TOME II
(Ouns OE PIIYSIOEOOIE.
Messieurs ,
En poursuivant Tliistoire rapide des parenchymes commencée dans noire dernière séance, et que le défaut de temps nous oblige de terminer dans celle-ci, nous avons à vous dire quelques mots sur celui qui constitue les centres nerveux.
Parenchjme cérébro-spinal.
Ce genre de parenchyme est celui qui forme la moelle épinière et le cerveau, et peut-être même les ganglions du grand sympathique; quant aux nerfs proprement dits^ ils constituent du tissu nerveux némertaire , et non pas un véritable parenchyme, puisque ce tissu nest réellement qu’une modification profonde du tissu cellulaire.
D’après ce que je viens de dire sur ce que j’entends par le parenchyme cérébro-spinal, il est évident que sa situation est limitée , car il ne se trouve que dans la composition des organes cités tout à l’heure.
C’est manifestement un des parenchymes les plus simples, puisqu’il n’entre dans sa composition
(i) COMPOSITION INTiMK DKS ANIMAUX- 4^5
cju’iiu trcs-pclit nombre d’éle'mens anatomiques , savoir , du tissu cellulaire en fort petite quantité , et delà ncurine , qui au contraire en forme la plus grande partie. Il faut cependant y joindre du parencliyme vasculaire veineux et artériel, que nous avons vu être nécessairement dans tous les parenchymes, quelque simples quhls puissent être.
Les caractères physiques de ce parenchyme sont assez caractéristiques, pour qu’il soit reconnaissable au premier aspect. En effet , il est constamment ou presque constamment d’une couleur blanche particulière. Sa consistance est en général très -faible, toujours plus ou moins pvdpeuse, ce qui tient à la proportion de la neurine et du tissu cellulaire. Sa pesanteur spécifique est assez grande. Il est peu ou moins élastique.
Quant aux caractères anatomiques.^ il est à remarquer que la disposition fihrillaire est d’autant plus grande que ce paienchyme est plus près de communiquer avec les cordons nerveux ; au contraire, il est d’autant plus granuleux qu’il entre plus de vaisseaux dans sa composition. C’est ce dont on peut s’assurer en étudiant comparativement la partie du parenchyme cérébro-spinal , à laquelle on a donné le nom de substance grise , et celle qui constitue les cordons pulpeux de la moelle épinière, les nerfs auditifs, etc.
456 COURS DK PHYSIOLOGIE. (/J)
Quanta ses propriétés vitales, ce parenchyme est d’une insensibilité parfaite , et dépourvu de toute irritabilité contractile, quoiqu’il soit susceptible de déterminer de vives irritations , et meme des conti'actions convulsives dans les fibres musculaires.
Les dijféi'ences qu’il offre sont assez considérables, même suivant les parties qu’il constitue. Il suffit pour s’en assurer de le comparer dans chacun des ganglions qui composent le cerveau et le cervelet , ainsi que dans sa partie centrale.
Uâge a aussi une influence manifeste sur les différentes propriétés de ce parenchyme. En effet , il est prescjue liquide dans le très-jeune âge, et il semble s’endurcir dans la vieillesse, au point d’acquérir une densité considérable.
Les maladies amènent aussi chez lui de grandes différences , comme on peut s’en assurer à la suite des congestions cérébrales , des inflammations qui sont terminées par résolution , ou par une sorte de suppuration , dans les endroits où ont 'existé des épanchemens sanguins dont la mort n’a pas été la conséquence.
Mais les plus grandes différences sont celles qu’offre ce parenchyme , considéré dans chaque espèce animale. Malheureusement le temps qui nous reste ne nous permet pas d’entrer dans quelques détails à ce sujet.
6® Parenchyme musculaire.
