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NERFS CALORIFIQUES

glandes, centres nerveux) est en raison directe de l’activité de leur fonctionnement (c’est-à-dire des oxydations qui s’y produisent), il est évident que les nerfs qui amènent ce fonctionnement, amènent par cela même une augmentation dans la production de la chaleur : aussi avait on remarqué depuis longtemps (Haller) que les membres paralysés sont d ordinaire plus froids que les membres sains. Mais malheureusement celte influence fut mal comprise par quelques expérimentateurs : ainsi Brodie et Gliossat ayant enlevé l’encéphale et coupé la moelle épinière à des animaux chez lesquels ils entretenaient la respiration artificielle (cause de réfroidissement si elle est faite trop activement), et avant alors constaté un abaissement notable de la température, en arrivèrent à attribuer exclusivement la calorification à une influence plus ou moins mystérieuse du système nerveux. Aujourd’hui il est bien reconnu que c’est en agissant sur les tissus et en amenant les processus chimiques d’oxydation ou de dédoublement, qui accompagnent leurs mainifeslations vitales, que le système nerveux céphalo-rachidien modifie en même temps la production de chaleur animale.

Mais l’influence du grand sympathique sur la calorification est encore aujourd’hui difficile à préciser. On sait que la section du grand sympathique ou sa paralysie amène une hyperémie dans les parties correspondantes du corps; celte hyperémie est accompagnée d’une élévation de température. Par contre, la galvanisation du bout périphérique du grand sympathique amène une anémie des parties correspondante^, anémie qui est accompagnée d’un abaissement de empérature (voy. p. 277). Les variations de température sont-elles dues uniquement à un afflux plus ou moins considérable de sang, qui serait alors le véhicule de la chaleur produite dans les principaux foyers internes de combustion foie, rate, viscères en général), ou bien le grand sympahique, en dehors de ses filets vaso-moteurs, exerce-t-il me influence directe sur la calorification? Nous avons vu irécédemment (p. 279) qu’il faut reconnaître, d’après es recherches de Cl. Bernard, deux ordres du nerfs vasomoteurs: les vaso-constricteurs et les vaso-dilatateurs. Or

CHALEUR ANIMALE

l’expérience montre qu’il y a deux ordres de phénomènes de température en rapport avec les deux actions vaso-motrices, c’est-à-dire que les nerfs dilatateurs sont en même temps calorifiques, tandis que les constricteurs sont frigorifiques. Le système nerveux semblerait donc, au premier abord, n’atteindre la calorification, comme la nutrition, que par l’intermédiaire de la circulation. Mais les expériences les plus récentes de Cl. Bernard l’ont amené à admettre une action du grand sympathique différente de l’action vasomotrice et qui aurait pour conséquence une suractivité dans les échanges chimiques avec production directe de calorique1 (voy. du reste les considérations analogues que nous avons présentées à propos de l’influence du système nerveux sur les sécrétions (p. 339). Inversement, ce n’est pas seulement parce qu’ils rétrécissent les vaisseaux que les nerfs vaso-constricteurs produisent le froid ; c’est parce qu’ils refrènent et ralentissent en même temps le mouvement chimique de nutrition.

Il faut donc dire désormais qu’indépendamment de l’action vaso-motrice, le grand sympathique exerce une action thermique : calorifique par les vaso-dilatateurs, frigorifique par les vaso-constricteurs.

La fièvre, caractérisée essentiellement par une élévation de température normale, est le résultat, au point de vue de la physiologie pathologique, d’une suractivité des nerfs calorifiques.

Résumé. — La muqueuse respiratoire, lieu des échanges gazeux, est développée, en 1700 ou 1 800 alvéoles, sur une surface de 200 mètres carrés : les 3/4 de cette surface sont représentés par les capillaires pulmonaires, tandis que 1/4 seulement correspond aux mailles de ces réseaux capillaires.

Ces capillaires sont supportés par une charpente où domine le tissu élastique , et recouverts d’un épithélium très mince.

L’inspiration a pour mécanisme une dilatation active du thorax par contraction des muscles inspirateurs qui élèvent les côtes : or comme, lorsqu’une côte s’élève, son extrémité antérieure se porte en avant et sa convexité se porte en dehors, il en résulte

1. Cl. Bernard, Leçons sur la chaleur animale, sur les effets de la chaleur el sur la fièvre. Paris, 1876.

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