‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource]Chapitre 3 sur 45 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

nition), ou pour indiquer la loi qu’une chose a reçue du créateur ou de notre esprit, et d’après laquelle elle agit ou elle est dans toutes les occasions; encore le mot essence est-il ici préférable. Il est de toute évidence, d’après la disgression que nous venons de faire sur les principales significations actuelles du mot nature , qui entre dans la composition du terme de physiologie , que celuici ne saurait plus convenir en aucune manière pour désigner la science de la vie : les Allemands ont parfaitement senti cela, et lui ont substitué avec raison la dénomination beaucoup meilleure de biologie (1). Cependant , comme celle-ci s’applique également à tous les êtres organisés, je propose celle de zoobiologie ou de zoobie pour spécialiser la science de la vie des animaux.

DE LÀ ZOOBIOLOGIE.

Je définirai cette branche de la zoologie, la science qui analyse chez les animaux les phéno-

(i) En envisageant les phénomènes dans l’ensemble des corps organisés , on pourra ensuite subdiviser cette science en deux parties, sous les noms de zoobie et de phytobie, suivant qu’on les analysera dans les animaux ou dans les végétaux en particulier, division quelquefois artificielle, mais qu’on est souvent obligé d’admettre.

Le nom de physiologie pourra alors rester pour comprendre , comme le faisaient les Grecs, l’ensemble des sciences naturelles , de celles que j’ai nommées sciences d’observation , ce qui corres-

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(ig) INTRODUCTION. IQ

mènes de la vie dans leur production , dans leurs rapports, soit avec l’organisation, soit avec les circonstances extérieures, et qui cherche à les expliquer en les rattachant aux lois générales de la matière toutes les fois qu’ils en sont susceptibles.

La définition que je donne ici n’est évidemment qu’une extension de l’idée de ramener l’explication de tous les phénomènes à des principes mécaniques , l’un des pas les plus grands et les plus hardis qu’on ait faits en philosophie, et que nous devons à Descartes.

Cette science , ainsi définie, est donc nécessairement lahase de ce qu’on nomme la médecine, et des diverses branches qui la constituent ; cela est de toute évidence , puisque cet art est l’un des deux termes, des deux buts les plus compliqués de la zoologie ou de la science des animaux en général , et que pour ramener à leur état normal par des procédés rationnels les fonctions troublées par l’altération des organes qui les exécutent, il faut connaître ce que les uns et les autres sont dans cet état. Comment en effet voulez-vous reconnaître ou assurer qu’un individu qui est soumis à votre examen , est ou n’est pas dans l’état de santé , si vous ne connaissez pas les limites des variations

pond , à peu de chose près , à la philosophie naturelle de Newton et de scs compatriotes , chez lesquels les termes de physik et de physicians sont restes pour indiquer la médecine et les médecins.

dontlcs fonctions de l’organisme sont susceptibles, sous l’influence des variations des circonstances qui agissent sur lui ?

Comment peut-on juger que les symptômes anormaux qui s’offrent à vous en examinant un malade } indiquent véritablement la lésion médiate ou immédiate de tel ou tel organe, si vous n’avez pas analysé le rapport nécessaire de cet organe avec sa fonction , de cet organe avec l’appareil auquel il appartient , enfin , de cet appareil avec l’organisme tout entier, dans l’état normal , et si , surtout, vous n’avez pas analysé les suites que peut avoir cette lésion prolongée.

Comment en outre pourra-t-on concevoir l’emploi des moyens thérapeutiques dans un cas de maladie, si ces moyens n’ont pas été analysés avec soin dans l’état de santé, et dans les differentes formes dont cet état est susceptible, et s’ils n’ont pas été employés d’une manière opportune.

