COUDES VOCALES
son, comme cela se produit dès que la moindre particule ■étrangère, mucus ou autre, se trouve arrêtée sur la glotte. Il fallait donc là un appareil élastique qui rendît le muscle et la muqueuse indépendants l’un de l’autre, en s’interposant entre les deux. C’est précisément là le rôle de la corde vocale, et ce que nous avons dit de sa structure démontre assez qu’elle est admirablement conformée pour remplir ce but L
Les différents degrés de rétrécissement de la glotte influent aussi sur la production des sons et modifient leur hauteur : plus la glotte est resserrée, plus le son est aigu, et quand le son arrive à son maximum d’acuité, la glotte ne peut pins se resserrer sans s’oblitérer complètement dans la voix ordinaire ; mais il paraît y avoir une disposition particulière pour ce qu’on appelle voix de tête. Il résulte de la disposition anatomique des parties, que les cordes vocales (anatomiques) se relâchent à mesure que la glotte se ferme. Si donc ces cordes étaient la partie vibrante, les sons devraient être plus graves à mesure que se produit ce rapprochement des lèvres de la glotte ; il est vrai que l’étroitesse de l’ouverture augmente l’intensité du courant d’air et pourrait ainsi contribuer à l’acuité du son; mais les choses sont bien plus faciles à comprendre si c’est le muscle qui vibre : comme c’est lui qui, en se contractant, contribue à l'oblitération de la glotte et même qui achève cette fermeture, plus il se contracte, plus il est tendu, plus il est par conséquent apte à vibrer.
Ainsi les cordes élastiques, dites vocales, n’ont dans la phonation qu’un rôle accessoire, celui de servir d’intermédiaire entre la muqueuse et le muscle; elles n’empêchent pas plus celui-ci de vibrer, que les parties molles qui en-
1. Voy. Honte, Handbuch cler systematisclien Anatomie des Mensclien, 1871, t. If, p. 259. « Les fibres musculaires avancent tellement vers les cordes vocales et sont tellement unies au tissu élasti— i|ue, qu’il est impossible de penser que les libres élastiques vibrent ■isolément et que les fibres musculaires se retirent du repli muqueux... L’utilité du tissu élastique consiste en ce qu’il peut se raccourcir sans former des plis et sans onduler, comme certains ligaments delà codonne vertébrale. »
PHONATION
tourent l’orbiculaire des lèvres n’empêchent ce muscle de vibrer quand on joue du cor par exemple.
Les vibrations du muscle thyro-aryténoïdien sont encore rendues plus faciles par la présence des ventricules du larynx, qui n ont d’autre but à remplir que de donner plus de liberté à ce muscle (fig. 110).
Pü) lies annexées à l appareil de la phonation. Le son produit par la glotte est renforcé par les vibrations de la partie du canal aérien qui précède et suit le larynx. Aussi ces parties présentent-elles des mouvements spéciaux pendant la production des sons. Ainsi, pendant l’émission des sons aigus, le larynx monte , et pour cela nous contractons les muscles suslaryngés et renversons la tête; pendant les sons graves, le larynx descend et le menton s’abaisse. Ces mouvements sont bien connus , et lorsqu’on examine un malade au laryngoscope, on lui fait parfois émettre des notes aiguës, parce qu’alors l’ascension du larynx vient le présenter plus facilement à 1 exploration. — On a voulu rendre raison de ces phénomènes en les comparant h ceux que nous produisons dans les instruments à vent. Dans le premier cas on allongerait le porte-vent (partie sous-glottique) et raccourcirait le porte-voix (partie sus-glotlique), et vice versa dans le second cas. Mais cette explication est rendue nulle par ce seul fait que les mêmes phénomènes se constatent quand nous produisons le son en inspirant; alors, quoique la valeur physique des appareils soit renversée (porte-voix devenu porte-vent et vice versa), le larynx s’élève toujours pour les sons aigus et s’abaisse pour les sons graves.
Le fait de l’élévation du larynx s’explique beaucoup mieux en considérant que les parois de la trachée agissent comme appareil de résonnance et que par suite il leur faut, pour renforcer tel ou tel son, un état de tension particulier ; car la même paroi élastique ne vibre pas indifféremment avec tous les sons; il faut pour cela que sa tension soit modifiée. Plus le son est aigu, plus les parois consonnantes doivent être tendues: ainsi la contraction des muscles suslaryngiens tend à la fois les parois du porte-voix et du porte-vent.