‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 106 sur 284 · Blondlot. Traité analytique delà digestion · texte numérisé non relu

Blondlot. Traité analytique delà digestion

miei pratiqué ces fistules, qui ont depuis donné de si beaux résultats entre les mains de Cl. Bernard et de Schiff.

La matière organique (albuminoïde) que contient le suc gastrique est une sorte de ferment que l’on nomme la pepsine ou gastérase ; ce ferment est de la nature des ferments solubles, comme celui de la salive ( plyaline ). Scinvann a le premier signalé son existence ; Payen l’a obtenu en le précipitant du suc gastrique par l’alcool; c’est ainsi que l’on peut préparer la pepsine pure, qui se présente, après dessiccation, sous la forme d’une poudre blanche : dans le commerce on la falsifie souvent en la mêlant à de la fécule.

— La pepsine présente toutes les réactions des matières albuminoïdes, quoique l’on ait essayé de nier sa nature albuminoïde (Brücke), comme Plc Si Ch , on a nié celle de la ptya- ~ pep#,,IUU cun,posoe *

line (Cohnheim). (Voy/Ritter, thèse citée.) Elle agit sur les matières albuminoïdes des aliments en les transformant en ülbumvnose ou peptone, c’est-à-dire en une forme isoménque d albumine qui n’est plus précipitable ni par la cha- ■ur, ni par les acides, et qui est facilement absorbable.

Hais cette transformation, qui constitue essentiellement

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<le gros globules granuleux (cellules a/c * v d° Sa° .en doigt de »ant '•emplis «e déverser sur ŒSe d°nt l0S débris

Kolliker). 0astrique par le conduit excréteur qu’ils remplissent

la digestion stomacale telle qu’on l’effectue expérimentalement in vitro, ne peut avoir lieu qu’en présence d’un acide ; la pepsine est donc associée dans le suc gastrique à un acide libre: on a beaucoup discuté pour préciser la nature de cet acide, mais les digestions artificielles ont prouvé que, quel qu’il soit, l’effet est toujours le même. Les uns veulent que dans le suc gastrique normal cet élément soit représenté pari acide chlorhydrique ( Prout, Schmidt, Mulder, Brinton, Rouget, Ritter, etc.) ; les autres par V acide phosphorique (phosphate acide de chaux, Blondlot) ; d’autres enfin par l’acide lactique (Cl. Bernbrd, Barreswill); cette dernière opinion a été longtemps la plus generalement admise.

Il faut reconnaître que les arguments qu’ont fait valoir les physiologistes en faveur de la présence de tel ou tel acide, ont tous quelque chose de fondé, mais peuvent tous être réfutes d’une manière plus ou moins complète, et que la chimie organique paraît jusqu’à ce jour impuissante à dissiper ces

doutes.

Le phosphate acide de chaux de Blondlot parait exister réellement dans le suc gastrique, mais dans le suc gastrique de chiens préalablement nourris avec des os, et ce n’est plus alors qu’un résidu des digestions precedentes. — On peut faire la même objection à la présence de l’acide lactique : si en effet on obtient du lactate de zinc par l’action du suc gastrique sur ce métal, l’acide lactique ainsi constaté n’a peut-être été souvent qu’un reste des digestions précédentes. — D’autre part, l’acide chlorhydrique, constaté par des réactions chimiques incontestables, peut parfaitement provenir d’une décomposition des chlorures en présence des lactates : « In mélangé d’albumine et de chlorure de sodium est coagule par acide lactique : ni le chlorure de sodium, ni l’acide lactique n ont cette action; la coagulation ne peut donc être attribuée qu a l’acide chlorhydrique, qui prend naissance par double décomposition. )) (Cailliot, thèse de Ritter.) Les meilleures raisons que l’on ait fait valoir en faveur de la présence de 1 acide chlorhydrique sont les suivantes : l’analyse élémentaire du suc gastrique y montre plus de Cl. qu’il n’en faut pour saturer le Na. présent : il doit y avoir du CL al état d acide chloi hydrique- tandis que le Cl. reste dans le suc gastrique, le Na. du SR. de sodium reste dans le sang, d'où Paugmentatton de l’alcalinité du sang, alcalinité qui est telle que es urines, mrmalement acides, deviennent alcalines pendant une digestion