L’expérience, ou comme on le ditvulgairement la pratique, est sans doute une partie importante de l’art de la médecine ; mais la théorie basée sur la connaissance préalable de toutes les circonstances du phénomène, l’est peut-être davantage, parce que chaque homme n’est, pour ainsi dire, plus obligé de créer pour lui seul la médecine, proportionnellement à ses forces intellectuelles, et qu'il peut, si je puis m’exprimer ainsi, monter sur

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les épaules de ses prédécesseurs. Elle est importante pour que l’art soit éclairé dans toutes ses parties, pour qu’il y ait plus de certitude dans l’application, et pour consoler la conscience du médecin , lorsqu’il est obligé de reconnaître les limites malheureusement trop bornées dans lesquelles son pouvoir est restreint.

On a fréquemment vanté l’empirisme que l’on a décoré souvent de lepitliète d’hippocratique; mais regardez quelles sont les personnes qui se réfugient dans cette manière de voir , asyle ordinaire de l’ignorance ou du moins de la paresse, etdemandez-leur si réellement la méthode hippocratique tant vantée est de la médecine , si ce ne serait pas plutôt de l’histoire naturelle des maladies (i).

Qu’est-ce en effet que la méthode expectante , qui a souvent, et je me plais à l’avouer, de grands avantages; qu’est- ce autre chose que l’observation pure et simple du cours naturel de phénomènes anormaux dans des limites d’anomalies peu étendues , et dans des circonstances où la cause ayant pu être enlevée, le retour à la santé se fait sans moyens perturbateurs, et comme on le dit, naturellement?

(i) N’est -ce pas peut-être encore une manière de faire de la médecine un art industriel qui , pour tant d’argent que vous a coûté votre instruction médicale , vous rapporte un intérêt proportionnel, à tel point qu’on a pu faire entrer cet art dans des considérations d’économie politique.

Malheureusement il y a encore trop de parties de la thérapeutique qui sont et doivent être purement empiriques , et qui le seront peut-être toujours; mais cherchons à les diminuer autant que la nature de la science le permet : imitons, sous ce rapport, les arts chimiques, qui sont devenus d’autant plus certains , d’autant plus faciles dans leurs procédés, que la science les a éclairés davantage de son flambeau; il n’y a plus de tours de mains , ou du moins ils deviennent pl us rares de jour en jour, parce que la pratique est guidée par la science; et le premier ouvrier , pour peu qu’il ait des yeux et des bras , est apte à exécuter les choses les plus difficiles, tant sa marche est assurée, tant toutes les circonstances favorables ou défavorables ont été prévues ^ mesurées; en sorte qu’il est, pour ainsi dire, si vous me permettez cette expression , comme ces chariots dont les roues sont dans les rainures d’un chemin de fer, obligé d’aller promptement et directement à son but , sans qu’il puisse jamais se tromper de route.

La zoobie est également la hase de ce qu’on nomme la philosophie et des différentes branches qui la constituent; mais il faut alors y joindre les connaissances préliminaires fournies par l’histoire naturelle proprement dite; il 11e s’agit toutefois pas ici de celte philosophie qui s’attaque à tout ce qu’il y a de plus important dans l'état de so-

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cie'té où nous sommes parvenus , et qui n’est véritablement souvent qu’un abus de l’esprit.

En effet, quelque définition que l’on donne de la philosophie, que ce soit la connaissance vraie, certaine, évidente des choses naturelles, par leurs causes, d’après Aristote, ou celle des choses divines et humaines et de leurs causes, d’après Platon; que ce soit l’étude des rapports de tous les êtres, comme le veulent certains auteurs; que ce soit enfin , comme je le crois , l’analyse de la marche que suit ou que doit suivre l’esprit humain, étudié dans l’individu et dans l’espèce, pour parvenir à la connaissance de la vérité dans quelque science que ce soit, physique, morale ou politique , il est de toute évidence que l’étude des phénomènes de la vie, et surtout de certains d’entre eux, qui sont en connexion avec celte science, est un moyen préliminaire indispensable.

En effet, avant d’agir sur quelque sujet que ce soit , il faut connaître l’instrument à l’aide duquel on agit, aussi bien que la matière ou le sujet sur lequel on se propose de l’employer.

