TOME i
COURS DE PHYSIOUOGIR.
NOTE SUR LES PRINCIPES IMMÉDIATS DES CORPS ORGANISÉS (i).
Avant de passer à l’histoire des élémens semiliquides, qu’il me soit permis de faire ici une digression qui, sans doute , aurait été mieux placée à la suite de mes considérations préliminaires sur la composition de l’organisme , mais qui, n’ayant pu entrer dans mes leçons orales à cause de la nature de ses détails , et de la nécessité de ménager le temps consacré à ce cours, ne devait pas non plus primitivement faire partie de la reproduction imprimée de mes leçons } et n’a été rédigée qu’un peu tard.
Pour atteindre le Lut que nous nous proposons , savoir : l’analyse complète des phénomènes que présentent les corps vivans animaux , et la tentative d’une explication de ceux qui en sont évidemment susceptibles , nous devons , préala-
(i) Cette note n’ayant pu être prête pour occuper sa place naturelle , c’est-à-dire pour être mise en tète de l’Histoire des Elémens organiques , serait peut-être mieux placc'e dans la section où nous traiterons des produits; mais comme, d’une autre part , il sera encore souvent question de principes immédiats , avant que nous en soyons là, nous avons cru plus utile de la donner dès à pre'sent , que d’attendre davantage uniquement par respect. pour l’ordre.
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blement à tout, étudier la substance matérielle qui entre dans leur composition , ou les modifications que la matière dire dans la slructi/fe intime de l’organisme.
Mais pour que cette étude soit plus utile , il nous semble rigoureusement nécessaire d’exposer les connaissances que la chimie nous a fournies jusqu’ici, sur la manière dont les élémens chimiques constituent les principes immédiats qui entrent dans la composition des élémens organiques, et cela non-seulement dans les animaux , mais encore dans les végétaux.
Nous trouverons plusieurs avantages dans cet examen , entre autres celui de nous familiariser avec des choses , et avec des termes , dont nous parlerons et que nous employerons souvent dans la suite de ces leçons. En même-temps nous pourrons apprécier le degré de confiance que l’on doit à des assertions, à des explications qui ont été introduites dans la science de la vie , et nous indiquerons aux chimistes les desideranda de la biologie.
L’organisme animal est formé chimiquement d’un certain nombre d’élémens ou de corps simples (pour employer l’expression reçue en chimie), auxquels on peut donner avec M. Chevreul le -nom de principes éloignés ou élémentaires, par opposition avec ceux que nous allons désigner
tout à l’heure sous la dénomination de principes immédiats, ou d’élémens composés.
Ces élémens ou principes élémentaires sont assez nombreux , puisqu’on en compte jusqu’à seize, et peut-être même davantage, s’il est vrai que le phtore se trouve réellement dans les os, comme l’a dit M. Berzelius, et que l’or et le cuivre se rencontrent quelquefois dans les végétaux.
Quoi quhl en soit, les seize généralement admis , et qui existent dans les végétaux comme dans les animaux, peuvent être partagés en deux classes (non sous le rapport chimique, mais sous les rapports anatomique et biologique qui nous intéressent le plus), suivant qu’ils sont essentiels, ou bien jusqu’à un certain point accidentels ou adventifs.
Les élémens essentiels, sans lesquels on ne peut concevoir l’organisme , et qui en font en effet la très-grande partie, ou même la presque totalité, sont :
L’oxygène, L’azote ,
L’hydrogène , Le carbone.
C’est dans ces élémens et dans les composés qu’ils forment que réside principalement la vie , surtout, parce que, comme nous le verrons plus tard, ces derniers sont essentiellement mobiles, ce qui dépend des proportions dans lesquelles leurs principes élémentaires se trouvent combinés.
Ils existent donc dans toutes les parties de l’or-
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ganisrne , aussi Lieu dans les solides que dans les fluides, tant liquides que gazeux, dans les tissus comme dans les produits. Analysées par les moyens convenables, ces parties se résolvent toutes distinctement en ces quatre élémens , qui constituent également le règne, pour ainsi dire , intermédiaire aux corps organisés et aux corps inorganiques, composé de l’air et de l’eau.
Les élémens que nous avons nommés accidentels ou adventifs, parce qu’il semble en effet que ce soit presque par accident qu’ils entrent dans la composition de l’organisme, sont au contraire beaucoup plus fixes ou moins vivans que les principes essentiels. Ils sont aussi beaucoup plus nombreux ; mais ils n’entrent en général que pour une très-faible portion dans la structure des corps organisés.
Du reste , comme ceux de l’ordre précédent , on les trouve aussi bien dans les tissus que dans les fluides , et dans les produits ; mais ce en quoi ils en different beaucoup , c’est qu’il n’y a qu’un assez petit nombre d’entr’eux , qui se rencontrent à la fois dans toutes les parties , et dans tous les corps organisés. La plupart sont limités à certains organes, et à certains animaux.
Les élémens adventifs sont au nombre de treize , savoir :
Le phosphore , Le chlore ,
Le soufre , L’iode ,
Le silicium , Le potassium ,
L’aluminium, Le manganèse.
Le magnésium, Le fer ,
Le calcium , Le cuivre ,
Le sodium ,
auxquels il faut peut-être ajouter le phtore , que M. Berzelius a rencontré dans les os, et avec plus de doute, l’or que quelques chimistes anciens ont annoncé se trouver dans les végétaux.
