‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 52 sur 219 · DES ORGANES PERIPHERIQUES DE LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

DES ORGANES PERIPHERIQUES DE LA CIRCULATION

A. Dispositions mécaniqi(es de ces organes. — Nous avons vu que du ventricule partait une artère qui allait se raniifiant de plus en plus. Au point (.le vue mécanique ou hydrostatique, on peut faire abstraction de la forme ramifiée de l'arbre artériel (fig. 61, A), c'est-à-dire que, juxtaposant tous les troncs artériels (B), on peut

FiG. 61. — Schéma d'un oône vasculaire *.

FiG. 62. — Schéma de l'évasement du cône artériel et du cône veineux, avec interposition des capillaires **.

faire abstraction de toutes les cloisons résultant de l'accolement des vaisseaux (C). Or, comme il e>t prouvé, tout au moins pour les branches périphériques des artères, que quand un tronc vascidaiie se iJivise, la somme des lumières des deux l)ranches est toujours plus

* Construction d'un cOne vasculaire, d'un cône artériel, par exemple; A. artère se bifurquant successivement ; — en B on suppose les branches do bifurcation rapprochées et juxtaposées; il ./n résulte une seule cavité cloisonné'^ ; — en G, par ia supression de ces ctoisons.on voit que l'ensemble du tronc primitif et de ses branches de division constitue un cône.

** V, Ventricul' : — O . oreillette : — a. cône artérieV : — i-,cône veineux; — c. c, capillaires.

forte que la lumière du tronc primitif, eu sorte que la capacité du système au.çrmente à mesure qu'on s'éloigne du tronc aortique, en faisant l'opération schématique précédente, on obtiendra en somme une figure conique pour le système artériel (fig. 61, C). Ce cône sera évasé en pavillon, et cet évasement sera assez considéraljle vers les extrémités ai-térielles (base du cône), car l'élargissement du lit dans lequel circule le sang est très rapide à mesiu^e qu'on approche des capillaires (fig. 62). Les mêmes principes étant appliqués au système veineux, celui-ci pourra être figuré théoriquement par un cône opposé par sa base au cône aortique; la base commmie représentera le système capillaire : ce sera un très court cylindi^e compris entre deux cônes (fig. 62) ^.

Pour ce qui est de leurs rapports avec le cœur, nous savons déjà qu'au sommet du cône artériel se trouve un réservoii' muscdeux, le ventricule gau'- h- : au sommet du cône veineux un réservoir analogue, l'oreillette droite. Cet ensemble constitue le système de la circulation générale, la grande circulation. A côté de ce double cône représentant la circulation générale, s'en place un autre représentant la circulation pulmonaire ; comme pour le premier système, les deux t'xtrémités du double cône aboutissent chacune à un réservcii' musculeux : le ventricide droit d'une part, et l'oreillette gauche, de l'autre. En donnant à ces deux systèmes de cônes la forme coui^be, de façon à pouvoir ramener leurs différents sommets au même point central, au cœur, tel qu'il est en réalité disposé, on pourra représenter graphiquement l'ensemble du système circulatoire sous la figure de deux cercles incomplets, se touchant pai' les deux extrémités où chacun d'eux est ouvert, de façon à former par leur opposition une sorte de 8 de chiffre (fig. 63).

La figm'e 63 montre nettement que les quatre réservoirs muscu-

1 Berryer-F'ontaine (thèse de Paris, 1835) a fait observer que dans la comparaison du calibre d"uae artère et du calibre total de ses branches de

• A. Grande ciRCCLATiox. — V, Ventricule gauche; — a.aorlett son Couo artériel : —ce. capillaires généraux du corps; — r, veines aUant former les veines caves (cône veineux) ; — O. oreUie droite ;

B. Petite cibccxation. — V. Ventricule droit;— r' artère pulmonaire et s^s divisions fcône artèiiel delà petite circuhttion) ; — c', C, capillairos pulmonaires; — a', veines pu/lïtonaires (cône veineuj: de In petite circulation) ; — O*. oreUlett- gauche: — toute la partie ombrée de la âgure représente la partie du système vasculaire remplie par du San? vein<='UX. du sang noir.

Fig. 63. — bcbémadela grande et delà petiie circulation '.

AHTKRKS - l'HIiSSlOX DU SANG -^09

leux, dout l'ensemble coustitue le cœui*, sont disposés de manière que le double côue pulmonaire soit eu communication avec le double cône de la circulation générale. A cet effet, dans le ventricule gauche, commencement du système de la circulation générale, s'ouvre roreilletto gauche, aboutissant du système veineux pulmonaire : tel ost le cœur gauche. D'autre part, dans le ventricule droit, point de départ du cône artériel pulmonaire, s'ouvre l'oreillette droite, aboutissant du système veineux général : tel est le cœur droit.

