‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 9 sur 58 · I. Du tissu dermeux · texte numérisé non relu

I. Du tissu dermeux

Le tissu dermeux est une modification assez peu profonde de l’élément générateur, qui oc-

(j) COMPOSITION INTlMii DES ANIMAUX. 63 cupe toute la surface de l’aiiinial , tant cxlérieurenient qu’inlérieurcment , qui se trouve en un mot , partout où l’orf^anisme est eu rapport avec le monde extérieur : c’est lui qui limite l’animal dans l’espace, qui, sous un point de vue, détermine sa forme, et qui porte les organes des sens externes, et l’appareil crypteux, d’où sortent les humeurs propres à exercer une première action sur les substances étrangères introduites dans l’économie pour servir à sa nutrition. Je dois vous faire observer que ce que j’entends par le système dermeux n’est pas tout ce qui entre dans l’enveloppe du corps, dans ce que nous nommons la peau, tant externe qu’interne. Celleci, en effet, n’est point un tissu, c’est une réunion de tissus, c’est un appareil. Vous j trouvez d’abord une couche principale unie par un tissu cellulaire plus ou moins abondant au système locomoteur sous-jacent ; cette couche est le derme lui-même. Vous trouvez ensuite à sa surface extérieure un réseau vasculaire , puis vraisemblablement une couche nerveuse , et enfin ce qu’on nomme l’épiderme. Outre ces parties essentielles , le tégument en présente encore d’autres que je nomme accessoirès ou de perfectionnement; ce sont les cryptes et les pbanères , que nous étudierons prochainement, et qui servent aux divers rapports de l’être avec les circonstances exté-

(>4 coulis DE PHYSIOLOGIE. {/,)

rieures. C’est donc à tort^ comme vous le voyez, queBichat, et bien d’autres, à son exemple, ont décrit tout le tégument comme u)i système unique. Aussi restreignons-nous la dénomination de tissu dermeux à une seule couche de l’appareil cutané, et n’entendons-nous par là que le derme proprement dit, que cette partie connue également sous le nom de corion. Ayant ainsi déterminé d’une manière précise le sujet qui va nous occuper, et le sens qu’il faut attacher aux mots par lesquels nous le désignons, nous diviserons le système dermeux en externe ou cutané (ectérien, Laur.) , et en interne ou muqueux (entérien, Laur.). Ce dernier, pour le dire en passant, est formé , selon moi, par la couche que Bichat regardait comme le tissu cellulaire sous-muqueux , tandis que ce qu’il a pris pour le tissu muqueux lui-méme est en grande partie le réseau vasculaire sus-dermien; c’est ce que je vous démontrerai très-bien quand nous en serons à l’histoire de la seconde division du système qui nous occupe.

1° Du iissu dermeux cutané ou dermeciérien.

Le tissu dermeux cutané consiste en une le'gère modification de l’élément générateur ou cellulaire; il est composé, comme celui-ci, de filamens et de lamelles anastomosés , feutrés, qui laissent entre eux des vacuoles d’autant plus petites, qu on

(5) COMPOSITION INTIMK DES ANIMAUX. ()5 les considère plus près de la surface externe. Ce tissu est en rapport, d’une part, avec la couche celluleuse sous-cutanée, et de l’autre , avec les couches supérieures du tégument externe, dont il constitue la partie principale (i). Tels sont, d’une manière générale, les caractères qui peuvent servir à la définition du système dermeux cutané. Beaucoup d’auteurs se sont occupés de son étude, et, comme je vous l’ai dit, la plupart, et Bichat à leur tête , ont embrassé avec ce tissu , J ont rattaché toutes les autres parties de la peau; ils ont pris en un mot un appareil pour un système élémentaire.

