‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 49 sur 58 · TOME li · texte numérisé non relu

TOME li

péramens , les races et les circonstances hygiéniques, sont lout-à-fait inconnues.

Mais il n’en est pas tout-à-fait de même des différences pathologiques. Et d’abord , il est positif que le tissu nerveux est susceptible, soit d’augmentation, ou d’hypertrophie, tant partielle que totale, soit d’atrophie. On le trouve fréquemment dans ce dernier état, qui, le plus ordinairement, résulte d’une compression exercée sur lui par un liquide (i), par les tissus amhians, etc. Quelques personnes m’ont assuré qu’on rencontre des cas où le cerveau ne remplit pas complètement la cavité du crâne, et où il y a un intervalle vide entre lui et la partie de l’arachnoïde qui tapisse la dure-mère; je n’ai jamais vu défait semblable, et je doute qu’il en existe réellement. On cite bien le cas d’un homme qui ayant fait des tentatives pour s’assommer contre une muraille,

(i) M. Blasius a avancé dernièrement que les hydropisiessont le résultat d’une altération particulière de la nutrition, et qu’elles ont lieu aux dépens de l’accroissement ou de l’entretien des organes qu’on trouve atrophiés dans les endroits qu’elles occupent; il nie, par conséquent, que la cause de cette atrophie soit la compression exercée par le liquide accumulé , tout en avouant que celle-ci peut y contribuer secon.lalrement. L’auteur de cette théorie pathogénique se fonde surtout sur ce qu’il crolts’étre assuré que dans les cas d’hydrocéphale, le cerveau présente les formes normales des degrés inférieurs de son développement, ce qui prouve , à son avis , qu’Uy a eu arrêt de nutrition , et non refoulement de cet organe.

offrit, après sa mort, un cerveau, qui, dit-on, ne touchait pas aux parois de la boîte osseuse. Mais les observateurs de ce cas ne se sont-ils pas fait illusion?

M. Desmoulins a démontré que dans les maladies de l'intelligence , le tissu des hémisphères cérébraux est altéré dans sa densité. On a dit aussi que quelques-unes de ses maladies avaient pour cause quelque altération de la matière grise, tandis que d’autres proviendraient de changemens pathologiques survenus dans la blanche. Mais je pense qu’il faut encore suspendre tout, jugement décisif sur la vérité de ces assertions, car elles sont très-controversées , et la confiance que peuvent mériter les observations deM. Pinel fils, sur l’induration du cerveau, n’est pas encore bien déterminée. Toutefois , il reste , ce me semble, parfaitement démo n tré, qu’il y a des al térations dans la consistance des diverses parties du cerveau, dans beaucoup de cas de maladies mentales.

On a parlé de transformations du tissu nerveux cérébral ; Laënnec et plusieurs anatomopathologistes en ont cite'" des exemples. Mais vous savez ce que sont ces prétendues transformations d’organes ; de simples dépôts de produits normaux ou anormaux.

L’état inflammatoire, dont autrefois on croyait exempt le tissu qui nous occupe, s’y obseive

COUKS DE PHYSIOLOGIE.

bien réellement. C’est nécessairement dans la trame celluleuse , et dans le système vasculaire (les ganglions pulpeux que cet état morbide a son siège. Quant à la suppuration de la substance des ganglions pulpeux^ je ne voudrais pas en nier la possibilité , mais je doute qu’on l’ait jamais réellement observée. Non-seulement le pus qu’on a trouvé dans le ceiveau provenait, quand il était véritable , de la séreuse qui enveloppe cet organe , mais de plus, il m’a paru que le produit ' qui se dépose quelquefois au-dessous de la piemère , et qu’on a regardé comme du pus , n’en est pas véritablement; je ne puis voir jusqu’à présent dans cette matière que le résultat d’une altération de la sécrétion de la neurine, qu’une modification pathologique de celle-ci.

Quant à la transformation osseuse du tissu nerveux pulpeux , dont on a cité des exemples , je . ne puis l’admettre. Je pense, et je crois pouvoir donner comme chose certaine , qu’on a pris des exostoses pour des ossifications cérébrales. Il existe, en effet, souvent des tumeurs de ce genre à la base du crâne , chez l’homme et chez quelques ruminans , notamment chez le bœuf ; j’en ai vu une chez un mouton. Or, comme ces excroissances acquièrent quelquefois beaucoup de volume , et l’efoulent plus ou moins le tissu encéphalique , dont elles prennent la place, on a

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pu, faute d’avoir analysé la chose avec assez d’attention, on a pu, dis-je, méconnaître en elles des exostoses , et croire qu’on avait à faire à des transformations osseuses du cerveau.

