‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 58 sur 58 · TOM K II · texte numérisé non relu

TOM K II

f-\']0 COURS UK PHVSIOLOGIK. (i3)

buléc, et parce que saforme n’est jamais re'gulière ni exactement circonscrite par une membrane fibreuse. C’estluiqui forme la glande lacrymale^ organe qui ne mérite peut-être pas tout-à-fait le nom de véritable glande , puisqu’il n’a pas de véritable canal excréteur , et qu’il verse son produit au bord de la paupière par plusieurs orifices ; la parotide , la glande sous-maxillaire, la sublinguale qui versent dans la bouche le fluide salivaire, glandules où vous trouverez d’une manière bien frappante la disposition globuliforme et la blancheur de ce genre d’organes sécréteurs. Enfin, sur les côtés du duodénum vous rencontrerez une autre glande beaucoup plus considérable que les précédentes, composée du même parenchyme , et qu’on a voulu regarder comme une glande salivaire abdominale. En analysant cet organe, connu sous le nom de pancréas , on voit que sa structure diffère assez de celle des .autres glandules pour faire supposer que le fluide qu’il verse n’est pas tout-à-fait semblable à la salive. C’est surtout dans les raies que l’on peut voir plus facilement la structure de ce genre de glandules. C’est un assemblage de petits corps globuleux, séparés par du tissu cellulaire sous-fibreux qui leur forme une enveloppe peu serrée, et donnant chacun issue à une branche du canal excréteur.

Les glandes proprement dites sont bien plus

(ly) COMPOSITIOIS INTIME DES ANIMAUX. 4? 1

fixes quant à leur forme et à leur situation, que les glanclules. Le foie, les reins, les testicules, les ovaires sont Lien plus invariaLles à ces deux égards que le pancréas et que les glandes salivaires. Vous avez dû remarquer que la forme du foie est vraiment caractéristique, au point que, comme je lai déjà fait observer, on peut y trouver des caractères spécifiques.

Je. subdivise les glandes en trois espèces ; dans l’une je comprends le foie et les reins ; les ovaires représentent la troisième. Je suis obligé en effet de séparer en deuxespèces les testicules et l’ovaire, du moins dans les animaux supérieurs , car dans les inférieurs leur ressemblance devient évidente.

Le foie et les reins sont les seuls parenchymes qu’on trouve constamment colorés dans toute la série animale. Il n’y a pas un être de cette série qui ait un canal intestinal distinct de la masse charnue du corps , sans avoir en même temps des glanules hépathiques reconnaissables à leur couleur verte. Et quant aux reins, que j’ai adriiis, ainsi que M. Jacobson , dans les insectes et même dans les malacozoaires céphalés et acéphales , leur coloration est peut-être moins constante, comme nous allons le voir en entrant dans quelques détails.

Les parenchymes des deux organes en question ont encore les plus grands rapports sous le point

l\"]2 COURS UK l'IlYSIOLOCIK. (jo)

de vue de leur sLi ucliire. Examinez un rein c^iii conserve encore les formes primitives de son développement , et vous le trouverez cornpo é d’un certain nombre de lobules; c/est ce qu’il est facile de voir chez le veau et même chez certains animaux adultes^ par exemple chez les cétacés. D’un autre côté, nous trouvons aussi que cette disposition lobuleuse appartient au foie tant qu’il n’est pas encore arrivé au dernier terme de son déveloj> pement ; et M. Desmarest a décrit , dans ces derniers temps, avec beaucoup de soin^ un animal .mammifère de l’ordre des rongeurs , sous le nom ue capromys , chez lequel cet organe est au moins aussi subdivisé que le sont les reins chez les espèces animales où ils le sont le plus. Cette analogie est déjà très-remarquable. Nous allons en trouver une qui ne l’est pas moins , en pénétrant plus avant dans la structure des parenchymes dont il s’agit en ce moment. Analysez le foie d’un très- .jeune, sujet ( à un âge plus avancé l’entassement et la condensation des grains glanduleux rendraient cette analyse très-difficile) , et vous le trouverez composé de petits cryptes , formés eux-mèmes par des granules, dont ceux du centre sont plus serrés que ceux de la circonférence. La meme chose s’observe dans le rein ^ tellement que, sous ce point de vue, un anatomiste ne pourrait pas distinguer un morceau de rein d’un morceau de

(ji) COMPüSITIÜiN J.NTIMK DKS AMMAUX.

i'üie. Voici un auti’e caractère cjiii est commun à ces deux orjfanes. C’est que le eanal excréteur de l’un et de l’autre se rend dans une poche formée par une rentrée de l’enveloppe tégumentaire , (|u’accompagne la couche musculaire hypodermienne ; en conséquence la vésicule du fiel n’appartient pas plus que la vessie urinaire au tissu kysto-muqueux qui constitue dans un cas le canal liépatique, dans l’autre, les uretères.

Ces poches sont en outre sujettes toutes deux à une meme maladie , savoir à la formation , dans leur intérieur, de concrétions ou de calculs, qu’y déposent les fluides excrémentiels qui s’y trouvent eu dépôt, lorsque ces fluides y séjournent trop long-temps.