Caractères anatomiques. Le derme n’est autre chose, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, qu’un tissu cellulaire condensé. La modification très-simple que subit cet élément dans sa texture, lui mériterait l’épithète de cellulo-fibreux, qui exprime assez bien cette disposition intermédiaire au tissu fibreux et au tissu générateur, qu’on trouve dans le derme. Presque entièrement celluleux à sa face interne, présentant encore là des

(i) La ddnominalion de cette partie de l’enveloppe est empruntée à sa position plutôt qu’à sa structure , parce que celleci varie trop: dans beaucoup d’animaux, il est même impossible de distinguer le derme du tissu cellulaire, ou pour mieux dire,

ce dernier ne subit pas de modification sensible à la surface du CO rps.

()ï) c;OUllS DE PHYSIOLOGIE. (fr)

vacuoles assez notables dans lesquelles pénètre le tissu cellulaire sous-culané, il est plus ou moins serré à la surface externe, et y perd presque entièrement, au moins chez les animaux supérieurs, l’aspect de Félément primordial, pour revêtir à peu près celui de ce qu’on nomme les membranes Jibreuses , autre système qui résulte , comme nous le verrons plus tard , de la condensation du même élément. On observe néanmoins chez beaucoup de mammifères, et notamment dans l’espèce humaine, que la partie la plus dense du derme est le milieu de son épaisseur: à l’extérieur, il se renfle un peu pour former concurremment avec le réseau vasculaire et le tissu nerveux du tégument, de petites éminences connues sous le nom de papilles -, car les papilles ne sont pas uniquement, comme on l’a beaucoup dit, un tissu vasculo -nerveux. Les vacuoles que présente le derme, et qui sont surtout très-grandes à sa surface interne , reçoivent non-seulement le tissu celluleux sous-cutané, mais encore les vaisseaux qui vont former le réseau vasculaire, et les nerfs qu’on suppose se disposer également en réseau à la surface externe du corioii, nerfs qui nous donnent la sensation du corps mis en contact avec notre peau.

Caractères microscopiques. On n’aperçoit rien de nouveau dans le derme, quand on arme ses yeux

du microscope; cet instrument permet seulement d’apercevoir des maiJJes et des filamens plus petits que ceux qu’on observe sans son secours. Les vacuolesprésententquelques variéte's selonqu’elles servent h la sortie des, poils, des vaisseaux, des nerfs, ou qu’elles sont traversées par les vaisseaux sudoripares admis par quelques anatomistes allemands, ainsi que nous le dirons plus tard.

Caractères physiques. Le tissu dermeux est d’une couleur blanche argentée, que nous retrouverons dans le tissu fibreux proprement dit. Il est fort extensible, mais seulement jusqu’à un certain âge ; ainsi il l’est beaucoup dans l’enfance et dans la jeunesse, tandis que dans la suite, il se prête de plus en plus difficilement à la distension. Mais cette distension n’a pas lieu , même chez les jeunes gens^ au-delà d’un certain degré, sans que le derme s’altère dans sa texture ; ses fibrilles et ses lamelles cèdent alors, et se rompent en plus ou moins grand nombre, elles mailles très-agrandies deviennent en même temps fort apparentes; c’est ce que vous pouvez observer chez la plupart des femmes qui 'ont fait des enfans. Chez elles, la peau du ventre et des parties voisines est tellement distendue pendant la grossesse , qu’elle s’éraille ; et lorsque la distension a cessé , on aperçoit, comme vous le savez, les cicatrices des fibrilles rompues, sous la forme de petites tachç&

blanches inégales, auxquelles on donne le nom de vergetuves.