.Le tissu des muscles avait été distingué des parenchymes par les anciens, qui donnaient, nous l’avons déjà dit, cette dernière dénomination à toutes les parties organiques, sauf à ce qu’ils nommaient et à ce qu’on nomme encore vulgairement la chair. Mais pour nous, nousl’étendoiis à tout tissu composé, et cette chair, c’està-dire les muscles, méritent aussi d’être rangés parmi les parenchymes. En effet , tout muscle est composé de plusieurs des tissus simples que nous avons étudiés précédemment. On y trouve, outre le tissu sarccux , qui en est le principal élément, et auquel il doit sa contractilité animale ou organique, du tissu celluleux, dans les mailles duquel se dépose le tissu sarceux, et qui fournit des enveloppes aux fibrilles , aux fibres , aux faisceaux , et au muscle entier ; des parenchymes artériels, veineux et lymphatiques, enfin beaucoup d’élément nerveux nemer taire. Si vous ajoutez à cet ensemble de tissus, tant simples que complexes, qui composent le tissu musculaire, une certaine quantité de tissu fibreux, résultat d’nne modification de son tissu cellulaire, et qui se continue avec lui, sans toutefois concourir à sa composition , en tant que parenchyme , vous aurez un organe de locomotion, un muscle.
458 COURS UH PHYSIOLOGIE. (6)
La place qu’occupe le parenchyme musculaire est limite'e à deux parties de l’organisme : on le trouve au-dessous de l’enveloppe cutanée, .et autour de la membrane muqueuse intestinale, avec la quelle il est en connexion très-intime. On peut cependant rapporter aussi ii ce parenchyme celui que nous avons compris dans le parenchyme vasculaire sous le nom de tissu sous-sarceux, et qui en possède en effet les principaux caractères.
7® Parenchyme pseudo-glanduleux.
J’a[)pelle pseudo - glanduleux le parenchyme des organes qui affectent la forme arrondie des glandes proprement dites, ^ sans avoir, comme celles-ci, dans leur composition, du tissu séromuqueux, constituant les canaux excréteurs.
Ce parenchyme est toujours situé profondément; il est dans la partie de l’organisme que M. Laurent , nomme Yendère.
Ses caractères physiques sont d’être blanc , plus ou moins mou, peu résistant.
Lorsqu’on l’étudie anatomiquement il se présente sous une forme très - irrégulière^ et l’on trouve que sa structure varie avec chacun des organes pseudo-glanduleux , ce qui porte à croire que ces organes n’ont pas de fonction commune , que leur rôle dans l’organisme n’est pas le même.
Vous pouvez prendre aisément une idée de
(;) COMPOSITJON INTIMK Ui:S ANIMAUX. 45*9
ces diiférences de structure en comparant le thymus à la glande thyroïde, aux capsules surrénales , etc. Sous le point de vue de leur organisation, ces prétendues glandes n’ont de commun , outre leur composition élémentaire, que l’absence des canaux excréteurs. J’ai fait plusieurs fois , et dans les circonstances les plus favorables , des recherches minutieuses pour y découvrir de semblables canaux , sans avoir jamais pu y réussir, et je me crois bien autorisé à ne pas admettre leur existence. T.jes élémens qui se combinent pour former le parenchyme des pseudo-glandes sont : du tissu cellulaire, et du parenchyme vasculaire des trois espèces, artérielle, veineuse et lymphatique.
Tout ce que je puis vous dire des différences que présentent les parties dont il est question, c’est que, considérées dans la série des animaux , nous les voyons disparaître successivement quand nous passons des mammifères aux animaux vertébrés inférieurs. Dans les poissons on ne retrouvé plus ni thymus, ni capsules surrénales; tout au plus existe - 1 - il encore des traces de la glande thyroïde; encore ne puis- je pas considérer la chose comme certaine. Dans les invertébrés il est impossible de découvrir quelf{ue chose qui ressemble au parenchyme pseudoglanduleu.x.
COURS DK PHYSIOLOGIE.
Avant d’en finir sur ce qui concerne ce jjaren- . chyme, je dois ajouter quelques mots au sujet de deux organes qu’on a voulu rattacher au système glanduleux. Ces organes sont ceux que vmis connaissez sous les noms de glande pinéale et de glande pituitaire. Je puis vous assurer qu’il ne m’a pas été possible de voir dans ces deux corps la moindre ressemblance avec les tissus pseudoglanduleux, et glanduleux, et que je ne puis les consitlérer que comme des prolongemens du parenchyme nerveux cérébral. Je conviens toute-" fois que je n’ai pas encore poussé leur analyse assez loin pour me prononcer d’une manière définitive sur leur nature.
8° Parenchyme glanduleux.
