TOME II
Messieurs ,
Après avoir terminé , dans notre précédente leçon, riiisloire du tissu cartilagineux, nous avons abordé celle du tissu osseux, en vous faisant connaître ses caractères pliysiques , anatomiques , organoleptiques et chimiques.
Afin de rester fidèle au plan que nous nous sommesantérieurement tracé, nous avons aujourd’hui à vous entretenir de ses propriétés vitales, et des différences qu’il présente tant selon les espèces dans lesquelles on l’étudie , que selon les diverses circonstances d’âge , de sexe, de tempérament et selon les conditions hygiéniques. Mais avant tout, il convient que nous ajoutions quelque chose à ce que nous avons dit , sur le lieu où viennent se déposer les molécules calcaires constitutives de l’état osseux; 2® sur l’état dans lequel se trouvent les molécules déposées.
Si vous prenez un os préparé à l’aide des réactifs chimiques, de manière à ce que sa structure intime soit parfaitement à nu, vous voyez que son tissu consiste eu une masse spongieuse composée de cellules très-petites comparativement à ces espèces de ramifications que forme le tissu cartilagineux. Ce n’est point dans les mailles de ce tissu
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que se déposent les molécules calcaires, mais l)ien dans le tissu cartilagineux , tandis que les matières graisseuses elles autres fluides de nature diverse qui viennent gonfler et abreuver l’os, se déposent dans les cellules osseuses elles-mêmes dont j’ai parlé. Ainsi le tissu osseux n’est , à proprement parler , qu’une modification du tissu cellulaire , modification profonde , comme vous pouvez le croire, puisque c’est en lui que la matière cartilagineuse est venue se déposer originairement, et puisque cette dernière s’est, à son tour , transformée en matière osseuse : d’oùfrésulte qu’on ne peut se faire une juste idée du tissu osseux , qu’autant qu’on l’étudie dans l’état de complète ossification; car, autrement, on n’aurait plus que des cartilages à des degrés divers de solidification.
En étudiant les propriétés anatomiques du tissu dont il s’agit, je vous disais que le carbonate et le phosphate de chaux y sont à l’état de comhinaison chimique. Depuis lors , ayant eu l’occasion de préparer un os d’un très-jeune sujet de l’espèce humaine, et l’ayant examiné au microscope, je me suis convaincu, de la manière la plus formelle, que le phosphate de chaux était là à l’état de cristallisation. C’est ce que vous verrez facilement si vous prenez l’un des pariétaux, os trèsfaciles à analyser, en ce qu’il sont des premiers
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à s’ossifier. L’ossilication partant d’un point unitpic , la fibre osseuse s’irradie de ce point vers la circonférence: c’est là un premier fait que démontre l’examen le plus superficiel. Mais si vous vous livrez à une analyse plus profonde, que vous examijiiez uu pariétal sur un très-jeune sujet, et qu’après l’avoir dépouillé de son périoste externe et interne , vous enleviez de son intérieur la partie ossifiée, le microscope vous démontrera, d’une manière parfaitement manifeste, la substance la plus cartilagineuse, base essentielle de l’os , et dans son intérieur vous apercevrez un grand nombre de petits cristaux polyédriques très-distincts, qui, s’insinuant dans le tissu cartilagineux et s’y accumulant, lui donnent la solidité caractéristique du tissu osseux. Cette solidité est telle , ainsi que nous le verrons plus loin, qu’il est des os , chez certains animaux , qui , sous le rapport de leur densité , présentent presque tous les caractères d’un minéral .
Il était utile d’ajouter ces nouveaux développemens à ce que nous avons dit dans notre précédente leçon sur les propriétés anatomiques er chimiques du tissu osseux, parce qu’ils confirment le fait que nous avons avancé, savoir , que le tissu osseux n’est qu’une modification du cartilage.
Les propriétés vitales de ce tissu sont dans un
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jusU; rapport avec Jcs parties qui le conslilueiil. lia effet, si vous prenez l’os cl’uu jeune ciilanl, en meme temps (juc rclaslicite y est plus grande, la vie plus énergique, qu’il est moins susceptible Je SC fracturer que dans l’âge adulte, il n’est pas douteux que la contractilité doit être plus facilement apercevable, si tant est qu’elle puisse montrer. Il en est d'e meme de la sensibilité. Tout le monde sait que, dans l’élat sain., les os ne révèlent aucune sensibilité, qvi’on peut les couper, ainsi qu’on le fait journellement, sans éprouver aucune douleur, tandis que dans l’état pathologique , et surtout lorsque l’inflammation s’y développe, les douleurs les plus vives sont ressenties par le malade.
