P. Brouardel, l’Urée et le foie, Paris
DÉSASSIMILATION.
i formulé récemment ( On functional Dérangements of the Liver, 1874) les conclusions suivantes : « Le foie a un rôle mportant clans la formation des matières azotées éliminées )ar les reins. En effet : 1° parmi les signes les plus constants le troubles fonctionnels du foie, on trouve la formation m parfaite de l’urée, prouvée par l’augmentation du dépôt l’acide urique ou d’urates; 2° quand une partie importante du foie a été détruite par la maladie, l’urée éliminée ;st considérablement diminuée, ou même l’urée disparaît. » — Le travail plus complet de Brouardel nous montre que, ou s l’influence des lésions du foie, l’urée varie suivant des ois déterminables: dans l’ictère grave, l’urée diminue et nême disparaît des urines; dans la cirrhose atrophique ou fiypertrophique, la quantité d’urée éliminée est représentée ar un chiffre extrêmement faible, même lorsque le malade ontinue à se nourrir; il en est de même dans la dégénéescence graisseuse du foie qui survient chez les phtisiques f les malades atteints de suppurations osseuses.
Du reste nous verrons bientôt en étudiant la physiologie e la sécrétion urinaire, qu’au point de vue de l’urée le rein ’t un appareil purement éliminateur et non formateur. Ce ’est donc pas dans le rein qu’il faut chercher le siège de “'s actes complémentaires de la désassimilation.
Ainsi, le parenchyme hépatique joue un rôle important et dans formation de certains matériaux de réserve (matière glycoène), et dans l’achèvement des métamorphoses désassimilaicesdes substances albuminoïdes (formationde l’urée). Ne faut-il )ir dans ce double fonctionnement qu’un fait de localisation ms un même organe de deux actes distincts, ou bien peut-on ablir un rapprochement, une solidarité entre ces deux foncms? La question des rapports de la formation de l’urée et de formation de la matière glycogène a été étudiée principaleent par les pathologistes, mais le problème ne saurait encore re considéré comme résolu. Dans le diabète, on peut observer •ie l’excrétion de l’urée et celle du sucre augmentent souvent meme temps; il y a azoturie en même temps que glycosurie : Les deux phénomènes, dit Brouardel ( op . cit., p. 114), s’acmpagnent, marchent parfois suivant des voies parallèles •
■ iis ils peuvent exister isolément et se dissocier. Ainsi, lors- ’un diabétique prend la fièvre, le sucre disparaît des urines ;
mais la quantité d’urée persiste et même augmente. Dans certains cas de diabète tiaumatique, le sucre paraît d’abord, puis, après quelque temps, l’urée n’augmente que progressivement, et c’est alors que le sucre a disparu que l’augmentation de l’urée éliminée est le plus considérable. Ces rapports entre les variations des deux phénomènes ont été trop peu suivis pour que nous puissions y trouver des renseignements précis... Nous ne retenons de ces faits que ce résultat incontestable : nulle maladie plus que le diabète n’est capable de provoquer d’une façon permanente une augmentation aussi considérable de l’urée éliminée. Nous savons que c’est dans le foie que s’accomplit la plus grande partie, sinon la totalité des échanges qui aboutissent à la formation de la matière glycogène. L’union intime qui associe les variations de l’urée à la glycosurie passagère ne permet-elle pas de se demander si les mêmes influences ne président pas à la formation de l’urée et à celle de la glycose?»