‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 50 sur 58 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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avec sir Everard Home , que les cordons nerveux soient de véritables plexus, des plexus alongés, filamenteux, s’il est permis de s’exprimer ainsi. Je pense qu’on doit plutôt les considérer comme des faisceaux de filamens qui vont en se décomposant jusqu’au point où ils se terminent dans les organes. Ces filamens sont réunis par un tissu cellulaire plus ou moins serré , qui forme d’abord autour de leur faisceau commun une enveloppe assez dense , à laquelle on donne le nom de névrilème, après quoi il pénètre entre les fascicules et entre les filamens eux-mêmes, en leur fournissant aussi des tuniques qui ne diffèrent que par une moindre densité du névrilème général. Il n’est pas difficile de se convaincre que chaque filament d’un nerf est lui-même composé d’un certain nombre de filamens plus fins , plus difficiles à séparer que les premiers , mais se séparant néanmoins sans lacération , et d’une manière naturelle. Après avoir ainsi subdivisé le nerf un certain nombre de fois , on arrive à obtenir des fils qui paraissent être la véritable fibre nerveuse.

de fils métalliques, isolés les uns des autres à l’aide de fils de soie, tournés autour de chacun. Cet instrument, mis en contact par l’une de ses extrémités avec le conducteur d’une pile, remplit l’office d’un véritable nerf, si l’on définit celui-ci, une partie organique susceptible de porter l’irritation d’un point à un autre de l’animal.

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Ces fils sont assez lisses ( moins cependant qu’on ne l’a dit) , et d’une extrême ténuité. Examinés à l’aide d’instrumens grossissans, on voit qu’ils ne s’anastomosent pas entr’eux, mais qu’ils conservent leur direction dans toute leur longueur. Il est impossible de distinguer ici un névrilème et une matière médullaire , comme l’ont voulu Reil , et même déjà Bichat ^ et depuis eux beaucoup d’autres anatomistes , qui ont appliqué à tous les nerfs les observations qu’ils avaient faites sur la structure du nerf optique. C’était confondre des organes tout différons; car ce dernier n’est point un nerf dans le sens que nous donnons à ce mot ; sa structure est tout autre que celle des véritables nerfs, de ceux, par exemple , qui se distribuent aux organes locomoteurs : le nerf optique , en effet , est un prolongement pulpeux de l’un des ganglions encéphaliques , prolongement dans lequel on retrouve l’organisation de ces ganglions ( une matière pulpeuse enveloppée d’une membrane fibreuse ) , et qui n’a de commun avec les nerfs ordinaires que sa forme extérieure de cordon; encore ne l’a-t-il pas dans beaucoup de poissons , où c’est une véritable membrane plissée et susceptible d’être déployée. Pour le dire en passant, le nerf auditif et l’olfactif sont dans le même cas que l’optique ;. ils ne constituent, comme lui, que des organes pulpeux,

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et n’appartiennent nullement au tissu nerveux nélifiertaire.

Mais revenons sur les caractères microscopiques de celui-ci. Lorsqu’on place un filament némertaire sur l’objectif du microscope , il se montre nécessairement plus éclairé au milieu que sur les bords, comme il arriverait également dans le même cas à une goutte d’eau et à tout autre corps transparent. Ce phénomène conduit aisément à l’opinion de Fontaiia, qui regardait les fibrilles nerveuses comme des cylindres. Maintenant, ces cylindres sont-ils composés de globules disposés en séries linéaires comme l’ont dit MM. Prévôt et Dumas? Je vousassui’e qu’il est impossible d’y rien voir de globuleux. On aperçoit très-bien des apparences de globules dans la pulpe nerveuse , mais il est impossible qu’on en décou- vre dans un vrai filament némertaire. Chez les mollusques seulement , les nerfs présenteront cette apparence, parce qu’ils ont, dans cette classe, la structure médullaire qu’on leur a attribuée, à tort, chez les animaux supérieurs. Au reste , les observations microscopiques de MM. Prévôt et Dumas , sur les nerfs des mammifères , confirment ce que je viens de dire sur la structure de ces organes; ils y ont vu des cordons composés d’un certain nombre de filamens, mais non des cylindres creux, remplis comme l’est le nerf optique, de matière médullaire.