énergique (Brinton. - Bence Jones). Enfin de nombreuses expériences , entreprises par M. Rabuteau, paraissent avoir bien établi aujourd hui que le suc gastrique doit son acidité à l’acide P lIorhyJnque. Mais en tout cas cet acide n’est pas libre dans le suc gastrique, comme Laborde l’a montré par l’expérience suivante : lorsqu’un liquide contient des traces d’acide chlorlivn ri que libre, ce liquide donne, avec le bioxyde de plomb et 1 aniline, une couleur acajou ; or le suc gastrique ne donne pas cette réaction. - L’acide chlorhydrique est donc dans le suc gastrique a 1 état de combinaison; avec quelle substance? Ce beiait, cl apres SchifF, avec la pepsine {acide chlorliydro-pepque), ce serait, d apres Richet, avec de la leucine. Ce dernier auteur qui a repris récemment l’étude du suc gastrique, arrive in leste a cette conclusion que ce liquide renferme à la fois de

I acide chlorhydrique combiné et de l’acide lactique libre.

Richet-' s est servi, pour détermination quantitative des acides du suc gastrique, d’une méthode d'analyse dont Je princpe est du a M. Berthelo,, à savoir que quand on unité une solution aqueuse d un acide avec l’éther, l’éther et l’eau se parta eut 1 acide suivant un rapport constant, qui s’appelle le coefficient de partage, et dont la valeur numérique caractérise chaque ne, de; de plus, s’il y a deux acides dissous, on peut ap- 1 eler lappoit départagé le rapport qui s’établit eutrq l’acidité

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d’une PSL0l2'Clera ,UC '’a,Cide chlorhïdrique obtenu proviendrait quantité d’aride 17'° “ 'i * oh orure do s(,d,l,nl par une certain

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II faut donc admettre désormais, avec Braconnot, Prout Lassaiene

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kuss et duval, Physiologie. ’ P g

APPAREIL digestif.

de l’eau et, l’acidité de l’éther; ce rapport permet d évaluer les “'portions des acides minéraux (caractérises par un coefficient L partage très élevé) et des acides organiques (caractérisés par un coefficient de partage très faible). Nous ne saurions entrer ici dans les détails des recherches chimiques dont nous venons d’indiquer le principe; quant aux résultats quelles ont

donnés, xoici comment nous pouvons les résumer :

Le suc gastrique pur ne contient que des acides minéraux, mais abandonné à lui-même, il fermente, et la proportion des acides organiques analogues à l’acide lactique augmente. - Les aliments mélangés au suc gastrique peuvent, par la digestion artificielle, en dehors de toute action vitale et de la sécrétion stomacale, augmenter de 20, de 50 et meme de ^ p 10 » l’acidité des liquides contenus dans 1 estomac , dans cl cas e suc gastrique contient toujours des acides organiques analogue* à l’acide lactique, mais l’acide minéral reste prédominant tant

qU]?our^déterm^er ^ITn atur e de l’acide organique du suc gastrique Ch. Richet a traité par l’eau de chaux les hqueu éthérées employées précédemment, et a ainsi obtenu un sel de chauï qm n’est" pas du lactate de chaux ordinaire, mais du sarcolactate. L’acide organique du suc gastrique serait donc, au moins dans sa portion principale, de Yacide sar colactique.

Du reste on a beaucoup exagéré la saveur et la réaction acicle du suc gastrique; dans les cas pathologiques, cet acidité augmente ; mais cà l’état normal elle est peu prononcée et insensible au goût. L’odeur acide des matières vomies provient de la décomposition du contenu stomacc en effet, des acides gras volatils peuvent s'y former dans ces circonstances (acide butyrique). On voit d âpre nriétés que le suc gastrique ne constitue pas coim avait cru, un mucus, une glaire acide, mais un liquide particulier, analogue et très comparable a la saine.

Pour traiter complètement la question des prodmts d’ex- , 1 tion de l’estomac, nous devons ajouter que cet.oi,ai , ainsi que le reste du tube intestinal, peut donner ''•aissanfc Tdes laz en quantité considérable : ces gaz sont sut tout de facidc carbonique et de l'azote. Ils ne proviennent donc pas toujours de la fermentation des ingesta mais i bie^ d sang, et ils se forment par exemple dans tous

desamaiHÈr^Ulre dig$if’ qu,e ceh,i-ci antienne ou non les maüues alimentaires; ils peuvent se dé-aeer ainsi

P"?^6 ‘ru"e Motion et eu-

eut ( tie resorbes tout aussi rapidement.

