M ESSIEU IIS
Nous devons maintenant jeter un coup-d’œil sur les différences qu’on peut observer dans la sérosité. Malheureusement je n’aurai guère à vous présenter autre chose à ce sujet que des, cadres à remplir; mais c’est déjà beaucoup que de les connaître , et il serait à désirer qu’ils fixassent l’attention des chimistes , qui pourraient alors prêter un secours utile aux physiologistes pour combler ces lacunes.
(A.) Différences suivant les parties du corps. La sérosité varie- t-elle selon qu’on l’examine dans le tissu cellulaire, dans les cavités abdominale, thoracique et cérébrale? Je ne crois pas qu’on soit en droit de l’assurer, et il est assez probable, selon moi , qu’elle est partout identique. Les différences que l’on a observées sous ce rapport me paraissent dépendre du séjour plus ou moins long qu’a fait le fluide dans l’endroit d’où on le retire ; car il est évident que l’absorption à laquelle il est soumis doit le modifier alors , en s’exerçant sur tel ou tel de ses élémens , et notamment sur son élément aqueux. Souvent aussi l’on a admis des différences de ce genre d’après l’analyse de la
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sérosité d’une liydropisie , sur laquelle le traitement avait eu plus ou moins d’influence, et qu'il avait altérée. Vous voyez en cela, Messieurs, une nouvelle preuve de la nécessite de tenir compte dans une analyse d’une foule de circonstances concomitantes qui modifient le fait qu’on étudie , et auxquelles on a rarement pris garde jusqu’à ce jour.
Je n'ai pas trouvé de différence réelle dans la sérosité selon les cavités dans lesquelles je la recueillais.
Un de nos physiologistes les plus distingués a annoncé dans ces derniers temps l’existence d’un fluide aqueux particulier, situé dans le crâne et dans le rachis , et qu’il a nommé, à cause de cette position, liquide cérébro-spinal. En supposant (jue ce fluide se trouvât réellement contenu dans des membranes disposées , comme l’indique l’auteur de cette découverte , il n’en mériterait pas davantage d’être regardé comme un élément spécial de l’organisation , car l’analyse chimique a démontré qu’il 11e différait pas de la sérosité.
Il faut aussi ranger dans cette catégorie le fluide connu sous le nom d’humeur aqueuse , et qui se trouve dans l’espace qu’on appelle chambre de l’œil. Sa limpidité est parfaite, mais il offre d ailleurs tous les caractères de la sérosité, et contient les mêmes élémens chimiques.
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C’est ici, je crois, le lieu de vous parler d’un fluide particulier , contenu dans l’une des enveloppes du fœtus des mammifères, enveloppe qui offre assez d’analogie avec les membranes séreuses. Ce fluide vous est connu; c’est le liquide amniotique , dans lequel se trouve plongé le jeune animal pendant toute la vie intra-utérine ; il est d’autant plus abondant que ce dernier approche davantage du moment de sa naissance. La source de l’eau de l’amnîos ne nous est pas encore connue , nous verrons plus tard si nous ne pouvons pas parvenir à la trouver ; mais , pour le moment, nous devons nous bornera étudier cette eau sous le point de vue statique. MM. Vauquelin et Buniva ont analysé celle de la femme et celle de la vache ; il y ont trouvé une très grande proportion d’eau , de l’albumine , quelques sels , et une matière animale particulière, ayant chez la femme l’aspect d’un savon frais, blanchâtre , et onctueux , et présentant dans la vache une couleur jaunâtre et une certaine viscosité. Ce serait cette matière qui donnerait à la liqueur de l’amnios la couleur blanchâtre qu’elle a chez l’espèce humaine , et la teinte jaune qu’elle offre dans la vache. Enfin , les mêmes auteurs y ont aussi trouvé chez ce dernier animal un acide particulier, qu’ils nomment acide amnioücjue. On a reproduit ces résultats , sans y rien ajouter , dans
tous les ouvrages de chimie et de physiologie , et si j’en excepte M. Berzelius, qui dit y avoir rencontré chez la femme de l’acide fluorique , et d’autres observateurs qui soutiennent qu’il n’y existe point d acide , personne ne paraît avoir répété l’analyse du fluide en question . Dans ces derniers temps , on a imaginé que le fœtus vivait comme un poisson, dans l’intérieur des eaux de lamnios. Dès-lors, il fallait lui trouver des branchies , et on lui en a trouvé ; puis comme un poisson ne pourrait pas respirer dans une eau privée d’air , attendu que ce n’est pas l’eau ellemême , mais l’air qu’elle renferme qui lui fournit de l’oxigène, le physiologiste qui avait adopté l’analogie du fœtus avec un poisson , s’adressa à un chimiste, qui lui trouva aussi de l’air dans le fluide amniotique. Mais quand on a procédé sévèrement, et sans idée préconçue, à la vérification de cette prétendue découverte, on n’a plus découvert ni air ni oxigène libre dans ce liquide. J’aurai l’occasion de revenir encore sur lui à propos de la sueur , à laquelle il a été comparé par des personnes qui l’ont regardé comme le produit de la transpiration du fœtus.