Le derme est généralement peu élastique et revient peu sm- lui-même après sa distension; la peau forme alors des, plis et des rides plus ou moins considérables, comme on le voit encore chez la plupart des femmes qui ont eu des enfans, comme on le voit également chez les sujets qui passent d’un certain embonpoint à un état d’émaciation. Il y a néanmoins des cas où le derme jouit à un degré éminent de l’élasticité; mais il prend alors tous les caractères du tissu fibreux jaune ou élastique : c’est ce qui a lieu dans le tégument du ventre chez l’éléphant ; c’est ce qu’on observe encore chez les serpens , notamment chez les hoas et les serpens a lunettes ( coluber naja ) , animaux qui avalent des proies d’un volume bien supérieur à celui de leur propre corps , et qui avaient besoin pour cela que leui's tégumens, tant externes qu’internes, pussent se prêter à une distension considérable , et revenir ensuite sur eux-mêmes.

]je tissu dermeux est assez dense , comme nous l’avons vu plus haut; il offx'e toutefois à cet égard des variations notables. Il est mauvais conducteur du calorique; en échange, il transmet assez bien l’électricité, qui le traverse facilement quand il n’est pas trop épais , et quand il cou-

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serve une certaine laxité ; cette transmission est surtout facile chez les enfans, chez les femmes, et généralement chez les sujets nerveux. Son hygrométricitc , ordinairement faible , se développe néanmoins dans quelques cas d’une manière nolahle.

Caractères organoleptiques . Le derme est sans odeur particulière ; il partage seulement celle de l’animal sur lequel on l’examine -, il ii’a pas de saveur distincte, et n’exerce aucune action sur nos organes. La digestion est en général difficile , et en sépare peu de matière aîihile ; cependant ce tissu est azoté, et contient une assez grande quantité de ce principe vraisemhlahlement complexe, auquel on donne le nom de gélatine , et qui entre dans la eomposition d’un houillon fort nourrissant.

Caractères chimiques . On n’a pas étudié jusqu’à présent la composition chimique du denne, de manière à obtenir des résultats satisfaisans , parce qu’on n’a pas eu soin d’analyser isolément cette partie du tégument, et qu’on a toujours compris avec elle l’ensemble des élémens de la peau.

Le tissu dermeux se putréfie difficilement; il se dessèche plus volontiers, comme Bichat l’a observé. On voit le tégument des cadavres exposés a une température atmosphérique élevée, ou à

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un courant d’air rapide, perdre toute son Immidilc , et prendre, comme celui des momies, une

sécheresse , une sorte d’état de tanage qui le présccve de décomposition pendant un temps presque indéfini. L’ébullition doit être fort prolongée pour dissoudre l’élément qui nous occupe , meme lorsqu’elle alieu dans la marmite de Papin, ou dans eelle que M. Chevreul a modifiée. Cette opération le réduit complètement en gelée. Il est insoluble dans l’alcool , il se comporte comme une substance neutre à l’égard des réactifs. Les chimistes regardent le tissu dermeux comme composé de gélatine modifiée; c’est aussi l’opinion de M. Thomson. D’autres pensent qu’il entre dans ce tissu deux substances particulières qui n’ont pas encore été analysée ; des chimistes anciens , M. Chaptal entre autres, ont admis de la fibrine dans la composition du derme; mais c’est un fait que les travaux postérieurs n’ont pas confirmé.

Caractères vitaux. 11 est indubitable que le tissu dermeux est insensible par lui-méme, et que les nerfs qui le traversent , sans se confondre avec lui , réclament pour eux toute la sensibilité dont il peut paraître doué. Les chirurgiens ont fait une observation intéi'essante, qui prouve bien que le derme , pris isolément, reste dépourvu de sensibilité , et que celle de la peau réside tout entière dans le réseau nerveux répandu à la surlace

fil) COMPOSITION INTIMK MES ANIMAUX. '] l

externe de ce meme derme. Ils ont remarqué, dans leurs opérations sur les sujets vivans, qu’ils produisent des effets tout-à-fait opposés sous le rapport de la douleur, selon qu’ils incisent ou porcent la peau de dehors en dedans ou de dedans en dehors ; dans le premier cas , l’incision est extrêmement douloureuse, elle ne l’est pas ou l’est heaucoup moins dans le second. Cela tient évidemment à la position du système nerveux, qui est étalé en une sorte de couche à la surface externe du corion , tandis qu’il ne fait que traverser en filets isolés la face adhérente pour se rendre à la première.