Observe- t- on de véritables tubercules dans les ganglions qui nous occupent ? J’éleverai aussi des doutes à cet égard , malgré les assertions des anatomo-pathologistes. En attendant que nous arrivions à Tbistoire des tubercules , que je range au nombre des produits anormaux, et qui ne sont nullement pour moi des transformations, je vous ferai remarquer que ces petits corps se montrent principalement dans les ganglions lymphatiques, soit aux poumons , soit dans l’abdomen , et que comme on s’accorde généralement à ne pas admettre de système lymphatique dans les organes nerveux , il y a déjà, par cela même, d’assez fortes raisons de présumer que les tubercules ne se développent pas non plus dans ceux-ci. D’ailleurs, je vois que les auteurs qui professent l’opinion contraire, nous disent qu’il y a continuité de substance entre le tubercule et le tissu nerveux, la trame celluleuse et les vaisseaux du second pouvant être suivis dans le premier; celait me suffirait pour ne pas être de l’avis de ces auteurs, puisque dans tout lé reste du corps, les tuber-

3qo cours de physiologie. (6i

cules se montrent comme des petits amas d’une substance morbide , déposés chacun dans une maille du tissu cellulaire, et sans connexion avec lui. Je crois qu’on a pris pour de la matière tuberculeuse, un produit crétacé répandu dans les cellules de ce dernier tissu.

Différences dans la série animale. On n’a fait l’étude comparative des ganglions nerveux pulpeux chez les divers groupes de la série que sous le point de vue de la forme , de la proportion et du nombre de ces masses j mais leur structure a été complètement négligée, si ce n’est chez les mammifères , au tissu nerveux desquels se rapporte tout ce que nous venons de dire.

Si vous comparez l’encéphale du singe, celui des ruminans , celui des carnassiers soit entr’eux, soit avec celui de l’homme , vous ne trouverez de différences notables que par rapport à la forme et au développement proportionnel des diveres parties de cet appareil nerveux j quant à son tissu envisagé en lui-même, il ne présente pas de modifications remarquables.

Chez les oiseaux , vous pourrez remarquer que la substance pulpeuse grise est proportionnellement plus abondante que chez les mammifèi'es ; elle l’est davantage encore chez les reptdes et les amphibiens , et surtout chez les poissons j en

même temps la consistance pulpeuse se prononce de plus en plus; elle parvient à son maximum chez les poissons cartilagineux.

Chez les entoniozoaires , le tissu qui constitue les ganglions nerveux est moins pulpeux que chez les animaux supérieurs ; ce qui n’empêche pas que ces ganglions , disposés en série symétrique, d’abord au-dessus de la bouche, puis au-dessous du canal intestinal, ne correspondent incontestablement à la division du système nerveux que nous étudions maintenant , c’est-à-dire aux ganglions de la vie animale ; ce ne sont certainement pas, comme l’ont cru beaucoup d’auteurs, les analogues de ceux de la vie organique. On ne trouve plus chez les animaux articulés qu’une seule substance blanche, toujours plus consistante dans les ganglions de la locomotion ( ceux qui forment une chaîne de l’œsophage à l’anus , au-dessous du canal alimentaire), que dans ceux qui*, placés au-dessus de la bouche , sont les centres des sensations spéciales; les premiers ont la densité de nos ganglions intervertébraux, dont ils sont, au reste , tout-à-fait les analogues.

Chez les malacozoaires ganglionaire pulpeux des fonctions sensoriales consiste en une petite masse placée à la partie supérieure de l’œsophage , très-peu prononcée , et remplacée même par un simple cordon Iransvcrse dans les der-

niers groupes , assez remarquable , au contraire , dans les céphalopodes , notamment chez les seiches , où elle se trouve protégée par des enveloppes fibreuses, et par une sorte de crâne cartilagineux. Ce petit organe, qu’on nomme le cerveau , est assez pulpeux dans quelques espèces, et plus ou moins dense chez d’autres. Son tissu est tantôt blanc et tantôt gris, mais jamais il ne réunit les substances nerveuses dans la même espèce de mollusque.