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pas d air, 1 exhalation gazeuse doit se faire en vertu d’un utre mécanisme. Il est probable que le système nerveux a une influence sur la production de ces <uz rar ip ]p .

VUS se produire en grande quantilé à la suiie’d’opénlions pratiquées sur la moelle cminièro j oc c t , C °Peratl0ns -lui sont éliminées gaZ6USeS

produit facilement dans l’estomac à îenn ! r , CUS se

aksVqa’unc'r d>Un- C°Tpï élran*cr non alimentaires!

ainsi qu une épongé introduite dans l’estomac Aminci

Le véritable suc gastrique n’est sécrété que sous l’inuence < un excitant d’une nature particulière d’une mi.

clame essentiellement t’a2ion Tst^nf *'

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et alors commence Z Sti^XiS’

j1’ G1‘ Bcrnai(i De 1(1 Physiologie générale, notes, p. 290, 1872.

APPAREIL DIGESTIF

Irique, qui a bientôt transformé l’aliment albumineux en al b u min ose. Ces faits prouvent que la sécrétion du suc gastrique est le résultat d’une sensibilité spéciale de la part de la muqueuse stomacale, et que cette sensibilité très délicate ne se laisse pas tromper : il faut un aliment apte à subir C action du suc gastrique pour en amener la production.

Le mucus au contraire est sécrété dans les moments où l’estomac demande des aliments, ou sous 1 influence d un coi ps étranger que le mucus entoure et isole.

On a pu du reste constater qu’après la section des pneumogastriques, le suc gastrique, quoique en moindre abondance, ne continue pas moins à se former: ainsi les neils ne sont pas indispensables à l’accomplissement de l’acte digestif; c’est en général le grand sympathique qu on regarde comme dirigeant la digestion stomacale.

* Cette particularité si singulière de l’appareil secreteur de l’estomac, de ne donner du véritable suc gastrique qu en présence de certaines substances alimentaires, est aujouid’hui parfaitement reconnue, mais peut-être ne faut-il pas l’attribuer à une sensibilité particulière, à une sorte dintuition (Blond lot) de l’estomac; elle tiendrait plutôt, d apres les travaux de Lucien Corvisart et de Schiff, à ce que ces substances fournissent un élément indispensable à la sécrétion de la pepsine; telle est la théorie des matières peptoaènes et de la peptogénie de Schiff, théorie déjà fécondé en résultats pratiques, théories dont quelques points paraissent confirmés par les recherches de Yulpian , et que nous de

V°De nombreuses expériences ont démontré à Schiff que la pepsine ne se forme pas dans les glandes pepsiques d une maniéré continue, en vertu de la simple nutrition des parois stomacales mais qu’un estomac à jeunet épuisé par une copieuse digestion antérieure perd la propriété de donner un suc gastnque m ai ment actif’ jusqu’à ce que, certaines substances ayant ete absoif^ées nar lui les parois stomacales se trouvent chargées de principes capables de se transformer en pepsine : ces substances sont les peptogènes. Ainsi, après l’épuisement produit par une

1. Vulpian, Cours de la faculté de médecine, Leçons sur la «bffcs tion, 1876.

digestion copieuse remontant à 12 heures, le pouvoir digestif i estomac vide, par rapport à l’albumine, est à peu près nu ; mais il augmente en proportion très notable lorsque avec a bumine on introduit dans l’estomac une quantité modérée ,e certains autres aliments ( peptogènes ). Dans ce cas l’esomac secrete d’abord un liquide purement acide, qui sert à dissoudre les éléments peptogènes, et à mesure que ceux-ci sont aosorbes, et, se mêlant ait sang, le rendent apte à fournir de la pepsine aux glandes stomacales, on constate la sécrétion d’un bUL §astndue de plus en plus actif, de plus en plus pepsique en un mot. Les peptogènes sont essentiellement représentés par 651 e ements de la viande soluble dans l’eau, par la gélatine par la dextrine : le bouillon, la soupe contiennent donc au plus haut degre les matières peptogènes, et sous ce rapport l’expé-

nnn~iide ^ GS J°UrS se trouve parfaitement d’accord avec les nouvelles données scientifiques.

