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donc la base essentielle de cet appareil : avec des os , il nous serait facile de concevoir un appareil de protection, mais jamais un appareil de locomotion, tandis qu’avec un tissu contractile , il nous est toujours possible de concevoir que la locomotion s’effectue dans la plus grande partie de la série animale.
Dans beaucoup de cas , où le système sarceux ne s’appuie pas meme sur l’enveloppe extérieure solidifiée, il se suffit à lui-même, et la locomotion ne s’en effectue pas moins bien ; aussi ai- je pour opinion , bien qu’on ait soutenu la thèse opposée^ que ce tissu tient le système osseux sous sa dépendance. Je pense que c’est à tort qu’on a avancé que ce dernier formait à lui seul la base générale de certains organismes, tandis que, par le fait , on peut prouver le contraire , nonseulement pour les animaux inférieurs , mais encore pour ceux qui sont le plus élevés dans l’échelle, même pour l’homme.
Je crois utile à l’intelligence de ce qui doit suivi’e, d’établir deux sous-divisions du lissu sarceux hypothécien, que je désignerai, non comme Bichat l’avait fait sous les noms de tissu sarceux de la vie organique , et de tissu sarceux de la vie de relation^ mais sous ceux de tissu sarceux hypoderniien ou extérieur, et de tissu sarceux sous-mu~ (fueux.
(lo) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 3og («) Du tissu sarceux hypodermien.
Ce tissu se rencontre immédiatement sous la peau; il ûiit essentiellement partie de l’appareil de la locomotion.
Caractères physiques. Chez les animaux supérieurs , où il se présente au summum de développement, il offre constamment une couleur rouge assez vive , quelquefois jaunâtre et même noirâtre. Il est des poissons dont quelques muscles du rachis offrent une teinte un peu brune, tandis que le reste est blanc ou rougeâtre. Cette coloration est due indubitablement au sang qui imprègne la fibre musculaire ; car cette dernière ne se colore ainsi que chez les individus avancés en âge , et par elle-même la fibre musculaire est plutôt jaunâtre que rouge. Chez plusieurs animaux articulés , elle offre une teinte comme métallique ; chez les insectes hexapodes , elle ressemble assez à de la soie , tant elle est luisante. En général , elle est molle; car si vous enlevez le tissu cellulaire qui y est mêlé, il est aussi facile de la déchirer que de séparer la fribrine qui entre dans la composition du sang. Elle est peu élastique, surtout comparativement à la fibrine, que nous avons vu jouir de cette propriété à peu près au même degré que le caoutchouc. C’est un fait parfaitement connu, que dans les contrac-
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lions musculaires, pendant qu’un muscle agit sur une extrémité, les muscles antagonistes sont plus ou moins tiraillés. Cetle extensibilité ne va pourtant pas très-loin , puisque les muscles se déchirent avec facilité lorsqu’ils ont été, pour ainsi dire, surpris sans avoir eu le temps de se contracter. Dans le cas contraire, la puissance de contraction est si forte , qu’elle s’oppose à toute espèce de rupture.
La rétractilité de ce tissu est évidente ; c’est-àdire que, lorsqu’on coupe un muscle^ même sur le cadavre , pourvu que ce muscle soit frais , ses deux bouts s’écartent d’une manière sensible , phénomène qu’on ne saurait rapporter qu’à la partie sarceuse de l’organe , et seulement à elle , puisque nous savons que le tissu cellulaire ne jouit pas de la propriété de se rétracter de luimême , et qu’il ne se condense un peu que sous l’influence d’une irritation actuelle. La densité de l’élément qui nous occupe varie selon les âges, et à ce qu’il paraît, suivant que l’influence nerveuse est plus ou moins grande. Lorsqu’elle augmente , il est d’ohservation que la fibre contractile devient plus dure et plus serrée; la densité étant toujours proportionnelle à l’augmentation du nombre des molécules dans un même volume.
Le tissu sarceux est sensiblement hygrométrique, et conducteur du calorique. Il jouit, en
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outre, de la propriété d’éprouver une modification particulière sous l’influence de l’électricité, propriété que quelques auteurs ont également attribuée ù la fibrine du sang. Cette dernière offre, en effet, c[uelque chose d’analogue; mais pourtant ce n’est point une contractilité véritable.