Au reste , il est bon de vous prévenir qu’il n’y a pas identité dans les fluides que MM. Vauquelin et Buniva ont analysés sous le nom de liquide amniotique; car, s’il est certain qu’ils ont analysé
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ce véritable liquide dans la femme , il l’est également que celui delà vache était provenu de l’allantoïde , comme je vous le dirai plus tard, en vous parlant du fluide produit et contenu dans cette membrane.
(B.) D. suivant les âges. Sous ce rapport il y a une différence réelle entre la quantité de la sérosité du jeune sujet et celle de l’adulte : chez le premier , cette humeur est plus abondante et plus aqueuse; chez le second, elle est plus riche en sels et en albumine; mais ici encore se fait sentir le défaut de bonnes analyses comparatives.
(C.) D. suivant les sexes. Les différences de ce fluide selon les sexes n’ont pas été étudiées dans l’espèce humaine, ni à plus forte raison chez les animaux ; cependant on peut en concevoir , les tissus des individus femelles étant toujours plus mous , moins rigides , et plus aqueux que ceux des sujets mâles.
(D.) D. suivant les tempéramens. Il est évident que si la sérosité ne diffère pas chimiquement dans les individus d’un tempérament lymphatique , sanguin ou bilieux ( ce dont on conçoit cependant très-bien la possibilité pour ce qui concerne la proportion de l’albumine) , elle doit au moins différer pour sa quantité générale en combinaison avec les tissus ; mais ces sortes de différences ne peuvent guère être mesurées.
(E.) D. suivant quelques circonstances hygiéniques. Vous avez, vu quelles différences apportaient les localités dans la composition du fluide dont il s’agit ; vous avez vu que dans les milieux humides la sérosité était plus abondante, quelle était plus salée quand l’animal est marin. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce quelle variai dans l’espèce humaine , selon les climats , et selon les lieux habités , et à ce quelle contînt plus de sels chez les hommes qui demeurent au voisinage de la mer , que chez ceux qui vivent au milieu des continens , etc.
(F.) D. suivant les maladies. Vous voyez, Messieurs, que nousavons bien peu de choses positives sur la nature et sur les différences normales des liquides séreux. Quant à leur état pathologique , c’est véritablement le seul que nous connaissions , le seul auquel appartiennent toutes les analyses qui ont été faites, et que nous avons citées ; en effet on n’a guère recueilli de sérosité que dans des cas d’hydropisie générale ou locale , c’està-dire dans l’anasarque , l’ascite, l’hydrocèje, l’hydropéricarde, l’hydrothorax, l’hydrocéphale, l’hydrorachis , l’hydro-amnique (car M. le docteur Lemercier nous a montré que cette espèce d’hydropisie pouvait avoir lieu) , et enfin dans J hydrophtalmie (l’œil en étant également susceptible). .l’ajouterai seulement un mot sur la va-
riété de cette affection, qu’on désigné sous le nom d’hydropisie enkystée. Dans ce cas , la sérosité s’accumule dans quelques mailles du tissu cellulaire (en général dans le foie, dans l’ovaire, lors des engorgemens chroniques de ces organes) , les distend de plus en plus, refoule ce tissu tout autour d’elle, et y produit ainsi une grande vacuole , dont les parois , formées par le tissu refoulé, prendront tous les caractères des membranes séreuses, et représenteront de véritables sacs sans ouvertures. La sérosité qui occupe ces kystes a les mêmes caractères que celle qui remplit les membranes séreuses des cavités splanchniques dans leurs hydropisies. Elle contient peutêtre une plus grande proportion d’albumine, qui se coagule même souvent de manière à former des espèces de membranes et des enveloppes au fluide contenu, d’où ce qu’on a nommé des hydatides, et par suite des acéphalocystes , que je vous ai démontrés depuis long-temps n’être nullement de véritables animaux.
