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Parenchyme vasculaire

Un véritable parenchyme, qui naît immédiatement du tissu celluleux, est celui que je désigne par l’épithète de vasculaire. Il constitue ce qu’on nomme les vaisseaux, c’est-à-dire une série de tubes présentant dans leur ensemble une disposition arborisée complète , creusés dans le tissu cellulaire de nos organes, et répandus dans toute l’économie, pour donner à certains fluides une direction déterminée , pour les porter aux parties solides, qui y trouveront de quoi réparer leurs pertes, vers celles qui y puiseront les matériaux des produits sécrétés, enfin pour ramener le reste de ces fluides à leur point de départ , en même temps que ceux-ci , dans les mouvemens d’oscillation et de circulation auxquels ils sont soumis, se modifient, se perfectionnent, et sont affectés à la nutrition des tissus.

Le parenchyme vasculaire , dont nous venons de voir la position et les usages dans l’organisme , considéré en général , peut être composé : (a) de tissu cellulaire, {b) de tissu fibreux élastique , (c) de tissu kysteux vasculiforme , {d) de tissu soussarccux , (e) et de tissu sous-nerveux.

loutes les parties du parenchyme vasculaire ne sont cependant pas composées de tous cesélé-

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mens à la fois; ainsi, il paraît cpie les tissus fibreux élastique et sous-sareeux sc suppléent; et de plus, ces élémens ne sont pas en mêmes proportions dans toutes ces parties, comme il est aisé de le voir en comparant une veine à une artère.

Le parenchyme vasculaire est celui qui se trouve le plus généralement répandu dans l’économie , et en effet il n’est qu’une simple modification de l’élément celluleux dans lequel il prend son origine.

Il est constamment profond , du moins dans ses parties principales , car dans le reste il est aussi Lien superficiel.

Le parenchyme vasculaire n’est pas d’une seule espèce. Nous en distinguerons six principales : celui du cœur, celui des artères, celui des veines lymphatiques et sanguines , celui des ganglions lymphatiques et veineux, celui des corps caverneux ou érectiles, et enfin celui du placenta dans le fœtus des animaux mammifères.

a. Parenchyme du cœur.

L’aspect du parenchyme du cœur est assez particulier pour qu’on puisse assez bien le reconnaître, même dans les animaux inférieurs. Son tissu est serré , dense , résistant assez ; il entre dans sa composition , non-seulement comme nous l’avons

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VU, une énorme quantité de fibres contractiles sous-sarceuses , mais encore beaucoup de tissu fibreux, qui donnant attache à ces fibres, forment les valvules, et servent à établir la continuité de l’organe avec les gros troncs vasculaires, par celle du tissu kysteux vasculaire.

11 y entre enfin des filets nerveux et des parenchymes vasculaires, artériels, veineux et lymphatiques, constituant les Vaisseaux qui lui apportent les matériaux de sa nutrition.

Les différences que présente ce parenchyme ne laissent pas que d’être assez considérables , sinon suivant les âges , les sexes et les tempéramens , du moins suivant les parties, car le parenchyme de l’oreillette diffère sensiblement de celui du ventricule ; ces différences sont surtout trèsgrandes suivant les espèces. En effet si le parenchyme cardiaque est à peu près le même dans les animaux qui constituent le type des ostéozoaires, avec quelque variation cependant dans la densité de la fibre , qui est évidemment beaucoup plus grande chez les oiseaux que chez les mammifères , et surtout que dans les amphibiens et les poissons , il n’en est plus de même dans le type des entomozoaires ni dans celui des malacozoaires. Le cœur des premiers n’a plus cet aspect charnu fibreux, que nous avons remarqué dans les ostéozoaires; il est plus ou moins granuleux, et

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il ressemble presque conipiélemeiit au parenchyme vasculaire ordinaire.

Le cœur des malacozoaires, quoique de couleur également blanche, est toutefois plus évi-, demment musculaire, surtout dans le ventricule des mollusques des deux premières classes, des céphalés et des paracépbalés. Dans les autres, c’est-à-dire dans les acéphales, il est évidemnicnl plus granuleux ou plus muqueux.

h. Parenchyme des artères.