Ces peptogènes seraient absorbés par l’estomac, mais leur action serait identiquement la même s’ils étaient introduits dans

danslnTf Par injecll0n dans Je tissu cellulaire sous-cutané, ans le rectum ou meme directement dans les veines. Chose remarquable, absorbés par l’intestin grêle, ces peptogènes perdraient complètement leur action, non que la bile ou le suc panei eatique les aient modifiés dans le canal intestinal, mais parce qu absorbes par les chylifères, ils seraient détruits, comme pep-

sentériques -Tf t ^ Pa>Sag6 à lravers les Prions mérecherches dP g i r(Tconnailre clue sur ce dernier point les rise ’ ?6r .ent Un Peude laPrécision qui caraclé-

difL lPd! 6 Par 16 de CeüC Série de travaux> et qu’il est montrer 1’-. 8 t0lUe,S leS exPenences dui 0,lt pour but de

rSL f'°n des «“ï110”5 mésentériques ; mais la question ull v slomacale et de l’inutilité de l’absorption intes- ’ ma,gr.e son apparence paradoxale, n’enlève rien à l’impor ance gencrale de la théorie de la peptogénie, comme ques-

îhérapeStiques°g‘e “ Wmn* """* féc0"de «'«PPHcaO*».

J" ]I élail “ supposer à priori que dans les ivsvemies r rnlent ™»e„t ce nom, c'est-à-dire dans le cas ^paresse

par "2macaSnnîé?i ?>r U"e i,ISuffisa"ce s«c a«if sécrété L ,,ZhZ ’ a s.uPPoser que dans plusieurs de ces cas

I, , pouri aient elre attribués simplement à ce que les

ntc î,” SïtSoT.”* i‘~ ,m Ja”S '* * -K

rtelamSnt 1 Je'' “ dee'ré suffisa"‘- Ces maladies réclameraient alors comme traitement une simple augmentation

3Gf. APPAREIL DIGESTIF .

artificielle de la substance peptogène momentanément contenue dans le sang. Il suffirait donc, comme dans les expériences physiologiques, de préparer l’estomac, de le chai (je) d avance d’une proportion suffisante de peptogènes, et par suite de pepsine pour faire commencer le travail digestif dès l’arrivée des aliments. Et en effet, Schiff rapporte quelques observations de malades semblables, qui ont été guéris au bout de peu de jours, et dont la guérison s’est maintenue par l’usage d’un bouillon pris une ou deux heures avant le repas, d’une solution de dextrine en potion, ou même d’un lavement de la même substance une demi-heure ou une heure avant l’ingestion des aliments.

Résultats de la digestion gastrique. Ils’en faut de beaucoup que la physiologie soit parfaitement fixée sur les résultats de la digestion gastrique.

1° Pour les uns (Cl. Bernard, Robin, Leven Q, le suc gas trique, dans l’estomac, ne fait que ramollir, gonfler et hydrater les aliments. Nous savons que les aliments comprennent des matières albuminoïdes, des matières féculentes et sucrées et enfin des matières grasses. On n’a pas constate d’action du suc gastrique sur ces matières grasses, si ce n est qu’il désagrège" les cellules dans lesquelles elles sont renfermées et met la graisse en liberté. Quant aux matières amylacées, elles sont transformées en dextnne et saccharifiées dans l’estomac, mais seulement sous l’influence de la salive qui est avalée avec le bol alimentaire. La quantité de salive varie selon que la mastication a été plus ou moins longue ; aussi, quand la digestion est embarrassée, avale-t-on ultérieurement une plus ou moins grande quantité de salive, qui vient aider l’action de celle que les aliments ont entraînée avec eux. On comprend d’après cela combien dans les digestions artificielles, il est difficile d’operer sur le suc gastrique pur, non mélangé de salive. Quant aux aliments a buminoïdes (fibres musculaires par exemple), ils ne seraient également que dissociés, d’après cette manière de voir et mis ainsi en état de subir l’action liquéfiante des autres liquides digestifs (sucs pancréatique et biliaire). Leui liq faction complète n’aurait donc pas lieu dans 1 intestin.

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