L’analyse des facultés intellectuelles, les rapports médiats ou immédiats de ces facultés avec le substratum matériel dans lequel elles semblent emprisonnées; les relations quelles ont entre elles et avecles autres parties de l’organisme, lésai téralions

ou modifications qu’elles éprouvent quand cet organisme est lui -meme altéré, les modifications qu’elles démontrent dans la série des êtres, à mesure que le substratum corporel est modifié dans quelques-unes de ses qualités , sont des élémens tout-à-fait nécessaires pour connaître , autant qu’il est en nous , le merveilleux instrument de la pensée, au moins dans son mode d’action , dans sa production, dans sa marche. Or la zoohie seule peut nous donner quelque lumière à ce sujet. Sans elle le philosophe erre dans ce qu’on a nommé la métaphysique, c’est-à-dire, que sans point d’appui solide, son imagination crée les prémisses aussi hien que les corollaires.

Si, connaissant l’instrument, il a en même temps étudié les autres phénomènes naturels qui l’entourent, et qui lui fournissent les élémens de ses actions ; alors , et seulement alors , il pourra juger quelles questions peuvent être résolues, du moins approximativement, et il n’est pas exposé à perdre ses efforts contre des problèmes entièrement insolubles, qui ne paraissent susceptibles d’une solution que lorsqu’on veut hien se contenter de mots vides de sens, accumulés sous des formes sans doute quelquefois spécieuses et séductrices, mais dont les résultats sont entièrement nuis, et peuvent malheureusement être funestes dans quelques circonstances.

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La zoobie, en y comprenant, comme on le conçoit bien, toul ce qui lui appartient, et entr’autres l’idéologie, qu’on ne peut évidemment en séparer, est donc la base de la philosophie véritable, qu’on ne doit pas confondre avec cette vainc science qui consiste à rapporter l’histoire des erreurs de l’esprit humain, au sujet de questions tout-à-fait inabordables , qu’il est temps de ne plus traiter. En la réduisant à ce quelle doit être, il lui reste encore un beau domaine, d’une grande étendue , d’une grande difficulté et d’une grande importance, puisqu’elle devient le péristyle imposant de toutes les sciences, quelle a, pour ainsi dire, l’heureux privilège de créer, en recueillant les faits qui doivent la constituer, en les analysant, les confrontant, en un mot, les systématisant de manière à en faire ressortir les lois de corrélation , et puisqu’elle se charge d’écrire l’histoire de l’esprit humain et d’étudier sa marche à travers les siècles, il faut qu’elle prenne un caractère véritablement positif.

Ce n’est pas dans cette enceinte que je puis cacher que la science du gouvernement des hommes , comme celle des animaux qui les intéressent, repose également sur la physiologie, cn J joignant toutefois alors et nécessairement les connaissances qui font partie de leur histoire naturelle. On en voit tous les jours

les preuves les plus manifestes ; mais il faut que l’application en soit faite d’une manière claire, par tles esprits dignes de voir tout ce que cette idée a de grand et de positif. C’est un fait qui n’a certainement pas besoin d’être démontre pour les animaux. Commentparveniren effet à les rassembler autour de nous , à en augmenter le nombre dans des lieux déterminés, et dans des limites également déterminées, à modifier leur organisation , dans telle ou telle partie, en plus ou en moins, et même leur intelligence , à l’aide d’alimens de différentes natures , etc. , si l’on ne connaît pas les circonstances naturelles dans lesquelles ils étaient appelés à vivre , en quoi consistent leurs ali mens naturels, s’ils sont nés dans des climats cbauds ou froids , secs ou humides , bas ou élevés , enfin si l’on n’a pu étudier leur caractère moral , afin de voir comment nous pouvons agir pour le modifier dans des directions qui doivent nous conduire à quelque résultat utile?