Lorsqu’elles sont complètes et libres ou détachées, les artères offrent moins que le cœur des caractères physiques particuliers ; en effet, dans certains animaux leur aspect ne diffère pas heaiicoup de celui du cœur, et plus rarement encore de celui des veines. Quand on les examine cependant chez les animaux les plus élevés , on trouve qu’elles sont composées de trois tissusélémentaires: d’abord de cette modalité du tissu hystçux que nous avons décrite sous le nom de tissu hjsteux angéial. Ce premier élément occupe la face interne de ces vaisseaux', et constitue leur partie essentielle, celle qui se retrouve constamment , et dès que les fluides ont une marche déterminée. A l’evlérieur de la couehe kysteuse on rencontre , du moins chez les animaux supérieurs , une membrane qui

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a tous les caractères du tissu fibreux , jaune ou élastique, et cela d’autant plus qu’on examine des artères plus petites. On a tiré parti de l’élasticile' de cette seconde eouche artérielle pour suppléer à l’égard des vaisseaux les plus fins de cet ordre, cà la ligature qu’on faisait gérréralement dans les amputations ; plusieurs chirurgiens se bornent aujourd’hui à en tirailler et à en tordre l’extrémité coupée , et provoquent ainsi une rétraction de la membrane élastique, suffisante pour oblitérer le canal, et pour résister au choc de la colonne de sang qui le remplit.

Enfin le tissu cellulaire forme, en se conden- • sant autour delà couche fibreuse des artères, une tunique qui a reçu le nom de membrane celluleuse. Des filets nerveux en grand nombre, ainsi que des vaisseaux veineux et lymphatiques , se répandent aussi dans le parenchyme artériel.

Aucun anatomiste n’a démontré d’une manière irrécusable la présence de l’élément sarceux dans le tissu de ces vaisseaux. Elle n’y a été admise jusqu’à ce jour par quelques personnes que d’après des apparences, ou pour expliquer les contractions artérielles qui s’expliquent très-bien sans cela.

Cependant on conçoit parfaitement qu’il pourrait y avoir dans les artères un tissu analogue à celui qui constitue la majeure partie du cœur, et

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auquel cet organe doit la coiilractililé si remarqualde dont il jouit. Mais jusqu’ici je n’ai constaté la présence de ce tissu chez aucun animal, si ce n’est cependant dans le renflement Lulboïde de l’artère branchiale des poissons. Les différences que présentent entre elles les trois tuniques artérielles, notamment sous le point de vue de leurs propriétés physiques, se manifestent très-bien dans la manière dont chacune d’elles se comporte dans les anévrismes et dans les ligatures. L’interne comme la plus mince et la moins extensible est la première à se rompre ; mais elle a en échange la propriété avantageuse de contracter facilement une adhérence avec elle-même, lorsque divers points de sa face interne sont mis en contact par une ligature.

La tunique fibro-élastique , bien que moins fragile que la précédente , ne se prête cependant à la distension que dans une limite assez étroite. Elle se rompt comme la tunique interne dans la plupart des ligatures et dans les anévrismes vrais. Mais la tunique celhdeuse est fort heureusement beaucoup plus extensible que celles qu’elle recouvre ) elle demeure seule intacte lorsqu’on lie une artère , et supporte pendant long-temps le choc du sang qui afflue dans les tumeurs anévrismales, dont elle forme toute la paroi.

Les différences que l’on peut observer dans cette

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partie du parenchyme vasculaire ont été généralement assez peu étudiées , si ce n’est dans la proportion des trois principaux tissus cpii les constituent. Ainsi , l’on a remarqué depuis longtemps que la quantité de tissu fibreux élastique est proportionnellement plus grande dans les ramifications artérielles que dans les gros troncs, au contraire de ce qui a lieu pour l’enveloppe celluleuse. Il faut cependant admettre que dans les dernières de ces ramifications, quand elles tendent à se convertir en veines , à l’endroit où existe l’oscillation , celle partie élastique doit au contraire peu à peu diminuer , et la partie celluleuse augmenter.

