‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 14 sur 58 · IJ--». COURS DE PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

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comme ayant son origine dans le périoste, parce que c’est là"que s’attache tout l’appareil de la locomotion; mais il ne l’avait pas conçu comme je l’ai fait en réunissant sous le même titre générique les quatre tissus fibreux , fibro-cartilagineux , cartilagineux et osseux ; généralisation qu’exprime très-bien le mot choisi par M. Laurent. Dès-lors, on ne peut plus rapporter qu’à une partie de ce tissu la disposition continue dont nous venons de parler, et qui le fait regarder comme un tout insécable; en effet, s’il est impossible desépaier un os d’un autre, ou une fibre musculaire d’un os, sans couper le tissu fibreux, il n’en est pas de même de la portion de celui-ci qui fait partie du parenchyme des organes, tels que les corps caverneux , les testicules , etc.

Outre les quatre divisions que nous avons établies dans le tissu scléreux , on pourrait peutêtre encore en désirer une pour le tissu fibreux élastique ; mais il me semble qu’il ne diffère pas du tissu fibreux ordinaire d’une maniéré assez tranchée pour cela : en effet , dans l’élephant , la sous- ventrière abdominale et le centre aponévrotique du diaphragme sont constitués en partie par du tissu fibreux ordinaire, et en partie par du tissu fibreux élastique. Cette sorte de transformation de l’un dans l’autre ne tient ici qua une disposition mécanique du corps , et doit nous

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autoriser ranger ces deux tissus sous le meme nom. Occupons-nous maintenant en particulier de chacune des divisions du système scléreux.

1° Du Tissu fibreux.

Nous avons déjà dit tout à l’heure ce qu’il y avait à dire de général relativement au tissu fibreux. On peut ajouter que ce n’est autre chose que du tissu cellulaire condensé , serré et disposé en fibres susceptibles de s’entasser à des degrés différens. 11 est des cas où il est assez difïlcile d’établir la limite précise du tissu cellulaire et du tissu fibreux ; ainsi , chez certains animaux, tels que la tortue^ par exemple, où les systèmes osseux et fibreux se trouvent immédiatement sous la peau , sans l’interposition de la couche musculaire , le périoste est-il confondu avec le tissu cellulaire sous-dermique ; vous voyez ici la confirmation de ce que nous disions tout à l’heure , que c’était l’élément générateur ou celluleux qui se serrait, qui se fasciculait, pour former le tissu fibreux , et qui tendait par conséquent à la résistance et à la solidité. Ainsi l’on voit les mailles qui constituent les aréoles du tissu cellulaire devenir de plus en plu^ linéaires et de moins en moins apparentes , par suite du rapprochement

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des fibres. Le tissu fibreux se trouve assez, généralement répandu dans toutes les parties de Torgaiiisme ; il est plus bypotliécien qu’il n’est endérien , suivant l’expression de M. Laurent , mais on le rencontre néanmoins aussi dans les grandes cavités. Ainsi;,le cœur, placé dans une position particulière chez certains animaux, a une enveloppe entièrement formée de tissu fibreux ; il en est de meme de la rate, dont la tunique fibreuse passe quelquefois, dans certaines maladies, à l’état cartilagineux et même à l’état osseux. Le tissu fibreux entre dans la composition des mailles qui constituent le tissu érectile ; il forme le canal excréteur des reins, celui du foie,- il entre aussi dans la composition du canal excréteur du pancréas , qui est la glande salivaire de l’abdomen et dans celle de toutes les glandes. Maintenant que nous avons défini ce tissu quant à sa place, à son origine, à son étendue, et même à l’importance dont il peut être, nous allons passer à l’étude de ses propriétés.