(G.) D. suivant les espèces. Les caractères que nous avons reconnus plus haut à la sérosité , se retrouvent dans la division entière des animaux vertébrés; chez tous cette humeur constitue un fluide limpide, transparent, presque inodore, unpeuplus dense et plus pesant que l’eau , dont il ne dif^ fère au reste que par la présence d’une très-faible
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proportion d’albumine et de sel. Les animaux qui font usage de substances salines , et notamment de chlorure de sodium, présentent aussi une plus grande quantité de ce dernier dans la composition de leur sérosité; mais nous ne possédons pas d’expériences qui nous permettent d'établir un parallèle entre le fluide séreux des mammifères et celui des oiseaux , entre celui de ces derniers et celui des reptiles, enfin entre celui des deux classes de vertébrés à sang-froid. Cependant on peut présumer que la sérosité est d’autant plus aqueuse , que nous approchons davantage de la partie inférieure de lechelle, et que l’animal est plus aquatique.
Dans les entomozaires on ne trouve pas de membranes séreuses, mais seulement un tissu cellulaire spongieux ; ce ne sera donc que dans les mailles de celui-ci qu’il faudra chercher de la sérosité. Or , ce fluide est susceptible de s’y accumuler, et l’on observe des hydropisies chez les animaux de cette classe, comme vous aurez eu peut-être occasion de le voir dans les chenilles de quelques lépidoptères , et entre autres dans celle du ver à soie.
Dans les malacozoaires vous trouvez une quantité notable du fluide qui nous occupe ; vous n’avez qu’à couper une limace, et vous verrez suinter aussitôt de toute la surface mise à nu un liquide visqueux , dont cet animal exhale au reste
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une grande quantité, qui lubrifie son tégument externe. Ce liquide est très-gluant, parce qu’il contient beaucoup de mucus ; il est en même temps moins albumineux que celui des animaux supérieurs. On y trouve une grande proportion de carbonate calcaire que la dessication met à nu, et qui se montre en stries argentées partout où l’animal passe, en y laissant un peu du fluide qui humecte sa peau. Les autres malacozoaires présentent moins de ce carbonate, et quelquefois même n’en ont pas du tout , comme on le voit chez certaines espèces marines , dont la peau est nue. Les huîtres exhalent une grande quantité de sérosité, tenant en dissolution du chlorure de sodium. Vous connaissez les méduses, ces animaux si transparais qu’il est difficile de les distinguer de l’eau dans laquelle ils sont plongés; ces êtres que vous prendriez aisément pour des morceaux de gélatine. Eh bien ! lorsqu’on les coupe, les méduses fournissent une énorme quantité d’eau, qui est vraisemblablement contenue dans les mailles d’un tissu cellulaire, chose que je n’ose pourtant point assurer , n’ayant pu, jusqu’à présent, apercevoir une disposition celluleuse dans le tissu de ces actinozoaires. Dans les holothuries , les actinies, les pennatules , il existe une énorme quantité de fluide muqueux; il faut changer vingt fois le li-
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quide dans lequel on place ces animaux, ayant qu’ils cessent de fournir de cette mucosité , cl qu’on puisse les mettre dans l’esprit de vin poulies conserver.
Vous devez voir, Messieurs, que le fluide auquel nous donnons le nom de sérosité , et qui est disséminé dans les mailles des tissus de l’organisme^ est albumineux chez les animaux supérieurs, et que perdant de plus en plus ce caractère à mesure que nous descendons dans l’échelle des invertébrés , il devient en même temps d’autanL plus muqueux , qu’on se rapproche davantage des derniers de ceux-ci. Les autres substances qu’elle renferme sont , comme vous l’avez vu , quelques sels, dont la nature et la quantité varient selon le séjour de l’animal. Au reste, je dois ajouter encore que nous ne possédons pas d’analyses bien complètes du fluide séreux, pris aux divers degrés de la série.