Du reste je ne vois pas que le parenchyme artériel offre do6 modifications appréciables , suivant qu’il appartient à des parties dij^érentes de l’organisme.

JJ âge a au contraire une grande influence sur les qualités et les propriétés de ce parenchyme, et surtout sur l’élément fibreux jaune qui , moins élastique dans le très-jeune âge, le devient de plus en plus à mesure que l’on s’approche davantage de l’age adulte , pour diminuer enfin , et presque s’éteindre dans la caducité.

Le sexe, mais surtout le tempérament, ont sans doute aussi une certaine influence sur quelques propriétés du parenchyme artériel.

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Mais les différences principales qu’il offre tiennent à la diversité des espèces.

En effet , même dans les ostéozoaires , il n’y a presque aucune comparaison à faire entre les artères des mammifères et celles des poissons. En thèse générale, la dissemblance entre les parenchymes artériel et veineux est d’autant moins grande qu’on s’éloigne davantage des premiers pour se rapprocher des seconds.

C’est ce qu’on peut également observer chez les entomozoaires et chez les malacozoaires. Toutefois, dans la première classe de ceux-ci, par exemple dans les sèches , le parenchyme artériel est encore fort différent de celui des veines ; mais cette différence ne se remarque que difficilement dans les acéphales.

c. Parenchyme veineux.

Si nous jetons maintenant un coup-d’œil sur le parenchyme des veines , nous voyons qu’il se compose aussi de trois couches membraneuses superposées. La couche interne est tout-à-fait analogue à celle qui lui correspond dans les ai-tères. C’est comme dans celles-ci, une membrane de tissu kysteux , tissu qui du reste existe , ainsi que nous l’avons dit précédemment , dans tous les vaisseaux , . et qui en peut être considéré comme la partie principale.

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On ne trouve pas constamment dans les veines l’analogue de la membrane moyenne des artères. Il n’est meme pas toul-à-fait démontré qu’on l’y rencontre jamais. Il paraîtrait néanmoins qu’elle existe chez l’éléphant; du moins j’ai remarqué, et M. Ghevreul a confirmé la présence d’un véritable tissu élastique dans les veines temporales superficielles de cet animal. On conçoit très-bien en effet que ce tissu puisse se montrer ( 'ans le parencliyme de quelques-uns des vaisseaux qui composent les parenchymes érectiles.

Les anatomistes ont agité la question de savoir s’il y a des fibres sarceuses dans les gros troncs veineux , et notamment dans les veines caves tant supérieure qu’inférieure , à l’endroit où elles s’abouchent à l’oreillette droite du cœur. Haller a soutenu l’existence de ces fibres. Je ne la nie pas, mais elle me semble fort difficile à démontrer. On en a donné pour preuve les contractions des veines. Mais ces contractions, toutes réelles qu’elles sont, peuvent fort bien avoir lieu sans qu’il y ait nécessairement des fibres sarceuses pour les opérer; car la présence d’un peu de tissu jaune élastique suffirait pour les produire. Au reste, je le répète , je ne prétends pas nier la possibilité de la présence du tissu sarceux dans le parenchyme des veines , et même je ne serais pas très surpris qu’on démontrât un jour dans ceux de TOME II. 3i

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ces vaisseaux (|ui s’abouclieut au cœur (|uelc[iie chose de la composition anatomique des oreillettes. '

Le parenchyme vasculaire veineux offre quel- ^

i\aesdijjerences suivanL les parties. PsÂns\,\\\)diTaXl •<

que quelquefois les veines superficielles peuvent . j

conserver le tissu élastique. Il se pourrait aussi |

que le tissu séreux s’y rencontrât , comme Haller et quelques auteurs l’admettent dans la terminaison des veines caves. En général, on peut direque les veines sont d’autant plus celluleuses, d’autant plus minces, qu’on les examine plus près de leur origine; et plus épaisses, plus solides, qu’on se rapproche davantage de leur terminaison.

Quant aux différences que ces vaisseaux offrent dans la série animale . elles ne sont peutêtre pas aussi grandes que pour le parenchyme artériel .

d. P arenchjme caverneux ou érectile.