Caractères anatomiques. Dans quelque point de l’organisme qu’on prenne le tissu fibreux , on le trouve toujours composé de fibres très-denses et serrées , se fasciculant de diverses manières , et prenant par conséquent des directions déterminées. Cette disposition est un des caractères les plus importans de ce tissu j malheureusement

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elle nous e'cliappera lorsque nous parlerons des animaux inférieurs^ qui se contractent sans fibre musculaire évidente. Cette meme disposition peut donner des formes différentes aux diverses masses que forme le tissu cellulaire ainsi condensé- Si , par exemple, ses fibres sont accumulées les unes à côté des autres de manière k s’éloigner également d’un point central , il en résultera une sorte de cylindre auquel on a donné le nom de tendon. Dans d’autres cas, les petits fascicules de fibres s’arrangent de manière à former différentes couches peu épaisses , qui se croisent dans diverses directions , et qui constituent alors les aponévroses ou les membranes fibreuses. Les mailles trèsalongées , presque linéaires , qui existent entre ces fascicules , sont une condition de plus en faveur de leur force ; car la graisse , ni aucun fluide, ne vient s’y déposer, et le système vasculaire n’y pénètre que difficilement. Lorsqu’on examine ce tissu au microscope , on n’y voit autre chose que des filarnens d’une ténuité telle , que leur réunion ne semble former qu’un nuage blanc. On ne voit rien de semblable à l’espèce de cylindre tortueux que quelques auteurs ont supposé dans ce tissu par analogie avec les dispositions qu’ils attribuaient aux fibres musculaires. On n’y voit non plus rien de ccs globules qu’on a voulu trouver généralement dans

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tous les tissus ; cette erreur ne repose pas même ici sur l’illusion d’optique qui peut exister pour certaines parties du tissu cellulaire , car on ne distingue réellement que des linéamens , des filamens très- fins.

Caractères physiques. Nous retrouvons dans ce tissu cette couleur Llanche , légèrement grisâtre , ce luisant argenté que nous avons déjà vu paraître dans le tissu cellulaire fibreux qui constitue la partie inférieure du derme, et qui fournit quelquefois les loges dans lesquelles la graisse se développe.

La densité de ce tissu est très-grande et trèsvariable ; ainsi , le tendon de certains muscles d’un animal vigoureux , du cheval , par exemple, présente une dureté telle, qu’on croirait quelle vient de quelque chose de solide, comme du phosphate de chaux qui y serait déposé ; il n’en est cependant rien , car on n’y trouve que de la gélatine et de l’albumine. Quelquefois il se développe dans l’intérieur des tendons un noyau de matière calcaire qui , chez les oiseaux, par exemple , prend un développement très-considérable. La ténacité du tissu fibreux est aussi très-remarquable ; elle est même telle , que si une accumulation de fluide se fait rapidement dans une cavité formée par une membrane fibreuse, les viscères qui s’y trouvent contenus seraient comprimés ,

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et la mort en serait souvent la coiise'quence. Mais lorsque raccumulation se fait lentement , le tissu peut s’e'tendre beaucoup , non en s^amincissant , ainsi que cela paraîtrait devoir etre , mais au contraire en s’épaississant j aussi ne peut-on pas dire que ce soit là vraiment un indice de l’extensibilité de ce tissu , qui est éminemment résistant; on ne doit y voir qu’un accroissement de nutrition^ une véritable hypertrophie : ou observe fréquemment des exemples de ce fait dans les maladies des testicules, dans l’hypertrophie des parties internes de l’œil , et dans tous les organes qui , enveloppés d’une membrane fibreuse , sont susceptibles d’bvdropisie ou d’une augmentation quelconque de volume. La résistance de ce tissu se conçoit

très-bien d’après ses usages, car s’il avait été élastique , il aurait perdu les trois quarts de sa force ; il est cependant des cas où il passe à l’état de tissu élastique. Il est peu conducteur du calorique , peu hygrométrique. Je ne sais jusqu’à quel point il est conducteur de, l’électricité; mais il me semble qu’il est dans le cas de tous les tissus animaux imprégnés de fluide , que l’électricité traverse avec facilité.