Il n’existe pour la locomotion, dans cette classe d’invertébrés , qu’un ou deux gros ganglions placés , non plus sous le conduit alimentaire , mais sur les parties latérales du corps. Le tissu de ces centres nerveux est plus consistant que celui du ganglion cérébral.

Chez les actinozoaires , je n’ai rien aperçu qui ressemblât à du tissu pulpeux; tout ce que je crois avoir reconnu d’organes nerveux chez ces animaux me semble appartenir au tissu némertaire, dont nous parlerons dans un moment.

(Ji) Du tissu nerveux ganglio nuire non pulpeux , ou de la vie

organique.

La seconde espèce de tissu nerveux ganglionaire constitue de petites masses , des renflemens de diverses formes et de diverses grosseurs, tou-

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jours placés dans la profondeur de l’organisme, et immédiatement en rapport, non plus comme les précédens avec des enveloppes membraneuses, mais simplement avec le tissu cellulaire. Parmi ces ganglions , les uns, ceux qui président réellement aux fonctions de nutrition, et qui méritent seuls le nom de ganglions de la vie organique, sont répandus sans symétrie dans l’intérieur du corps, plus ou moins près des organes qu’ils animent; on en trouve à la tête, au cou, dans le thorax , dans l’abdomen ; d’autres forment , à l’aide des filets nerveux qui les font communiquer entr’eux, une double chaîne qui s’étend dans chaque moitié latérale de l’animal, depuis la tête à l’extrémité j30Stérieure du tronc , où les deux chaînes s’anastomosent ensemble. Cette seconde catégorie compose avec les nerfs correspondansle principal lien symphatique des diverses parties de l’organisme; c’est un système nerveux ipii mérite véritablement l’épithète de sympathique, qu’on avait donnée à tort à l’ensemble des ganglions non pulpeux.

Caractères anatomiques. Le tissu des ganglions dont il s’agit, n’est autre chose qu’un entrelacement de filets nerveux; en d’autres termes , ces ganglions ne sont que des plexus nerveux, comme les ganglions lymphatiques ne sont que des plexus de vaisseaux lymphatiques , ainsi que le

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démontrent parfaitement les injections. Je suis certain que s’il était possible d’injecter les premiei’s commeon injectelesseconds, on retrouverait l’analogie de structure que j’admets entr’eux. Au reste, on peut démontrer, sans le secours de l’injection , la structure filamenteuse etplexiforrne des petites masses en question , car cette disposition est évidente pour quelques-unes d’entr’elles , et il suffit d’un peu d’attention pour se convaincre qu’entre le ganglion semi-lunaire , où cette structure est si manifeste^ et les ganglions plus petits du nerf grand sympathique , il n’y a de différence que dans le degré de l’entrelacement, et de l’union des filets anastomosés. Ainsi , le seul rapport qu’aient ces renflemens avec les ganglions pulpeux est leur forme grossière plus ou moins arrondie : ils sont d’ailleurs plus ou moins rougeâtres , et entourés d’un tissu cellulaire condensé et de consistance presque fibreuse.

Les caractères chimiques des ganglions non pulpeux nous sont encore inconnus; mais, d’après ce que nous venons de dire , ils ne doivent pas différer de ceux des nerfs.

Caractères vitaux. Ces petits organes paraissent être complètement privés de sensibilité dans leur état normal. Quelques per’sonnes ont prétendu qu’on pouvait déterminer de la douleur en les tii’aillant; mais il m’est souvent arrivé, en faisant des

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expériences physiologiques sur des chiens vivans, rie déchirer quelqu’un des ganglions de la vie organique , et jamais je n’ai observé que l’animal sentît cette lacération. La contractilité est aussi étrangère à ce tissu ganglionaire qu’au précédent. Dureste , chacune des masses qu’il compose jouit d’un mode de vitalité qui se manifeste par les fonctions qu’elle est appelée à remplir, et comme ces fonctions ne sont pas partout les mêmes , on peut dire que les ganglions non pulpeux ont, ainsi que les autres, des propriétés vitales un peu diverses. Ainsi, celles des ganglions du grand sympathique ne seront pas les mêmes que celles des ganglions qui président à la nutrition , etc.