Caractères anatomiques et microscopiques. Si maintenant on étudie anatomiquement la fibre sarceuse, on voit que constamment elle est enveloppée de tissu cellulaire^ et que c’est par son intermédiaire qu’elle se continue avec le tissu fibreux qui occupe les deux extrémités de tout muscle. On rencontre aussi un certain nombre de vaisseaux plus ou moins distincts, selon les muscles qu’on observe; et pour n’en citer qu’un exemple, il y en a surtout de très-visibles dans les muscles moyen et petit fessier. Si donc, faisant abstraction de tous ces élémens constituans d’un muscle qui ne sont pas du tissu scléreux , nous examinons la fibre contractile anatomiquement, en nous aidant du secours des instrumens grossissans nous verrons que les auteurs qui s-’en sont occupés , ont beaucoup varié, lorsqu’il s’est agi de déterminer sa nature. Les uns ont voulu qu’elle fût composée d’une série de globules ; ceux-ci de tubes , ceux-là de vésicules; d’autres ont soutenu que c’était un filament renflé, serré, ou articulé d’espace en espace; suivant d’autres encore , la fibre sarceuse con-
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sisterait en un tube creux , qui contiendrait du sang. En somme, la question de savoir quelle est la nature de la fibre sarceuse a toujours été résolue d’après les théories que les auteurs avaient adoptées sur la contractilité musculaire. Dans ces derniers temps, on a renouvelé l’hypothèse de Prochaske , qui en fait un ruhan moiré. On a même été jusqu’à indiquer comment les filets nerveux viennent à chacun des angles former une espèce de cercle électro-dynamique. Pour pénétrer la véritable structure anatomique du tissu sarceux , il ne faut pas se boimer à l’examiner à l’œil nu , mais il faut l’étudier au microscope, et alors on est forcé d’en revenir à l’idée de Fontana, rétablie dans ces derniers temps par plusieurs personnes , et qui consiste à regarder l’élément dont il s’agit comme disposé en filamens cylindriques. On voit alors que la fibre sarceuse offre toutes les apparences d’un morceau de gélatine, dont elle a l’homogénéité et la densité; mais fine fibre semblable est obligée de s’envelopper d’un tissu cellulaire fibrilliforme; de sorte que je penche à croire que j’ai eu raison d’avancer anciennement que le faisceau musculaire lui-même est composé de tissu sarceux , déposé dans une maille très-alongée, formée parle tissu cellulaire. Du reste, la longueur des cylindres sarceux est toujours proportionnelle à la longueur de la fihre propre-^
(a3) r.OMPOSITlON INTIMK DKS ANIMAUX. 3l3 ment dite, et clans les muscles , rensemble de ces fibres affecte la forme serpentante. Voilà ce qu’on observe chez les jeunes sujets ; mais chez les adultes et les vieillards, c’estunpeu différent. Le tissu cellidaire y est plus distinct , par conséquent plus serré et plus dur ; tandis que chez l’animal qui n’est pas encore sorti du sein de sa mère , ce même tissu cellulaire est encore à l’état muqueux. Il résulte de tout ce c[ui précède, que la fibre musculaire peut être considérée comme le résultat d’une maille celluleuse très-alongée, dans làcjuelle se dépose cette espèce de matière grise, qui deviendra contractile sous l’influence d’un irritant extérieur, et même consécutivement à une détermination volontaire^ fai t absolument inexplicable dans l’état actuel de nos connaissances. Les fibres dont il s'agit ne forment donc point un réseau , ainsi qu’on l’a prétendu , mais elles forment une suite de filamens revêtus d’un tissu cellulaire, qui finit par se convertir en tissu fibreux. Le tissu cellulaire qui enveloppe l’élément sarceux, en s’anastomosant avec le tissu cellulaire environnant , va former, autour de tout muscle, ces espèces d’enveloppes qui l’isolent de toutes parts , et à ses extrémités le tendon , ou le tissu fibreux qui se continue à son tour avec le périoste. Il faut admettre, avec Bichat, que la fibre contractile proprement dite est formée de fibres assez longues, etque tandis
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que le muscle, vu dans sa tolalilé, est très-long, en raison de letendue de ses tendons , les fibres musculaires peuvent être très-courtes. Telle est la véritable disposition de la libre musculaire et des muscles eux-mêmes ; et sur ce point je me trouve non-seulement d’accord avec Fontana, dont l’autorité sera toujours respectable, mais encore avec MM. Hodgkins et Lister, aux observations desquels je suis d’autant plus porté à ajouter foi , que, sans avoir consulté d’avance leurs ouvrages, je me suis trouvé d’avoir vu comme eux : j’espère même que celte manière d’envisager la texture organique de la fibre sarceuse nous permettra de pénétrer plusavant qu’on ne l’a fait jusqu’ici dans le phénomène si mal connu de la contraction musculaire.