Différences selon les parties de V organisme. Avant de faire connaître ces différences, il est important d’établir une distinction entre l’os proprement dit , dénomination qui doit être réservée aux parties du tissu osseux qui entrent dans la composition du squelette, et Vostéide, expression sous laquelle je désigne toutes les transformations , tous les développemens osseux que l’organisme peut présenter. Nous verrons aussi , un peu plus loin , qu’il convient encore de distinguer l’ostéide de la concrétion, qui n’appartient point en propre au tissu de l’animal , mais qui doiletre rangée dans la catégorie des [iroduits, et,
à ce titre, renvoyée au chapitre où il sera question des productions anormales.
Nous ne nous occuperons donc en ce moment que du tissu osseux qui se rencontre dans la couche musculaire sous-dermique, dont la disposition doit vous être présente à l’esprit. Chacune des pièces qui entrent dans la composition de cette partie du tissu osseux constitue le squelette, ainsi que nous l’avons dit. Si maintenant nous étudions ce squelette , et que nous cherchions à saisir les caractères généraux des pièces qui le composent , nous voyons que le tissu os-, seux présente d’abord à notre observation une enveloppe qui porte le nom de périoste , et qui sert de moyen de communication entre l’os et les autres parties de l’organisme -, c’est une membrane fibreuse dont nous vous avons parié en traitant du tissu fibreux.Vous avez pu voir alors quele périoste et le tissu fibreux proprement dit ne font qu’un, d’où suit que les diverses pièces du squelette, lorsqu’elles sont unies par l’ensemble du tissu ligamenteux forment un tout parfaitement coordonné. Mais le périoste n’est point une partie essentielle du tissu osseux; et la preuve, c’est que le système vasculaire des os ne pénètre point dans leur intéxûeur à l’aide du système fibreux , mais par des trous particuliers qui ont reçu le nom de trous nourriciei's , lesquels donnent seuls entrée dans
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rintérieur de l’os aux vaisseaux cliargés d’y distribuer les substances qu’il doit s’assimiler.
Une autre considération à laquelle il faut avoir e'gard, c’est qu’à quelque partie du corps qu’appartienne l’os qu’on étudie . il est toujours composé, ainsi que M. Dulrocbet l’a parfaitement démontré, de trois parties, l’une moyenne et deux terminales. Si, par exemple, vous examinez une vertèbre, vous la trouvez formée d’une partie moyenne et de deux extrémités appelées épiphjses, qui, pendant un certain temps, sont parfaitement distinctes du reste de l’os, et s’en détachent avec facilité, jusqu’à ce que, par les progrès de l’âge, ces plaques cartilagineuses , venant à s’encroûter de matière calcaire fassent corps avec la partie moyenne de la vertèbre , au point de ne plus pouvoir en être séparées, quel que moyen qu’on emploie pour y parvenir. Tous les os présentent cette disposition générale , d’être élargis à leurs deux extrémités et rétrécis dans leur milieu, de telle sorte qu’ils semblent résulter de l’adossement de deux cônes réunis par leur sommet, d’où vient le nom de clicône imposé par M. Dutrochet à la partie moyenne des os.
La disposition organique est également la même pour tous les os. En effet, dans tous, pn rencontre des cellules que déjà nbus avons vues être formées par le tissu cartilagineux , et dont les extérieures
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sont beaucoup plus serrées que les intérieures, d’où résulte cpie la surface interne des os est beaucoup plus cartilagineuse que l’externe, qui s ossifie la première. Cette disposition est surtout bien visible dans l’os dicône du bras, et plus encore dans les cotes , qui restent pendant un temps assez long à l’état fœtal. C’est dans ces mailles que vient se déposer la matière cartilagineuse. Si maintenant nous arrivons au tissu éburné , nous voyons qu’il forme un tout continu , sans aucune distinction de couches, et que les molécules calcaires sont plus abondantes à sa circonférence qu’à son milieu ; d’où résulte que , dans l’intérieur des os , on trouve de grandes mailles et de grandes cellules, qui diminuent toujours de plus en plus, à mesure que la vie se. développe davantage dans l’animal. Cette dernière disposition est surtout très-remarquable chez les animaux aériens, où les mailles celluleuses se trouvent effacées par suite du prolongement des sacs pulmonaires qui pénètrent dans l’intérieur du tissu osseux. Et, en effet , plus l’animal est grand, plus les sacs pulmonaires sont considérahles , ainsi qu’on l’observe chez le pélican, animal trèsléger , quoique fort gros.
