TOME H
Messieurs ,
Si le tissu kysteux angéial présente quelques différences selon les âges , les sexes , les races , les tenipéramens , et les circonstances hygiéniques, elles n’ont pas encore été étudiées.
Quant à ses modifications pathologiques , nous savons qu’une cavité kysteuse disparaît par cela seul que les fluides n’y abordent plus , et qu’alors les deux parties de la membrane se réunissent et se cicatrisent. Ainsi, pour peu que vous analysiez les vaisseaux ombilicaux, vous reconnaîtrez que leur tissu, qui était si distinct, alors que ces vaisseaux remplissaient leurs fonctions, est réduit après la naissance à l’état d’une fibre blanche, qui a meme perdu , jusqu’à un certain point , le caractère fibreux. Dans les opérations où l’on coupe une partie d’une artère, à l’endroit où l’on a appliqué la ligature, on trouve que les tuniques artérielles sont devenues adhérentes. C’est, du reste, un fait d’observation remarquable, que les membranes séreuses s’enflannnent avec la plus grande facilité lorsqu’on les met en contact avec une membrane de même nature. C’est sur ce fait que se fonde le précepte de réunir les deux bords d’une plaie des intestins , de manière à mettre en contact les deux membranes séreuses ,
et il faut convenir que c’est là une des applications les plus ingénieuses qui aient été faites des connaissances physiologiques. Ainsi, quelle que soit la partie de l’organisme où nous étudions les membranes kysteuses , partout elles offrent les memes caractères anatomiques , pliysiologique.s et pathologiques. Reste à savoir si elles sont susceptibles d’atrophie et d’hypertrophie ; la chose n’est pas douteuse : chacun sait, en outre, que les tuniques internes des artères et des veines sont susceptibles d’inflammation et de suh-inflammation. Il y a plus , on les a quelquefois trouvé ossifiées. Mais l’ossification n’a pas lieu dans le tissu kysteux lui-même ; c’est entre lui et le tissu fibreux de la veine ou de l’artère qu’elle se rencontre, car toujours une membrane sépare le tissu ossifié du fluide qui circule dans l’intérieur du vaisseau.
Les différences qui existent dans la série animale sont peu importantes , lorsqu’on ne s’occupe pas de l’appareil vasculaire en totalité, soit par rapport à sa composition, soit sous le point de vue de sa distribution. Chez tous les animaux où se trouve cet appareil , on rencontre la membrane angéiale plus ou moins distincte du tissu sousposé. Dans les animaux supérieurs, plus la circulation est rapide, et plus la membrane propre des vaisseaux est distincte des autres , tandis qu’on
oLserve des conditions toul-à-fait opposées chez Jes animaux où la circulation se fait lentement- Enfin , dans les derniers animaux où les fluides nutritifs aient une sorte de marche déterminée, le tissu kysteux entre seul dans la composition des lacunes vasculaires , et ses caractci’es sont un peu diflférens de ceux qu’il offre dans les animaux vertébrés ; il est surtout beaucoup moins distinct.
, Du tissu séro-muqueux .
Vous vous rappelez , Messieurs , que j’avais admis une quatrième espèce de tissu kysteux, que j’avais cru pouvoir désigner par la dénomination de tissu kysteux des canaux excréteurs ; mais ayant fait de nouvelles recberebes anatomiques et microscopiques , il m’a été impossible de confirmer ce premier résultat. Il convient donc de séparer ce tissu des autres parties du système séreux , sans en revenir cependant à l’idée de Bichat , qui le considérait comme une dépendance des membranes muqueuses.
Je le définis : le tissu qui tapisse les solutions de continuité ramifiées , arborescentes , dans lesquelles s’amassent et s’écoulent les produits sécrétés de l’organisme.
La solution de continuité qu’il forme est en
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communication avec l’extéiieur , ce qui le difFe'rencie Ijeaucoup du tissu kysteux proprement dit. Outre cela, cette solution de continuité est en contact avec un produit, et non plus avec une partie fluide de l’organisme.
Enfin c’est un tissu qui est intermédiaire au tissu kysteux ou cellulo-vascùlairc intérieur et au tissu dermeux extérieur.
Mais entrons dans quelques détails.
