‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 144 sur 284 · MUSCLES DU LARYNX · texte numérisé non relu

MUSCLES DU LARYNX

du triangle glottique, à l’ary-aryténoïdien, qui déplace les aryténoïdes en totalité et les fait glisser de dehors en dedans (fig. 109).

Toutes les modifications de forme de la glotte sont dues à ces deux ordres de mouvements : mouvement de bcisi cule et mouvement de translation en totalité; et les deux formes extrêmes de la glotte ainsi obtenues sont la forme losangique, qui a lieu pendant l’inspiration, et la forme linéaire, qui tend à se produire pendant l’expiration (voy. la Respiration, p. 4-35); mais elle est plus spéciale à la phonation et à l’effort, c’est ce qui nous explique pourquoi l’effort s’accompagne souvent d’un son, d’un cri caractéristique. Nous voyons de plus que des quatre muscles intérieurs du larynx un seul sert cà dilater la glotte; c’est le crico-aryténoïdien postérieur; le crico-aryténoïdien latéral et Tary-aryténoïdien ont pour effet de l’oblitérer et de la réduire à l’état de fente. A l’action de ces muscles il faut joindre celle du thyro-arytênoidien, qui, placédans l’épaisseur même de la glotte, en complète la fermeture., comme tous les muscles courbes placés autour d’un orifice; mais nous verrons bientôt que la contraction de ce muscle a encore à jouer un rôle bien autrement important.

Nous n’avons pas parlé d’un muscle extérieur du larynx du crico-thyroïdien : c’est qu’en effet ce muscle n’a sur la glotte qu’une action sans importance; il fait basculer le cartilage thyroïde en avant, en le tirant de son côté; mais celte action, qui à priori peut allonger la glotte en allongeant. les parties fibreuses qui vont de la face interne du thyroïde a l’apophyse antérieure de l’aryténoïde, n’a point cet effet dans la phonation, comme l’a prouvé l’expérience directe. Les fonctions de ce muscle semblent être en rapport plutôt avec la déglutition qu’avec la phonation ; et en effet il est innervé par le même nerf que le constricteur :lu pharynx (nerf laryngé supérieur, branche externe).

Mécanisme de la phonation . L’expérimentation sur les animaux, les observations accidentelles sur l’homme, les essais de phonation artificielle sur des larynx détachés, oui démontre que c’est au niveau de la glotte que se forme

PHONATION

le son de la voix. Quand ce son se produit, nous savons que la glotte se rétrécit : aussi a-t-on cru tout d’abord que l’appareil vocal était comparable, comme mécanisme intime, à un sifflet, c’est-à-dire que la cause du son était la vibration de l’air lui-même passant par un orifice étroit, et produisant un son d’autant plus aigu que l’orifice est de dimensions plus petites.

Il est démontré aujourd’hui que, dans cet appareil, ce n’est pas l’air qui vibre, mais bien les bords de la {/lotte, de sorte que le larynx doit être comparé non à un sifflet, mais à un tuyau à anche. Du reste, nous trouvons dans l’organisme un appareil analogue, qui peut également fonctionner commeune anche, ce sont les lèvres ( orifice buccal), qui vibrent elles-mêmes, par exemple quand on joue du cor; inutile d’insister sur l’analogie anatomique entre l’orifice buccal et l’orifice glotlique1.

Mais si les bords de la glotte vibrent, ils doivent pour cela être tendus. On a donc supposé que les cordes vocales sous-jacentes à la muqueuse devaient être tendues par la contraction de certains muscles. Millier, ayant fait passer un rapide courant d’air par un larynx dans lequel il avait figuré la contraction des muscles crieo-thyroïdiens par la traction d’un certain poids fixé en avant du thyroide, obtint en effet un son par la vibration des cordes vocales tendues grâce au mouvement de bascule du cartilage thyroïde. . .

Mais rien ne prouve que les choses se passent ainsi dans la phonation: si les lèvres de la glotte étaient ainsi tendues, la glotte serait nécessairement allongée; or l’inspection directe prouve que la glotte ne s’allonge que très peu pendant la phonation. De plus, cette tension par bascule du thyroïde étant opérée par le crico-thyroïdien , ce muscle aurait le rôle capital dans la phonation. Or la section du

1. « Rien n’autorise à comparer les replis thyro-aryténoidiens inferieurs, soit à des cordes, soit à des rubans: il est beaucoup plusexarl de les appeler tout simplement les replis inferieurs, ou, si 1 on cherche un nom anatomique plus approprié à leur configuration et fonc ion lèvres vocales. » (L. Mandl, Traité pratique des maladies du larynx et du pharynx. Paris, 1872.)

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