DU GLOBULE OU CELLULE
un aspect opaque. Cette apparition doit être souvent regardée com*mo un signe de mort prochaine ou au moins de vétusté du globule, qui va bientôt tomber en décomposition ou donner naissance à toute une génération de jeunes éléments dans lesquels la graisse sera dissimulée. Ainsi l'abondance d'eau et d'albumine, caractérisée par une gi'ande apparence, est un signe de vie; l'excès de graisse, avec oiacité du globule, est signe de mort. En exceptant, d'une part, les cellules adipeuses, qui ont un rôle particulier à remplir, et notamment celui d'emmagasiner des matériaux combustibles (graisses), et. d'autre part, Yovule, qui chez certains animaux ren- Icrme une provision nutritive sous forme de graisse, on peut dire que tout élément normal ou pathologique, qui s'infiltre de graisse, est destiné à périr et même à disparaître par résorption.
A côté de ces trois éléments principaux on en trouve d'autres en moindre quantité, mais non moins essentiels; ce sont toutes les substances minérales qui entrent dans la composition générale du corps : tel est le potassium (à l'état de sel de potasse), le phosphore (ces deux substances se trouvent surtout dans les éléments nerveux)» le soufre incorporé à l'albumine ou représenté par des sels. Il en est de même du sodium, du calcium, du fer, du magnésium et de quelques autres métaux encore. Il nous suffit de remarquer l'extrême richesse chimique des globules, ce qui doit nous faire prévoir de la part de corps si complexes une grande disposition aux métamorphoses.
Poui'oir électro-moteur. — C'est sans doute aussi à la multiplicité des éléments constitutifs qu'il faut rapporter le pouvoir électromoteur des globules ; ceiie propriété de dégager de l'électricité est surtout connue pour les nerfs ou tubes nerveux, qui ne sont pas des globules, mais en dérivent et sont en connexion intime avec eux.
Ténacité de composition. — Mais de toutes les propriétés relatives à leur composition, la plus importante et la plus essentiellement vitale que présentent les globules, c'est leur ténacité à maintenir leur constitution, malgré les milieux ambiants ; leur force pour repousser certaines substances et s'en assimiler d'autres par une véritable sélection. Exposé à une atmosphère avide d'humidité, un globule vivant ne perdra pas son eau de constitution : c'est ainsi que les cellules du tégument, chez l'animal comme chez la plante, maintiennent dans l'intérieur de l'organisme l'humidité nécessaire à la vie. C'est ainsi que le globule sanguin, riche en potasse et eu phosphates, r.age dans un liquide {liquor du sangj riche seulement en soude, presque privé des sels précédents, et cependant le globule garde sa potasse et repousse la soude par un véritable phénomène de répulsion; ailleurs le même globule sanguin se charge d'oxygène dans
le poumon et en devient ensuite le véhicule à travers l'économie. Citons encore l'épithélium de la vessie urinaire qui s'oppose exactement au passage de l'urine à travers les parois, passage qui s'effectuera six ou sept heures après la mort du sujet, alors seulement que cet épithéliurn aura cessé de vivre à son tour.
En regard de ces phénomènes, que nous pouvons appeler de refus, nous avons d'autres cas où le globule faxorise^ au contraire^ le passage; c'est ainsi que l'épithélium intestinal, à un moment donné, et sous l'excitation du suc gastrique, laisse passer les aliments élaborés avec une rapidité qui rend presque impossible l'étude de ce phénomène.
Yie et évolution du globule. — Enfin ce qui doit à nos veux former le caractère essentiel du globule, c'est sa vie y son évolution; cet élément naît, fonctionne, et, au bout d'un temps très variable, tend à disparaître par des transformations très diverses.
Ces trois phénomènes, naissance, vie et mort, phénomènes qui constituent les métamorphoses et le fonctionnement du globule, n'ont lieu que sous Tinfluence de certains excitants*. Pour le règne végétal, la lumière, la chaleur et sans doute l'électricité constituent quelques-uns des excitants les plus indispensables. C'est ainsi que des grains de blé, trouvés dans les tombeaux des P^Tamides, y avaient dormi pendant de long-ues suites d'années sans donner signe de vie, et se sont réveillés, c'est-à-dire se sont mis à végéter, dès qu'ils ont été soumis aux excitants extérieurs. Les conditions ne sont pas moins complexes pour le globule animal : parfois c'est la chaleur: c'est ainsi qu'un certain degré de brûlure produit de rapides changements dans les cellules de notre écorce, de notre épiderme. Ces causes excitantes peuvent être physiques, chimiques, ou même naître dans l'intérieur même de l'organisme (être vitales), et la principale parmi ces causes intimes ou intérieures (ouvitales) est certainement Via nervation^ ou l'influence du système nerveux sur les éléments vivants. Du reste, les actions des divers excitants peuvent se succéder et former un circuit d'influences de nature altérante: ainsi les éléments des surfaces (épithéliurn, épiderme), excités par des causes externes, excitent à leur tour, par l'iuter-
1 « La matière par elle-même est inerte, même la matière vitante, en ce sens qu'elle doit être considérée comme dépourvue de toute spontanéité. Mais cette matière vivante est irritable, et elle peut ainsi entrer en activité pour manifester ses propriétés particulières. » (Cl. Bernard.)
Nous verrons que le globule nerveux lui-mê:ne, qui au premier aboid paraît jouir d'une grande spontanéité, ne fait que transmettre, qve réfléchir à-i excitntions (ou irritations) qu'il a reçues de diverseg sourccK. Les faits qui, à un examen superficiel, semblent le résultat d'une sppntpijéjt^ nerveuse ne sont, en «çornme, que dfs pcîions ré fl fixes,