Si vous prenez un parenchyme sécréteur quelconque , vous le trouverez essentiellement composé d’un système vasculaire afférent, qui lui porte le sang dont il extrait les matériaux du fluide qui doit être excrété, et en meme temps d’un système vasculaire efférent , lequel reçoit le sang qui a servi à la sécrétion, et qui ne peut plus servir à la nutrition du parenchyme : d’où résulte qu’il entre deux ordres de vaisseaux dans l’organisation du parenchyme de l’organe sécréteur. Au terme de leurs ramifications se trouvent les lacunes des veines et des artères, s’il faut en croire certains auteurs , et , suivant moi , le tissu cellulaire fondamental qui enti’e dans la composition de l’organe. Vient ensuite un troisième ordre de vaisseaux , qui , né dans le parenchyme celluleux de ce dernier, absolument comme les deux autres, va en réunissant ses rameaux, en se centralisant de plus en plus s’ouvrir à l’extérieur. De sorte
que nous avons là trois sortes de lacunes; les unes qui apportent le sang clans l’organe luiméme , ou qui l’emportent sans communiquer en aucune manière avec le monde extérieur , puisqu’elles ne se répandent pas à la surface de l’animal, et c|ue tout se passe dans l’intérieur de son tissu, dans ce que M. Laurent a nommé Vendère y tandis qu’un autre système lacunaire, dont l’origine se trouve dans l’intérieur du tissu de l’animal , va porter à l’extérieur les fluides destinés à être excrétés : or , comme ce dernier s’ouvre à l’une des surfaces de l’organisme , il est dans une tout autre catégorie que ce que nous avons appelé, jusqu’à présent , tissu kysteux ; de fait, en l’analysant d’une manière générale , il ne forme pas un kyste complet , mais seulement un demi-kyste. Ainsi, il nous serait absolument impossible d’appliquer à ce système vasculaire la définition que nous croyons convenir au tissu kysteux, c’est-à-dire que nous ne pourrions le considérer comme une lacune intérieure déterminée par le mouvement des fluides. En effet, ce n’est plus cela : nous avons ici un système lacunaire , qui est d’abord vasculaire par ses. ramifications d’origine, et dontl’extréuîité extérieure ressemble beaucoup à un orifice béant à la surface de nos organes. Mais à cette surface qu’avons -nous? la peau^ Sa structure nous est connue; nous savons qu’elle se compose
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des tissus dermeux , vasculaire et nerveux , du pigmentum et de répiderme, ainsi que de l’orifice des canaux excréteurs. Il y a long-temps que des anatomistes , célèbres à plus d’un titre , ont soixtenu que les canaux dont il s’agit, soit qu’ils s’ouvrent à la peau , soit qu’ils viennent s’épanouir à la surface de la muqueuse intestinale , sont du même ordre que les membranes muqueuses. S’il en est ainsi , il est évident qu’il faut retrouver dans ces canaux les diverses parties qui constituent la peau , c’est-à-dire un derme, un pigmentum, des vaisseaux, des nerfs, et surtout un épiderme, condition indispensable. Or, après des recherches multipliées , il m’a été impossible de trouver dans les canaux excréteurs tous les caractères du tissu kysteux , non plus que ceux qui appartiennent aux membranes muqueuses. Je n’ai trouvé que des conditions intermédiaires , qui me laissent penser que ces organes participent des deux tissus que je viens d’indiquer.
