TOME U
CIOIIUS DI' l'JlYSIOLOGlK.
Messieurs ,
Pour être bien préparé à l’élude des fonctions de l’organisme, il ne suffirait pas de connaître les élémens qui le constituent; il faut, en outre, suivre ces élénaens dans leurs combinaisons ternaires, quaternaires, etc., voir, en d’autres termes, comment ils s’assemblent et se disposent pour composer des parenchymes, qui , en revêtant une forme déterminée, constituent des organes. Il faut aussi que nous connaissions les produits matériels de ces mêmes organes , avant d’apprendre comment ils se forment, quelles sont et ce que sont les fonctions dont ils émanent. J’ai hésité mi moment pour savoir si je traiterais de ces produits avant de parier des parenchymes , et cette hésitation qui peut vous surprendre , puisque l’histoire des parties productrices passe naturellement avant celle des résultats de leur action , venait de ce qu’envisagés dans la profondeur de nos organes, les premiers semhlent encore appartenir à l’organisme, et faire, en quelque sorte, partie de ses élémens fluides, dont ils ne sont pas toujours par-
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laitcmciit distincts. Ma.is, en y réfle'chissant, j’ai préféré établir une ligne de démarcation tranchée entre les élémens elles produits, trop long-temps confondus ensemble par les physiologistes , au détriment de la science; et pour éviter toute méprise, j’étudierai ceux-ci, lorsqu’ils ont déjà quitté le parenchyme où ils ont été séparés du fluide organique , par exemple , dans les canaux excréteurs et dans les vésicules de dépôt, quand il s’agira de produits des sécrétions glanduleuses. De celte manière , nous aurons une ligne de délimitation hien marquée entre les deux objets dont il est question, elles produits nous offriront tous les caractères qui leur appartiennent en propre. Nous devons donc, avant de nous occuper d’eux, dire quelque chose des parenchymes que constituent les élémens par leurs combinaisons , et qui, afî’ectant une forme , une position, et des rap-, ports déterminés, deviennent les organes dont l’action engendre ou ces produits ou des phénomènes dynamiques, etc.
DKS PAllENCHYMES.
11 n’existe pas dans toute l’économie animale un seul organe qui n’offre dans sa composition plus d’un élément anatomique. Prenez un muscle , vous y trouverez non-seulement l’élément
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sarceux qui lui donne son principal caractère , mais encore scs élémens cellulaire, nerveux, kysteux,angéial et fibreux. Dans un organe nerveux, vous trouverez , outre 1 clément nerveux lui-même, du tissu cellulaire, souvent du tissu fibreux, et plus ou moins de tissu kysteux angéial. Les os renferment ces mêmes tissus outre leurs élémens propres, qui sont les tissus osseux et cartilagineux. Parmi les élémens dont nous avons fait riiistoire, il en est qui se retrouvent nécessairement dans tous les organes : c’est le cas du tissu celluleux, et jusqu’à un certain point du tissu angéial ; d’autres entrent dans la composition de plusieurs parties différentes de l’économie : ce sont les élémens sarceux, nerveux, et le tissu dermoïde.
Le mot parenchyme a été employé très-anciennement : nous le trouvons même dans les écrits d’anatomistes antérieurs à Galien. Erasistrate, par exemple, s’en est servi pour désigner les tissus de l’organisme qui produisent des fluides qui sortent de l’économie. C’était là le sens étymologique, car ce mot vient de Tia.^s.yyyfjuot, qui signifie effusion. On n’entendit donc d’abord sous le nom de parenchyme que les glandes ou organes sécréteurs. Mai.s^dansla suite, on a étendu d’une manière exagérée le sens de cette expression; on l’a appliquée à toute partie molle distincte de la
cliair musculaire, et quelquefois à uii tissu presqu’ide'al ipie l’ou regardait comme propre à un organe. Ainsi Ton trouve dans les ouvrages de plusieurs anatoniistes que lorsqu’on a soustrait au poumon ses ramilicalions broncliiques et vasculaires lymphatiques , veineuses et artérielles, il reste le parenchyme propre de ce viscère, comme s’il pouvait rester alors autre chose que du tissu celluleux. Quant à moi , vous avez déjà vu quelle idée j’attache à la dénomination dont il s’agit ; je vous ai dit qu’un parenchyme était toute partie organique qui résulte delà combinaison d’un plus ou moins grand nombre de tissus élémentaires. Ainsi je réserve ce nom à toute combinaison d’élémens anatomiques formant un tout dans lequel les élémens ne sont plus distincts , et dont chaque portion est identique. Je dis le parenchyme d’un muscle, des poumons, du foie, des glandes, des vaisseaux et de leurs ganglions, des tégumens, etc., car tous ces organes sont composés de plus d’un élément.