Enfin les fonctions elles-mêmes des parenchymes liépathique et rénal établissent entre eux une sorte de parenté.

Quand on observe l’état de développement de ces deux organes dans la série des animaux, et ;iux divers âges d’un même animal , on reconnaît que le développement de l’un est en sens inverse de celui de l’autre : dans le jeune sujet , et chez les animaux inférieurs, c’est le foie cj[ui prédomine , et à mesure que l’on avance , soit dans la vie de l’individu, soit vers les organismes supérieurs, le rein acquiert plus de volume , tandis que le foie en perd proportionnellement à celui du reste du

474 C;OURS DE PHYSIOLOGIE. (ii)

corps. Des expériences nous ont appris en outre que, lorsqu’on enlève les reins , la sécrétion de la bile est sensiblement modifiée , et nous savons par la pathologie que lorsque les fonctions du foie sont troublées , la sécrétion de l’urine éprouve à son tour fréquemment quelque changement. Ces faits nous permettent de penser qu’il y a entre les reins et le foie un rapport physiologique tel , que ces deux organes , bien qu’ayant un usage différent dans l’économie , peuvent néanmoins être considérés comme se suppléant l’un l’autre au besoin.

On pourrait , je crois , ajouter aux divers traits d’anllogie que nous venons de remarquer entre le foie et les reins , celui que présente l’observation suivante. Le premier de ces organes, comme vous le savez parfaitement , puise-les matériaux dont il forme la bile dans le sang veineux abdominal , qui lui est apporté par le système de la veine porte j eh bien, M. Jacobson a démontré, non pas, il est vrai, dans les mammifères, mais dans les oiseaux, dans les reptiles , dans les amphibiens et dans les poissons, l’existence d’une veine qui se porte dans les reins , et qui semble fournir à la séci’étion dont ces organes sont chargés. Je suis persuadé qu’on doit retrouver la même disposition chez les jeunes fœtus de la première classe des ostéozoaires.

(î3) (:O.MI»ÜSlTlO> IMl.ME DKS AJSJ.MAUX.

J’espère VOUS avoir convaincus^ messieurs , par les réflexions qui precedent, de l’analogie frappan lc que je trouve entre les parendjyraes du foie et celui des reins et avoir suffisamment le'gitimé à vos yeux l’idée qu’ils ne forment qu’une meme espèce de parenchvn)e. U me reste maintenant à vous dire quelques mots sur les tissus du testicule et de r ovaire, et à vous montrer que ceux-ci, au contraire, doivent être considérés jusqu’à présent comme deux parenchymes différens.

Si vous vous arrêtez à la forme des organes

que je viens dénommer, vous trouverez entr’ eux, j’en conviens , une ressemblance assez complète ; il en sera de même quant à la couleur. Mais dès que vous arriverez à leur structure, vous verrez combien ces deux ' parenchymes diffèrent, du moins dans les animaux vertébrés. Tandis que les ovaii’es sont formés par la réunion d’une multitude de petites vésicules ovoïdes , retenues sous une enveloppe celluleuse ou même fibreuse plus ou moins serrée , les testicules le sont par de longs lilamens coniques, qui après s’être pelotonnés, entremêlés d’une manière plus ou moins inextricable, se réunissent en tr’eux en petits groupes ayant chacun un canal commun , en sorte que tou t l’organe en offre un nombre varial)le. Mais ces espèces de canaux ne s’ouvrent que dans une espèce de cavité lormée })ar la disposition de renvelo[)j)o jiérilo-

47^ (Ouns DE PHYSIOLOGIE. (24)

néalc , d’où pari h' véritable canal excreieur , le- (juel , après un nombre considdralile de flexions serrées, va se terminer dans un vésicule de dépôt.

Dans les insectes seuls, vous trouverez de l’analogie entre la composition anatomique du testicule et de l’ovaire; celui-ci présente un certain nombre de filamens cylindriques semblables à ceux du premier. Dans les uns comme dans les autres, c’est à l’extrémité de ces canaux ou de ces espèces de cæcums que se produit la substance qui, sous le nom de sperme ou d’œuf, doit servir à la reproduction.

Différences suivant les âges. .Si le temps me permettait d’examiner en détail les différences que peuvent présenter suivant les âges les parenebymes.glanduleux de diverses sortes que nous venons d’énumérer rapidement , vous verriez combien elles sont nombreuses, quoique elles n’aient pas encore été étudiées d’une manière véritablement satisfaisante.

, Elles ne sont cependan t pas considérables poulies cryptes, ni même pour les glandules salivaii-es ou non.

Elles le sont bien davantage pour les glandes hépatique et renale. Ainsi , tout le monde sait combien le foie est proportionnellement développé dans le second âge , auprès de ce qu’il sera par la suite, c’est le coutraiie pour les glandes rénales ,

(i5) COMPOSITION lISTIMi'; DKS ANIMAUX. 477

iloiii la t'omie el la sirclure sont aussi assez dilFérentes.

jNFais c’est surtout dans les glandes génératrices que râge apporte de nombreuses différences; c’est au point qu’à peine perceptibles dans les premiers temps du fœtus, elles n’acquièrent tout leur développement et leur structure particulière qu’à un âge déterminé de la vie , pour les perdre peu à peu à mesure que l’être vivant se rapproche davantage du terme imposé à son existence.