J’ai reconnu , en effet , un tissu fibreux qui peut être considéré comme la continuation du tissu dermeux; seulement dans la vessie, il est facile de suivre à la fois le tissu dermeux, le réseau papillaire, le réseau muqueux, et enfin un véritable épithélium, qui se prolonge plus ou moins loin dans l’intérieur de cette poche. On s’est appuyé sur cc fait , pour avancer que tous les canaux ex-
^9^ coulis DE PHYSIOLOGIE. (8)
créteurs n’étaient que des rentrées de la ineniLranc muqueuse , qui allaient se subdivisant à l’infini dans riiilérieur de l’organe, de meme qu’on avait établi à priori leur continuation avec le système artériel ; on prétendait que la peau ne se bornait pas à pénétrer dans l’intérieur du parenchyme, mais qu’elle suivait toutes les ramifications vasculaires. Cette théorie repose sur l’idée que les canaux excréteurs se continuent avec le tissu vasculaire sans aucun tissu intermédiaire ; ce qui est nnegrande erreur. J’ai vu dernièrement que si l’on prend un canal excréteur de l’m'ine, du produit de la génération ou de la bile , il est seulement en contact avec une partie plus ou moins considérable du système musculaire contractile de la vessie , de l’utérus ou de l’intestin , dont il écarte les fibres; mais dans sa composition propre on trouve un tissu véritablement fibreux , qui par conséquent peut être , jusqu’à un certain point, considéré comme l’analogue du tissu dermeux que nous avons vu aux narines se confondant avec le périoste de l’os. En dedans se remarque une seconde membrane qui appartient au système vasculaire, et qui est là sensiblement apparente. J’ai tout récemment fait de nouvelles recherches sur ce sujet, dans l’intention d’appuyer mes principes sur des faits nouveaux et positifs, et ayant comparé la membrane des canaux
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excréteurs avec celles des artères et des veines, j’ai vu quelles différaient scnsiLlemcnt, en ce que le feuillet interne des jircniiers offre un réseau vasculaire très-développé, à tel point, qu’il devient fort apparent chez le mouton ou chez le hœuf, toutes les fois qu’il y a inflammation , et qu’on y aperçoit même alors très-hien des anastomoses vasculaires. Mais, comme je l’ai déjà dit, il me fallait trouver, en outre, un épithélium ou un épiderme , ce qui m’a été impossible. Je n’ai rencontré qu’une membrane analogue au tissu fibreux ; mais moins serrée et moins luisante , caractères que nous savons être propres au tissu kysteux. Cependant la disposition de la membrane interne des canaux excréteurs n’est pas non plus complètement muqueuse, c’est-à-dire quelle n’offre pas l’apparence papillaire; seulement sa texture est moins serrée que celle du tissu séreux proprement dit : d’où je conclus que la membrane interne descanaux excréteursne peut êtreraraenéCj quant à son organisation, ni au tissu kysteux ni à celui des membranes muqueuses; mais que c’est un tissu intermédiaire , qui participe de l’un et de l’autre, sans jouir des propriétés qui appartiennent exclusivement à chacun d’eux. Il résulte encore des considérations précédentes, qu’il est impossible de ramener les canaux excréteurs à aucune des grandes catégories que nous avons précédemment admises ,
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et qu’il conviendra, par la suite, d’en faire un tissu particulier. J’avais d’autres idees à l’époque où j’ai commencé ce cours. De là vient qu’il est nécessaire de faire subir une légère modification au tableau que je vous ai proposé, et d’établir comme bien démontré , un tissu séro-mucjueux (nom par lequel j’exprime sa nature mixte), qui deviendra un élément particulier de l’organisme, et qu’on devra ranger au nombre des modifications du tissu cellulaire, base commune de ceux dont il dérive. Quanta la place qu’il devra occuper, elle se trouve tout naturellement indiquée après les enveloppes cutanée et muqueuse, et nous reviendrons ainsi à l’idée que Bicbat avait eue de considérer ce tissu comme uni aux membranes muqueuses par les l'apports les plus étroits.
Dans la discussion que je viens d’établir, j’ai fait connaître la structure anatomique et les caractères microscopiques du tissu des canaux excréteurs. Quant à ses caractères physiques , on sait qu’il présente un aspect d’un blanc sale, grisâtre, et qu’il est plus ou moins transparent, ainsi qu’on peut facilement s’en convaincre en l’étudiant dans les reins , où il est aisé de le suivre.
Ceci posé , nous avons à nous demandei' si cet élément de notre organisme diffère dans chacun des canaux excréteurs : on conçoit qu’il en doive être ainsi ; mais il est impossible de le démontrer. On a observé depuis long-temps qu’il
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il’est presqu aucun des fluides secrétés dans notre économie , qui ne détermine une prompte et vive inflammation lorsqu’on le met en contact avec d’autres parties de l’organisme, que celles où il se forme, ce qui indiquerait déjà implicitement une différence entre les canaux dont il s’agit. Il est d’ailleurs facile de concevoir que la memLrane interne qui tapisse le canal de l’uretère ne soit pas de même nature que celle qui tapisse le canal hépatique; mais il est presque impossible de constater ce fait, parce que le contact des fluides agit sur ces membranes , et lui fait subir des modifications qui s’opposent à ce c£ue l’analyse qu’on eu peut faire ait le degré d’exactitude désirable.