Je regrette de ne pouvoir, à cause drs limites de ce cours , donner à bhisloire des pai’enchymes les développemens qu’elle mérite^ et je la regrette d’autant plus , qu’elle n’a jamais été faite jusqu’ici d’une manière claire et approfondie. Bichat , bien qu’il soit encore notre maître sur cette matière, comme sur tant d’autres sujets d’anatomie, mérite
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le reproche d’avoir confondu dans son célèbre ouvrage les parenchymes avec les élémens organiques. Qui de vous , Messieurs , ne sent combien une pareille confusion est fâcheuse, et combien il importe de distinguer nettement les tissus simples des tissus composés ! On ne peut bien connaître ceux-ci que lorsqu’on a commencé par étudier les premiers. Cette étude préalable une fois faite, celle des parenchymes devient facile et du plus grand intérêt. On peut se rendre compte, jusqu’à un certain point , des propriétés de ceuxci par la considération des élémens qui les constituent, et en recherchant quel est celui de ces élemens qui s’y trouve en prédominance; car il est évident que les propriétés des parenchymes sont la résultante de celles de leurs parties élémentaires , et que les variations que subiront celles-ci ilans leur nombre et dans leurs proportions respectives, entraîneront des variations correspondantes dans l’énergie vitale et dans le mode d’action des tissus composés. Cette vue est surtout bien importante pour la pathologie, aujourd’hui que nous envisageons les maladies non plus comme de simples groupes de symptômes, mais eomine des altérations d’oi-ganes, aujourd’hui qu’on étudie avec soin le mode particulier de souffrances qui apparlicnl à chaque partie, à chaque système, et autant que possible à chaque tissu élé-
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menlaii e de l’économie. De quelle valeur en effet ne serait pas pour le diagnostic, et meme pour le traitement , une connaissance exacte des propriétés de chaque élément, et de la manière dont les élémens se combinent pour composer les parenchymes!
Nous trouvons d’abord à leur tête le parenchyme commun ou cellideux , qui sert de trame première à tous les autres , et sur lequel nous ne reviendrons pas, puisque nous nous en sommes déjÀ occupés à titre d’élément. Je ne le mentionne ici que parce qu’il a été compté parmi les parenchymes ; car il ne répond nullement à la définition que je vous ai donnée de ces derniers. C’est, sans aucun doute, un tissu tout-à-fait élémentaire , et le plus élémentaire de tous , puisqu’ils dérivent tous de lui.
Quand nous ne saurions pas d’une manière positive, anatomiquement et physiologiquement que les parenchymes qui entrent dans la composition de l’organisme jouissent de propriétés particulières , en séparant du sang des fluides d’une nature très-différente , les expériences de M. Piorry, nous démontreraient que ces composés ne sont rien moins qu’identiques , puisque, par le choc, ils produisent des sons dont la différence est appréciable à nos sens. •
Les différences que présentent les [larenchy-
mes sont donc évidemment de plusieurs sortes; elles peuvent être en effet anatomiques, en ce que le nombre des élémens composans, et la proportion decesélémens peuvent varier; elles peuvent être physiques , puisque ces combinaisons différentes peuvent offrir une densité, une couleur , un aspect, et même un timbre différent, comme nous rapprennent les expériences deM.Piorry, que je viens de citer. Ces parenchymes peuvent aussi être bornés à quelques parties du corps ou se trouver dans tous les points , comme le parenchyme vasculaire, par exemple^ dans les animaux qui en sont pourvus. Enfin les différences' des parenchymes peuvent être physiologiques, et porter essentiellement sur le produit; c’est sous ces différens rapports que nous allons étudier les huit genres de parenchymes que nous admettons dans l’organisme, chaque genre pouvant quelquefois être composé de plusieurs espèces.
Ces genres de parenchymes sont:
1 0 Le parenchyme vasculaire';
2® Le parenchyme periérien ; '
3” Le parenchyme électrique;
4® Le parenchyme pulmonaire ;
5° Le parenchyme cérébro-spinal ;
6' Le parenchyme musculaire;
7” Le parenchyme pseudoglanduleux;
8® Le parenchyme glanduleux.
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