Nous trouverions dans ce genre de parenchyme beaucoup moins de modifications quant à la différence du sexe, si ce n’est cependant, comme on le pense bien, dans le parenchyme générateur, ainsi que nous venons de le montrer tout à l’heure, en traitant de l’ovaire et du testicule.

Difjei'ences dans les maladies. Les maladies font éprouver au parenchyme glanduleux des modifications presque aussi nombreuses qu’importantes , comme les pathologistes s’en sont assurés. En effet, il n’est pas une de ses espèces qui, par suite d’une irritation plus ou moins vive, ne soit susceptible de passer aux divers étals morbides désignés dans les noms d’induration , de ramollissement, d’état cancéreux ou carcinomateux , etc. Mais ce serait presque faire un cours <1 anatomie pathologique, que d’entr.er dans tous les détails où nous conduirait l’examen des modi-

4;^ COUUS DE PHYSIOLOGIE. (26')

lica Lions que ces différentes espèces de parendiyme glanduleux pourraient nous offrir.

Différences dans la série. Les différences que nous pourrions observer dans ce parenchyme , en étudiant chacune de ses espèces dans la série, sont , comme vous le pensez aisément , encore bien plus nombreuses; ainsi la structure des glandes salivaires des ostéozoaires , chez lesquels elles existent, n’a presque aucun rapport avec celle qu’elles ont dans les entomozoaires , où. ces organes sont de longs cæcums prolongés dans la cavité viscérale. Dans les malacozoaires , au contraire, elle se rapproche davantage de ce qui existe dans les premiers. Ce sont en effet des amas de grains glanduleux attachés chacun par des filamens creux à un canal excréteur commun.

Le parenchyme hépalhique, sensiblement d’une structure semblable dans les cinq classes d’o^zéozoaires, diffère beaucoup dans les entomozoaires, du moins dans les hexapodes , puisque cet organe est composé, à peu près comme toutes les autres glandes de cæcums plus ou moins nombreux. Le foie des malacozoaires cephalés est bien plus granulé que celui des animaux vertébrés;, mais il a du reste à peu près la meme structure. Il est assez différent dans les malacozoaires acéphales, où le foie forme une couche appliquée contre dans les parois de l’estomac.

(ay) COMPOSITION INTIMli DKS ANIMAUX. 479

Dans les actinozo aires ^ chez lesquels cet organe est distinct, on le trouve quelquefois avec les meme caractères que dans les mollusques bivalves; mais d’autrefois il forme des espèces de grappes, comme, par exemple, dans les astéries.

Le parenchyme rénal étudié dans la série ne laisse pas aussi que d’offrir d’assez grandes différences, même dans le type des ostéozoaires . Ainsi , les reins des quatre classes d’ovipares ne sont pas limités, ne sont pas aussi distincts que ceux des mammifères : ils sont aussi beaucoup plus mous ; on n’y peut nullement distinguer les trois substances que les anatomistes reconnaissent dans les reins de ceux-ci. Nous avons déjà eu l’occasion de faire remarquer que le système veincaix produit une sorte de veine-porte dans les reins des ovipares , ce qui n’a pas lieu dans les mammifères. ,

Les reins des entomozo aires , s’ils existent, sont, comme les autres organes sécréteurs, fournis par des espèces de cæcums.

Ceux des malacozo aires ont une tout autre structure , puisqu’ils ressemblent un peu aux capsules surrénales, mais avec un canal excréteur.

Le parenchyme des organes femelles de la génération diffère sensiblement dans les ostéozoaires vivipares de ce qu’il est dans les ovipares , en ce que dans les premiers il n’est point lobulé , et que son tissu est beaucoup plus serré, tandis

48ü COURS DE PHYSIOLOGIE. (iS)

que dans les seconds sa surface est plus ou moins irrégulière, surtout à un certain âge^et à certaines époques, et il ressemble à une sorte de grappe. L’ovaire des oiseaux est du reste assez semblable . à celui des reptile^ j mais celui des amphibiens , 'et surtout celui des poissons présente des caractères particuliers de structure.

L’ovaire des eniomozoaires hexapodes présente une structure analogue à celle des autres organes sécréteurs , en ce qu’il forme de longs tubes coniques : mais chez les autres entomozoaires il n’offre plus cette structure.

Dans les malacozoaires , l’ovaire sé rapproche davantage de ce qui a lieu dans les osiéozoaires ovipares par sa structure.

Parmi les , l’ovaire des holothu-

ries rappelle un peu celui des hexapodes.

Quant à l’organe générateur mâle, les différences dans la série sont au moins aussi considérables que pour l’ovaire ; mais pour les faire connaître, il nous faudrait d’assez nombreux détails, qui rentreraien t plus ou moins dans l’anatomie proprement dite.

Page 1