(A.) De la Synovie.
Il existe dans quelques parties de l’organisme une sérosité modifiée pour un usage particulier, nommée synovie, qui se trouve dans de petits sacs sans ouverture, dans des kystes naturels , que nous étudierons plus tard, et qui sont tout-à-fait analogues aux membranes séreuses par leur forme
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et par leur organisation. On rencontre ces sacs dans l’appareil locomoteur , entre les parties qui exercent les unes sur les autres des frottemens habituels; et c’est meme à ces frottemens qu’est due leur existence , comme nous vous le démontrerons , et comme le prouve l’apparition des kystes accidentels dans les endroits où des mouvemens semblables viennent à s’établir^ par suite de quelque lésion, ou de quelque opération chirurgicale. Il y a des membranes de ce genre entre les surfaces articulaires mobiles, où elles portent le nom de membranes synoviales, autour de certains tendons ; où elles ont reçu le nom de bourses muqueuses , quelquefois aussi entre la peau et une surface osseuse. Ces organes n’existent que chez les animaux vertébrés, parce que chez eux seuls les articulations sont intérieures. Le fluide qu'on y trouve en quantité variable est semi-transparent , d’un blanc plus ou moins verdâtre, plus consistant que la sérosité ordinaire, filant et un peu onctueux ; observé au microscope, j’y ai vu, comme dans cette dernière, des grumeaux de forme irrégulière suspendus dans un véhiculé aqueux très-abondant; ces grumeaux sont en plus grand nombre ici que dans le fluide séreux proprement dit, ce qui explique la plus grande densité, et la viscosité de la synovie. Cette humeur offre une odeur fade , un goût salé.
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Son analyse a été faite par plusieurs chimistes, et entr autres, par Margucron, par MM. Vauquelin et Berzelius qui l’ont trouvé composée de beaucoup d’eau, d’une certaine quantité d’albumine, d’une matière filamenteuse, que Margueron, d’après l’examen qu’il en a fait dans le bœuf, soupçonne être de l’albumine modifiée, et que M. Yauquelin qui l’a observée chez l’élepbant , rapproche de la fibrine ; enfin l’analyse a démontré dans la synovie l’existence du chlorure de sodiiun , du chlorure de potassium , de la soude , des carbonates alcalins, et du phosphate de chaux, sels que nous trouverons , au reste , en plus ou moins grande quantité dans toutes les humeurs et dans tous les tissus animaux ; en voici les proportions :
Eau 8o,46.
Albumine 4,^2.
Mat. filamenteuse. . . 11,86.
Chlorure de sodium. . . 1,75.
Soude 0,71.
Phosphate de chaux. . . 0,70.
La synovie n’a d’importance que pour la locomotion à laquelle elle est utile en facilitant le glissement des surfaces articulaires et autres, qui sont appelées à des frottemens habituels et plus ou moins étendus. Mais l’existence de cette humeur n intéresse nullement la vie générale.
Nous connaissons peu les altérations dont elle est susceptible; nous savons seulement cjuc sa trop grande abondance peut donner lieu à une véritable hydropisie, et que son absence produit la réunion adbésive des surfaces.
(B.) De l’Humeur plastique.
Ce que j’entends par humeur plastique , est un fluide pathologique qui suinte des bords d’une solution de continuité quand l’hémorrhagie a cessé. Ce fluide est transparent, visqueux, gélatineux ; il a beaucoup d’analogie avec le précédent. Il est destiné à réunir les lèvres des plaies susceptibles de 1 ’être , comme on dit, par première intention. C’est lui qui agglutine ces lèvres, entre lesquelles il établit ensuite le tissu cellulaire, et plus tard la continuité des vaisseaux , des nerfs et des autres parties divisées. Il suinte aussi bien à la surface des fragmens d’os fracturés, qu’à celle des tissus mous , et constitue la matière du cal . Malheureusement la plastique ne se montrant que dans le cas de plaie, on ne l’a pas considérée comme un élément de l’organisme, et l’on n’a pas songé à l’étudier en particulier ; on s’est contenté de l’assimiler à la sérosité. Je ne puis donc qu’appeler votre attention sur elle, et que vous engager à l’examiner avec soin : peut-être sa
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connaissance nous conduira-t-elle un jour à pouvoir expliquer comment un être organisé se développe , comment , chez beaucoup d’animaux, plusieurs parties, et entr’autres , les appendices , se reproduisent après leur ablation , ainsi que les pattes des salamandres et celles des crustacés en fournissent des exemples.