Caractères organoleptiques. Le tissu fibreux offre une légère odeur animale; sa saveur est nulle ou fade. Il est de difficile digestion , à moins qu’il naît été préalablement macéré^ ou dissous par

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l’action de la chaleur dans la machine de Papin, ou dans celle modifiée par M. Chevreul.

Caractères chimiques . Les observations de ce dernier chimiste ont démontré que ce tissu, rebelle à la putréfaction, reprenait même, après quatre ou cinq ans de dessiccation, la même quantité d’eau qu’il avait perdue, et qu’alors reparaissaient toutes ses propriétés physiques. Les chimistes ne sont pas d’accord sur l’élément chimique qui entre dans sa composition; les uns admettent un principe immédiat auquel ils donnent le nom de gélatine , qui a pour caractère particulier de se prendre en gelée , après avoir été dissous dans l’eau bouillante, et de précipiter par le tanin. D’autres chimistes ont, dans ces derniers temps, regardé cette gélatine elle-même comme n’étant qu’une modification de l’albumine, qui contiendrait peut-être deux principes immédiats. On trouve dans le tissu fibreux, comme dans tous les tissus organiques, du chlorm-e de sodium et de potassium.

Caractères vitaux. Quant aux jiropriétés vitales, dont nous ne parlerons avec détail que lorsque nous traiterons de l’organisme en action, nous nous contenterons de dire qu’aucune partie du système fibreux n’est susceptible de se contracter sous l’influence de la volonté, dans quelque animal que ce soit. Dans un des derniers groupes de la série , dans les étoiles de mer , il existe un

tissu particulier qui sert à réunir les divers pièces du squelette: quelques auteurs l’ont considéré, je crois à tort, comme nerveux ; ce me paraît être du tissu fibreux plutôt que toute autre cliose, car ni la volonté ni le galvanisme n’ont la moindre action sur lui.

On connaît les recherches intéressantes faites par l’école de Haller , pour combattre l’opinion de ceux qui, à cette époque, voulaient que le système fibreux fût susceptible de sensibilité , d’irritabilité, et jusqu’à un certain point de contractilité ; Bichat a résolu toutes ces questions en faveur de l’opinion de Haller. On peut dire à cet égard que les parties fibreuses sont les parties organiques les moins organisées possible , qu’elle ne sont contractiles ni sous l’influence de la volonté , ni sous celle de la pile galvanique, et qu’elles peuvent seulement diminuer de volume par la dessication et se crisper un peu par l’action de la chaleur.

Il résulte aussi des expériences de Haller que ce tissu, d’une insensibilité parfaite dans l’état normal, devient sensible, et peut donner lieu à des douleurs particulières lorsqu’il est tiraillé , distendu, comme dans une entorse, et dans tout mouvement où les fibres sont tirées dans unedirectionquis éloigne de la ligne normale: c’estainsique dansles animaux vivans, le tendon so;umis aux irritans chimiques , à la section, à la piqûre, ne fera

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pas éprouver la moindre douleur, landisqu’aussiiol qu’il sera tordu, la souffrance deviendra très-vive et prendra même un caractère particulier. Le tissu fibreux est cependant susceptible d’inflammation ; mais le groupe de phénomènes morbides auquel ona donnéce nom, s’y établit difficilement.

II présente, en outre , une maladie particulière , désignée sous lenom de rhumatisme, qui fait éprouver des douleurs très-vives, et dont la nature n’est pas encore connue. Dans certaines inflammations où le tissu est parfaitement rouge , il est impossible d’apercevoir des vaisseaux dans l’intérieur du tissu fibreux, et cependant toute la substance semble imprégnée , sinon du sang lui-méme , ce que je n’oserais assurer , au moins de sa matière colorante.

Mais ce n’est pas ici le lieu d’aller plus avant dans l’histoire des altérations du tissu fibreux ; elle trouvera mieux sa place quand nous traiterons des différences que pi'ésente ce tissu , sujet que l’heure avancée nous oblige de réserver pour la prochaine séance.

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