La matière graisseuse , désignée sous le nom de moelle , se dépose dans les mailles qui appartiennent originairement à la substance cartilagi-
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lieuse, et y remplace celte substance; de plus, à mesure que la moelle s accumule, elle agrandit ses cellules, en refoulant leurs parois, et finit par les convertir en une vaste lacune, que traversent encore parfois des brides osseuses , destinées, a-t-on dit, à soutenir ce qu’on nomme la membrane médullaire.
C’est ainsi que se forme le canal osseux qui renferme la moelle. En somme, nous trouvons dans les os trois espèces de tissus c[ui , tous trois , sont des modifications du tissu générateur primitif: l’un, le tissu celluleux, qui est le plus important, celui qui se manifestera le premier dans l’ordre de développement des organismes , et que l’on observe dans tout travail d’ossification morbide ; c’est à lui qu’est dû l’état spongieux, qui est permanent aux extrémités des os longs , et dans la presque totalité des os courts. Le second tissu, appelé tissu réticulaire, soutient les membranes de la moelle que l’on ne rencontre que dans les animaux supérieurs. Le troisième , appelé tissu compacte ou éburné f qui est résistant, constitue la circonférence de l’os , et est d’autant plus dense et plus serré, qu’on approche davantage de la supcrlicie de celui-ci; preuve nouvelle que le périoste n’entre pour rien dans le travail de l’ossification normale, tandis que, dans le travail de l’ossification anormale , cette enveloppe , participant
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en cela des propriétés du tissu fibreux , est susceptible de s’encroûter de pliospbate de chaux, et de revêtir les apparences d’un véritable os, bien qu’en réalité , il n’en présente pas les caractères.
C’est sur ces considérations qu’est fondée la division des os du squelette, en os courts, os plats et os longs. Les os courts , beaucoup plus injportans que les autres , ne sont composés que de tissu réticulaire , dans les aréoles duquel vient se déposer une graisse plus ou moins abondante. Ainsi les vertèbres , qui appartiennent à cette première catégorie , sont percées d’une multitude de trous par lesquels pénètrent les tissus cellulaire et vasculaire chargés de la nutrition. Les os plats sont intermédiaires aux os courts et aux os longs. En effet, ils ne présentent point de cavité médullaire proprement dite. Cependant, lorsque, dans certaines espèces animales, on examine une omoplate coupée dans le sens de son grand diamètre , outre le tissu éhurné qu’on retrouve à l’extérieur, on voit que l’intérieur est composé d’un tissu celluleux très-peu serré , et dans les mailles duquel existe une quantité de graisse plus ou moins considérable. C’est à ces caractères queles os plats doivent d’étre plus solides que les os courts, et d’être moins su jets à la carie. Le caractère des os longs est d’avoir lem’s deux extrémités composées du tissu que nous avons appelé spongieux , et
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leur partie moyenne percée d’une cavité appelée cavité médullaire. Leur partie éburnée jouit d’une solidité beaucoup plus considérable que celle des os plats , et ils présentent une large surface pour l’insertion des puissances musculaires.
La distinction que nous venons de rappeler, et que je ne ponvais passer sous silence, n’a pas toute l’importance qu’on lui a attribuée. En effet, il est des animaux mammifères chez lesquels les os restent constamment à l’état réticulaire , qu’ils soient longs ou courts, et vous savez que les côtes, qu’on devrait ranger parmi les os longs, si l’on n’avait égard qu’à leur configuration géométrique, offrent pourtant la même organisation qne les os plats. Ainsi, cette division dn tissu osseux, bonne pour l’étude, n’a pas une très-grande valeur scientifique.
