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CORDES VOCALES

nerf qui s’y rend (branche externe du laryngé supérieur), sa paralysie modifie à peine la voix, tandis que la section du laryngé inférieur abolit immédiatement la phonation, et cependant ce nerf ne donne qu’aux muscles intérieurs du larynx et nullement au cricothyroïdien.

Il n’en est pas moins évident que les lèvres de la glotte doivent être tendues pour vibrer, mais il reste encore à chercher, parmi les tissus qui composent ces lèvres, quel est celui qui est susceptible de tension et quel peut être l’agent de cette tension.

Or si nous passons en revue les trois tissus qui de la superficie à la profondeur composent l’épaisseur des lèvres de la glotte, c’est-àidire la muqueuse, le ligament élaslicjue (corde vocale)

le muscle (fig. 110), et f,0. tio. - c.»P, „rfale <i„ ii nous cherchons quel est

celui de ces trois éléments qui peut constituer le corps vinanl, il est évident que nous ne nous arrêterons pas à la muqueuse ; elle forme un revêtement protecteur, mais non m appareil susceptible d’être tendu et de vibrer. — La vrde vocale, malgré son nom de ligament, ne nous parait •as, contrairement à l’opinion généralement reçue, préenter les conditions nécessaires pour constituer une corde

tuculcscle Morgagni; - 9, muscle thyro-aryténoïdien (la vraie corde vocale

pom de vue physmlog.que) ; - 10, muscle crico-aryténoïdien latéral (BeZ s i Bouchard, Anatomie descriptive .) J al‘ 'Beaunis

PHONATION

vibrante. Ce ligament est composé de tissu élastique, c’està-dire de fibres non rectilignes, mais enchevêtrées en tous sens, de telle sorte que, quelque traction qu’on lui applique, on ne lui donne jamais qu’un degré de tension insignifiant. Du reste, à l’état physiologique, cette tension, accompagnée du rétrécissement de la glotte, ne pourrait être opérée que parle muscle crico-thyroïdien, et nous avons vu que ce muscle n’a qu’un rôle insignifiant dans la phonation. — Reste donc le tissu musculaire, le muscle thyro-aryténoïdien. Or le tissu musculaire est très susceptible de tension. Quoi de plus tendu, de plus énergiquement élastique, de plus vibratile qu’un muscle à l’état de contraction? Il est donc évident que c’est le muscle tlivro-aryténoïdien qui , au point de vue physiologique, doit constituer la vraie corde vocale , le véritable et seul élément vibratile parmi les tissus qui composent les lèvres de la glotte. Pour vibrer, cette corde vocale est tendue ; mais elle n’est point tendue par l’effet de puissances étrangères ; elle se tend par ellemême; en un mot, le muscle se contracte l. La glotte forme donc en définitive une anche vibrante, nonpar tension, mais par contraction. C’est là, comme source de son, un appareil unique dans son genre, un appareil qu’on ne peut artificiellement imiter, puisqu’on 11e peut faire du muscle: les lèvres ( muscle orbiculaire de l’orifice buccal) fonctionnent d’une manière analogue dans les cas cités précédemment2.

Reste alors à se demander à quoi sert la corde vocale élastique. Nous comprendrons facilement son rôle si nous nous figurons ce qui serait advenu si l’appareil phonateur ne s’était composé que d’un muscle recouvert seulement d’une muqueuse: à chaque contraction du premier, la seconde se serait irrégulièrement plissée et aurait altéré le

1. « c’est la contraction du thyro-ary.ténoïdien interne qui fait qui le repli inférieur (lèvres de la glotte), mou et lâche pendant la respi ration, se transforme pendant l’émission de la voix en véritable anche dont la rigidité est proportionnelle à la tonalité. On pourrait don dire que ce muscle est le muscle d’accommodation de la voix. » (L Mandl, 1872.)

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