(11 est superflu de répéter que dans tout muscle on trouve des rameaux nerveux et tous les élémens anatomiques qui constituent des organes. Lorsque , plus tard , nous étudierons les parenchymes, le parenchyme musculaire sera, comme tous les autres, l’objet de nos observations. G’esi alors que nous combinerons deux à deux , trois à trois, etc., tous les élémens anatomiques qui nous occupent, et qu’ainsi nous constituerons les parenchymes , c’est-à-dire , les produits de tous ces élémens , afin d’arriver à la connaissancedes phénomènes dont ils sont susceptibles.)
C’est en étudiant les produits exhalés dans l’in-
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léricur de ce tissu que nous arriverons , je l’espère , à vous dire quelque chose de positif’ sur les formes qu’il revêt dans le moment de la contraction, fait important sur lequel je suis bien aise de fixer votre attention. A quoi tient , en effet , la disposition en chapelet attribuée à la fibre musculaire contractée? aux produits qui en sont exhalés. Si, en effet, vous prenez le muscle d’un jeune animal , et qu’après l’avoir préparé , vous le mettiez sous le microscope , en éclairant en dessous , vous aurez des points moins éclairés que d’autres , dont vous formerez des globules. Pour peu que vous tiriez ses fibres d.ans une certaine direction , vous aurez une sorte d’apparence globulaire , d’où vous conclurez à l’existence des globules ; mais si vous éclairez en dessus , je défie qui que ce soit d’apercevoir rien qui ait cette forme; seulement vous rencontrerez par intervalle trop de densité, pour que la lumière traverse , tandis qu’elle se[ fera jour partout où la densité sera moindre : d’où je conclus que la forme globulaire est simplement due à la déposition des produits exhalés, probablement du sang , ainsi qu’il est facile de le concevoir , vu l’énorme quantité de ce liquide qui est nécessaire à la nutrition d’un muscle.
Caractères chimiques. Tout ce que j’ai à dire des caractères chimiques du tissu sarceux, ne
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peut être parfaitement exact, parce qu’il est impossible de séparer complètement la fibre sarceuse de la gaine cellulaire qui lui sert d’enveloppe. Ou sait seulement que cette fibre n’est ni acide, ni alcaline ; que lorsqu’on expose à l’air un muscle découpé en tranches mince, il se dessèche promptement, et se transforme en une sorte de membrane plus ou moins cassante , suivant la préparation qu’on lui a fait subir. Mais de même que d’après les observations de M. Chevreul, le tendons, le tissu jaune élastique desséchés à l’air et au feu peuvent reprendre leur forme primitive, si on les plonge dans un liquide convenable. On on a égalemont observé que des fibres musculaires recouvraient très-promptement, en reprenant leur eau de composition, les propriétés dont elles jouissaient antérieurement à leur dessication. Exposée à l’humidité, cette fibre se putréfie facilement, et prend une couleur verte , fait que je crois l’esté sans explication. 11 serait pourtant important de savoir pourquoi la fibre musculaire , je ne parle plus ici de la fibre sarceuse, se colore en vert sur le cadavre, et acquiert une odeur qui lui est particulière.
