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ESTOMAC : VOMISSEMENT

qui présentait une communication anormale du duodénum avec le côlon, des selles liquides presque immédiatement après l’ingestion d’un verre d’eau ; l’eau arrivant, immédiatement après sa déglutition, dans le gros intestin, y produisait l’effet d’un lavement.

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Vomissement. — A part ce fonctionnement particulier du collier musculaire placé le long de la petite courbure,, le rôle mécanique des parois musculaires de l’estomac est, avonsnous dit, très peu considérable.

Aussi dans les mouvements de régurgitation, dans le vomissenent , l’estomac est-il à peu près passif:

il vide son contenu sous l’influence de la pression exercée par le diaphragme et par les muscles des parois abdominales.

Tout le monde connaît l’expérience dans laquelle Magendie, ayant enlevé l’estomac à un'

Fig. 83. traction Suisse *.

Effets de la conde la cravate de-

lisses en général et sur quelques-uns en particulier (Estomac).. Thèse de Strasbourg, 1870, n° 262.

Page 59 : « Nous avons eu la bonne fortune d’observer la contraction des libres obliques de l’estomac, que nous n’avons jamais réussi à provoquer artificiellement. Ce fut chez un chien : nous vîmes un sillon assez profond se dessiner depuis le cardia jusqu’au coude stomacal, et cela exactement sur le trajet des fibres obliques (cravate de Suisse). En même temps, chose assez singulière, la petite courbure de l’estomac se bomba d’une façon très notable. — Cet état dura un certain temps, au bout duquel tout disparut lentement. Quelques instants après, le môme phénomène se reproduisait. Ce qu’il y eut encore de remarquable dans ce fait, c’est le relâchement des fibres circulaires dans leur portion située au-dessus de la bande de fibres obliques, tandis que leur portion inférieure était en contraction. Nous n’avons pas vu se lormer un canal complet, en ce sens que les deux faces de l’estomac ne se sont pas rejointes inférieurement sous l’influence de la contraction des fibres obliques. Mais les liquides eussent parfaitement pic passer du pylore au cardia ou inversement sans se mélanger aux aliments contenus dans la portion cardiaque , car celle-ci était fortement

A, Coupo verticale de I estomac a Fêta t de repos ; — m, vi, cravate de Suisse,

‘ P)’ contraction de ces faisceaux musculaires (m' m’), f approchant dans le sens indiqué par les flèches les points correspondants de la paroi de l’estomac, de façon à diviser sa cavité en deux loges (S et Ll.

APPAREIL DIGESTIF

chien et mis à la place une vessie pleine cl’eau, en communication avec l’œsophage, put, après avoir recousu les parois abdominales, voir l’animal rejeter par des efforts de vomissement (après injection d’émétine dans les veines) le contenu de celte vessie, par le seul effet de la presse abdominale et diaphragmatique.

Cependant les recherches récentes de Schiff ont montré que la tunique musculaire de l’estomac, si elle n’agit pas pour produire Y effort du vomissement, pour projeter au dehors le contenu du viscère, agirait du moins pour en favoriser la sortie. A cet effet les fibres longitudinales de la région cardiaque se contractent, et, redressant leur courbure, dilatent l’orifice correspondant. Les efforts de vomissement n’aboutissent que si la presse abdominale se produit en même temps que celte dilatation cardiaque. Le pneumogastrique préside à l’association de ces mouvements l.

Le vomissement est un réflexe comparable à celui de l'éternuement (voy. p. 73). Quant aux agents qui le provoquent, ils peuvent porter leur action sur les centres nerveux soit directement, soit par l’intermédiaire de divers nerfs sensitifs comme le pneumogastrique et le glosso-pharyngien. Ceux qui agissent par ce dernier nerf sont dits nauséeux (voy. Sens du goût : le glosso-pharyngien, nerf nauséeux), les autres sont des vomitifs purs. Du reste les deux actions se trouvent d’ordinaire réalisées dans une même substance; cependant il n’y a aucun doute que dans certains médicaments l’action nauséeuse ne soit due à un principe différent de celui qui produit l’action vomitive pure. Ainsi, dans l’ipécacuanha, l’action nauséeuse est due à une substance odorante (séparable par l’éther), et l’action vomitive est due à Y émétine (séparable par l’alcool) (Magendie) : 1 émétine agit directement sur les centres nerveux et sur la mu-

resserrée sur son contenu, et empêchait par cette étreinte ce dernier, soit de sortir, soit de se laisser pénétrer par un liquide.

» Ce fait donne raison à l’hypothèse émise par Luschka et par M. le professeur Küss, dans son cours, hypothèse qui donne aux libres obliques de l’estomac le pouvoir d’établir dans certains cas une commu nication directe entre les orifices cardiaque et pylorique. #

1. M. Schiff, Leçons sur la physiologie de la digestion, 1867, t. Il, 37° leçon.

queuse gastrique, sur ses filets sensitifs, tandis que la substance nauséeuse, agissant sur les filets de la sensibilité spéciale (glosso-pharyngiens et olfactifs), fait vomir au moment d’être ingérée ou même avant de l’être1.