(C.) De VOvarine.
Jenedois pas passer sous silence un autre fluide qui appartient à la catégorie de ceux que nous étudions dans cet article; je veux parler de l’ovarine ou fluide de l’ovaire.
J’ai eu l’honneur de vous dire dans une autre partie de mon cours de zoologie ^ de quelle manière je conçois que le germe sort de l’ovaire dans les mammifères vivipares, et comment il est introduit dans l’intérieur de la trompe dite de Fallope. Vous savez que l’organe dont il provient est revêtu d’abord par le péritoine , qu’au-dessous de cette membrane séreuse, le tissu cellulaire forme en se condensant la membrane ou l’enveloppe propre de l’ovaire, que le même tissu cellulaire , en se prolongeant ensuite intérieurement , va constituer le parenchyme de cet organe , dans les cellules duquel se produit par extension , sans doute , le germe destiné à perpétuer l’animal dans le temps et dans l’espace.
Je vous dirai en passant, que ce germe est un prolongement du tissu de l’animal , et non , comme j’ai pu le penser, le résultat d’une cristallisation dans un fluide. Mais ce que je veux surtout vous faire remarquer ici , c’est qu’il se trouve suspendu dans un liquide particulier, qui s’accumule autour de lui , soulève et amincit progressivement dans le point où il existe , les enveloppes de l’ovaire. Celui-ci présente alors dans ce même point une sorte de vésicule , dont les parois , de plus en plus amincies par l’accumulation croissante du fluide quelles contiennent, tendent à se crever , et à donner issue au germe ; c’est ce qui arrive en effet , et ce dernier passe alors dans le canal excréteur. L’ovarine paraît ainsi destinée à déterminer par une action toute mécanique, la sortie du germe, et à introduire ce corps encore gélatineux et d’une extrême ténuité, dans la trompe, et de là dans cette seconde portion du conduit excréteur qu’on nomme la matrice , où il doit séjourner et subir une série de développemens. Peut-être cette humeur fournit-elle en même temps à la première nutrition du jeune sujet.
Elle n’a été analysée jusqu’ici par aucun chimiste , et n’a même encore été observée par les anatomistes que d’une manière extrêmement incomplète.
Dans les animaux clicz lesquels j ai pu disséquer l’ovaire à une époque où il n’avait encore fourni qu’un petit nombre de germes, j’ai trouvé des vésicules plus ou moins développées, dont le lluide m’a paru peu visqueux , d’un blanc jaunâtre, et contenir probablement une certaine quaniité d’albumine. Vous voyez } Messieurs, que nous connaissons bien peu l’ovarine ; je 11e puis qu’appeler votre attention sur elle, en vous faisant observer qu’il serait intéressant d£ l’analyser comparativement avec le fluide de l’amnios, afin de voir si elle n’aurait pas beaucoup d’aDalogie avec lui. C’est probablement à son accumulation qu’est due la maladie de l’ovaire à laquelle on donne le nom d’hydropisie enkystée, et qui m’a paru être plus fréquente chez les femmes qui ont gardé le célibat , et qui sont parvenues à l’âge critique. Nous savons qu’alors ce fluide, examiné chimiquement, présente les plus grands rapports avec celui qui constitue les autres hydropisies.
Ici se termine l’histoire des véritables liquides qu’on trouve répandus à titre d’élémens dans les mailles des tissus animaux, où ils se meuvent par absorption et par exhalation, sans affecter démarché déterminée. Tous ces fluides émanent et quelques - uns d entre eux sont au nombre des sources de ceux que nous allons étudier maintenant