Le tissu nerveux n’est pas susceptible de se contracter sous l’influence de l’action nerveuse. Il ne jouit que de cette espèce de rétractilitéque Bichat a nommée coniracliUlé de tissu , laquelle persiste encore après la mort. Cette propriété se manifeste lorsqu’on coupe la peau dans un endroit où elle est hien soutenue, où elle repose sur une couche de tissu cellulaire sous-cutané ; la division de cette membrane est alors immédiatement suivie d’un écartement plus ou moins considérable des bords de la solution de continuité. Ce phénomène est la manifestation de l’élasticité ou de la contractilité du derme, et nous montre que le tissu c'ellulaire sous-cutané et les fluides dont il est aljrcuvé , \c tiennent habituel-

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lement dans un état de distension, qui cesse aussitôt qu’une cause quelconque le rend plus ou moins indépendant des parties voisines. Les chirurgiens connaissent très-bien le fait dont je parle; aussi ont-ils bien soin, dans les amputations, de ménager d’avance assez de peau pour que la rétraction que doit subir cette membrane n’augmente pas l’étendue de la plaie , et pour qu’ils puissent obtenir une cicatrice aussi petite que possible.

Le derme est encore susceptible , selon moi, de se contracter sous l’influence du froid, et de se dilater sous celle de la chaleur. Les acides, et tous les corps qui agissent à la manière de ce que nous nommons en thérapeutique les corps astringens , provoquent encore le resseri’ement du tissu dermeux.

Cet élément paraît être susceptible d’irritation inflammatoire; cependant, dans la plupart des cas, les inflammations du tégument siègent plutôt dans le réseau vasculaire et nerveux de la peau et dans les vaisseaux et le tissu cellulaire souscutané , que dans le derme lui-même. Au reste, nous i-eviendrons sur cet objet, quand nous examinerons les cbangemens que subit le tissu dermeux dans les maladies dont il est susceptible.

C’est ce que nous allons faire tout à l’heure , car nous sommes arrivés à l’examen des difîérenccs qu’il présente.

(i3) composition INTIMK DKS ANIMAUX. ']3

Différences. Les différences que l’on peut observer dans ce tissu peuvent porter sur l’épaisseur , sur la densité , et même sur le degré de mobilité , qui sont plus ou moins considérables.

Différences selon les parties des corps. Dans tous les endroits où le derme doit défendre l’organisme contre l’action grossière des corps extérieurs , il acquiert une épaisseur et une densité considérables. C’est ce qu’on voit , par exemple , à la plante des pieds dans l’homme , sous les articulations des doigts dans les animaux digitigrades , à la face externe des membres en général, aux parties supérieures du corps , surtout dans la ligne médio-dorsale. Au contraire, il devienttrèsmince , très-peu serré partout où la peau doit être plus absoi’bante , plus flexible, et même un peu translucide , comme cela se remarque aux parties inférieures du corps , à la face interne des membres , surtout vers leurs articulations , au prépuce , aux paupières. Le tissu derrneux , dans ces derniers cas , ressemble presque tout-à-fait au système celluleux.

Quant à la mobilité dont il est susceptible , (et qui lient à sa communication avec la masse de l’organisme au moyen du tissu cellulaire sousposé , ainsi qu’à la proportion du tissu contractile qui lui reste adhérent) elle est presque constamment nulle aux membres, tandis qu’elle est plus

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OU moins considérable au ti’onc, surloul aux parties antérieures et à la face.