Ces élémens, soit essentiels, soit accidentels , existent presque tous aussi Lien dans le règne végétal que dans le règne animal ; seulement ils y sont dans des proportions extrêmement différentes. Ainsi, il est bien reconnu que le carbone prédomine dans les plantes , au contraire de l’azote qui est toujours bien plus abondant dans les animaux.
Il est très-rare que ces élémens , quels qu’ils soient, se trouvent employés dans l’organisme à leur état de simplicité. M.. Ciievreul dit même quelque part que cela n’a jamais lieu , quoique M. Berzelius assure que le fer existe à l’état métallique dans la graisse. Mais presque toujours ils sont combinés deux h deux, trois à trois, quatre à quatre, et même cinq à cinq, d’où résultent des composés binaires , ternaires , quaternaires et quinquenaires , auxquels on a donné les noms de corps ou de principes immédiats.
On conserve la dénomination de corps pour
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les composés d’élémens qui sont regardes comme appartenant presque exclusivement au règne inorganique, et l’on donne celle de principes immédiats à ceux qui , généralement plus complexes , ne se rencontrent généralement aussi que dans les règnes organisés. Mais, comme le fait justement observer M. Ghevreul , cette distinction , du moins chimiquement parlant , n’ëst pas tranchée depuis qu’on produit une sorte d’huile par l’action de l’acide sulfurique sur la fonte de fer ,. et une sorte de corps gras en chauffant au rouge cerise un mélange d’acide carbonique , d’hydrogène pur , et d’hydrogène percarburé , et surtout depuis que M. Whœler a formé de toutes pièces une véritable urée artificielle.
Malgré cela nous adopterons cette division , et nous allons passer en revue les corps et les principes immédiats qui peuvent se rencontrer dans l’organisme animal, en les partageant en sections suivant qu’ils sont communs à tous les règnes, propres au règne végétal , communs au règne végétal et au règne animal, ou enfin propres à celui-ci.
Cette division, qui a évidemment quelque chose d’arbitraire, quand on considère les combinaisons de l’organisme dans la chimie proprement dite, mérite d’être admise en biologie, à cause des considérations importantes auxquelles elle conduit naturellement.
Composés communs aux corps inorganiques cl organisés :
Ces composés peuvent être rangés suivant le nombre des élémens composa ns.
A. Composés binaires.
(a) Oxigènés acides.
Acide nitrique. Azote. . . . 26,146-}- Oxigèuc. . . j3,35&.
carbonique Carbone.. . 27,376-}- — 72,627.
• sulfurique Soufre.. . . 4°j14 “f* — 69,86.
pbospborique Phosphore.. 43,97 "f" — 56, o3.
silicique
(S) Oxigènés non acides (oxides).
Eau Hydrogène.. ii,i -}- Oxigène\ 88,9.
Silice Silicium. . . 48,8 -f- — 61,92.
Alumine. ........... Aluminium. 53,29 -j- — 46,71-
Magnésici - Magnésium. 59,54 -f- — 4°>46*
Chaux Calcium.. . 71,81 -}- — 28,09.
.Soude Sodium. . . 74, 4a -f* — 25,56.
Potasse Potassium. . 83, o5 -}- — 16, 85.
Peroxide de manganèse Manganèse. 64,1 -f- 35,99»
Peroxidede fer Fer 69,34 -j- — 3o,66.
(7) Non oxigènés.
Chlorure.
j de sodium.. . .
j de potassium. .
. (de sodium.. .
Iodure ( ,
I de potassium.
Acide hydro-chlorique
Ammoniaque
Chlore. . . 60, 3o -j-Sodium. . . 39,66.
Chlore. . . 4y>47 -(-Potassium. . 52,53.
Iode ? -[-Sodium. . . ?
Iode ? -(-Potassium. . ?
Hydrogène . 2,74 -(-Chlore.. . . 97,26.
Hydrogène . 17,458-)- Azote. . . . 82,54*
B. Composés ternaires.
(«) Oxigènés salins.
f de chaux. . . . Acide. . . . 43j6 . -[-Chaux.. . . 56,4 Carbonate. . . < de soude. ...
{ dépotasse. . . Acide. . . • 4^>'*3 -[-Potasse. . .
idc chaux. . . . Acide. . . . 58,47 -f*Chaux.. . . 41?53
Sulfate. . . . ^ de soude. . . . Acide. . . . 56, 18 -j-Soudc. . . . 43,8*
(dépotasse. . . Acide. . . . 4^,33 -j-Potasse. . . 54,67
„ Ç de chaux. . . . Acide. . . . 48, 4^ -j-Chaux.. . • 5i,55
m 0Uf"*. S de soude. • • • Acide. . . . 53, 3o -[-Soude. . . . 46,7°
Phosphate.. • | de potasse. . . Acide. . . . 43,o6 -j-Potasse. . . 56,94-
Hydrochlorate d’aunnoniaque. . Acide. • . • 5t,io -[-Ammomaq. 3a, i3.
Nitrate de potasse. . Acide. . . . 53,45 -[-Potasse. . . 46*55
(Bcrzeliua),
(Berzel.)
(Berzel.)
id.
(Berzel.)
(Berzel.)
Eau 16,17.
(Berzel.)
(a5) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 5 I 5
(/3) Oxigénés non salins.
Huile Je la foute de fer.
(7) Non oxigénés.
Aude hydro-cyanique EÉjehrogiue. 3,645+Aiote Si,yoj -(-Carbone 44,6îo