‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 122 sur 284 · GROS INTESTIN · texte numérisé non relu

GROS INTESTIN

ques. Ceux que l’on observe dans tout le tube intestinal d un animal dont on ouvre l’abdomen immédiatement après l’avoir mis à mort, paraissent dus à l’impression du froid et à une interruption de la circulation abdominale, d’où une excitation ultime sur les fibres lisses, à la période d’agonie. Nous n avons aussi que fort peu de données sur le mécanisme réflexe par lequel le système nerveux influence ou produit ces mouvements. Peut-être le plexus solaire peut-il servir de centre à ces réflexes, et en effet l’embryologie démontre que ce centre nerveux abdominal semble se développer indépendamment de la moelle. Cependant leplexus solaire est uni à la moelle par deux grandes commissures nerveuses, les pneumogastriques et les nerfs splanchniques : chose 1 emarquable, 1 excitation des premiers produit ou augmente les mouvements des intestins; au contraire, l’excitation des seconds (grands splanchniques) paraît immobiliser les viscères, paralyser leurs tuniques musculaires. Les splanchniques seraient donc aux intestins ce que le pneugomastrique est au cœur, c’est-à-dire des nerfs d'arrêt. (Expériences de Pfliiger.)

D autre part Onimuset Legros, étudiant les mouvements des différentes parties du tube digestif au moyen d’un appareil enregistreur sur lequel venait écrire un levier (mis en mouvement par une ampoule de caoutchouc introduite dans le canal intestinal et qui en traduisait les contractions), ont observé qu en électrisant le pneumogastrique avec des courants interrompus, on arrête les mouvements de l’intestin, et on les arrête non en contraction, mais dans un état complet de relâchement. « Sur le graphique on obtient, dans ce cas, un abaissement très notable, et il est important de rapprocher ce fait de l’arrêt du cœur en diastole, et de 1 arrêt des mouvements respiratoires en inspiration, lorsqu’on électrise le pneumogastrique avec des courants interrompus. » (Voyez p. 271.)

\ ci s 1 extrémité tout inférieure du tube digestif, partie plus accessible à l’investigation, les faits sont plus faciles à analyseï . aussi le phénomène de la défécation est-il parfaitement expliqué. Il faut d abord se rappeler qu’au niveau du rectum les fllues musculaires longitudinales forment un

APPAREIL DIGESTIF

stratum très épais, très puissant, cl que d’autre part les fibres circulaires se groupent et se multiplient de manière à constituer un sphincter, un anneau, dit sphincter interne, formé de libres musculaires lisses , et doublé extérieurement par un autre sphincter plus puissant, le sphincterexterne, formé de fibres striées. Ces sphincters constituent non pas précisément un anneau, mais plutôt une boutonnière antéro-postérieure limitée par deux bandes musculaires parfaitement contiguës à l’état de repos. Ainsi ce sphincter ferme complètement, à l’étatde repos, etenvertu de sa seule élasticité, l’ouverture qu’il circonscrit, comme le font du reste tous les autres sphincters (voy. Physiologie du muscle , forme naturelle du muscle et des sphincters à l’état de repos, p. 140). Il n’est donc pas question ici, pas plus qu’ailleurs, de contractions permanentes : l’ouverture anale est normalement oblitérée par la forme naturelle du sphincter, et le sphincter ne se contracte que lorsqu’un corps quelconque cherche à modifier sa forme, pour dilater l’orifice qu’il circonscrit; dans ces circonstances, où bien le sphincter ne réagit pas, se laisse facilement dilater, vu sa grande élasticité, elle passage a lieu ; ou bien le sphincter réagit, et alors, par sa contraction, ferme l’orifice d'une manière réellement active: c’est dans le premier cas que la défécation se produit.

La défécation est un phénomène réflexe d’expulsion, dont le centre se trouve dans la partie inférieure de la moelle (voy. pg. 82), comme le prouvent les cas pathologiques. Le point de départ de ce réflexe est une sensation vague, peu définissable, un sentiment de pesanteur vers le périnée, produit par la présence des matières fécales. Cette sensation, que l’on nomme le besoin, n’a son siège que dans le rectum ; dans le reste du gros intestin les matières ne sont pas senties à l’état normal. Cependant dans le cas d’anus contre nature, succédant à une hernie étranglée, et pouvant siéger sur un point quelconque du tube intestinal , on a observé, lorsque les matières arrivent près de l’orifice artificiel, une sensation vague analogue à celle du besoin de déféquer, ce qui semblerait prouver que tous les points «lu canal intestinal peuvent devenir le siège de ce sentiment,

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