Je passe maintenant au parenchyme des véritables glandes. C’est à lui plus particulièrement (jue les anciens donnaient le nom de parenchyme, nom qui signifie , au contraire, pour nous, toute combinaison de plusieurs tissus élémentaires.
Un parenchyme glanduleux est toujours composé selon moi :
D’un tissu cellulaire très-abondant.
2“ De parenchymes vasculaires de trois sortes ,
savoir , d’artères, de veines et de vaisseaux lymphatiques ;
3° De tissu nerveux nemertaire de la vie organique.
4® Enfin de tissu séro- muqueux répandu en abondance dans son intérieur sous la forme de canaux ramifiés, qui constituent ce qu’on nomme les canaux excréteurs.
Caractères physiques . Le parenchyme glanduleux revêt constamment une forme plus ou moins fixe et assez régulière ; à ce dernier égard , cependant , toutes les glandes ne sont pas sur la même ligne. Comparez, par exemple, les glandes salivaires parotides, dontla forme estsi peu arrêtée, avec celle du foie qui est tellement fixe que le nombre et la proportion de ses lobes pourraient servir à distinguer les genres et même les espèces de mammifères; vous aurez par-là une preuve évidente de ce qui vient d’être dit.
La densité et la couleur des solides dont il s’agit sont également très-variables. En effet, toutes les glandes salivaires sont constamment d’un blanc rosé, ou mieux couleur de chair, tandis que le foie et les reins sont toujours plus ou moins foncés .
Caractères anatomiques et mict oscopiques. Lorsqu’on cherche à analyser la structure des diver-
46a COUUS DK PHYSIOLOGIE. (lo)
ses glandes , on irouve quelle varie d’une manière très-sensible. Le pai-encliyme des reins et celui du foie , qu’on peut regarder jusqu’à un certain point comme chargés d’un meme genre de sécrétion, se montrent composés, lorsqu’on les étudie à l’aide du microscope , de granules de deux sortes, dont les uns , moins nombreux et d’une couleur plus claire , entourent les autres, qui sont plus serrés, et d’une teinte plus foncée. C’est au reste ce dont nous allons nous convaincre en examinant tout à l’heure la structure de chaque espèce de parenchyme glanduleux.
Mais si vous examinez une glande, telle que la parotide, la lacrymale, le pancréas , etc., il vous sera impossible, quelque procédé anatomique ou microscopique dont vous fassiez usage , de voir quelque chose de comparable à ce qui se trouve dans les reins et daPs le foie. Vous trouverez bien encore des granules , mais d’une seule espèce , et disposés en groupes; de chacun de ceux-ci partent les racines des canaux excréteurs, dont la réunion successive forme enfin le canal, qui, après un trajet plus ou moins long, va porter à la surface le produit de la sécrétion. Dans cette espèce de glandes on peut donc arriver à désassembler tous les granules sécréteurs , ce qui n’est jamais ou très - rarement possible dans la première espèce..-
(li) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 4^)5
Quant aux cryptes, qu’on doit peut-être considérer comme une troisième espèce de glandes , leur parenchyme, considéré sous le point de vue de sa structure, ne présente que du parenchyme vasculaire des trois espèces, et du tissu cellulaire, avec une modification fibreuse, qui leur constitue une sorte d’enveloppe générale formant un orifice terminal servant de canal excréteur.
Caractères chiinicjues. Je ne puis malheureusement rien vous dire de la composition chimique des parenchymes glanduleux , et je crois même que la chimie ne nous donnera pas de notion certaine sur ce sujet , car aucun de ces parenchymes ne peut être analysé dans son état de pureté ; celui du foie contient de la hile, celui des reins renferme de l’urine, et la présence de ces produits altère et fausse nécessairement les résultats de l’analyse. En sorte que, supposé même que ces analyses eussent été faites avec tous les soins convenables , il y aurait réellement assez peu d’avantages à en tirer.
Caractères vitaux. Aucun parenchyme glanduleux n’offi ele moindre indice de contractilité. Aucun non plus ne présente de sensibilité dans l’état de santé : on peut blesser profondément le foie, les reins et toutes les autres glandes, sans ([ue l’animal , soumis à l’expérience , témoigne de douleur. Mais quand l’état inflammatoire s’empare
4^4 coulis UE PHYSIOLOGIE. (12)
du tissu eelJulo-vasculaire de ces organes, iJs deviennent le siège d’une douleur , pro-
fonde , et quelquefois aiguë.