Vous dirai- je encore que les os sont susceptibles de présenter des saillies plus ou moins considérables , d’avoir des excavations plus ou moins profondes , qu’on y remarque un certain nombre de trous destinés à livrer passage à des vaisseaux sanguins , qu’ils affectent des formes particulières, en rapport avec les mouvemens quils doivent exécuter? ce serait entrer dans des détails d’anatomie descriptive, bons en eux-mèmes, mais qui auraient le défaut de ne point être à leur place.
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C’est icilc lieu devons rap^ieler la solution que je vous ai proposée sur cette question célèbre : est-il vrai qu’on rencontre le même nombre de pièces osseuses dans toute la série des ostéozoaires? Je vous ai démontré qu’il faut y répondre négativement. Vous vous rappelez sans doute aussi que j’ai été obligé de résoudre, par la négative, cet autre principe qui consiste à établir que , dans le jeune âge d’un animal supérieur , on trouve constamment le meme nombre de pièces osseuses que dans les animaux inférieurs. Seulement, j’ai établi en principe que les os qui entrent dans la composition du squelette suivent un ordre déterminé dans leur dégradation. Du reste, de quelque façon qu’on s’y prenne , il est impossible, selon moi , de trouver , dans la nageoire pelvienne d’un poisson , un fémur , up tibia , un péi oné , pièces qui se rencontrent invariablement dans toute extrémité inférieure d’un animal supérieur.
J’aurais maintenant à vous entretenir des différences que présentent les os dans leur forme,, sans égard à leur structure , et surtout dans la disposition de leurs parties en contact, d’où résulte le plus ou le moins de mobilité, et la direction des mouvemens. Mais comme ce sont de ces clioses que l’on rencontre dans toutes les anatomies topographiques , je vous demanderai la permission de passer outre , afin de vous présentei' quelques
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considéra lions d’un autre ordre, et sur lesquelles on tombe pins faedenient d accord.
Si , comme nous l’avons établi , le tissu osseux semble se développer dans le tissu libreux , on peut ne'anmoiiis distinguer facilement le périoste de l’os lui-même. Mais ceci ne concerne que les pièces du squelette , car il en est autrement des parties osseuses qui se manifestent dans le tissu fibreux des tendons , qui prennent la forme d’os sésamoïdes , ou mieux d’ostéides , ainsi que l’a dit M. Dutroebet. Ces petits os ont pour caractère de ne point présenter de périoste, mais seulement des fibres tendineuses encroûtées de matière calcaire , de n’avoir jamais de cavité médullaire, et d’être entièrement spongieux. Il faut bien se garder aussi de confondre ces osléides avec les os wormiens , qui ne sont que des os surnuméraires, que l’on trouve souvent en grand nombre à la tête , surtout dans l’espèce Humaine , et qui offrent tous les caractères des os proprement dits.
L’ostéide peut se rencontrer dans toutes les parties du corps où il y a du tissu fibreux ; on en observe le plus souvent dans le tendon du triceps fémoral, dans celui du triceps brachial, dan^la rotule, dans l’olécrane, dans l’attache du tendon du biceps huméral, quelquefois dans le tendon du biceps fémoral , des fléchisseurs , des péroniers, et
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dans la plupart des tendons des fléchisseurs des doigts. On en rencontre surtout en grand nombre chez les oiseaux qui font un grand usage de leurs membres postérieurs pour la locomotion. Chez les gallinacés qui marchent plus que les autres oiseaux , on trouve beaucoup de ces productions dans les tendons de la jambe, lesquels se présentent quelquefois à l’état fibreux , cpielquefois à l’état sub-cartilagineux , le plus souvent à l’état osseux. Il faut donc bien se garder d’imiter quelques anatomistes, qui, pour appuyer leurs systèmes, ont rangé quelques ostéides au nombre des os, par cela seul qu’il fallait , pour la confirmation de leurs idées, que, dans tel ou tel endroit déterminé , il se trouvât nécessairement un os.
On voit aussi quelquefois de véritables ostéides dans divers fibro-cartilages , comme dans ceux de l’articulation fémoro-tibiale, dans les ligamens ronds , etc .