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Un jeune anatomiste, praticien, dont nous devons justement de'plorer la perte, parce qna beaucoup d’adresse, il joignait beaucoup de constance dans ses recherches, Bogros, nous a montré des filets nerveux qu’il disait avoir injectés. Il est de fait qu’en plongeant la pointe acérée de son tube à injection chargé de mercure, à peu près dans le milieu du faisceau nerveux du bras, et surtout du nerf musculo-cutané , il parvenait facilement à produire une injection assez nette, et qui se prolongeait plus ou moins loin. J’ai vu avec lui plusieurs fois de ces préparations, dans lesquelles il prétendait avoir injecté des filamens nerveux ; mais il était aisé de reconrlaître parla forme que prenait l’injection, quand elle avait bien réussi , surtout dans le faisceau du nerf musculo-cutané, que c’étaient des vaisseaux qui contenaient le mercure. En recourant à la loupe, on voyait que le mode de ramification et de terminaison des canaux injectés différait totalement de la manière dont les fibrilles nerveuses, qu’il est possible de suivre fort loin à Taide d’iristrumens grossissans , se disposent avant de se plonger dans les tissus, et d’échapper complètement à nos moyens d’investigation. Je n’ai pu conserver de doutes à ce sujet , non plus que d’autres anatomistes auxquels Bogros a montré ses injections. En niant que les nerfs soient des cor-

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dons canaliculés , pleins de matière médullaire, je ne prétends pas rejeter l’existence de leur névrilème; je vous l’ai signalé tout à l’heure, en vous décrivant la véritable structure de ces organes ; et vous avez vu qu’il doit être seulement considéré comme une tunique formée autour d’un faisceau de filamens nerveux , par la condensation du tissu cellulaire ambiant. Envisagée de la sorte, cette enveloppe est bien loin d’avoir l’importance que lui attribuent les partisans de l’opinion que je combats. Reil lui en attribuait surtout une trèsgrande , car il faisait jouer au iiévrilème le principal rôle dans sa théorie de l’atmosphère nerveuse; théorie dont j’aurai à vous entretenir dans la troisième partie de ce Cours , et à laquelle des élèves du célèbre physiologiste que je viens de citer , venus dans notre école pour la démontrer par des expériences , n’ont pas réussi à me faire ajouter foi.

Caractères physiques. Le tissu némer taire est toujours d’un blanc mat ; il n’y a que son enveloppe né vriléma tique qui se colore quelquefois; mais ciela ne lui arrive jamais à lui-même. Il est plus ou moins lanugineux de sa nature, et s’il paraît lisse, c’est au tissu cellulabe qui recouvre ses filamens qu’il faut l’attribuer. Son élasticité n’est pas sensible ; mais il possède une propriété physique qui le distingue éminemment de tous

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les autres tissus ; c’est que lorsqu’on met les deux extrémités d’un nerf coupé en rapport avec les pôles d’une pile galvanique, le courant électrique s’établit, et stimulant, en quelque façon, les fibres musculaires qu’anime le fragment nerveux, les fait contracter. C’est sur ce fait que M. Spix se fonde pour établir l’existence du tissu dont il s’agit chez les astéries. Il est certain que si les filets blanchâtres qu’on trouve dans les bras de ces animaux déterminent des contractions, comme le dit le physiologiste que je viens de citer , on doit les considérer comme des nerfs ; car je ne connais que le tissu némertaire qui soit capable de provoquer l’action musculaire à l’aide des courans galvaniques. Quant à déterminer quelle est la cause de cette propriété, cela nous est impossible. En parcourant les nerfs , le fluide électrique n’est-il qu’à leur surface, comme lorsqu’il traverse d’autres corps, ou ne pénètret-il pas plutôt dans l’intérieur des filets? c’est ce que nous ne saurions décider.

Caractères chimiques. Jusqu’à présent , on n’a analysé d’autres nerfs que le nerf optique, qui , n’ayant pas , comme nous l’avons vu , l’organisation des vrais cordons némertaires, ne saurait nous fournir les élémens chimiques de ces cordons, et ne présente que ceux de la matière cérébrale , plus ceux de son enveloppe fihj’euse. C’est à tort que Heil a dit (j[ue les acides dissolvent celle-

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ci , et mettent à nu la substance médullaire , et que les alcalis , au contraire^ dissolvent cette substance, et isolent le névrilème. Non-seulement cette assertion ne saurait concerner, commelevoulait cet anatomiste , les véritables nerfs , puisqu’ils n’ont pas de pulpe intérieure , mais elle ne s’applique pas même au nerf optique^ caries acides agissent sur lui de la même manière que les alcalis concentrés.

