‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 36 sur 219 · LEVIERS DT' SQUELETTE · texte numérisé non relu

LEVIERS DT' SQUELETTE

(en R) : la puissance est représentée par les mnscles de la nuque s'insérant à la moitié inférieure de l'occipital (en C). Kn réunissant ces divers points, on obtient un levier coudé du premier genre qu'on peut facilement transformer en un levier droit. 11 en est de même pour le maintien en équilibre du tronc sur les têtes des deux fénmrs: les articulations coxo-fémorales forment le point d'appui d'un levier du premier genre dont la résistance (centre de gravité du tronc) est placée en arrière, et la puissance (muscles antérieurs de la cuisse) en avant. Semblable levier se trouve dans l'articulation de la cuisse avec la jambe, et de la jambe avec le pied (dans les mouvements à\'quiUbre de la station verticale).

Les deux autres genres de leviers se trouvent surtout réalisés, non dans l'équilibre de station, mais dans les mouvements de locomotion.

Le levier du deuxième genre, ou interrésistant ^ dans lequel, par conséquent, le bras de levier de la puissance est plus long que celui de la résistance, et où dès lors la vitesse est sacrifiée à la force, ne se rencontre guère cbez l'homme que lorsqu'on soulève le poids total du corps en s'élevant sur la pointe des pieds, ce qui a lieu dans le mouvement de la marche, à chaque pas, dans le pied qiii se détache du sol pour osciller et se porter au-devant de l'autre. Dans ce cas (fig. 42, 43), le point d'appui est sur l'axe du cylindre

FiG. 43. — Type d'un levier du deuxième genre, auquel se ramène la figure 42. (Dalton, PhyH'oIogie et Hygiène.)

transversal que forme la série des têtes métatarsiennes au niveau de leur jonction avec les phalanges. La puissance est représentée par les muscles du tendon d'Achille, et son pomt d'application se trouve à l'extrémité postérieure du calcanéum: la résistance, c'est-à-dire le i)Oids du corps transmis par le tibia, se trouve à la face supérieure du calcanéum et de l'astragale (ne formant qu'un seul et même os dans les mouvements de ce genre), au (niveau de l'articulation tibio- tarsienne, et par conséquent entre le point fixe et le point d'application de la puissance. Le bras de levier de la puissance est donc plus long que celui de la résistance, et, par suite, la puissance

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déployée par les muscles du mollet pour soulever le corps peut être inférieure au poids du corps lui-même, ainsi que nous l'indique la loi des leviers du deuxième genre (fig. 43 1.

Le levier du troisième genre ou interpuissant est de Leaucou^j

le plus répandu dans l'économie : c'est par excellence le levier delà

locomotion ; on le trouve dans la plupart des mouvements partiels

ou d'e::semble, et spécialement dans les mouvements de flexion et

d'extension. Inutile d'analyser, par exemple, les articulations de

l'épaule ou du coude (fig. 44) dans la préhension, pour y constater

le type de ce levier, dans lequel le bras de la

puissance est plus court qus celui de la résis-

-^ tance, de sorte que l'énergie de la contraction

^y musculaire doit toujours être supérieure à la

résistance à vaincre. Mais, en compensation, le

chemin parcouru par l'extrémité résistante du

levier (main, par exemple, dans la flexion de

i'avant-Lras) est plus grand que celui par-

FiG. 44. — Schéma <lu couru par le point d'application de la force

coude, comme levier (insertion du biceps à la partie supérieure de

du troisième genre*, i'avant-bras) : ce qui est perdu en force est

donc gagné en étendue.

Le jeu de ces divers leviers est facilité par la tlisposition des os; ceux-ci sont creusés d'une vaste cavité (médullaire) remplie de matières molles et presque liquides (moelle). Grâce à cette disposition, le poids des leviers osseux est diminué, en même temps que l'os présente une surface suffisante pour donner insertion aux nombreux muscles qui doivent le mouvoir. La substance qui remplit ces cavités est la substance la plus légère de l'économie, la graisse (moelle de l'adulte i. Enfin c-ette disposition de la substance osseuse favorise aussi le rôle des os comme supports, car la mécanique nous apprend que de deux colonnes de même hauteur et formées d.' une même quantité de matière, si l'une est pleine, et l'autre creusée d'un canal central, c'est cette dernière qui sera la plus résistante. Ce principe est applicable aux colonnes creuses que représentent les os des membres, c'est-à-dire qu'à égale quantité de substance osseuse ces organes offrent plus de résistance avec la forme canaliculée qu'avec la forme pleine: ils réunissent donc ainsi la force à la légèreté.

Les os ne servent pas seulement comme leviers rigides nécessaires aux mouvements ; nous avons vu que pendant la station ils servent

* O.A, Humérus ; \,ù>. avant-bras: — M. M' le biceps. — Comme levier: A, point fixe: O'. point d ar'f'lnation à la résistaiice (main) ; M', point d'appjicalioii dç la puigsapc^ (leyier iglerpui4sanl;|.

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