Je pense qu’on peut rattacher au parenchyme veineux celui de quelques organes considérés long-temps comme des glandes, et qui ne sont, ce me semble, que des ganglions vasculaires sanguins. Ces organes sont, la rate, le corps caverneux , l’iris, et peut-être même le poumon dans sa partie vasculaire. Nous avons vu dans un autre cours que les veines forment assez souvent une sorte de

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rëseau. Je vous ai ci lé, par exemple, celles qui rapportent le sang des testicules, et je vous ai fait voir comment elles se disposent aqtour de l’artère spermatique en une sorte de masse spongieuse, résultat de leurs nombreuses ramifications anastomotiques. On retrouve une disposition réticulée du système veineux, dans '-l’iris, dans la membrane pituitaire, etc. D’après cela, il nous est facile de comprendre comment on arrive peu à peu, et par la simple multiplication des anastomoses , d’abord à des plexus veineux de plus en plus serrés, qui prennent enfin la forme de masses ganglionaires , quand les anastomoses sont dans tous les plans. Pour moi , la rate est aux veines ce qu’un ganglion lymphatique est aux vaisseaux du même nom. Existe-t-il , comme on l’a dit dans le parenchyme caverneux de cet organe en particulier, et des autres du même genre, du tissu fibreux élastique? C’est ce qui me paraît douteux, quoique fort possible cependant. Je suis en échange fort porté à admettre ce tissu dans le parenchyme des veines réticulées de l’iris.

Les corps caverneux de l’organe excita teur mâle et femelle dans les mammifères, dans plusieurs oiseaux et même dans quelques reptiles^ doit être considéré aussi comme appartenant au parenchyme vasculaire spongieux.

Les principales consistent en ce que

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les raiïiifica lions cl les anastomoses vasculaires formées par le tissu kysteux vasculiforme sont enveloppées par un tissu fibreux subélastique, lequel est confondu avec le derme de la modification cutanée qui recouvre l’organe devenu, lui-méme, en partie élastique.

c. Du Parenchyme lymphatique.

Le parenchyme des vaisseaux lymphatiques a la même composition anatomique que leprécédent. Il offre in térieui'emen tune membrane vasculiforme séreuse, et extérieurement une tunique celluleuse.

Les glanglions lymphatiques ne sont , comme les gros ganglions veineux , que des plexus extrêmement serrés , et non point, ainsi qu’on l’a cru, et que le ferait croire l’épithète de conglohé, des pelotons de vaisseaux contournés sur euxmêmes. L’injection de ces ganglions démontre évidemment que ce sont des ramifications , tortueuses, bosselées, anastomosées dans tous les plans, d’un ou de plusieurs vaisseaux lymphatiques afierens, d’où sortent aussi un ou plusieurs vaisseaux lymphatiques efférens, le tout réuni par du tissu cellulaire plus ou moins abondant; iis contiennent nécessairement eux-mêmes des vaisseaux artériels et surtout veineux , comme l’ont démontré les recherches anatomiques de Meckel , confirmées dans ces derniers temps par M. Lippi.

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f. Du Parenchyme placentaire.

Je, crois iuissi devoir ranger dans ce genre de |)arencbyme celte partie considérable du fœtus des mammifères qui constitue le placenta. En etfet, en l’analysant avec soin , on voit que celui-ci est entièrement composé de vaisseaux artériels et veineux, ramifiés , anastomosés dans tous les sens , réunis, agglutinés par une grande abondanee de tissu celluleux d’un aspect assez particulier ; le tout formant une masse assez compacte , dont la forme concave ou utérine est partagée en mammelons plus ou moins disîincts , hérissés de fibrilles cellulo-vasculaires. Quelques auteurs, et entr’autres M. Everard Home dans ces derniers temps, ajoutent au parenchyme vasculaire du placenta des filets nerveux nombreux, qui suivraient les ramifications des artères. Quant aux vaisseaux lymphatiques que l’on avait admis dans la composition du parenchyme , il paraît à peu près certain qu’ils n’existent pas.

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