M ais les parencliymes en question jouissent d’une propriété particulière, qui caractérise leur mode de vitalité ; je veux parler de la propriété de sécréter, c’est-à-dire de séparer du sang certains matériaux, et d’en former un fluide dont la nature varie pour chaque espèce de glandes. Nous allons bientôt étudier ces différens produits de sécrétions ; quant à la fonction elle-même , c’est un des points les plus importans que nous aurons à examiner , quand nous serons arrivés à l’explication des phénomènes des corps vivans.
Différences. Bien qu’ils soient tous composés de tissu cellulaire , de vaisseaux , de filets nerveux et de tissu-kysto-muqueux formant des canaux excréteurs, les parenchymes glanduleux offrent néanmoins entre eux des différences notables , d’après lesquelles on peut les diviser en plusieui’s groupes naturels.
Le premier est composé des cryptes quisonteuxmêmes de plusieurs espèces. Il y a des cryptes sébacés, des cryptes inucipares, quelquefois isolés, d’autres fois agrégés comme ceux qui forment les amygdales , enfin des cryptes lactifères , constituant les mamelles.
déplacé, dans le second groupe, un certainnoin-
(i3) COMPOSITION INTIMK UES ANIMAUX. /jGS
bre de glandes que je désigne sous le nom de glandules ; ce sont les glandes lacrymales, parotide , sous-maxillaire, sublinguale , et le pancréas.
Enfin, le troisième groupe comprend les glandes proprement dites , c’est-à-dire le foie , les reins , les ovaires et les testicules.
Tout organe glanduleux est en rapport avec la surface tégumen taire , mais ce rapport n’est pas le même pour le crypte et pour la glande proprement dite; il est immédiat chez le premier, et se
trouve établi chez le second par l’intermède d’un canal excréteur ; en d’autres termes , tandis que le crypte est situé dans l’épaisseur du tégument , et qu’il s’enfonce à peine un peu au-dessous de lui, la glande se trouve constamment à une certaine distance derrière cette membrane , et est plongée dans le tissu endérien. Âu reste^ je devrais peutêtre ne pas parler du parenchyme crypteux , et renvoyer à traiter des cryptes à propos des organes, comme j’ai rejeté le parenchyme phanérien , qui n’est que l’ensemble des organes placés à la surface de l’économie , pour mettre l’animal en état de sentir les corps extérieurs. On ne peut pas dire en effet qu’il y ait un parenchyme crypteux, caries cryptes ne sont pas composés de parties, comme, l’est par exemple le parenchyme périérien, qui , dans quelque endroit que vous l’examiniez , se montrera formé des mêmes élémens .avec de sim-
( OUU.S »K PHYSIOLOGIE. (i4)
pies moclHicalloiis nécessitées par la diversité des fonctions de ce parenchyme. Quoi qu’il en soit , étudions un peu le parenchyme crypteux. Nous le trouvons composé d’abord d’une membrane qui donne au crypte sa forme, qui le continue immédiatement avec le derme, et qui est formée par du tissu cellulaire condensé , ou si vous voulez parvenu à l’état de tissu fibreux. Vous verrez tout à l’heure aussi dansles glandes proprement dites une membrane fibreuse qui leur sert d’enveloppe , qui les limite dans l’organisme. En dedans de cette partie scléreuse, qui est plus ou moins dense, selon le degré de développement du crypte , nous voyons un système vasculaire très-dé veloppé , et plus en dedans encore, une apparence, si je puis m’exprimer ainsi , une simple apparence d’épithélium. Peut-être même n’esl-ce qu’une couche dissimulée de la substance que produit le crypte.
C’est à la surface du réseau vasculaire ainsi recouvert d’une couche inorganique , que se montre le produit sécrété.
Les crypîes sont modifiés selon la nature du fluide qu’ils exhalent , et c’est en raison de ces modifications qu’on les divise en plusieurs espèces. Jetons rapidement un coup-d’œil sur chacime de celles-ci. !
