‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 97 sur 219 · PHÉNOMÈNES MECANIQUES - TRACHÉE · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES MECANIQUES - TRACHÉE

fosses nasales, par lesquelles seules l'animal peut respirer. Chez les pachydermes, le voile du palais forme au larynx un demi-anneau, et il en résulte encore une respiration exclusivement nasale. Le cheval ne peut également respirer que par le nez, à cause de la disposition du voile du jndais et de l'épiglotte, qui remonte jusqu'à l'orifice postérieur des fosses nasales. Il en résulte que quand on coupe, chez le cheval, le nerf facial qui innerve les muscles de la narine, celle-ci, devenue inerte, s'aplatit comme une soupape au moment de l'inspiration, de sorte que l'animal, ouvrant lar.£:ement la bouche, suffoque malgré ses efforts pour respirer. Cet accident est particulier au cheval et ne se montre pas chez le chien ou chez d'autres animaux qui peuvent inspirer par la bouche (Cl. Bernard). Enfin, chez les fœtus humains, de même que chez le fœtus de chien, on remarque qu'^ le larynx remoni^e un peu plus haut que chez l'adulte, et reproduit jusqu'à un certain point la disposition que nous venons de signaler chez des mammifères inférieurs.

Le larynx, la trachée et ses divisions, les bronches, forment un canal ramifié, qui. comme toutes les parties constituantes de l'appareil respiratoire, est remarquable par ses éléments élastiques. Ce sont d'abord ses cerceaux cartilagineux^ interrompus eu arrière ; mais l'espace que ces anneaux incomplets laissent ainsi à la partie postérieure est comblé par des lames longitudinales de tissu élas tique, formant des bandes entrecroisées et anastomosées au-dessous de la muqueuse. Plus profondément, les extrémités libres de chaque anneau sont réunies par des fibres ynusculaires lisses ;]a présence de ces fibres se continue très loin jusque sur les dernières ramifications bronchiques, de sorte que les derniers noyaux cartilagineux, vestiges des anneaux trachéens, ont déjà dispaïai, quand les fibres musculaires existent encore, et même pjlus abondamment, et d'une manière plus uniforme tout autour du canalicule aérifère (V. p. 355) : ces fibres (muscles de Reisseisen) ne se contractent pas sous l'influence de la volonté. Nous pouvons répéter pour elles ce que nous avons déjà dit des fibres musculaii-es un peu problématiques de la paroi alvéolaire, car peut-être n'y a-t-il dans le poumon d'autres éléments musculaires que ceux des petites bronches et des petits vaisseaux. 11 est difficile, pour ne pas dire impossDile, de démontrer que ces fibres se contractent pour prendre part à la toux ; nous avons déjà parlé de la possil^ilité de leur intervention dans l'asthme et les spasmes bronchiques. En tout cas, ce que nous devons voir sui'tout dans cet élément, comme dans les précédents, c'est un tissu éminemment élastique, et utile surtout par cette propriété. Ainsi les cartilages trachéens et bronchiques s'opposent à des changements de forme trop considérables, et par leur élasticité ramènent le canal à sa forme primitive lorsqu'il a été violenté:

ils sont aidés dans cette action par les tissus élastique et iuus~ rulaire.

La trachée est soumise, par l'action des muscles du cou (sous et s.is-hyoïdieus), à des mouvements d'ascension et de descente qui correspondent aux mouvements de la respiration. Pendant Vinspiration, la trachée descend; par suite, son calibre devient plus large, et le courant d'air d'inspiration s'y fait facilement et sans frottements. Pendant respiration, elle monte, elle s'allonge, donc elle se rétrécit: il s'ensuit que l'air de l'expiration, sortant jiar un canal plus étroit, doit circuler plus vite et avec plus de frottement contre la paroi.

Le larj'nx contribue aussi puissamment à produire cette différence entre le courant de l'air de l'inspiration et celui de l'expiration. ?"n étudiant cet organe comme appareil vocal, nous verrons qu'il se compose essentiellement d'une fente antéro - postérieure (glotte) capable de s'élargir ou de se rétrécir ; et en effet, elle s élargit dans V inspiration et se rétrécit dans l'expiration. Ce rétrécissement peut aller plus ou moins loin : dans le phénomène de l'effort, il est complet, et le thorax, comprimant l'air qui ne peut s'échapper, forme mi solide point d'appui aux muscles qui doivent être le siège de la manifestation de l'effort.

Cette différence dans la vitesse du courant de l'air de l'inspiration et de l'expiration, différence due aux mouvements respiratoires du larynx et de la trachée, a pour but l'expidsion des corps étrangers (»u plutôt des mucosités qui peuvent se trouver dans l'arbre aérien. En oftet, le courant d'air d'inspiration, par sa lente.ir et son peu de frottements, n'aura nulle tendance à entraîner plus profondément ces mucosités adhérentes à la paroi : au contraire, le courant d'air d'expiration, présentant des conditions opposées, entraînera vivement ces petites masses vers l'orifice supérieur des voies aériennes.

La toux n'est qu'une expiration encore plus brusque, précédée d'ime inspiration encore plus lente, que l'expiration et l'inspiration normales : aussi la toux a-t-elle essentiellement pour effet de rejeter au dehors les mucosités qui encombrent l'arbre aérien.

Cette expulsion continue et inconsciente des mucosités est encore opérée par le jeu des cils vibratiles qui garnissent l'épithélium cylindrique de toute l'étendue du tube bronchial et trachéen (excepté au niveau des cordes vocalf's); les mouvements de ces cils sont tels qu'ils portent vers l'extérieur tous les corpuscules déposés à leur surface, et les font arriver jusque dans la cavité laryngienne (V. p. 2.57). Ce n'est qu'à ce niveau que l'expulsion devient volontaire, parce que ce n'est qu'au niveau du larynx que les corps étrangers ou mucosités sont senties; plu^ bas. leur présence ue

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tlonuelieu qu'à des sensations très obtuses et incapables d'amener des réflexes énergiques. Mais au niveau du larynx, elle est le point do départ de réflexes ou de phénomènes volontaires qui produisent l'expulsion, toujours parce mécanisme des courants d'air inégaux, mais avec une énergie bien plus considérable ; c'est précisément alors que se produit la toux^ et plus haut (vers le pharynx et les fosses nasales) Yéternucment^ et plus haut enfin (vers les narines) V action de se moucher^ actions qui consistent toutes en une inspii-ation lente par un orifice dilaté, et une expiration brusque par un orifice i-esserré, soit par la contraction de ses propres muscles, soit par lin nK'canisme i)lus cm moins éloigné.

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