Les différences qu’on peut observer dans le tissu ganglionaire non pulpeux , selon les parties de V organisme , se réduisent à ce que sa texture est plus ou moins serrée , et à ce qu’il est plus facile de reconnaître des plexus dans certains ganglions que dans d’autres.

Les différences selon les âges n’ont pas été étudiées jusqu’à présent; elles sont digues d’attirer l’attention des anatomistes. On a cependant remarqué depuis long-temps que les ganglions nerveux sont proportionnellement plus gros, plus distendus, plus rouges, dans le jeune âge que dans l’âge avancé.

Nous ne connaissons pas davantage les modi-

fi cations qui résultent pour le tissu dont il s’agit, des sexes) des tempéramens ^ des races et des circonstances hygiéniques.

Peut-être en devons-nous dire autant de ses ^différences dans l’état pathologique. Cependant il paraît être susceptible de s’enflammer , et l’on a dit récemment qu’il était sujet à une altération particulière , qui était la cause de beaucoup de fièvres intermittentes. Mais cette idée est encore toute hypothétique , et nous manquons de travaux positifs sur les maladies des ganglions nerveux non pulpeux.

Différences dans la série. Les modifications que subit le système des ganglions nerveux non pulpeux n’ont guère été étudiées jusqu’à ce jour qu’en ce qui concerne son anatomie topographique. Nous ne savons pas bien quels cbangemens la dégradation de l’organisme apporte à l’état du tissu ganglionaire lui-méme , et ce sont néanmoins ces cbangemens qui ont surtout droit à notre attention dans ce moment. Quant aux modifications du premier genre , je vous dirai qu’on voit les ganglions non pulpeux diminuer en nombre et en évidence à mesure qu’on descend dans la série ; ainsi , c’est justement le contraire de ce C£u’ont établi plusieurs auteurs d’anatomie ou de physiologie spéculatives qui ont admis que le système nerveux sympathique ou

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de la vie organique devient de plus en plus prédominant, à mesure qu’on descend l’échelle animale, au point qu’il finirait, selon eu.v, par former à lui seul tout le système nerveux.

Chez \es ostéozoaires , où l’on rencontre à la fois ceux du grand sympathique et ceux de la nutrition (ou les ganglions viscéraux ) , nous remarquons que les premiers deviennent d’autant moins distincts, qu’on se rapproche des classes inférieures. Ils le sont parfaitement dans les mammifères, mais déjà moins dans les oiseaux. Les reptiles , et notamment les tortues, nous présentent un système sympathique tout aussi développé que celui des oiseaux. Mais dans les amphibiens , et surtout dans les poissons , ce système est trèsdifficile à démontrer, et à distinguer des ganglions pulpeux intervertébraux. On voit très-bien les ganglions de la nutrition chez tous les.ostéozoaires.

Si nous passons aux invertébrés , nous trouvons qu’ils sont vraisemblablement tous dépourvus du système grand sympathique. Quant aux ganglions viscéraux , chez les enlomozoaires , ils sont peu évidens , et je ne vois que l’analogue du semi-lunaire dont on puisse démontrer l’existence d’une manière un peu certaine.

Il existe un ganglion semi-lunaire chez quelques malacozoaires , par exemple, dans les hé-

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lices , les apljsies , qui présentent également un nouveau ganglion viscéral pour l’appareil de la génération.

Quant aux actinozoaires et à tous les autres animaux inférieurs , nous avons déjà vu qu’on ne pouvait y découvrir que des filets nerveux; on n’y distingue ni ganglions du grand sympathique ni ganglions viscéraux. Nous pouvons à priori, rejeter l’existence des premiers , partout où l’homogénéité de l’organisme , et la spécialité à peine ébauchée ou tout-à-fait nulle de ses diverses parties excluent la nécessité d’un lien physiologique , dont le seul but paraît être d’établir l’harmonie entre des organes chargés de fonctions différentes.

2“ Du tissu nerveux némertaire.