Différences suivant les âges. Le tissu dont nous faisons Hiisloijre présente des modifications également importantes selon les diverses époques delà vie. En effet , cliez le fœtus, le corio-derme est presque granuleux , gélatineux , transparent ; il n’acquiert sa véritable nature que lorsque le jeune sujet a cessé d’être baigné par un liquide , et quand il est exposé au contact de l’air. Avec l’âge , il s’amincit de plus en plus ; sa texture devient plus seri’ée, plus sèche, moins perméable; il est plus adhérent, et , par conséquent, moins mobile ; c’est ce dont vous pouvez aisément vous assurer , en examinant comparativement la peau d’an jeune fœtus, celle d’un enfant, celle d’un individu adulte, et celle d’un vieillard parvenu à l’état de décrépitude.

Différences selon les sexes. On retrouve à peu près les mêmes différences à l’égard des sexes qu’à celui des âges. Comparez en effet le corioderme des femmes avec celui des hommes, et, en général, celui des individus femelles avec celui des individus mâles dans les animaux , et vous remarquerez qu’il est toujours plus mince, moins serré et plus poreux dans les premiers que dans les seconds.

Différences suivant les teinpéramens. Les dil-

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fërences de ce genre sont également suseeptibles d etre appréciées , et elles portent de meme sur la mollesse , l’épaisseur , le gonflement, qui sont plus considérables dans le tempérament lymphatique que dans les autres, et surtout que dans le tempérament bilieux.

DiJJërences suivant les j'aces. On conçoit trèsbien que le tissu dermeux offre aussi quelques différences selon les races ; mais elles sont moins appréciables ou n’ont pas été étudiées.

Les circonstances hygiéniques ont nécessaire- ' ment quelque influence pour faire varier un peu les propriétés du tissu que nous éludions; carie séjour dans un lieu humide et peu exposé à l’action de la lumière solaire, et dans un climat dont la température est assez basse, donne au tissu dermeux une mollesse , une épaisseur, une blancheur même , assez différentes de ce qu’on voit dans le derme des hommes , et même des animaux qui habitent dans des circonstances opposées. L’action prolongée d’un froid sec le modifie aussi autrement c[ue celle d’une température élevée. En effet, dans le premier il est assez mince, d’une texture serrée, comme on lè voit dans les Groënlandais , tandis qu’il offre les caractères opposés chez les nègres , et même chez les Hottentots.

Je ne vois pas que des modifications dans l’espèce de nourriture aient aucune influence sur les

'jG COURS DE PHYSIOLOGIE. (ifi)

propi’iétés du tissu dermeux. Mais ou conçoit très-bien qtie la nature des vêtemens puisse en exercer une , quoique dans des limites assez restreintes ; et l’on comprend , en outre , que les dilFérences qui peuvent en résulter doivent avoir quelque analogie avec celles qui sont occasionnées par le séjour.

Différences dans les maladies. Le tissu dermeux paraît susceptible d’un grand nombre de maladies; mais ce n’est là qu’une apparence, et depuis que la pathologie est devenue plus positive, depuis qu’elle marche appuyée sur l’anatomie et sur des études vraiment physiologiques , on a reconnu que le derme était rarement le siège des maladies de la peau , et c[ue la plupart de ces affections occupent , lorsqu’elles sont superficielles, le réseau vasculaire , les cryptes et les appareils phanériques, et quand elles sont profondes (ce qui est le cas du furoncle), les vaisseaux capillaires sous-dermiens (i) . 11 importe beaucoup, vous le voyez , de bien distinguer , dans les maladies dont je parle , les divers élémens de la peau , afin

(i) Comme le tissu cellulaire sous-cutané se continue en se confondant avec le derme, il arrive nécessairement ijuc les vaisseaux du premier arrivent dans le second , et que, lorsqu ils sont malades, l’affection se propage aisément dans l’épaisseur du derme, qui alors, et comme cela a lieu dans le furoncle , en souffre et en est plus ou moins altéré.

(ig) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 7Ç>

rience ne nous a rien appris encore à ce stijet.