Mais s’il en est ainsi pour les animaux , qui pourra nier qu’il n’en doive être de même pour l’homme? Il ne faut pas croire que ce soit ravaler notre espèce que de la comparer avec les premiers, dans ce quelle a de commun avec eux. En effet, à quelque distance immense que nous soyons du plus parfait d’entre eux, ce dont je vous ai je crois convaincus dans mon cours de zootomie ,

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malgré tout cc qu 011 £i dit îi cc sujet , nous n avons pas moins été obligés de convenir que, sous certains rapports au moins, il est difficile de ne pas trouver entre nous et eux une parenté physique et morale reconnaissable. Sans doute l’homme est seul susceptible de la sociabilité dans le haut degré où nous le voyons , ce qui donne à ses actions une connexion , une dépendance de celles des autres individus de la société, qui conduit à la distinction des natures physique et morale , ce qui nécessairement aussi le porte à reconnaître un Etre suprême , une vie à venir , une immortalité de lame , croyances qui découlent nécessairement de ce qu’il est sociable à des degrés extrêmement variables ; mais il n’en est pas moins vrai que les circonstances extérieures , agissant constamment sur lui , peuvent le modifier en bien ou en mal , physiquement ou moralement ; qu’il devient d’autant plus difficile de gouverner des hommes , de manière à ce qu’ils vivent en frères sans se nuire, ou en se nuisant dans des limites supportables et déterminées par une proportion convenable entre l’intérêt particulier et l’intérêt général , qu’ils sont accumulés en plus grandes masses dans des espaces plus circonscrits. Il n’en est pas moins vrai non plus que l’on peut diminuer ou augmenter le nombre des maladies ou des causes qui tendent à réduire le nombre

des individus d’une société , par des moyens appropriés à la nature meme de chaque société, et aux circonstances dans lesquelles elle est forcée de vivre; c’est ce dont l’hygiène publique nous offre la démonstration journalière. Ainsi la morale, l’histoire et ses principes , la politique ou le gouvernement particulier des nations dans leurs rapports intérieurs et extérieurs , ont pour hase la connaissance approfondie de la physiologie générale et spéciale de l’espèce humaine, en y comprenant son histoire naturelle. Ce n’est pas que je prétende que les hommes d’état doivent eux-mèmes étudier cette science; mais ils doivent chercher les principes propres à les diriger dans les écrits , dans les observations des auteurs qui ont donné à la science une hase positive , prise dans la nature, et non créée ou au moins dénaturée par l’imagination , et plus évidemment encore par leurs passions et par leur intérêt.

Les difficultés de la zoohiologie sont au moins proportionnelles à son importance , et au grand intérêt qu’elle inspire. En effet , d’après la définition que nous en avons donnée plus haut , la seule qui convienne, à ce qu’il nous semble, il est aisé de voir qu’elle est en connexion intime, non - seulement avec les autres branches de la science générale des animaux dont elfe fait partie, ce (pii 11’a réellement pas besoin d’être démontré ,

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(2()) INTRODUCTION. 2Q

mais encore avec d autres parties de Ja biologie ou avec la pliylobic , et même avec ce qui constitue le reste de la physique terrestre, c’est-à-dire, avec la physique proprement dite et avec la chimie, puisque ce n’est qu’au moyen de ces deux sciences que les circonstances extérieures, agissant sur l’organisme vivant, peuvent être appréciées, et que les phénomènes de celui-ci peuvent être comparés et plus ou moins assimilés à ceux qui existent dans l’univers.