On conçoit également que ce tissu présente de notables différences dans la série animale ^ car on sait, en effet, que Turirie, le sperme et les autres fluides excrétés offrent des' caractères divers, selon qu’on les observe dans des classes d’animaux différentes; que, par exemple, autres sont les fluides biliaire et urinaire excrétés chez les especes qui se nourrissent de végétaux, et autres ceux des espèces qui se nourrissent de substances animales ; mais les modifications organiques qui correspondent à celles des fluides excrétés ne sont jamais assez grandes pour être facilement aperçues.
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B. Des élcmens secondaires.
Avec riiistoire des tissus kysteux et séro-muqueux, nous avons épuisé la liste des élémens anatomiques qui ne constituent que des modifications assez simples de lelément cellulaire. Nous devons maintenant passer à l’étude de ces modifications beaucoup plus profondes du tissu générateur , auxquelles nous avons donné le nom à'élémens secondaires. Ces élémens présentent ceci de particulier , qu’ils peuvent Lien s’atrophier et être réduits à leur trame fondamentale ou celluleuse, mais que jamais l’élément cellulaire ne peut se transformer en eux , comme il peut se transformer accidentellement en tissu fibreux, séreux, etc. Ils ne se changent, non plus, jamais l’un en l’autre, comme le tissu fibreux se change quelquefois en tissu osseux, etc. Ils sont, vous le savez, au nombre de deux , savoir : Vêlement contractile ou sarceux, et V élément excitant ou nerveux, et chacun d’eux se divise, ainsi que vous l’avez également vu dans notre table synoptique , en plusieurs genres et espèces.
/. Du système contractile ou sarceux.
Le système ou tissu sarceux est celui qui constitue, en grande partie, les muscles ou organes
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actifs de la locomotion. Il est surtout caractérisé par la propriété de se contracter, en d’autres termes , de se raccourcir, soit sous l’influence de la volonté, soit consécutivement à l’action de modificateurs externes.
Les anatomistes ont fait de nombreuses observations sur ce tissu , et depuis Bichat on a étudié avec beaucoup de soin ses caractères anatomiques, physiologiques , organoleptiques, microscopiques et chimiques. Mais, jusqu’à présent, toutes ces analyses n’ont pas été faites avec le soin nécessaire. On a toujours confondu le tissu sarceux avec les muscles , et ce sont choses bien différentes. Un muscle est un organe, et à ce titre^ il est composé de plusieurs élémens organiques. On y rencontre , en eSet, les tissus cellulaire, fibreux, sarceux^ et même du tissu nerveux. Eh bien ! on a tout mêlé; c’est le muscle qu’on a analysé, tandis qu’il fallait d’abord séparer ses élémens constituans, pour les étudier l’un après l’autre. C’est à cela qu’il faut rapporter l’extrême confusion qui règne dans les connaissances que nous possédons sur ce point d’anatomie, confusion qui est telle, qu’il est impossible de faire la part exacte de ce que nous savons sur le tissu sarceux et sur les autres élémens constituans dés muscles. Ici comme ailleurs , Bichat est encore notre guide , notre modèle; si quelquefois il a erré, s’il n’esi
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pas toujours possible d’adopter ses divisions et ses subdivisions, 011 trouve néanmoins dans ses écrits, le germe de tous les développemens dont l’anatomie élémentaire est susceptible.
