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DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CELLULES

morphosent très rapidement et l’ensemble de leurs débris constitue le lait.

2° Les globules nerveux ou cellules nerveuses , quoique provenant, comme le montre l’embryologie, du feuillet externe du blastoderme (du moins les cellules nerveuses du centre cérébro-spinal), ne sont pas établis sur des surfacessous forme de membranes: ils sont cachés dans la profondeur, constituant l’élément essentiel de ce qu’on nomme la substance grise nerveuse. Ces globules présentent des phénomènes de vie très active ; nous traiterons bientôt deleurs fonctions. Rappelons seulementici qu’on peut les considérer comme en continuité avec les tubes nerveux qui lesmettent en rapport avec les surfaces sensibles ou les organes contractiles.

3° Les globules sanguins, que nous avons précédemment (p. 3) choisis comme exemple des études de physiologie générale, sont en effet ceux dont les propriétés sont le mieux connues, et pour lesquels on a le mieux démontré que ces propriétés sont d’ordre purement physico-chimique (voy. plus loin : Respiration, combinaison de l’oxygène avec l’hémoglobine); ces globules sanguins forment dansle sang, et par suite dans le corps, une masse assez considérable, presque l/12me de notre masse totale. Loin d’être comme les précédents placés dans un coin de l’économie, ils sont entraînés par un courant perpétuel; leur forme discoïde se prêle à ces transports. Pendant cette existence nomade, le globule sanguin est encore caractérisé par des phénomènes de répulsion, d’attraction, de changements de forme et de composition, se chargeant en certains points de produits chimiques qu’il est destiné à aller déposer ailleurs (oxygène).

4° Les globules embryonnaires 1 sont ainsi nommés parce qu’en général ils restent chez le sujet achevé ce qu’ils étaient chez l’embryon: disséminés au milieu des tissus,

1. Corps fibro-plastiques de Ch. Robin; cellules plasmatiques de Virchow; cellules plates du tissu conjonctif de Cornil et Ranvier, etc.

PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE

ils continuent à servir à leur production (cellules du périoste formant continuellement l’os), ou à la réparation des brèches qui peuvent accidentellement entamer ces tissus (bourgeons charnus et cicatrices) : de là aussi leur nom de cellules plas matiques. Quelques-uns de ces globules incertœ sedis servent parfois très activement à une circulation nutritive des tissus dans lesquels ils sont disséminés, et présentent alors des formes étoilées avec des anastomoses de leurs prolongements : la cornée nous offre un bel exemple

Fig. 5*.

de cette disposition (fig. 5). — Ailleurs les globules plasmatiques subissent une sorte de déchéance, en accumulant la graisse dans leur intérieur et donnant ainsi lieu au tissu adipeux: à cet état ils ne sont plus susceptibles de subir des transformations ; ils sont comme morts. Mais la plupart, quoique changeant de forme et presque momifiés (cellule plasmatique étoilée), conservent à l’état latent toutes leurs propriétés vitales, prêts à se réveiller sous une excitation suffisante : c’est ainsi qu’ils peuvent donner lieu à des produits relativement nouveaux, la plupart pathologiques, tels que le cancer, les diverses tumeurs et en général les globules purulents des abcès. Aussi le globule embryonnaire est-il presque uniquement du ressort de la pathologie.

* Coupc de la cornée parallèle à la surface. Corpuscules étoiles, aplatis, avec leurs prolongements anastomotiques (d'après Ilis).

différentes espèces de CELLULES. 25

Maintenant que nous connaissons les diverses espèces de globules qui, pour le physiologiste, abstraction faite du globule embryonnaire, constituent par leur association l’organisme achevé, nous pouvons essayer de nous représenter d’une façon schématique le groupement et les fonctions de ces trois catégories de globules.

Nous pouvons nous représenter l’organisme comme une masse homogène, plutôt liquide que solide, à la surface de laquelle est une couche de globules corticaux épithéliaux (AAA, fig. 6), dont les uns absorbent, les autres excrètent, les autres enfin sont imperméables dans un sens comme dans l’autre, neutres en un mot. Dans l’intérieur, vers le milieu, loin de la surface (fig. 6, B), se trouve un groupe de globules relativement permanents, les globules nerveux, qui par leurs prolongements sont en communication avec les

globules périphériques de manière à être excités par les uns et à réagir sur les autres (actes réflexes). Enfin les globules sanguins voyagent de la périphérie au centre et vice versa (fig. 6, CG), etcecourant circulaire amène vers le centre les éléments nutritifs absorbés par certains globules de la surface, et entraîne les déchets des globules centraux vers des globules de la surface, qui ont pour but de les rejeter (sécrétions toutes plus ou moins excrémentitielles) : le globule sanguin et sa circulation effectuent ainsi un commerce d’échanges, qui chez les animaux inférieurs se fait par simple i inhibition.

Telle est la forme la plus simple à laquelle peut se ramener l’organisme le plus compliqué. Mais tous ces phénomènes d’activité globulaire sont intimement liés les uns aux autres et liés à des phénomènes chimiques et physiques qu’il

Schéma clc l’organisme*.

* AAA, globules de la surface, de l’écorce, épithélium. — B, globules centraux nerveux avec leurs prolongements venant de la surface ou s’y rendant; — GC, le cercle de la circulation, qui va de la périphérie au centre et revient du centre à la périphérie.

küss et uuval, Physiologie.

PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE

faut étudier en môme temps : ainsi le globule sanguin semble être au service du globule nerveux, en établissant, au point de vue nutritif, la communication entre ce globule profond et ceux des surfaces; mais sa circulation exige l’intervention du globule nerveux, lequel excite la libre musculaire et donne aussi lieu à des phénomènes mécaniques d’hydrostatique, etc.

On voit donc que l’ensemble des phénomènes de l’économie animale constitue une chaîne vivante qu’il faut artificiellement briser pour la commodité de l’étude. Le phénomène le plus frappant est la pérégrination du globule sanguin; c’est peut-être par lui qu’il serait le plus naturel d’aborder le problème; mais nous préférons commencer :

1° Par le globule nerveux , parce qu’il nous amènera naturellement à étudier :

2° Les formes non globulaires ( muscles ) avec lesquelles il est en. communication, et par suite les mouvements et les autres phénomènes mécaniques et physiques de l’organisme, ainsi que les tissus qui en sont le siège.

3° Nous passerons alors au globule sanguin et à sa circulation.

4° Alors seulement nous pourrons aborder, forts de toutes ces connaissances d’une importance générale, Y étude des écorces internes et externes , auxquelles nous rattacherons les organes des sens, et enfin nous terminerons par une écorce interne particulière, l’épithélium des organes génitaux, dont une dépendance, l’épithélium de l’ovaire, nous ramènera à notre point de départ, l’ovule.

Résumé. La physiologie est l’étude des phénomènes que présentent les êtres vivants : partout où l’analyse de ces phénomènes a été poussée assez loin, on les voit se réduire à des actes physico-chimiques. On peut donc dire, avec de Blainville, que la physiologie est l’art de rapporter les phénomènes vitaux aux lois générales de la matière. Ces phénomènes doivent être étudiés dans les éléments anatomiques, dont la cellule est la forme la plus simple et le point de départ. La classification générale des cellules à propriétés bien caractérisées nous donne l’aperçu le plus général sur les fonctions de l’organisme, et nous permet d’établir l’ordre dans lequel doivent être étudiées ces fonctions.

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