Les cryptes sébacés appartiennent surtout à la peau; ils sont plus nombreux dans certains en-
(i5) COMPOSITION IN'l'lME IJKS AMMA.UX. 4^7
droits que dans d’autres, et se inontreni laiiiôt épars, et tantôt réunis en plus ou moins grand nomLi’e, de manière à former des espèces de glandules sans canal excrétem'. On trouve surtout des agglomérations de cryptes sébacés autour de l’anus ou des parties génitales externes; il en existe de remarquables dans le premier de ces points chez le dauphin, la civette, et beaucoup de carnassiers; et nous en voyons de tout aussi notables sur les parties latérales du prépuce du castor.
Je partage les cryptes en trois sortes :
Les sébacés ;
2" Les mucipares;
3“ Et les amygdales.
Les cryptes sébacés existent surtout à la surface cutanée des mammifères, des oiseaux, de quelques reptiles ; mais ils se trouvent aussi quelquefois réunis et formant des amas glanduleux autour de l’anus ou vers le prépuce;
Les cryptes mucipares peuvent aussi se trouver à la surface cutanée; mais ils abondent surtout dans les tégumens internes. On les rencontre, comme les précédons , tantôt épars et isolés, tantôt réunis en nombre plus ou moins considérable. Vous avez un exemple remarquable de ce dernier cas dans ce qu’on nomme les glandes de Peyer ; ces glandes ne sont que des aggrégations de cryp-
4^)8 COURS DE PHYSIOLOGIE. (i6)
tes qui se disposent les uns à côlé des autres de manière à former des plaques plus ou moins ovales, qu’on aperçoit très-Lien, surtout chez les jeunes sujets , à la surface interne de l’intestin grêle. Il est facile de lès ëtudier dans des cas assez communs où elles sont enflammées (i); les cryptes raucipares qui les composent sont alors très-développés .
Les amjgdalesne sont également que des agrégations de cryptes mucipares j mais ici ces cryptes se disposent d’une manière qui les fait déjà ressembler aux glandules ; leurs orifices se réunissent de manière à n’en former qu’un, deux, ou trois pour chaque amygdale ; il n’y a cependant pas encore de véritable canal excréteur.
Quant aux cryptes lactifères , je regrette de ne pouvoir vous les décrire exactement ; mais j’ai besoin pour cela de les analyser encore, ce que personne n’a fait d’une manière rationnelle. Le peu que nous savons à leur égard nous vient de Haller, les auteurs qui l’ont suivi s’étant à peu près contentés de copier ce qu’il a dit des prétendues glandes mammaires. Je puis vous assurer que lorsqu’on étudie avec soin les parties dont il s’agit, on ne peut leur trouver de rapport , ni avec les
(i) C’est môme par l’Inflammation de ces parties que commence un grand nombre des maladies qu’on de'signe sous le nom de fièvres.
glandes, proprement dites, ni avec les glandules. Elles diffèrent aussi des cryptes ordinaires; ce sont des cryptes très-alongcs , qui reçoivent une quantité vraiment remarquable de vaisseaux lymphatiques, Il n’y a pas non plus ici de canal excréteur, mais seulement une lacune, dans laquelle se réunissent les orifices particuliers de tous les cryptes lactifères, et qui peut bien , par la longueur qu’elle a clans quelques animaux, être prise ])our le conduit d’excrétion d’unevéritable glande. On se convaincra aisément que ce n’est là qu’une fausse ressemblance eu examinant avec soin ce prétendu canal , car on trouve, très-bien dans son intérieur les orifices dont je viens de parler, et ceux-ci s’aperçoivent parfaitement chez certains individus de l’espèce humaine , où la lacune lactifère se renverse et fait saillie àu-dehors. L’élude des cryptes mammaires nous conduirait, je n’en doute pas, à des résultats du plus grand intérêt , et il est bien à désirer qu’on s’en occupe plus qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. Le peu que nous savons à l’égard de ces organes doit nous faire présumer qu’ils sont formés par un parenchyme tout particulier, différent du parenchyme des autres cryptes; c’est ce qui m’a engagé à en faire un genre à part.
Le parenchyme des glandules se distingue par sa blancheur et par sa structure granuleuse , lo-