C’est donc évidemment à tort que des médecins et des physiologistes ont sou tenu que les phénomènes des corps vivans devaient être étudiés indépendamment de ceux des corps bruts ; ce qui les a conduits à admettre pour ceux-ci des forces particulières, comme si c’était simplifier un phénomène que de le séquestrer ainsi de tout ce qui l’entoure, sans s’apercevoir même qu’il cesse alors d’exister ou d’avoir lieu. Dans toute manière de bien philosopher, il faut ne recourir à des moyens artificiels pour la résolution des difficultés, que lorsque celles-ci en sont dignes, et surtout que lorsqu’on a essayé d’y parvenir par les moyens connus. Rien ne facilite autant la paresse , et rien ne nuit autant aux progrès ultérieurs d’une science, que ces procédés artificiels par lesquels on apprend à se payer de mots , et à l’aide desquels l’on a réponse à tout, en créant

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des enlite's ou des forces auxquelles on donne le nom des phénomènes. Sans doute le corps organisé n’est pas un creuset , n’est pas une machine , n’est pas un instrument de physique; mais quel est le physiologiste qui puisse nier que le corps vivant est composé de matière, qu’il est soumis aux lois de la pesanteur , que s’il peut engendrer le mouvement sans qu’il paraisse lui avoir été communiqué, ce mouvement se continue, se perd, se transmet , se modifie dans les corps organisés comme dans les autres ; que lctendue du mouvement est proportionnelle à la distance de l’insertion de la puissance relativement au point d’appui; que son intensité est proportionnelle à celle de cette puissance ; qui peut nier que le corps est sujet à l’équilibre du calorique, à celui d’hygrométricité , et peut-être d électricité, comme tous les corps environnans , qui peuvent lui donner ou lui prendre, sous ces différons rapports?

Il est donc extrêmement important de joindre à l’étude des phénomènes de la vie, celle des lois qui régissent tous les corps de l’univers; sans quoi, non-seulement on ne peut espérer d’arriver à une explication plausible de ces phénomènes , mais on ne peut pas même les analyser convenablement; car il y a long-temps qu’on l’a dit, observer et voir sont deux choses toutes différentes, ou du moins la même chose à des degrés

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très-différens d’intensité. Tout le monde peut voir une pomme tomber; mais un génie comme celui de Newton , en observant le phénomène , peut seul le rapporter à la force qui gouverne les mouveinens des corps célestes , et découvrir ainsi la loi la plus générale de l’univers.

Ce que je viens de dire pour la physique peut l’être également pour la chimie, quoique l’application de cette partie de la science générale soit beaucoup plus difficile à faire aux phénomènes de la vie. Cependant, puisque les corps vivans sont nécessairement composés des élemens que l’on retrouve dans toute la nature, ou qui sont communs à tous les êtres; qu’ils se trouvent combinés seulement dans des proportions différentes, que plusieurs de ces combinaisons existent déjà hors des corps organisés, et bien plus, que quelques composés organiques, quoiqu’on petit nombre encore, ont pu être formés de toutes pièces dans nos laboratoires (telle est l’urée que M. Voehler vient de démontrer n’étre qu’un cyanite d’ammoniaque hydraté ) , comment nier que dans l’organisme, il y ait aussi pour la digestion , les sécrétions, et en général pour la nutrition, des phénomènes de décomposition , de composition , et de vraies métamorphoses chimiques?

Sans doute la science est encore assez éloignée d’analyser ces phénomènes d’une manière aussi

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satisfaisante que cela serait à desirer; parce que l’acuité, la finesse de ses moyens n’a pas encore été proportionnée à la difficulté de ses recherches ; mais serait-ce une raison pour ne pas reconnaître que la chimie , et surtout celle qui s’occupe de l’analyse des corps organisés , devient tous les jours de plus en plus importante à mesure que les moyens , les procédés qu’elle emploie deviennent plus rationnels , et conduisent par conséquent à des résultats plus dignes de confiance ?

Ainsi il vous reste, comme chose prouvée, que la science de la vie esL dans des rapports nécessaires avec toutes les sciences qui constituent la philosophie naturelle, ainsi que vous le démontrerait l’histoire même de ses progrès, si nous avions le temps de nous en occuper ; et comme nous allons vous en convaincre, je l’espère, en analysant les moyens que peut employer le zoobiologiste pour parvenir à son but.

C’est cette analyse qui sera le sujet de notre seconde leçon.

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