Vous savez que le premier il eut l’idée de partager le système musculaire en deux parties, qu’il appelle l’une système musculaire de la vie organique , et l’autre système musculaire de la vie animale; il fit, en cela, une malheureuse application de l’idée plus générale qu’il professa , savoir : que la vie pouvait être partagée en animale et en organique , hypothèse abandonnée de nos jours. Je dis que c’est une fausse application ; et en effet, cette distinction ne repose pas sur la nature connue delà fihre musculaire, qui est la même en tous lieux: elle est basée sur la propriété dont jouissent certains muscles de se contracter sous l’influence de la volonté , alors que d’autres semblent y échapper. 11 faut convenir que pour celui qui, comme Bichat , bornait ses études à l’anatomie humaine , une telle subdivision pouyait avoir quelque apparence de vérité. Mais pour nous , dont les études embrassent un horizon plus étendu, elle n’est pas soutenable; car nous verrons plus loin que dans les animaux inférieurs, il est impossible de distinguer la fibre musculaire du canal intestinal de celle de l’enveloppe dermienne. Ce grand génie a commis une
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eiT'Cur plus grave, c’est d’avoir coul’ondu la fibre contractile du cœur et celle du canal intestinal : d’où résulte que les généralités qu’il présente sont entachées de tous les défauts qui déroulent d’une pareille confusion. Pour nous, nous partagerons le tissu sarceux en deux sous-espèces principales. Dans la première, nous comprendrons tout le tissu sarceux qui se trouve situé en dessous du tissu dermeux de l’animal , et qu’à cause de cela nous appellerons hjyoihécien. Dans la seconde se trouvera compris le tissu sarceux qui entre dans la profondeur de nos tissus , et qu’à ce titre nous désignerons sous la dénomination à’endérien, selon l’expression adoptée parM. Laurent de Toulon. Cette première division est trèsimportante pour l’étude de la structure générale du tissu sarceux , et pour celle des maladies qui peuvent s’y développer. La définition généi’ale que l’on peut donner de ce tissu ne saurait être tirée que de sa propriété principale de se contracter d’une manière évidente, et de produire alors un mouvement spontané , par suite d’une irritation intérieure : sa couleur, sa fibrillation, sa position dans l’organisme, et même sa composition chimique , ne sont rien moins que constans ([uand on l’étudie clans la série. Yous verrez en effet , lorsque nous analyserons les différences c|uil présente dans les animaux inférieurs, qu’il
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nous sera absolument impossible de distinguer la fibre contractile musculaire du tissu qui compose l’animal. Chez les mollusques, les actinies^ les hydres, etc., dont toutes les parties se contractent, il serait tout-à-fait impossible d’étudier la disposition générale de l’élément sarceux • et meme dans ce cas, les lumières de la chimie nous abandon-, lient, de sorte que nous ignorons si, chez ces animaux, on trouve la fibrine, que nous savons exister constamment chez les animaux supérieurs. Tant que le système sarceux est distinct , il ne se trouve que dans certaines parties de l’organisme, savoir: I® sous le tissu dermeux, avec lequel il est en connexion immédiate , tant anatomique que physiologique j il contient le tissu scléreux dans son intérieur, et c’est par lui qu’il se continue avec le tissu dermeux; 2° dans la profondeur meme de l’organisme , ou dans l’endère, c’est-à-dire dans les intervalles compris entre les enveloppes, et sans autre connexion immédiate , qu’avec le tissu cellulaire ou le tissu kysteux. C’est d’après cette considération que nous établissons deux genres ou deux tissus dans le système sarceux; le tissu hypothécien ou périérien, et le tissu sarceux endérien ou pi'ofond. Nous allons nous occuper successivement de l’un et de l’autre.
(»7) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 3o7 1° Du tissu sarceiix hypoihécien.
Le premier, que nous avons appelé' tissu sarc€ux hypothécien, tend toujours à se confondre avec la peau, dont n’est bien distinct que dans les animaux supérieurs, à tel point que dans les animaux inférieurs , il est impossible de distinguer la partie du derme qui est contractile de celle qui ne l’est pas.; c’est le cas chez beaucoup de malacozoaires et d’actinozoaires. Du reste, n’oublions pas que par tissu sarceux hypothécien , il faut entendre la partie du système sax’ceux la plus développée, qui se trouve constamment, soit au-dessous du derme, soit au-dessous de la muqueuse intestinale. Bichat, comme je vous l’ai dit^ avait partagé ce tissu en deux parties, mais il n’avait pas vu que toutes deux se continuent , de la meme manière que l’enveloppe extérieure de l’animal se continue avec l’enveloppe intérieure ; et de fait , non-seulement il occupe la même étendue que la peau extérieure, mais encore toute celle de la membrane muqueuse interne. Lorsque nous suivrons l’appareil locomoteur dans la série animale, nous en verrons successivement disparaître les parties osseuses, cartilagineuses et fibreuses, et le système sarceux persistera, tant qu’il y aura dans 1 animal une faculté locomotrice; il forme