Caractères vitaux. Le tissu nerveux némertaire se distingue des autres parties de l’oi-ganisme par ses propriétés vitales , comme il s’en distingue déjà par la propriété physique de transmettre des courans d’électricité galvanique, et de déterminer alors des mouvemens de contraction dans les organes sarceux auxquels il se distribue. C’est à ce tissu qu’il faut rapporter les sensations en général, et particulièrement ces sensations qui, lorsqu’elles sont portées à un certain degré, prennent le nom de douleurs. Il est à remarquer que, parmi les élémens de l’organisrae, l’élément nerveux estle seul qui soit doué de la sensibilité, et cependant, les douleurs varient selon les organes auxquels il se rend. Pour expliquer ce phénomène , plusieurs personnes, entr’autres M. Gall, ont admis des différences de propriétés dans le système nerveux. Ces physiologistes pensentque chaque uerfestdoué d’une vitalité spéciale , en vertu de laquelle il est

(j5) composition INTIME UES ANIMAUX. 4o9 exclusivement en possession de telle ou telle fonction , sans pouvoir en remplir d’autres. Il appuie cette opinion sur l’exemple suivant : un nerf optique, placé dans l’appareil auditif, ne donnerait pas plus la sensation dessous, que le nerf auditif, placé dans l’oeil, ne serait sensible à la lumière qui viendrait le frapper. Mais les nerfs qui servent ici d’exemple n’étant pas formés par le tissu némertaire, ne prouvent nullement en faveur de la spécialisation absolue des diverses parties de ce tissu. Les véritables cordons nerveux ne perçoivent d’autres sensations que celles qu’on rapporte collectivement à ce qu’on nomme la sensibilité générale , et rien ne prouve que les divers modes de cette sensibilité soient autant de caractères spéciaux des nerfs qui les présentent ; rien ne prouve que chacun de ceux-ci ne pût donner la sensation que donne habituellement tel ou tel autre d’entr’eux.

Maintenant , une autre question se présente ; les nerfs ne sont pas seulement des organes de sensibilité; ils sont, en outre, excitateurs des mouvemens de contraction. Or, il s’agit de savoir si ceux qui vont se répandre dans la peau pour recevoir les sensations , diffèrent de ceux qui vont animer les muscles et leur communiquer l’incitation locomotrice; en d’autres termes ,

y a-t-il des nerfs spécialement sensibles , et des nerfs spéciaîement locomoteurs ?

Dans ces derniers temps , on a tranché le nœud gordien en disant que les fonctions des nerfs dépendaient exclusivement de celles de leurs ganglions centraux. Nous verrons dans la suite ce qu’il faut penser de cette idée ; car nous ne pouvons entrer, dans ce moment, dans une discussion sur les fonctions du système nerveux. Contentons-nous donc , pour le moment , de noter que le tissu némertaire est sensible , que sa sensibilité se manifeste dans ce que nous appelons la douleur, avec quelques modifications très-distinctes , mais difficiles à exprimer, selon les tissus , les parenchymes , les organes où il se V rend; ajoutons qu’il est incita teur du mouvement musculaire , mais que jamais on ne peut apercevoir en lui-même de contraction.

Enfin, outre les fonctions animales, du sentiment et de la locomotion , les nerfs en remplissent encore d’autres qui se rapportent à la nutrition. Dans les animaux supérieurs, ce nesontpasles mêmes nerfs qui animent les organes de ces deux ordres d’acte. Mais, chez les invertébrés, il n’y a pas de nerfs affectés spécialement à l’un ou à l’autre ; ce qui porte à croire qu’il n’y a pas une différence fondamentale , essentielle, absolue , en-

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tre les nerfs de la vie organique et ceux de la vie animale; autrement les propriétés vitales des uns et des autres n’appartiendraient jamais simultanément aux mêmes cordons. A plus forte raison , ne peut-on pas établir chez les animaux inférieurs de distinction entre les nerfs sensibles et les nerfs irritables ou locomoteurs.