Les anatomistes ont commis une erreur grave lorsqu’ils ont avancé que l’on rencontrait quelquefois des ostéides dans la chair musculaire. La fibre musculahe , de même que toutes les fibres celluleuses , est susceptible de devenir le siège de dépôts crétacés plus ou moins abondans; mais jamais elle ne peut être le réceptacle d’unostéide, encore moins d’un véritable os. Les pathologistes sont en général tombés à cet égard
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dans d’étranges méprises, qui ne sont plus excusables aujourd’hui.
Le tissu osseux peut encore se développer dans d’autres parties du corps. Ainsi, on le rencontre souvent dans ce que j’ai appelé les enveloppes des plianères. Vous connaissez tous ce qu’on nomme . l’osduroclier, pièce dont la nature diffère complètement de celle des autres os : de très-bonne heure, cet os est calcaire et composé de molécules appliquées les unes à côté des autres, sans qu’on puisse apercevoir la moindre trace de matière cartilagineuse ; il est sans cavité médullaire , sans tissu aréolaire ni spongieux ] mais il est bien limité : pour moi , cet os n’est qu’une enveloppe phanérique. De plus, ainsi que je vous l’ai dit dans l’une de mes dernières leçons , en traitant du système cartilagineux , il est des poissons chez lesquels la sclérotique , fibreuse dans notre espèce , est complètement cartilagineuse , et tout-à-fait au même état que le reste du squelette. Vous ne devez donc point être étonnés qu’il existe des enveloppes de phanères qui soient entièrement osseuses. Dans ce cas , ces enveloppes ont pour caractère de se briser avec une extrême facilité, ce qui tient à ce que les molécules qui les composent sont simplement agrégées, mais non pas liées entre elles par un tissu intermédiaire.
Il y aussi des poissons chez qui nous trouvons du
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tissu übrcux très-blanc , très-albumineux , qui a beaucoup de solidité, et qui passe quelquefois à un état presque complètement osseux : c’est ce qu’on voit chez les tétraodons. Chez eux, on rencontre une vessie analogue à la vessie natatoire , que déjà nous avons signalée dans d’autres espèces , mais qui , ici , est très-solide , trèsrésistante. Enfin il n’est aucun de nos tissus fibreux qui ne puisse , par- suite de modifications organiques , passer à un état semi-osseux , et conséquemment s’encroûter de phosphate de chaux.
Chez certains animaux , le derme lui-même est susceptible de s’ossifier. Je vous ai dit précédemment que la peau des animaux étant un instrument de défense , elle pouvait se solidifier, et que souvent elle se solidifie en effet , soit’ par l’accumulation dans l’épiderme d’une matière cornée très-abondante, soit par la déposition d’une matière calcaire dans le derme. C’est ce qu’on observe chez les tatous. Si vous analysez avec soin la peau d’un de ces animaux, vous verrez que la solidification s’opère d’une autre manière que dans les os. Les molécules calcaires se déposent, dans le cas qui nous occupe, avec une extrême irrégularité, tandis que dans les os le dépôt se fait de dehors en . dedans, et avec une 'certaine symétrie. Comme , du reste , il était nécessaire que ces animaux pussent faire exécuter à leur corps des mouvc-
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mens partiels aussi Lien que des mouvenicns de totalité, on trouve leur peau comme brisée à certains endroits et dépourvue de matière calcaire.
Les crocodiles ont aussi des parties osseuses dans leur derme, et la même chose se voit également dans plusieurs poissons ; mais le plus souvent, chez eux, ce sont des espèces d'écailles qui solidifient la peau.
Certains animaux articulés nous présentent la même disposition. Leur enveloppe extérieure est également solidifiée par du carbonate de chaux, ou peut-être par du phosphate de chaux, distinction peu importante à établir pour nous. Chez eux^ c’est la couche supérieure du derme qui est susceptible de s’encroûter ; la couche inférieure, qui se trouve immédiatement en communication avec les autres parties de l’organisme, n’en est point susceptible ; il résulte de là que, lorsque ces animaux changent de peau , ce qui leur arrive deux fois l’an , ils ne se dépouillent que de l’épiderme , partie morte et excrétée , tandis qu’ils conservent la partie fixe, vivante, qui, peu après , se solidifiera de nouveau , et formera ce qu’à tort on a appelé le squelette des animaux articulés.
Certains animaux , comme les écrevisses , nous offrent encore une disposition remarquable ; chez .eux , on trouve dans la couche sousposée au canal intestinal des parties solides qui appartiennent