Connaissant le mécanisme du cœur, nous pouvons, avec ce simple schéma des organes périphériques, nous rendre un compte exact do \a circulation et apprécier les deux conditions essentielles du sang en mouvement, c'est-à-dire sa /yr.:'.9 s /on et sa vites-se dans les divers points de l'appareil circidatoire.

Pressions. — Le ventricide lance à chaque contrar-tion 175 à 180 grammes de sang dans le système du cône artériel, ce qui a pour effet d'y maintenir une pression qui s'élève à 1/4 ou 15 d'atmosphère (environ 130 millimètres de mercure). Au contraire, l'oreillette, placée au sommet du cône veineux, a pour effet, par son relâchement, de diminuer la pression, de la rendre nulle à l'extrémité de ce cône, puisque nous avons déjà comparé son action à celle d'une saignée, lien résulte donc une diminution graduelle de pression .'.ans l'intérieur de l'appareil hydrostatique formé par les deux cônes, diminution de pression qui fait circuler le sang depuis le ventricule gauche jusque dans l'oreillette droite ; en d'autres termes, le défaut d'équilibre fait naître un courant du côté de la pression la plus faiblu.

La pression du sang dans un point quelconque de l'appareil circulatoire est donc en raison de la distance (mesurée sur le trajet vasculaire) à laquelle ce point est placé du sommet veutriculaire et du sommet auriculaire du double cône circulatoire. Au niveau du sommet veutriculaire, c'est-à-dire dans l'aorte, la pression est à sou maximum (1/4 ou 25'100 d'atmosphère; soit 130 millimètres de mercure) ; au sommet auriculaire, c'est-à-dire dans les veines caves,

division, les physiologistes, comparant entre eux les diamètres et non les carrés des diamètres, avaient été induits en erreur et avaient à tort posé comme règle générale que la somme des lumières des deux branchts est supérieure à la lumière du tronc primitif. Aussi, pour Berryer-Fontaine, le système artériel resterait sensiblement cylindrique dans toute son étendue. Cette remarque est juste pour l'aorte et les grosses artères des membres; mais vers leurs divisions terminales les artères et artérioles représentent. <elon le schéma classique, un oône dont le sommet est vers le cœur et la base vers les capillaires: les cônes schématiques que nous tigurons ici sont sans doute trop courts; leur sommet devrait se prolonger en cj'lindre comme le représenteraient plus exactement les tigures 54 et 55 (p. if4 et 1P6K

elle peut et; e regardée comme à peu près égale à 0 (ou ly 100 d'atrao:*phère). Dans les capillaires placés à une distance moyenne de ce? deux extrémités, elle sera donc de 12 100 (soit 60 millimètres de mercure). Dans un point quelconque des artères elle sera représentée par un nombre intermédiaire entre 25100 et 12/100, selon la position du point considéré: de même dans un point du cône veineux, par un nombre semblablement intermédiaire entre 12 100 et 1 100. Aussi quand ou ouvre un point quelconque du système artéiiel. et surtout près de son origine, on a un jet de sang qui s'élève très haut (jusqu'à 2 mètres), tandis que d'une ouverture faite sur les veines, le sang sort en bavant, à moins qu'on ne change artificiellement les conditions de pression, comme, par exemple, en plaçant une ligature sur les veines (comme lorsqu'on comprime les veines pour pratiquer la saignée du bras).

Ces rlifiérences dans la pression latérale qu'exerce le sang contre les parois le long desquelles il passe peuvent encore mieux s'apprécier en faisant communiquer différents points du système circulatoire avec des appareils

manométriques, qid pour ce cas spécial prennent le nom à'hémodyno/niomètres . Le premier hémodynamomètre , employé par Haies , consistait en un long tube, que ce physiologiste introduisait dans un vaisseau et où le saug s'élevait à une hauteur proportionnelle à sa pression(en général 2 m. 50).

Aujourd'hui cet appareil a été perfectionné et on se sert d'uii manomètre à mercure^ dans lequel, pour éviter la coagidation du sang, on sépare ce liquide du mercure par une couche d'eau alcaline (solution de carbonate de soude) capal le de retarderla solidification de la fibrine (fig. 64).

Fir.. 64. — Hémoùj-namomètre (ou cardiomètre) *.

* Cet instrument se compose d'un flacon en v.rre épais et solide. En T, se trouve un tube avec une ouverture ; Tautre extrémité du tube sort du flacon et se courbe en haut. ■îe manière à recevoir en n> un tube en verre (T) gradué; le fond du flacon et lo commencement du tube gradué sont remplis de mercure

Par sa partie supérieure le flacon est fermé par un bouchon contennnt un tube (t) qui se continue avec un tube en métal c, destiné à entrer dans le vaisseau dans lequel on veut mesurer la pression.

Ouand l'jn^trunjenj esj P13 action., tout» jg portioQ supérieur-e àf. l'appareil. Cet, fst rcxa-r

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