Pour terminer ce que nous avons à dire au sujet des élémens de l’organisme , il nous reste à parler du second genre de tissu nerveux , de celui qui constitue, lion plus des masses renflées, mais des cordons , et qui sert à établir la communication des ganglions , soit entr’eux, soit avec les autres organes du corps. C’est au moyen de ces cordons, connus sous le nom de net'fs , que se transmettent au centre nerveux les impressions sensoriales produites à la circonférence du corps

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ctdans les organes , et que l’excitation parvient de ces memes centres à tout l’organisme. Les nerfs , comme vous le savez , forment des espèces d’ar- Lres implantés par continuité de substance dans les ganglions, et dont les ramifications, quelquefois réellement anastomosées , se distribuent en s’irradiant dans tous nos organes, où les derniers finissent par se perdre et par se confondre avec le tissu cellulaire qui leur sert de trame. Ces ramifications se distinguent par leur fixité et par la régularité de leur distribution , et ditfèrent bien en cela des i-amifications vasculaires qui sont si inconstantes et si irrégulières.

Il n’y a pas un nerf chez l’bomme et chez les animaux vertébrés qui n’ait, dans tousles individus de la même espèce, constamment la même' origine , la même direction , la même terminaison. Bien plus, les mêmes nerfs se retrouvent cbez tous les ostéozoaires avec une origine, une direction, une terminaison semblables; il n’y a de différence, à cet égard, que celles qui résultent de l’absence de certaines parties. Ainsi, quand les appendices ou membres postérieurs disparaissent , les nerfs qui leur sont destinés manquent aussi , et il n’y a plus de plexus sacré , ni de nerfs lombaires ; l’absence des membres antérieurs entraîne des conséquences analogues.

On a beaucoup agité la question de savoir si le

4oO COURS DE PHYSIOLOGIE. (ifi)

tissu nerveux néraertaire était , quant à son existence et à sescléveloppemens , dans la dépendance du tissu ganglionaire , s’il prenait racine dans les ganglions , question qui se rattache à celle plus générale de l’ordre dans lequel apparaissent les diverses parties du système nerveux. Les uns veulent que le développement de ce système se fasse de la périphérie au centre; d’autres pensent qu’il a lieu du centre à la périphérie. Nous verrons plus tard s’il est possible de se décider positivement pour l’une ou pour l’autre de ces opinions. Nous ne nous prononcerons donc pas non plus maintenant à l’égard de l’origine des nerfs , nous ne dirons pas si M. Gall a eu raison de croire que ces cordons prenaient naissance dans la substance grise des ganglions pulpeux , ou s’ils ne sont pas plutôt indépendans de ceux-ci quant à leur origine. Je ferai seulement une remarque que je crois favorable à cette dernière manière de voir, qui est celle de M. Tiedemann; c’est qu’il n’y a pas de proportion entre la partie d’un nerf qu’on considère comme son origine , et l’ensemble .de ses ramifications , chaque arbre nerveux augmentant en volume à mesure qu’il s’éloigne du centre. Quant à l’extrémité périphérique des nerfs , il est impossible de la découvrir ; elle se perd dans la trame des organes, avec laquelle le tissu némertaire finit par se confondre. Quelques auteurs

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ont admis que les filets nerveux se terminaient dans 1 clément contractile , qu’ils finissaient par se confondre avec lui , et de là, ces auteurs ont été conduits à regarder les fibres contractile et incitatrice comme ne constituant dans le principe, c’est-à-dire dans les derniers organismes, et à l’origine des organismes supérieurs , qu’une seule et meme fibre. Cette opinion est professée par un des plus célèbres physiologistes de l’Allemagne , tandis que d’autres , au contraire , ont voidu que les fdamens nerveux naquissent des fibrilles vasculaires artérielles. Mais nous ne sommes pas encore en état d’apprécier la valeur de ces opinions, n’ayant jusqu’ici que des analogies, et non des observations directes pour asseoir notre jugement à ce sujet.

Caractères analomiques ci microscopiques > Chez tous les animaux où le tissu némertaire est bien distinct, nous le trouvons avec une forme fibrilleuse , composé d’un nombre immense de filamens appliqués les uns à côté des autres, anastomosés fréquemment entr’eux, et formant un plexus selon les uns; selon d’autres, de simples fascicules ou groupes de filamens, qui se rendent, disent-ils, du centre nerveux, à l’organe périphérique (i). Je ne crois pas qu’on puisse admettre

(i) C’est çetlc dernière opinion qui a suggère à M. Sœmmering l’idée de son nerf artificiel, lequel consiste en un faisceau

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