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VOYELLES ET CONSONNES

Les consonnes, qui sont, après les voyelles, le second élément de la voix articulée, ne sont pas des sons comme les voyelles ; ce sont des bruits, c’est-à-dire des vibrations ii régulières et trop confusément mélangées pour être perçues séparément (voy. Audition ) ; ce sont des bruits qui ne peuvent se faire entendre distinctement par eux-mêmes, mais qui se différencient par la manière dont ils laissent commencer ou finir l’émission d’une voyelle. Les consonnes ne peuvent donc pas être prononcées sans l’association d’une voyelle : de là leur nom (, cum sonore). Au moment de 1 émission d une voyelle, les cavités buccale et pharyngienne se disposent de manière à présenter à l’air qui va produire la voyelle , certains obstacles qu’il ébranle, d’où le bruit plus ou moins éclatant des consonnes.

Selon que cet obstacle siège au niveau des lèvres, de la langue ou du voile du palais et du pharynx, on a des consonnes labiales, linguales ou gutturales ; et selon que l’obstacle est vaincu par une espèce d’explosion, par frottement vibratoire ou par un tremblement, on a des labiales explosives {b, p), résonnantes ( f , v, ni), temblotcmtes (r), des linguales explosives (t, d), résonnantes (s,n, l), tremblotantes (r lingual); des gutturales explosives (k, g), résonnantes (jet ch, surtout chez les Allemands), tremblotantes (r guttural). La langue française ne possède pas de véritables consonnes gutturales, c’est-à-dire se produisant dans le pharynx; mais certaines langues, et surtout l’arabe,

1 en possèdent de très accentuées, par exemple pour le bruit que nous désignons par h, qui paraît alors se produire par un obstacle siégeant très profondément, au niveau même 1 de glotte. C’est en cherchant à pénétrer le mécanisme de la production des vraies gutturales de la langue arabe que Czermak découvrit le laryngoscope, aujourd’hui si généralement employé pour l’exploration du larynx.

Les consonnes labiales, et surtout les labiales explosives (b, p, m), sont les plus faciles à prononcer, vu la simplicité 1 des mouvements qu’elles exigent : ce sont les premières I prononcées par l’enfant (papa, marna, etc.), celles que l’on arrive le plus facilement à faire répéter à certains animaux

küss et DUVAL. Physiologie. 09

PHONATION

et que l’on trouve naturellement produites clans le bêlement (L. Mandl).

L’ensemble de ces phénomènes, par lesquels un son est émis par la glotte, modifié par les cavités pharyngienne et buccale de manière à représenter une voyelle , et associé à certains bruits qui se produisent dans ces mêmes cavités et forment les consonnes , cet ensemble constitue la voix articulée, et parla combinaison intelligente des voyelles et des consonnes en syllabes, et des syllabes en mots, constitue la parole. Dans la parole parlée, les syllabes sont produites avec des variations peu marquées de hauteur; dans la parole chantée, au contraire, les syllabes, et surtout les voyelles, leur élément essentiel, sont produites successivement avec des variations de hauteur considérables et harmonieusement réglées.

Innervation de l'appareil laryngien. L’appareil phonateur du larynx est placé sous la dépendance du nerf laryngé inférieur, qui semble venir du pneumogastrique, mais représente en réalité la suite de fdjres que ce grand tronc nerveux emprunte à l’accessoire de Willis, ou spinal (branche interne du spinal). Aussi la section du spinal abolit-elle complètement la voix : on pourrait donc le nommer le nerf vocal. Chose remarquable, les autres rameaux du spinal (branche externe) serendentà deux muscles superficiels et bien connus, le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze, muscles qui tous deux jouent un grand rôle dans l’expression par signes, dans ce qu’on pourrait appeler le langage du cou et des épaules (lever les épaules, faire de la tête un signe négatif, etc., etc.). Le nerf spinal semble donc être le nerf de la mimique et de la phonation.

Tout en servant à la mimique, la branche externe du spinal prend encore une part active mais indirecte à la phonation: c’est elle qui innerve les muscles sterno-mastoïdien et trapèze lorsque, pendant l’expiration sonore, ces muscles se contractent pour empêcher la cage thoracique de s’affaisser subitement, et pour ménager ainsi le soufflet à air. Ce fonctionnement est facile h constater chez les chanteurs, où il constitue ce que Mandl a appelé la lutte vocale.

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