Différences selon les espèces de nerfs. Il est impossible à l’anatomiste le plus exercé de trouver la moindre différence entre les nerfs qui se rendent aux muscles et ceux de la sensibilité générale le meme cordon réunit à la fois des filets sensibles et des filets locomoteurs , qu’on ne saurai t distinguer le moins du monde les uns des

autres. Parmi les cordons nerveux qui reçoivent les sensations spéciales , il en est trois , ceux de la vue , de l’ouïe et de l’odorat , qui doivent être mis hors de comparaison^ puisqu’ils n’appartiennent pas au tissu qui nous occupe. Quant au quatrième , à celui qui est chargé de percevoir le goût, on ne l’a pas encore distingué d’une manière certaine des autres nerfs de la langue, ce qui indique qu’il ne diffère pas seqsiblement de ceux-ci. Cette circonstance s’explique aisément, quand on réfléchit que le goût est un sens beaucoup moins spécial que les précédons , et qui a beaucoup plus de rapports avec le sens général du toucher.

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Les nerfs de la vie animale sont d’autant plus développés dans les diverses parties du corps , que celles-ci sont appelées à des fonctions plus actives, soit de sensibilité, soit de locomotion. C’est ainsi que l’exquise sensibilité des doigts dans l’espèce humaine , celle de la trompe chez l’éléphant, coïncidentavec un développement notable des filets qui se rendent à la peau de ces parties. D’autres fois , ce sont les filets locomoteurs qui prédominent , comme on peut le voir aux membres des animaux doués d’une grande force musculaire , chez le cheval , chez les carnassiers , etc.

Si nous avons dû convenir plus haut, à propos des propriétés vitales , qu’envisagés du point de vue de la physiologie comparée , les nerfs de la vie de relation ne diffèrent pas essentiellement de ceux de la vie de nutrition , je n’ai pas voulu dire qu’il n’y eût entre eux aucune différence ; il y en a , au contraire , de très-sensibles. On voit en effet le tissu némertaire se modifier dans son aspect, à mesure qu’il se soustrait à l’influence de la volonté. Celui, par exemple, qui forme les cordons nerveux de l’estomac^ est tout-à-fait semblable à celui de la vie animale chez les animaux tels que les ruminans , où cet organe est susceptible de mouvemens volontaires , taudis qu’il s’eu éloigne , pour se rapprocher de celui des nerfs

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viscéraux , partout où la volonté na aucune part aux mouvemens gastriques. Cependant, nous remarquerons que le nerf pneumogastrique étant un nerf encéphalique , conserve toujours plus d’analogie avec les nerfs cérébro-spinaux, qu’avec ceux des ganglions non pulpeux. C’est à lui qu’est due cette étroite sympathie qui lie l’estomac et le cerveau, sympathies! fâcheuse dans l’état pathologique.

Le tissu des nerfs de la vie organique présente tous les caractères de celui des ganglions non pulpeux : même demi-transparence, même coloration plus ou moins rosée ou grisâtre , même densité du tissu cellulaire environnant. Ces nerfs sont beaucoup plus difficiles à diviser en fil amens que ceux de la vie animale, à tel point, qu’il faut , pour y parvenir , s’aider de la macération. Il n’y a point de différences sensibles entre ceux qui composent le grand sympathique, et ceux qui se rendent aux viscères et aux parois des vaisseaux, pour activer les fonctions des uns et des autres.

Différences selon les âges. Le tissu nerveux uémertaire (comme, à ce qu’il paraît, tout le système nerveux) est proportionnellement plus développé chez les jeunes sujets que chez ceux qui sont pins avancés en âge, et surtout que chez les vieillards. Personne de vous n’ignore que les

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cadavres des cnfans sont préférables pour faire l’anatomie des nerfs , à ceux des adultes et des personnes âgées , parce que ces organes sont gros et bien visibles chez les premiers , tandis qu’ils sont desséchés chez ces derniers sujets.

Les différences selon les sexes sont de meme nature que les précédentes , c’est-à-dire que les individus femelles offrent des nerfs plus développés que ceux des individus mâles.

Quant aux différences selon les tempéramens, nous trouvons seulement quelles sont généralement à l’avantage des sujets lymphatiques.

On n’a pas fait d’étude relativement aux modifications que peut offrir le tissu nerveux némertaire selon les races ; mais il est vraisemblable que ces différences correspondent à celles qui dépendent des tempéramens.

