‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 53 sur 219 · ARTERES— PRESSION DU SANG · texte numérisé non relu

ARTERES— PRESSION DU SANG

C'est ainsi qu'on a troiiv«3 pour les grosses artères uue pression •le 1/4 d'atnu)s[)hère (130 millimètres de mercure dans la carotide du chien): pour les artères plus éloignées du cœur, comme l'humérale, 16 (110 à 120 millimètres de mercure dans la brachiale de l'homme), et ainsi de suite. Dans les veines, on trouve, au contraire, des pressions très faibles, comme le font prévoir nos considération.-» schématiques. On n'a pu mesurer directement la »• ^

pression dans les capillaires ; nous savons par le raisonnement qu'elle doit être de 12 100 d'atmosphère. Cependant le sang ne sort pas par jet dans les hémorragies capillaires : c'est qu'ici la marche du sang est très retardée par les frottements •onsidérables que ce liquide éprouve contre les l»arois de ces petits tubes; en effet, si on examine au mici'cscope la circulation dans les capillaires, «ni' voit que toute la partie périphérique du liquide en mouvement adhère à la paroi et se meut très peu (couche inerte), et que la colonne ceuti-aîe -ouïe se meut, entraînant avec elle les éléments rlohulaires du sang et surtout les globules rouges.

Ces notions si simples sur la distril)ution des pressions dans le système circulatoire ont été (cependant assez difficiles à acquérir. Poiseuille pensa tout d'abord que la pression était la même dans tout l'appareil circulatoire, quelle que fiit la distance du ventricule au jtoint considéré ; cette erreur, que le raisonnement pouvait déjà faire relever, a été expérimentalement renversée par Marey, qui a montré que dans le système vasculaire, du cœur vers les capillaires, les pressions se disti ibuent comm.e dans le liquide d'un tube qui. d'un côté, est librement ouvert, et, de l'autre, communique avec le fond d'un vase rempli de liquide à une certaine pression. Poiseidlle avait encore pensé a priori que la pression générale devait vaiier chez les animaux de volumes différents, et être eu rapport avec leur taille. Mais Claude Bernard a montré qu'il n'en est point ainsi, et que, par exemple, l'appareil qui suffit pour mesurer la pression

Fia. 65 — Vaisseau (^apillaire de la ineaibrane natatoire d'une grenouille *.

piio Ap rarb'.nate de iouùe pour empêcher la coagulation du sang. La pression exercée par le sang sur la surface du mercuie se communique par fouverture T au mercure du tube gradué, et l'on mesure ainsi la tension du sang.

Cet appareil (cardiomètre de Magendie) a sur les manomètres employés ordinairement (appareils de P iseuille, de Lmlwig), l'avantage de traduire exactement les pulsations cardiaques, parce que, le mercure y remplissant un flacon relativement large, et non un simple tube en U, il n'y a pas, à chaque changoment de pression, un déplacerneTit en totalit de toute la masse du -mercure, ni, par suite, des frottements considérables qui produisent la perte d'une grande partie de la force que l'on veut apprécier.

* r, Courant central de'' globules rouges ; — 1,1, l, couche péripliériaue du courant sanr gi^in oii se njeuveijt plus lentetneot les globules blancs, (Grorssis, -280 diamètres).

moyeiïue ou la pression minimum chez uu lapiu est parfaitement suffisant pour- mesurer ces mêmes pressions, par exemple, chez un cheval. Mais, grâce à l'usage du cardiomètre, il a montré en même temps que dans la pression du système artériel il faut distinguerdeux choses : !« ce que nous venons d'appeler la pression générale, la pression minimum ; 2^ les oscillations que subit cette pression à chacjue nouvelle ondée que lance le ventricule. C'est dans l'appréciation de ce nouvel élément, de ces rnaxima rythmiques, que l'idée de Poiseuille se trouve jusqu'à uu certain point confirmée : cette pression vaiie, d'un animal à un autre, en raison d'une foule de conditions, parmi lesquelles il faut tenir grand compte delà taille (Cl. Bernard)'.

Vitesse. — La vitesse et la pression du sang en un point donné ne sont nullement en raison directe l'une de l'autre : nous avons vu qu'en arrêtant la marche du sang dans une veine, on augmente la pression. Si la pression en uu point donné dépend de la cUstance à laquelle ce point est situé des deux extrémités du double cône circulatoire, la vitesse, au contraire, dépend de la largeur, delà forme de la portion des cônes circulatoires à laquelle appartient ce point. En d'autres termes, et cela est facile à concevoir, le mouvement du sang est d'autant plus rapide que la portion du canal considérée présente une moindre lumière. 11 est bien évident que nous parlons toujours de l'ensemble des canaux réunis sous la forme de double cune. Ainsi là oîi l'appareil circulatoire est très large (bases des cônes, région des capillaires) , le sang doit circuler lentement : absolument de même que le courant d'une rivière se ralentit beaucoup là où cette rivière s'élargit, par exemple, en un lac : les capillaires forment donc Je lac du torrent sanguin. Au contraire, la vitesse doit avoir son maximum vers les orifices étroits d'écoulement^ c'està-dire vers le sommet des cônes, dans l'aorte et dans les veine caves.

Ces déductions ont été vérifiées par l'expérience ilirecte. Pour les capillaires, on mesure cette vitesse par l'examen microscopique des petits vaisseaux de la grenouille, par exemple, ou bien encore en examinant à l'ophtalmoscope les capillaires rétiniens de l'homme, capillaires dans lesquels on peut parfaitement suivre les globules sanguins et apprécier le temps qui leur est nécessaii'e pour parcourir une distance déterminée ; on s'est ainsi assuré que la vitesse dans les capillaires n'est que de 1/2 à 1 millimètre par seconde : 0,75 de millimètre dans les capillaires de la rétine de l'homme ; 0,57 de millimètre dans les capillaires de la queue du têtard. Cette vitesse est très peu considéi-able par r^apport à celle que nous constaterons

1 Gi; Bernard, Liquide de l'orgaiiinnf^ t. I,

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