Traitée par l’eau froide , la fibre musculaire perd une très-grande partie de sa couleur, et une certaine quantité d’albumine et de gélatine; si l’on agit sur elle à l’aide de l’eau bouillante , on en
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extrait de la gélatine, de l’albumine et de l’osinazône; et il reste un tissu blanc fibreux, grisâtre, insoluble dans l’eau chaude, c’est-à-dire la fibrine qui constitue la partie essentielle du muscle. Quelque soin que l’on mette à analyser cette substance, on arrive à des résultats peusatisfaisans , ce qui est dû sans aucun doute, à ce que l’analyse porte aussi bien sur les vaisseaux et les nerfs qui entrent dans la composition du muscle analysé , que sur la fibre nerveuse elle-même. Quoi qu’il en soit , on y trouve une certaine quantité de fibrine et de l’osmazône, à laquelle on arapporté cette saveur agréable que jirend le bouillon de btæuf. Cependant n’oublions pas que plusieurs auteurs ont nié l’existence de l’osmazône. On trouve, en outre, toujours d’après les analyses déjà faites, et qui portent sur la libre musculaire et non pas sur la fibre sarceuse isolément considérée , une matière colorante particulière, qui offre les caractères de l’iiématosine. De plus, M. Berzelius pense qu’il y a de l’acide lactique. A tous ces principes constituans , il faut ajouter les sels ordinaires, tels que le phosphate de chaux, le phosphate d’ammoniaque, etc. ; en un mot, tous ceux que déjà nous avons rencontrés , dans tous les liquides et dans tous les solides organiques. Enfin, quelques auteurs veulent qu’il y ait une certaine quantité de soufre. Mais comme il n’est point libre, et
que constamment il se rencontre à 1 état de combinaison avec l’albumine, il appartient en propre à celle-ci, qui est reconnue par les chimistes pour être une sul stance sui generis combinée avec une certaine quantité de soufre. Nous reviendrons sur ce point lorsque nous traiterons des produits immédiats de l’organisation , et c’est alors que nous chercherons à apprécier la valeur des lumières empruntées à la chimie.
Caractères organoleptiques . La fibre musculaire a une saveur particulière , et une odeur animale, dont la force est en rapport avec le sexe de l’animal ; elle est sans action sur nos tissus, d’une digestion très-facile, puisqu’elle forme la base de la nourriture de l’espèce humaine, et est nutritive au plus haut degré. Bichat se demande si la fibre musculaire doit à l’azote qu’elle contient ses propriétés nutritives : cela n’est pas probalile. Nous savons , en effet, que les bœufs qui se nourrissent exclusivement d’herbe , aliment qui ne contient pas de quantité appréciable d’azote ont des muscles qui en contiennent tout autant que ceux des carnassiers qui se nourrissent des substances les plus azotées.
Propriétés vitales. Elles sont dignes de tout notre intérêt , puisqu’on peut dire que ce sont elles qui distinguent la fibre sarceuse de tontes les autres. Vous vous rappellerez, sans doute, les
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discussions qui , au siècle dernier , s’élevèrent relativement à V irritabilité de Haller , qui prétendait que la fibre musculaire pouvait se contracter d’elle-mémc , sans aucune participation de l’innervation. Ce n’est pas ici le lieu d’aborder cette question, qui viendra à son tour. Observons seulement que la fibre dont nous parlons est éminemment irritable ; mais il faut s’entendre sur la valeur du mot irritation. Pour moi, je pense qu’elle ne consiste en rien autre chose que dans la manifestation d’un mouvement quelconque. Si l’on veut aller plus loin , je défie de savoir ce que c’est que l’irritation. Ainsi , vous avez une fibre d’une longueur déterminée, vivante ou non : vous la touchez avec un irritant extérieur, tel que la pointe d’une aiguille , un acide, un sel, la pile galvanique, ou même vous la soumettez à l’influence delà volonté ; cette fibre, qui est irritable, change aussitôt de forme; elle se contracte, c’est-à-dire qu’elle diminue en longueur pour augmenter en largeur. Voilà le phénomène réduit à sa plus simple expression , et ainsi analysé , il n’est pas une fibre de l’organisme , à moins qu’elle ne soit enci’oûtée de phosphate de chaux, qui ne soit irritable. Mais dans ce cas , pas plus que dans les autres, il ne peut y avoir pénétration de la matière; c’est là ce qu’on appelle le phénomène de la contraction , d’où l’on a induit la faculté appelée con-
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traclilitë. Celte dernière est mise eu jeu, tantôt par uneorps irritant, tel cju’un aeidc, unaleali, lecaloritjue, l’air atmosphérique, le fluide électrique, et il suffit que l’un des modificateurs soit en contact avec la fibre musculaire , pour qu’aussitôt elle se contracte en vertu delà propriété dont elle jouit. Mais cette fibre est , comme chacun sait , unie par les rapports les plus étroits avec un tissu particulier, que nous connaîtrons bientôt sous le nom de tissu nerveux.