II. — V épithélium cylindrique de l’estomac joue d’abord vis-à-vis de ce viscère un rôle protecteur : c’est lui qui empêche que cet organe ne se digère lui-même ; mais dès que l’épithélium est entamé en un point quelconque, le suc gastrique agit sur les parties sous-jacentes des parois stomacales et il s’y produit une érosion que l’on connaît en pathologie sous le nom d 'ulcère rond. — Cet épithélium, ici comme sur tant d’autres surfaces (vessie par exemple), s’oppose àl’absorption ; il esten effet prouvé que, malgré ses nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques, l’estomac n’absorbe que peu ou pas. Outre les expériences qui ont prouvé qu’un cheval auquel on a lié le pylore n’est pas empoisonné par l’ingestion d’une dose considérable de strychnine (expériences de Bouley) 2, on a observé des cas analogues chez l’homme. Ainsi, chez un homme atteint d’une oblitération du pylore, la sensation de soif persistait malgré la déglutition d’une grande quantité d’eau, et l’autopsie a prouvé que la muqueuse de l’estomac était du reste parfaitement normale; par contre la soif était calmée par l’injection d’eau dans le rectum. Dans un autre cas, nous avons vu un malade ne ressentir aucun des effets calmants de 1 opium ingéré, parce qu’une cause inconnue empêchait que le pylore ne fût franchi; mais une grande quantité d’opium ayant été successivement administrée, et une sorte de débâcle pylorique s’étant produite tout à coup, il en résulta des accidents d’empoisonnement, par suite d’une absorption considérable, dans l’intestin, de l’opium accumulé antérieurement dans i’estomac 3.

Le rôle principal de l’épithélium stomacal est de donner lieu à des produits de sécrétion.

1. Voy. J. Grasset, De la médication vomitive. Thèse de concours Paris, 1875.

2. Bouley, Bulletin de l’Académie de médecine , 1842, t. XVII.

3. Cependant des recherches récentes ont remis en question l’absorption stomacale; plusieurs physiologistes italiens, reprenant les ex-

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La sécrétion normale et caractéristique de l’estomac, c’est le suc gastrique, produit plus spécialement parles culsde-sac glandulaires de la région cardiaque, culs-de-sac qui se distinguent des glandes ordinaires de Lieberkühn (fig. 81) en ce que leur épithélium n’est plus cylindrique, mais polyédrique, du moins dans la profondeur (fig. 84) L Ce suc gastrique, produit de la fonte de ces derniers éléments cellulaires, est un liquide très ténu, contenant à peine 4 p. 100 de matières solides, dont les substances organiques (albuminoïdes) constituent les 2/3. Parmi les sels, c’est surtout le phosphate de soude qui domine, avec le chlorure de sodium.

Pour étudier les propriétés du suc gastrique, on se procure ce liquide au moyen de fistules stomacales pratiquée, spécialement sur le chien. Blondlot (de Nancy) 2 a le pre-

périences de Bouley, ont constaté comme lui que, chez le cheval, de grandes doses de strychnine, introduites dans l’estornac préalablement lié au pylore, ne produisent pas d’empoisonnement. Mais, observation nouvelle et importante, l’empoisonnement n’a pas lieu non plus si, au bout d’un temps assez long, on enlève la ligature et laisse libre cours aux matières. D’après Schiff, cette dernière circonstance indiquerait que la strychnine a été absorbée assez lentement pour être éliminée au fur et à mesure par les urines, sans s’accumuler dans le sang jusqu’au degré nécessaire pour produire l’empoisonnement. — Il en serait ici de la strychnine comme du curare, qui est absorbé par l’intestin, mais d’une manière si lente, qu’il est éliminé par les reins avant qu’il ait eu le temps de s’accumuler dans l’organisme jusqu’à la dose toxique (Cl. Bernard). Vov.pour plus de détails sur cette question, la récente publication de F. Lussana : Sulla piccola circolaüoneentero-epatica, etc. ( io Sperimentale, octobre 1872.) — Analysé in Revue des sciences médicales, de G. Hayem, t. I,p. 32.

Schiff, se fondant sur plusieurs expériences de Colin et sur des expériences qui lui sont propres, admet l’absorption stomacale comme un fait général : nous verrons que cette absorption est nécessaire à sa théorie des matières peptogènes, que nous étudierons plus loin. Aussi, plusieurs auteurs posent-ils aujourd’hui en principe que l 'estomac, a pour fonction d’absorber les liquides.

1. On avait cru, dans ces dernières années, découvrir dans l’estomac, surtout dans la région pylorique, des glandes closes, des follicules cio (analogues à ceux de l’intestin). Sappey a démontré que ces prétendus follicules clos ne sont que des glandes en tube dont le canal excréteur s’est oblitéré, et qui se sont développés sous forme de petits kystes sphériques. (Voy. Anat. descriptive ,t. I\, p- 1879).

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