?(/o«. Nous voyons eei'taines apophyses, l'apojjhyse styloïdo, par exemple, être tantôt osseuses et tantôt tendineuses : d'ailleurs ce qui est tendineux chez l'homme est souvent osseux chez certains animaux. Chez les reptiles, par exemple, la ligne blanche est devenue un os, les intersections des muscles droits sont représentées par autant d'os distincts. Chez les oiseaux, les tendons sont représentés en certains points par des tiges os- .seuses placées le long- des portior.s étendues des os principaux. L'existence et la longueur des tendons dépendent de la nature et de l'étendue du mouvement; là où le mouvement doit être étendu et puissant, le tissu musculaire règne seul dans toute la longueur de l'appareil musculaire et va directement s'insérer sur l'os.

Là où les mouvements des parties osseusses sont peu étendus, là où il suffit, pour les produire, de légers raccourcissements du muscle, nous voyons les fibres de celui-ci être courtes et venir aboutir à un véritable tendon.

Aussi reconnaît-on, en général, la force d'un muscle au nombre ce ses fibres, c'est-à-dire à son épaisseur, à son diamètre (V. p. 140); la longueur du muscle, au contraire, est en rapport avec le degré de

déplacement des os (comparez le couturier et les muscles Ju thénar). Nous trouvons des muscles courts placés entre des points très éloignés et cependant très peu mobiles lun par rapport a l'autre. Aussi, dans ces cas, une grande partie du muscle est-elle remplacée par un tendon ; tel est le cas des nombreux muscles de l'avant-bras, dont les corps musculaires sont courts et les tendons très longs ; et, en effet, une longueur plus considérable de la fibre musculaire eût été ici superflue pour produire un déplacement aussi peu considérable que la flexion de la main sur l'avant-bras et des phalanges les unes sur les autres. Le muscle cubital antérieur

*e, f, g, h. Globules embryonnaires du Ussu conqectif ; rppport 4e Çǧ éléroepU ayec le tissu fibreux, d'après Sch^vaq.

Fio. 40*.

semble faire exception à cette règle ; mais, eu réalité, quoique son corps charnu occupe toute la longueur de l'avant-bras, ses fibres musculaires sont très courtes, car elles sont disposées obliquement et constituent un muscle demi-penniforrae, en s'étendant de l'os cubitus au tendon qui règne sur toute la longueur de l'avant-bras.

Parfois des intersections tendineuses placées sur le trajet d'un muscle ont un but spécial à réaliser : ainsi les intersections du grand droit de l'abdomen décomposent ce muscle en autant de muscles distincts , pouvant présenter des contractions partielles impossibles dans un muscle long tout d'une pièce : il en est de même pour le^ nombreux muscles digastriques du cou et de la nuque (grand complexus, etc.).

Mécanique des os considérés cormne leviers. — Dans le jeu des muscles, des tendons et des os, nous trouvons des appareils mécaniques identiques aux leviers, dont ils présentent les trois variétés.

Le levier du premier genre se rencontre assez souvent dans l'économie. On pourrait chez l'homme l'appeler le /erîV/- de la station, car c'est dans l'équilibre de la station qu'on en rencontre les plus nombreux exemples, et il est assez rare de le voir employé

jtf™i

FiG. 41. — Schéma de réquilibre de FiG. 42. — Schéma du pied et de la la tête sur la colonne vertébrale *. cheville, le talon étant soulevé par

le tendon d'Achille (Dalton).

dans les mouvements du corps. Lorsque la tête est en équilibre sur la colonne vertébrale , dans l'articulation occipito - atloïdienne (fig. 41), elle représente un levier du premier genre, dont le poin^ d'appui est au niveau de son union avec la colonne vertébrale (en A)^ la résistance (poids de la tête) siège au centre de gravité de la tête, c'est-à-dire au-dessus et un peu en avant du centre des mouvements

• Levier du premier genre. A. point fixe ; R, résistance (centre de gravité de la tête); P, puissance (les flèche"- indiquent la direction dans laqupRe agissent la puissance et la résistance)

Page 1