Enfin , nous ferons , pour ce qui concerne les altérations de tissu qu’on a attribuées au derme , la meme réflexion que nous avons faite pour celles qui ont été rapportées au tissu cellulaire , et nous dirons que , dans le premier cas , comme dans le second, on a très - vraisemblablement pris de simples dépôts de matières morbides dans les mailles du tissu, dépôts qui distendaient ce dernier, et le rendaient plus ou moins difficile à retrouver au milieu de ces matières , pour des transformations pathologiques de l’organe lui-même.

Différences dans la série animale . Nous allons voir maintenant que les caractères du derme varient d’une manière assez notable, selon les divers groupes d’animaux. Les différences qu’il offre , quand on l’envisage de la sorte , se rapportent au rôle que ce système est destiné à remplir à l’égard des circonstances extérieures, et elles consistent principalement en ce que la densité et la solidité du tissu dermeux augmentent d’autant plus, que le tégument doit servir plus exclusivement d’organe protecteur, tandis que ce tissu devient d’autant plus mou et plus perméable, ' qu’il est plus spécialement destiné à absorber.

Parmi les mammifères, nous voyons des familles chez lesquelles la peau jouit d’une faculté

8o COURS Dli PHYSIOLOGIE. (ao)

dcxliaialioii très-prononcée, tandis que, chez d’autres, cette membrane est privée plus ou moins complètement de cette faculté. Ainsi l’homme, les ruminans , les solijDédes^ et beaucoup d’autres animaux de cette classe , perdent plus ou moins de liquide par la transpiration cutanée, tandis que plusieurs carnassiei’s,telsquele loup, le chien, le renard , ne perspirent ni ne transpirent jamais. Cette dififérence physiologique tient, du moins en très-grande partie , à une différence dans la densité du derme. Le derme du loup , què je choisis , parce que cet animal est un de ceux qui sont demeurés dans les circonstances naturelles où ils avaient été placés originairement , ce derme vous Surprendra par sa solidité, par sa densité, par la résistance qu’il offre à la macération. Il y a un autre animal doilt le corion est encore plus dense et plus solide, le paressèux; je vous montre ici un échantillon de sa peau, dont voüS pouvez apprécier l’épaisseur, proportionnellement si grande par rapport au volume du corps. La ilature a garanti par là ce petit quadrupède contre des atteintes dont le reste de son organisation ne lui perinettait pas de së préserver autrement qüe par une résistance passive.

Lé dernàe dé l’hômnie et d’üri grand nombre d’autres mainmifères èst au Contraire aSsèZ lâche,

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de reconnaître les véritables différences de ces maladies, qui souvent ne sont pas des différences de nature, mais seulement de siège. En tête dés affections sthéniques dont le derme est susceptible, il faut ranger l’hypertrophié: on voit en effet ce tissu devenir quelquefois lé siège d’un surcroît de nutrition , et acquérir par suite de cela une épaisseur considérable. Tous 'avez dans Yéléphantiasis un exemple frappant de ce genre d’anomaliej vous la retrouverez dans d’autres maladies qui intéressent , comme celle que je viens de citer , le système des vaisseaux lymphatiques ; car il y a un rapport bien certain entre les développemens du système vasculaire , et surtout de celui des vaisseaux blancs, ét les hypertrophies , soit du tissu cellubiire lui-inéme , soit de ses modifications les plus simples , telle qu’est celle qui constitue le derme. •

Ce dernier est-il susceptible de s’atrophier ? On ne conçoit pas n pviùfi la possibiîité d’uiie pareille anomalie, parce qu’il faut toujours que l’étre soit limité dans l’espace d’une manière qui soitèn rapport avec lés Circohstanceè extérîeurés,|: il serait difficile que la pripcipaie partieidu tégument s’annihilât au point où nous voyons s’arinihiler les muscles ét quelques autres organes , dont les lonctions ont cessé depuis un certain temps.

Nous avons déjà vu que l’inflammation peut

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