L’irritation communiquée par l’intermédiaire du tissu nerveux peut être due à deux espèces d’irritans : d’une part, à l’électricité que vous pouvez faire pénétrer dans les nerfs, et d’autre part, à l’irritant, tout aussi puissant , et bien plus inconnu, de la volonté. Si vous détruisez la communication qui existe entre le tissu nerveux où se trouve le substratum de la volonté , et nos organes , vous y pouvez suppléer par l’emploi de la pile galvanique. Dans ce cas, la célèbre discussion de Haller n’est plus qu’une dispute de mots.
Vous savez aussi qu’on a essayé de séparer la contractilité de l’irritabilité ; vaine distinction, ainsi que vous l’avez pu voir , qui s’explique parle fait que je vous citais tout à l’heure : c’est qu’à l’aide d’un agent extérieur, on peut suppléer à l’action volontaire. Ainsi , la contraction propre h la fibre musculaire n’est autre chose que l’exa-
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fiération d’une propriété dont jouissent tous les corps organisés, de se contracter sous l’influence d’un irritant quelconque; et le mot irritabilité n’est là que pour désigner la faculté que possède la fibre musculaire. 11 vous devient alors facile de concevoir la distinction établie par Bichat , entre les coiitractiUtés organiques sensible et insensible , qui , pour se produire au dehors , ont besoin toutes deux de l’intervention du système nerveux , sans participation de la volonté ; et la contractililé animale , proprement dite, qui appartient exclusivement à la volonté, et se manifeste sous son influence. Si de là nous passons à la faculté animale, désignée sous la dénomination de sensibilité , nous avouerons c[ue nous la considérons comme étant lout-à-fait inabordable ; nous ne connaissons , parmi les phénomènes de la nature, rien qu’on puisse lui comparer , tandis que nous pouvons entrevoir jusqu’à un certain point ce que peut être la volonté considérée comme irritant. Quoi qu’il en soit, au reste, de la nature de la sensibilité , on admet généralement c[ue la fibre musculaire en est complètement dépourvue. On sait que , dans les amputations , tant qu’un filet nerveux n’est pas intéressé, le malade voit couper le membre qu’il doit perdre , sans donner aucun signe de douleur. Cependant on admet
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l’existence d’un autre caractère particulier, auquel je vous prie de prêter attention , en ce qu’il se rattache de très- près à la séméiotique ; c’est que chaque tissu fait éprouver un genre de douleur qui lui est particulier. Il n’est pas de tissu distinct, pas de sous-genre et de sous-espèce de tissu, qui ne fasse ressentir une douleur particulière, qu’il est impossible de définir , bien que chacun de nous l'ait éprouvée, et puisse 'se la représenter avec plus ou moins de facilité.
Une autre question non moins importante est celle qui consiste à savoir si le tissu qui nous occupe est susceptible d’inflammation. Quelques auteurs soutiennent cette thèse. Mais parmi eux , les uns ont analysé le phénomène d’une manière plus complète que les autres, en ce qu’ils ont distingué les tissus nerveux, vasculaire, etc., dans leurs analyses. Dès-lors, ils ont pu voir que le tissu sarceux , surtout s’il n’est qu’une matière déposée , n’est pas susceptible de s’enflammer , mais que les phénomènes d’inflammation observés dans les muscles doivent être rapportés à la phlogose du tissu cellulo-vasculaire , dans les mailles duquel se dépose la matière sarceuse.
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