Je ne doute pas non plus qu’on ne trouve dans la suite que les circonstances hygiénicpies , et surtout l’emploi de certains alimens , exercent sur les nerfs une influence réelle. Par exemple, ce n’est probablement pas sans les modifier dans leurs caractères statiques, que les graines ergotées exercent une action si manifeste sur leur vitalité.

Différences dans les maladies. C’est surtout sous le point de vue physiologique qu’on a étudié les maladies des nerfs j on n’a commencé que dans ces derniers temps à rechercher de quelles

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alterations leur tissu était susccpüLlc, et, jusqu’ici , nous ne savons encore presque rien à ce sujet. Il est seulement bien reconnu que le tissu qui nous occupe est susceptible d’irritation inflammatoire, et c’est à cet état morbide que quelques personnes ont attribué depuis peu la plupart des maladies nerveuses , connues sous le nom de névralgies, maladies qui, vous le savez, sont caractérisées par des douleurs aiguës , parcourant avec la rapidité de l’éclair tout le trajet d’un nerf et de ses ramifications. Je vous avouerai , cependant,'que , le plus souvent , on n’a pas trouvé d’altérations évidentes dans les cordons nerveux qui étaient le siège de pareilles douleurs , non que ces altérations n’existassent pas , mais , je crois, parce qu’on ne s’était pas mis en état, par une étude attentive de l’état normal du tissu némertaire , de discerner ses moindres anomalies. Il est douteux que ce tissu entre jamais en suppuration , car on le trouve intact même au milieu de foyers purulens considérables. Je ne pense pas non plus , quoi qu’en aient dit quelques auteurs, qu’il soit susceptible de ce qu’on nomme des dégénérescences : on le retrouve dans son intégrité au milieu des organes cancéreux.

Différences dans la série. Dans l’étude comparative c[u’on a laite des nerfs aux divers degrés

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de l’échelle animale , on s’est borne , comme pour l’ensemble du système nerveux , à la considération des formes , des proportions , de la situation , en un mot, à l’examen des conditions extérieures de ces parties organiques. Sous ce rapport , vous le savez , les nerfs présentent d’assez grandes différences , selon les groupes de la série; mais, si nous parlons de leurs conditions inté- . rieures, de leur structure, il n’en est plus de même ; soit imperfection des études dont elle a été l’objet jusqu’à ce jour , soit impossibilité réelle de découvrir à cet égard des dissemblances tranchées entre les tissus némertaires du mammifère.) de r oiseau, du reptile et du poisson, il me serait impossible de vous dire en quoi ces tissus peuvent être distingués les uns des autres; je n’ai pu réussir à leur trouver des caractères spéciaux. Il m’a paru seulement que les nerfs des animaux supérieurs étaient plus mous. On dit avoir aussi obsei’vé que ceux des reptiles, des ampbibiens et des poissons, en un mot, des animaux à sang froid, conservaient plus long-temps que ceux des espèces à sang chaud la faculté d’être stimulés par l’électricité galvanique.

Chez les entomozoaires , le tissu nerveux némerlaire est également d’un blanc mat, comme dans les ostéozoaires ; son enveloppe fibreuse est

lisse Classez résistante, et chaque cordon est composé de filamcns extrêmement fins, divisibles presque à l’infini, et danslesquels je n’ai pu démontrer de pulpe nerveuse distincte. Ge tissu est , du reste, partout identique.

Parmi les malacozoaires , les univalves nous offrent des nerfs qu’on peut diviser en un nombre presque indéfini de filamens. On arrive vraiment à obtenir ceux-ci à une ténuité extraordinaire , surtout quand on les dissèque sur un corps noir. Il n’en est pas de même dans les bivalves : cbcz les anodontes , par exemple, que vous trouverez dans toutes nos rivières, vous verrez que les nerfs sont des canaux remplis d’une matière pulpeuse fort analogue à celle qui forme le cerveïau des animaux supérieurs. Ici y je dois avouer que les organes qui nous occupent ont véritablement la structure qu’on avait attribuée aux nerfs en général, et il n’est pas étonnant que Poli, ayant réussi à les injecter , ait pu regarder les nerfs des malacozoaires acéphales comme appartenant au système circulatoire.

J’ai révoqué en doute , jusqu’à ces derniers temps, l’existence du système nerveux chez tous les animaux inférieurs aux mollusques , et je pensais que les filamens découverts par M. Spix dans les astéries et dans les holothuries , et regardés par lui comme des nerfs, étaient composés de

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